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Sur les Traces de La Révolution "Spécial 1er
mai 2010 Programmes
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La catastrophe survenue à Haïti met à l’épreuve l’esprit de coopération. L’association
Cuba Si France
Réflexion
de Fidel Castro - Article paru dans
l'Humanité (20/01/10)
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et maritime pour HAÏTI Projet de Collaboration avec Le but de ce projet est d'améliorer les conditions de l'habitat de l'orphelinat et de contribuer au bien-être des enfants. Détails du projet : cliquer ici Envoyez vos dons à : Cuba Si France Vidéos Michel Taupin Colloque avec Andrès Gomez
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et Soutien Cuba Si France et Cuba Linda remettent à l'ICAP (Institut Cubain de l'Amitiés entre les Peuples) les 15000 € collectés auprès de leur adhérents solidaires du projet. Cette réalisation
permettra à l'école de bénéficier d'un
outil pédagogique essentiel à l'éducation, à
son développement et améliorera la qualité nutritive
des repas dans les écoles de toute la région de Sancti
Spiritus.
1959 - 2009 50ème Anniversaire de la Révolution Cubaine
L'embargo
Le blocus économique, commercial et financier appliqué à Cuba par les États-Unis d’Amérique depuis maintenant cinquante ans est le summum d’une politique cruelle et inhumaine, privée de légalité et de légitimité, sciemment conçue pour provoquer dans la population cubaine la faim, la maladie et le désespoir. Rien n’a changé sous dix administrations étasuniennes successives, si ce n’est la recrudescence de cette politique. Rien d’essentiel n’a changé non plus depuis l’entrée à la Maison-Blanche en janvier 2009 d’une nouvelle administration. Rapport du ministère cubain
des relations extérieures présenté le 28 octobre
devant l' assemblée générale de l'ONU à
propos du blocus des Etats-Unis d’Amerique contre Cuba depuis
près de 50 ans.
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OBAMA inclut Cuba C'est avec stupeur et colère que nous apprenons que les USA ont inclus Cuba sur la liste noire des 14 pays à "Risque Terroriste".
SUPRÊME INJUSTICE POUR LES 14ème RASSEMBLEMENT à ARRAS Vendredi 5 février 2010 Devant le Théâtre d'Arras Depuis maintenant plus d’un an, l'UL CGT de Arras organise le premier vendredi de chaque mois, un rassemblement pour exiger la libération des 5 patriotes cubains. Injustement condamnés à la prison par les juges mafieux de Miami, ils croupissent depuis plus de 11 ans dans les geôles étatsuniennes. Dans le monde une mobilisation de plus en plus forte s’organise, à nous de la rendre la plus visible possible, car seul notre engagement leur rendra la liberté. Alors chaque 1er vendredi du mois 1 heure de notre vie pour 5 héros.
A PARIS Place de la Républiqueprochain rassemblement à déterminer
CUBA Prologue de Nelson Mendela Chers amies et amis, Le 1er septembre 2009 sort mon ouvrage intitulé Cuba. Ce que les médias ne vous diront jamais aux Editions Estrella. Il s’agit d’un livre de 300 pages. Les principales problématiques de la réalité cubaine y sont analysées pour illustrer le gouffre qui sépare la réalité d’un pays complexe de l’image véhiculée par les médias occidentaux. Cet ouvrage contient également un extraordinaire prologue de Nelson Mandela qui m’a fait l’immense honneur d’associer sa plume à mon travail. Vous n’êtes pas sans savoir que les médias censurent toute pensée alternative au sujet de la problématique cubaine. Cet ouvrage n’y échappera probablement pas d’autant plus qu’il pointe du doigt les graves manquements de notre presse à son devoir d’information, ainsi que ses violations réitérées de l’éthique journalistique. C’est la raison pour laquelle je fais appel à vous pour participer activement à la diffusion de ce livre et faire circuler cette information à tous les amis de Cuba ainsi qu’à celles et ceux qui s’intéressent à ce pays, et souhaitent sortir de la pensée unique. Salim Cuba, autrement
Salim Lamrani, universitaire et journaliste, donne à comprendre sur les raisons véritables du déchaînement médiatique contre la Grande Ile et sa révolution.
Cuba, « petit » pays de douze millions d’habitants, fait la « une » de l’actualité depuis cinquante ans. Qui dit mieux ? Comment expliquer que sur la Grande Ile se déversent tant de haines en Europe et aux Etats-Unis alors que la révolution et son leader charismatique, Fidel Castro, entraînent encore et encore l’admiration des foules latino américaines, asiatiques et africaines ? Pourquoi tant de critiques violentes dans la presse occidentale contre la révolution et ses dirigeants? Avec son dernier ouvrage « Cuba, ce que les médias ne vous diront jamais », Salim Lamrani donne les clés pour comprendre. Le prologue de Nelson Mandela, expert en matière de droits de l’homme et de lutte contre l’injustice, s’affiche comme une invitation à la réflexion. Cet homme là n’a jamais fait dans la figuration.
