Le crucifix communiste et l’accès à la mer au cœur de la visite du Pape en Bolivie

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Le président Evo Morales offre au pape François un Christ sur une croix en forme de marteau et de faucille, une réplique de la sculpture réalisée dans les années 70 par le prêtre espagnol jésuite Luis Espinal Camps, assassiné sous la dictature en mars 1980.

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Lors de la visite du pape François à La Paz, deux sujets ont été au cœur des débats et des commentaires de la presse nationale et internationale : le crucifix communiste et l’accès à la mer. Quelques éléments explicatifs.

Mercredi, le Pape est arrivé en Bolivie, pour la deuxième étape de son voyage en Amérique latine. Il a été chaleureusement accueilli par le premier président « indigène » du pays, Evo Morales avec des bouteilles d’oxygène et des feuilles de coca à mâcher afin de lutter contre les problèmes liés à l’altitude et à la fatigue du voyage. Lors de l’accueil, le président bolivien a évoqué sa satisfaction de recevoir « le Pape des pauvres », qu’il qualifié de « frère Pape François » car il apporte « un message d’espérance et de libération » dans son Etat plurinational. Le Pape a loué la « beauté singulière » de la Bolivie, « terre bénie de par ses gens », tout en saluant « les pas importants » réalisés par le gouvernement d’Evo Morales « pour inclure d’amples secteurs dans la vie économique, sociale et politique du pays ».

Pourquoi un crucifix communiste ?

Au palais présidentiel lors de l’échange des cadeaux, le Pape s’est vu offert un crucifix en forme de faucille et de marteau. Le président bolivien décrit ce présent comme une réplique de la sculpture réalisée dans les années 1970 par le prêtre espagnol jésuite Luis Espinal Camps, assassiné sous la dictature en mars 1980. Le Pape avait d’ailleurs prié en sa mémoire sur la route que le menait à La Paz avant de recevoir du président Morales la distinction Luis Espinal, délivrée aux personnes témoignant d’une foi religieuse et qui défendent les pauvres, les marginaux et les malades. Depuis la polémique enfle mais selon Frederico Lombardi, porte-parole du Vatican, le Pape n’a pas réagi négativement en recevant ce présent d’Evo Morales.

A quand une solution pour le différend maritime entre la Bolivie et le Chili ?

Plus tard à la cathédrale de La Paz, le Pape a surpris tout le monde lorsqu’il a appelé au dialogue pour régler le vieux différend maritime qui existe entre la Bolivie et le Chili (depuis plus de 130 ans) durant son discours : « je suis en train de penser à la mer, le dialogue est indispensable ». Il a ajouté qu’il faut une « solution pacifique aux conflits qu’ont des pays frères » soit trouvée. Cette pensée lui est peut-être venue du fait qu’il avait reçu auparavant des mains d’Evo Morales le « Livre de la mer » où sont résumés les arguments de la requête bolivienne pour retrouver son accès maritime sur la façade pacifique, qu’elle a perdu suite à la guerre du Pacifique contre le Chili à la fin du XIXème siècle (1879-1884). En intervenant sur cette question géopolitique, le Pape appelle la Cour Internationale de Justice (de La Haye) à se prononcer suite au recours déposé par Evo Morales en 2012.

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