Pour Salim Lamrani, Cuba n’est pas un paradis. L’universitaire et journaliste dépeint la complexité de la réalité cubaine souvent présentée de manière caricaturale. « Les difficultés, écrit-il, les vicissitudes – les aberrations parfois – et les contradictions y sont nombreuses. Mais est-ce pour autant l’enfer décrit quotidiennement dans la presse occidentale ? » L’auteur a enquêté sur place. Il a étudié les documents des institutions internationales, européennes, nord-américaines traitant des relations avec Cuba et l’approche hostile de la dite « grande » presse. Il décortique les postures et les textes. Un véritable travail de scientifique. Une analyse sans complaisance à des années lumière de la propagande favorable ou pas à la révolution cubaine. Des faits, toujours des faits. L’auteur est rigoureux.
Salim Lamrani doit s’attendre à recevoir bien des coups car son travail ne s’inscrit pas dans le « médiatiquement correct ». Ceux qui le liront en toute indépendance d’esprit et dégagés des pressions dominantes trouveront de quoi réfléchir sur les véritables raisons de la misérable campagne contre Cuba.
José Fort Journaliste à l’Humanité
Maxime Vivas Existe-t-il des liens entre Cuba et : Stéphane Mallarmé, Jo Dassin, Sarah Bernhardt, Gustave Flaubert, Rouget de Lisle, Robert Desnos, Hector Berlioz, Henri Barbusse, Paul Lafargue, José-Maria de Hérédia, Honoré de Balzac, Charles Baudelaire, Alphonse de Lamartine, Alfred de Musset, Théophile Gautier, Alfred de Vigny ? Pourquoi Victor Hugo est-il
idolâtré à Cuba depuis le 19 ème siècle
? Qu'a-t-il fait contre le colonisateur espagnol ? Qui a construit la ville de Cienfuegos ? Qui a tracé la première ligne de chemin de fer de l’île ? Que devons-nous à José Marti ? Ce livre répond à ces questions et apporte bien d’autres informations et anecdotes, parfois amusantes, souvent méconnues, sur les liens de coopération et d’amitié qui unissent la France et Cuba depuis deux siècles. L’auteur : Il intervient avec la
Maison des Ecrivains, donne des conférences dans des Universités
et anime une émission culturelle sur Radio Mon Païs à
Toulouse. Ignacio Ramonet FIDEL CASTRO
Résultat de plusieurs semaines d'intenses conversations entre Ignacio Ramonet et Fidel Castro, cette "Biographie à Deux Voix" donne les clés de la révolution cubaine à travers le parcours personnel et politiaue du dernier "Monstre Sacré" del la politique internationale.
Prix : 28€ (+5€ frais de port)
Double Morale. En décembre 1996, l’Union européenne s’alignait sur la position d’ingérence étasunienne et exigeait de Cuba «des progrès tangibles sur la voie d’une transition pacifique vers le pluralisme démocratique, le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales». C’est ainsi qu’est née la position commune européenne vis-à-vis de La Havane, qui est devenue le pilier de la politique étrangère de l’Union européenne à l’égard de Cuba. Pourquoi Bruxelles se range-t-elle de façon si dévote sur la position étasunienne ? Il est en effet difficile de concevoir qu’une puissance aussi importante que l’Europe des 25 s’aligne de manière docile et disciplinée sur la politique étrangère de Washington vis-à-vis du petit archipel des Caraïbes. Prix : 10€ (+4€ frais de port)
Danielle Bleitrach Cuba, Fidel
et le Che Prix : 25€ (+5€ frais de port) L’idée donc du livre est née d’un discours que Fidel avait prononcé à l’Université de la havane en novembre 2005, j’ai rarement vu quelque chose d’aussi critique. Il s’était déchaîné contre tout ce qui n’allait pas à Cuba, contre les bureaucrates, ceux qu’il appelait “les petits empereurs”… La
face cachée de Amis et connaissances, Des années de travail et d’investigations (menées ici et sur le continent américain) portant sur 5 ans de fonctionnement de RSF (2002 à novembre 2007) et le livre est là. Le 6 avril 2006, parce que j’avais, au détour d’une phrase, évoqué ses sources de financements US, RSF m’avait menacé dans le journal Métro : " Reporters sans frontières se réserve le droit de poursuivre Maxime Vivas en justice" Au nom de la liberté d’expression ? m’étonné-je. Quoi qu’il en soit, j’offre aujourd’hui au libre débat ces 272 pages (36 chapitres et 6 annexes) de preuves sur la vraie nature de cette drôle d’ONG... Maxime Vivas. Préface de Thierry Deronne. Les livres présentés ci-dessus sont disponibles auprès de Cuba Si France Compte rendu de “Double Morale. Cuba, l’Unioneuropéenne et les droits de l’homme », de Salim Lamrani, Editions Estrella, Paris, 2008.
Santiago Alba Rico Ce qu’on ne pardonne pas à la Cuba révolutionnaire depuis le début, ce qu’on lui reproche est d’avoir dû se défendre sans répit. Depuis 1959, en effet, Cuba a dû se défendre d’invasions, de blocus, d’attentats terroristes et d’ingérences déstabilisatrices ; et elle a également dû se défendre contre une propagande farouche, aussi agressive qu’insistante, dont la puissance illumine sans l’ombre d’un doute la grande ignominie de la petite île. Un pays utant attaqué doit forcément être mauvais ; un pays tant défendu ne peut être qu’indéfendable. On ne peut même plus savoir pourquoi on attaque et pourquoi on défend un pays aussi attaqué et défendu. |
Cuba
Si France 94, boulevard Auguste Blanqui - 75013 PARIS Tel. 01 43 36 37 50 |
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INTERVENTION DE M. RAÚL CASTRO, PRÉSIDENT DES CONSEILS D’ÉTAT ET DES MINISTRES DE LA RÉPUBLIQUE DE CUBA, AU SOMMET EXTRAORDINAIRE DU GROUPE DE RIO, RÉUNI À MANAGUA (NICARAGUA) A LA SUITE DU COUP D’ÉTAT AU HONDURAS (29 juin 2009) Honorables présidents et ministres Je serai bref. Nous sommes nombreux, chefs d’État ou hauts représentants de nos gouvernements, à vouloir prendre la parole. Nous sommes convoqués ici par un événement grave et capital pour l’Amérique latine et les Caraïbes. Nous sommes tous au courant des sévices et des abus dont ont été victimes le président hondurien et sa ministre des Affaires étrangères, ainsi que les ambassadeurs nicaraguayen, vénézuélien et cubain. Le droit du peuple hondurien à s’exprimer politiquement a été bafoué. Je tiens tout d’abord à adresser au peuple hondurien un message de solidarité et d’encouragement. Cuba condamne énergiquement le putsch brutal contre le gouvernement constitutionnel hondurien et contre son président légitime, et repousse cet assaut criminel à la souveraineté populaire dans cette nation. Le Groupe de Rio doit repousser unanimement et dans les termes les plus vifs cette agression à l’ordre constitutionnel politique d’un pays membre. Comme le président Chávez l’a dit hier soir, le moment est venu d’agir d’une manière conséquente, sans perte de temps, et de démasquer ceux qui condamnent, mais applaudissent ensuite en sous-main, comme cela est arrivé tant de fois dans notre histoire commune. Au Honduras, il n’y a et il ne peut y avoir qu’un président. José Manuel Zelaya doit retrouver, sans délai et inconditionnellement, l’exercice de ses responsabilités (applaudissements). Aucune négociation n’est possible avec les putschistes, et aucune condition ni aucune exigence ne doit être posée au gouvernement légitime du président Zelaya. Ce qui est en jeu là, ce sont les aspirations du peuple à un avenir meilleur en conflit avec les intérêts de secteurs oligarchiques qui s’entêtent à perpétuer un ordre injuste et intenable. Et ce conflit, qui dépasse les frontières du Honduras, traduit le danger d’un retour des dictatures militaires qui, soutenues par les administrations étasuniennes, ont semé la terreur encore tout récemment, des dizaines d’années durant, parmi les peuples latino-américains, et tout spécialement parmi les peuples centraméricains et caribéens, et ce pratiquement sans exception. Rappelons les tentatives les plus récentes : la Bolivie d’Evo menacée par le séparatisme. Les gouvernements amis ont volé à son secours, ont joué leur rôle, ont stoppé cette variante d’agression contre un pays souverain et contre un président qui représentait pour la première fois les peuples nés sur ce continent-ci, ceux qui ont porté sur leurs épaules le plus pesant fardeau de l’exploitation (applaudissements). Avant, ç’avait été le tour de Chávez, avec un double putsch : d’abord, le coup d’état classique, puis, quand le peuple se soulève et remet le président Chávez à son poste, le putsch pétrolier qui a coûté des milliards de dollars au Venezuela. Maintenant, c’est Zelaya au Honduras. Serait-ce un hasard que ces trois pays fassent partie de la jeune ALBA qui, même s’ils ne le disent pas, inquiète beaucoup de gens ? Ces trois exemples suffisent à prouver que les oligarchies et les forces extérieures qui les accompagnent ont encore de nombreux bâtons à mettre dans les roues de l’Histoire. Vont-ils faire quelque chose contre Correa en Équateur ? Je crains qu’il ne soit le prochain candidat. Sauf qu’en ce cas, le Groupe de Rio se réunira pour le féliciter d’avoir défendu son pays et sa révolution avec succès (applaudissements). Je n’ai signalé que quelques pays, mais je pourrais en signaler d’autres qui font partie de l’ALBA. Voilà pourquoi le coup d’État fasciste contre le président Zelaya, affront à tous les peuples et à tous les gouvernements latino-américains et caribéens, ne peut rester impuni. Ses auteurs doivent répondre des crimes et des sévices qu’ils ont commis contre cette nation sœur. Sont aussi responsables, à titre de complices, les médias qui consentent à soutenir les visées putschistes et à tromper le peuple. Heureusement que nous nous apprenons au moins quelque chose grâce à la fonction cruciale de TeleSur ! (Applaudissements.) Tout aussi responsables sont les groupements oligarchiques qui tentent de légitimer un tel crime, et les secteurs réactionnaires du continent qui appuient les transgresseurs de la constitutionnalité. L’administration étasunienne doit assumer avec le plus grand sérieux ses prises de position et agir en conséquence. Je crois à la sincérité du président Obama et de sa secrétaire d’État, mais ils doivent le prouver par des faits, non par des mots. Sans appui populaire, rejeté par la totalité des gouvernements latino-américains et caribéens, aucun putschiste ne dure, et ceux du Honduras, comme l’a écrit Fidel dans ses Réflexions d’hier, n’osent même pas respirer sans l’appui des États-Unis ou de n’importe quelle force ayant quelque pouvoir dans l’administration étasunienne. Je réitère le message de solidarité et d’encouragement du peuple cubain au peuple hondurien, aux paysans, aux ouvriers, aux professions libérales, aux enseignants, aux travailleurs de la santé, aux hommes d’affaires et à tous les fils de la patrie de Morazán, et son engagement de les accompagner dans cette bataille pour la justice et la dignité. Je vous remercie.
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Les mensonges de Reporters sans frontières sur le Venezuela Salim Lamrani
Le 29 mai 2009, Reporters sans frontières a publié une lettre ouverte destinée au président vénézuélien Hugo Chávez dans laquelle l’association dénonce « une véritable charge du pouvoir et de l’administration » contre Globovisión, « une chaîne privée d’information ». Selon l’organisation parisienne, Globovisión « fait l’objet d’une procédure administrative pouvant mener à sa suspension d’antenne pour une durée de soixante-douze heures » pour avoir « relayé l’information [du séisme du 4 mai 2009] en se référant aux données de l’Institut géologique des Etats-Unis1 ».
Les autorités vénézuéliennes reprochent à la chaîne « d’avoir enfreint l’article 29 de la Loi de responsabilité sociale en radio et télévision (Loi Resorte) sanctionnant les médias qui ‘promeuvent, font l’apologie ou incitent à la guerre ; promeuvent, font l’apologie ou incitent aux altérations de l’ordre public ». RSF questionne : « En quoi une information donnée sur un tremblement de terre, pour imparfaite qu’elle puisse être, cadre-t-elle avec la définition de l’infraction2 ?».
Présentée de cette manière, l’affaire a de quoi surprendre l’opinion publique internationale. Mais contrairement à ce qu’affirme RSF, la réalité est autre et soigneusement éludée par l’entité française de « défense de la liberté de la presse ».
Globovisión contre la démocratie
Depuis 1998, Globovisión n’a eu de cesse de s’opposer au gouvernement démocratique d’Hugo Chávez. En avril 2002, la chaîne de télévision avait activement participé au coup d’Etat de Pedro Carmona Estanga. Dans n’importe quel pays du monde, Globovisión aurait été fermée et ses dirigeants condamnés à de lourdes peines de prison. Mais le Tribunal suprême, contrôlé par l’opposition à l’époque, avait refusé de reconnaitre la réalité du putsch et s’était contenté de prononcer une « vacance de pouvoir » pour expliquer le coup de force.
Par la suite, la chaîne a multiplié les appels à l’insurrection3. En mai 2007, Globovisión s’est même rendue coupable d’incitation à l’assassinat du président Chávez en manipulant des images et en lançant des messages subliminaux. Lors de la diffusion du programme Aló, Ciudadano, où une interview de Marcel Granier, directeur de la chaîne RCTV, critiquant fortement Chávez était diffusée, la chaîne a montré simultanément les images de l’attentat contre le Pape Jean-Paul II survenu en mai 1981. Globovisión n’avait pas su expliquer pourquoi elle avait diffusé des images de l’attentat dans un programme traitant du non renouvellement de la concession de RCTV4. Plusieurs experts en sémiotique avait été catégoriques à ce sujet : « On incite à l’assassinat du Président5 ». En France, de tels agissements auraient conduit les journalistes de la chaîne ainsi que leurs dirigeants derrière les barreaux.
Les journalistes de Globovisión ainsi que les présentateurs de la chaîne ont également multiplié les expressions diffamatrices à l’égard du gouvernement en utilisant les termes « dictature » et « tyrannie », afin de justifier les appels à la désobéissance civile et les actes de violence. De telles expressions sont inimaginables en Occident6.
L’affaire du séisme
Le 4 mai 2009, une secousse sismique a frappé l’état de Miranda à 4 heures 40 du matin, suivie de trois répliques (4h50, 6h23 et 6h24), sans faire de dégâts humains. A 5h25, le ministre de l’Intérieur et de la Justice Tarek El Aissami a indiqué que le tremblement de terre avait été ressenti à plusieurs endroits. « Nous recevons actuellement des rapports sur les dégâts. Nous sommes en train de déterminer l’épicentre et la magnitude à travers la Funvisis (Fondation vénézuélienne de recherche sismologique). Nous voulons informer que pour l’instant nous n’avons aucun rapport de dommages matériels ou humains. Nous souhaitons lancer un appel au calme. Nous avons ordonné immédiatement un déploiement de patrouilles afin de protéger les personnes qui ont quitté leur demeure », a-t-il déclaré7. A 5h44, El Aissami a rendu public un second rapport informant qu’il s’était entretenu avec le président ainsi que le vice président Ramón Carrizález, soulignant par la même occasion que Chávez avait ordonné le déploiement de la Garde nationale bolivarienne afin d’assurer la sécurité des citoyens7.
De son côté, Francisco Garcés, président de Funvisis, a informé à 5h40 que deux secousses avaient frappé la capitale Caracas ainsi que la zone métropolitaine et a demandé aux médias de lancer des appels au calme à la population. A 6h05, le ministre des Travaux publics et du Logement, Diosdado Cabello, a indiqué que le métro, le chemin de fer et l’aéroport fonctionnaient parfaitement. Hector Navarro, ministre de l’Education, a également souligné que les écoles et les universités n’avaient pas été touchées par le séisme et qu’elles restaient ouvertes. Jesús Mantilla, ministre de la Santé, a fait part du fonctionnement normal des centres hospitaliers du pays. A 6h47, la ministre des Télécommunications et de l’Informatique Socorro Hernández a informé la population que le réseau de télécommunications n’avait pas été affecté. Alejandro Hitcher, président de Hidrocapital, a expliqué pour sa part que le système des aqueducs fonctionnait normalement. A 7h, Blanca Ekhout, ministre de la Communication et de l’Information, a signalé que l’ensemble des organismes de l’Etat était entré en état d’alerte dès la première secousse. Jacqueline Faría, chef du gouvernement du District de la capitale, ainsi que Rafael Ramírez, ministre de l’Energie et du Pétrole, ont tenu la population informée dans leurs attributions respectives8.
Cependant, à 5h20 du matin, soit à peine 40 minutes après la première secousse sismique, le directeur de Globovisión Alberto Federico Ravell, s’est empressé d’intervenir personnellement en direct sur sa chaîne pour – après avoir fourni une information erronée sur l’épicentre du séisme se basant sur des informations en provenance… des Etats-Unis – s’en prendre directement au gouvernement et l’accuser d’incurie tout en transmettant un message de peur et d’angoisse. « Nous sommes très inquiets, nous n’avons trouvé personne, nous n’avons trouvé aucune autorité susceptible de nous informer de manière précise et exacte […]. Nous sommes dans l’attente d’une information précise et vérace de la part de nos autorités car nous n’avons personne à qui nous adresser. Nous avons appelé Funvisis mais on a été coupé, nous n’avons pas pu entrer en contact avec les pompiers. Le maire [Gerardo] Blay n’indique pas s’il y a des dégâts dans sa région9 ».
A ce moment de la conversation, le présentateur de Globovisión a interrompu son directeur pour lui rappeler une réalité. « Directeur, nous venons d’avoir une nouvelle fois au téléphone le président de Funvisis qui nous informe qu’il se trouve en voiture et que c’est la raison pour laquelle il lui a été impossible de nous fournir des informations. Cependant, il a affirmé que dès qu’il arrivera à destination, il nous informera en direct à la télévision pour nous fournir une meilleure information10 ».
Loin d’entendre l’appel à la raison, Ravell en profita pour stigmatiser de nouveau les autorités : « Les médias officiels qui font tant de propagande devraient être en train d’informer les citoyens en ce moment, sans que nous ayons à recourir aux services météorologiques des Etats-Unis pour informer les gens qu’à Caracas il y a eu un tremblement de terre11 ».
Tarek el Assaimi a dénoncé « l’attitude mesquine et l’utilisation irresponsable d’un moyen de communication ». Ravel, au lieu de transmettre un message de tranquillité, a instrumentalisé une catastrophe naturelle pour des fins politiques et « semer la crainte au sein de la population », selon Cabello, ministre des travaux Publics12. Que se passerait-il en France si le directeur de la chaîne privée TF1 avait attaqué le gouvernement de Nicolas Sarkozy, avec la même virulence, quarante minutes après le début des inondations survenues en 2008, l’accusant d’abandonner les victimes à leur sort ?
La désinformation de RSF
RSF a bien évidemment soigneusement censuré cette réalité et tente de faire passer une grave atteinte à la déontologie journalistique et un sérieux manquement à la responsabilité des médias pour une violation de la liberté de la presse. En référence au coup d’Etat de 2002, l’organisation parisienne reconnait qu’« une procédure judiciaire, assortie d’un débat contradictoire, sur l’attitude de certains médias privés au cours de ces évènements n’était pas sans fondement à l’époque » mais feint d’ignorer les agissements continuels et illégaux de Globovisión en s’interrogeant : « Sur quel contenu repose désormais l’accusation, plus de sept ans après les faits13 ? ».
Enfin, RSF affirme que « Globovisión est le seul média télévisuel du réseau à émettre une voix nettement critique envers votre gouvernement. […].Dans d’autres pays d’Amérique latine, où vos homologues ont été durement confrontés à des médias hostiles ou considérés comme tels, jamais la réplique de l’État n’a pris une tournure aussi extrême. Jamais n’a eu lieu la subordination de la quasi-totalité du secteur télévisuel à la seule voix dirigeante ». Ici, le mensonge est triple : l’entité du président Robert Ménard tente de faire croire que les agissements de Globovisión sont monnaie courante en Amérique latine, que le gouvernement Chávez s’en prend à la chaîne en raison des critiques émises à son encontre et que les autres médias télévisuels du pays sont à la solde du leader bolivarien14.
Encore une fois, il est aisé d’infirmer les propos de RSF. D’une part, aucun média latino-américain n’a appelé au renversement du président élu tel que l’a fait Globovisión. Par ailleurs, il suffit de regarder les chaînes de télévision privées qui occupent plus de 80% de l’espace médiatique du pays pour se rendre contre que la critique à l’encontre des autorités y est acerbe et constante. Enfin, tout analyste sérieux sait pertinemment qu’aucun pays du continent américain ne peut se targuer de disposer d’une liberté d’expression et de la presse similaire à celle qui règne au Venezuela. Ainsi, pour RSF, les médias doivent inciter à l’insurrection et au renversement de l’ordre établi comme le fait Globovisión pour ne pas être considérés comme étant à la botte du pouvoir.
Depuis l’élection d’Hugo Chávez à la présidence de la République bolivarienne du Venezuela, RSF a pris fait et cause pour l’opposition antidémocratique et putschiste et n’a eu de cesse de défendre ses intérêts au niveau international. Ainsi, lors du coup d’Etat du 11 avril 2002, RSF s’était bien gardée de dénoncer le rôle principal joué par les médias privés opposés au président démocratiquement élu. Pis encore, le 12 avril 2002, RSF avait publié un article reprenant sans aucune réserve la version des putschistes et avait essayé de convaincre l’opinion publique internationale que Chávez avait démissionné :
« Reclus dans le palais présidentiel, Hugo Chávez a signé sa démission dans la nuit, sous la pression de l’armée. Il a ensuite été conduit au fort de Tiuna, la principale base militaire de Caracas, où il est détenu. Immédiatement après, Pedro Carmona, le président de Fedecámaras, a annoncé qu’il dirigerait un nouveau gouvernement de transition. Il a affirmé que son nom faisait l’objet d’un "consensus" de la société civile vénézuélienne et du commandement des forces armées15 ».
RSF n’est pas une organisation de défense de la liberté de la presse mais une sombre entité à l’agenda politique bien précis chargée de discréditer par tous les moyens possibles les gouvernements progressistes à travers le monde et qui se trouvent sur la liste noire des Etats-Unis. Rien d’étonnant quand on sait que Washington finance substantiellement l’organisation par le biais de la National Endowment for Democracy, une officine écran de la CIA selon le New York Times16.
Notes
1 Reporters sans frontières, « Acharnement gouvernemental contre la chaîne Globovisión : lettre ouverte au Président Hugo Chávez », 29 mai 2009. http://www.rsf.org/article.php3?id_article=31466 (site consulté le 2 juin 2009).
2 Ibid.
3 Agencia Bolivaria de Noticias, « Periodistas coinciden en que Globovisión es promotor de protestas de oposición », 29 mai 2007.
4 Agencia Bolivaria de Noticias, « Ministro Lara denunció que medios de oposición incitan a magnicidio », 27 mai 2007.
5 Agencia Bolivaria de Noticias, « CNN miente sobre Venezuela y Globovisión incita al magnicidio », 28 mai 2007.
6 Agencia Bolivaria de Noticias, « Globovisión continúa con la instigación a la desestabilización », 29 mai 2007.
7 Luigino Bracci Roa, « Fuerte temblor sacudió región central del país esta madrugada sin causar daños », Yvke Mundial, 4 mai 2009. http://www.radiomundial.com.ve/yvke/noticia.php?23910 (site consulté le 15 juin 2009).
8 Ibid.
9 Globovisión, « ¿Quién sintio el temblor primero? ¿Los chavistas o los opositores? », 4 mai 2009. http://www.youtube.com/watch?v=TwC0pLR-ajQ (site consulté le 15 juin 2009).
10 Ibid.
11 Ibid.
12 Ibid.
13 Reporters sans frontières, « Acharnement gouvernemental contre la chaîne Globovisión : lettre ouverte au Président Hugo Chávez », op. cit.
14 Ibid.
15 Reporters sans frontières, « Un journaliste a été tué, trois autres ont été blessés et cinq chaînes de télévision brièvement suspendues », 12 avril 2002. www.rsf.org/article.php3?id_article=1109 (site consulté le 13 novembre 2006).
16 Salim Lamrani, Cuba. Ce que les médias ne vous diront jamais (Paris : Editions Estrella, 2009).
Salim Lamrani est enseignant chargé de cours à l’Université Paris-Descartes et l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée et journaliste français, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis. Il a publié, entre autres, Double Morale. Cuba, l’Union européenne et les droits de l’homme (Paris : Editions Estrella, 2008). Son nouvel ouvrage s’intitule Cuba. Ce que les médias ne vous diront jamais (Paris : Editions Estrella, 2009) et comporte un prologue de Nelson Mandela. Contact : lamranisalim@yahoo.fr ; salim.lamrani@parisdescartes.fr
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| Cuba
met la libération des Cinq comme condition à un dialogue
avec les USA Cuba considère d’une importance vitale la libération de cinq Cubains prisonniers aux Etats-Unis pour entamer des négociations avec le gouvernement du président Barack Obama, a déclaré le président de l’Assemblée Nationale de Cuba, Ricardo Alarcón. Le chef du Parlement a précisé à des médias accrédités à la Havane que le gouvernement états-unien a demandé à la Cour Suprême de ne pas accepter de rouvrir le dossier des Cubains.
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Déclaration de l’Assemblée Nationale de Cuba: Cruel acharnement contre nos Cinq frères. Présidence de l’Assemblée Nationale du Poder Popular
Malgré les solides arguments mis en avant par les avocats de la défense face aux évidentes et multiples violations légales commises durant tout le procès, et en ignorant l’appui universel apporté à cette demande, [appui] exprimé par un nombre sans précédent de documents des « amis de la Cour », parmi lesquels 10 prix Nobel, des centaines de parlementaires et de nombreuses associations de juristes internationaux et nord-américains et de personnalités politiques et académiques de tout premier plan, la Cour Suprême a rejeté l’affaire, faisant fi de la demande de l’Humanité et de son obligation de faire justice. Une fois de plus se manifeste l’arbitraire d’un système corrompu et hypocrite et son acharnement cruel contre nos cinq frères. Notre lutte pour leur libération ne faiblira pas un seul instant. C’est maintenant que nous devons renforcer nos actions, sans laisser un seul espace à couvrir ni une seule porte où frapper. Soyons sûrs que Gerardo, Antonio, Fernando, Ramón et René continueront, comme ils l’ont fait durant ces presque onze dernières années, à être à la pointe de cette bataille. Devant cette infâme décision, Gerardo Hernández
Nordelo a declaré: La lutte doit se multiplier jusqu’à ce que le Gouvernement nord-américain soit obligé de mettre fin à cette monstrueuse injustice et rende la liberté à Gerardo, Ramón, Antonio, Fernando et René.
15 juin 2009 |
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Fidel Castro "Biographie à deux voix" [suite...] Quelle a été son enfance ? Où et quand s'est forgé le rebelle ? Quelles étaient ses relations avec Che Guevara ? Comment sa petite guérilla a-t-elle vaincu la puissante armée de Batista ? Le monde a-t-il été au bord de la guerre nucléaire pendant la "crise des missiles" d'octobre 1962 ? Combien de vois a-t-on tenté de l'assassiner ? Quelle impression lui a laissée le pape Jean-Paul II pendant sa visite à Cuba en 1998 ? Pourquoi critique-t-il si âprement Felipe Gonzalez et José Maria Aznar alors qu'il vante les qualités du roi Juan Carlos ? Quels souvenirs garde-t-il de François Mitterrand, de Régis Debray, du commandant Cousteau ? Comment explique-t-il l'"affaire Ochoa" ? Que pense t-il de la globalisation néolibérale, de la guerre en Irak et du président Bush ? Pourquoi les autorités cubaines ont-elles arrêté quelques soixante-dix opposant non violents en mars 2003, et appliqué, la même année, la peine de mort aux responsables du détournement d'un bateau ? Le régime souffre-t-il de la corruption ? Le socialisme cubain est-il vraiment "irrévocable" ? Quel est le secret de l'alliance avec Hugo Chávez ? Quelles sont les orientations actuelles de la politique et de l'économie cubaines ? Qu'adviendra-t-il après Fidel Castro ? L'entretien exhaustif d'Ignacio Ramonet donne lieu à des réponses inédites, et constitue une démarche que la figure éminemment controversée de Fidel Castro rend passionnante. C'est aussi un récit instructif sur le passé, le présent et l'avenir de la révolution cubaine et de l'Amérique latine alors que prend fin le long règne du Comandante. Théoricien des médias, journaliste,
l'une des voix les plus représentatives du mouvement altermondialiste,
Ignacio Ramonet est directeur du Monde diplomatique.
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| Cuba, Fidel et le Che ou l'aventure du socialisme [suite...] En le lisant je me disais que ceux qui critiquent Cuba et qui mentent le plus souvent auraient trouvé là des arguments nettement plus valables. Mais ce discours est quasiment passé inaperçu… Bon je ne vous dirai pas toute l’enquête que j’ai commencé à mener à Cuba pour tenter de comprendre ce qui se passait. J’ai eu la chance de trouver là-bas des amis particulièrement compétents sur la question et parmi eux Jacques françois Bonaldi qui depuis plus de trente ans vit à Cuba et traduit les discours de Fidel… Mais là c’est encore une autre histoire, il faudrait que j’explique Bonaldi, sa précision, son savoir, sa finesse, au bout de quelque temps comme son apport était fondamental je lui ai demandé de co-signer ce livre et je dois dire honnêtement qu’au point où nous en sommes c’est lui qui devrait en être l’auteur principal. Notons également le travail de réécriture entre deux auteurs à des milliers de kilomètres l’un de l’autre qu’a effectué nicole Amphoux. Mais revenons sur le fond, ce que j’ai découvert grâce à Bonaldi c’est la manière dont le socialisme cubain n’a cessé d’opérer sa propre rectification et ce sous le feu de l’ennemi. C’est pour cela qu’il y a dans le titre l’idée que loin d’être un modèle clé en main le socialisme est une aventure: on croit savoir mais en fait comme Fidel le disait recemment en citant Socrate “on s’aperçoit que l’on ne sait rien”… Donc ce livre décrit comment depuis le début de la révolution jusqu’à aujourd’hui où Cuba est en pleine ébullition souterraine, Cuba n’a rien de ce monde figé mais au contraire poursuit une marche qui comme toute les marches paraît parfois un déséquilibre compensé. la masse des problèmes est immense et on croirait parfois que les êtres humains s’ingénient à en rajouter mais il y a à Cuba les racines du courage surhumain d’un peuple: pour les Cubains le socialisme se confond avec l’indépendance nationale. Cuba appartient au Tiers-monde, à tous ceux qui ont connu la colonisation, l’oppression, l’esclavage et sans tenir compte de cela on ne comprend rien à ce pays. Dans la quatrième de couverture, nous citons Fidel qui explique que le capitalisme à travers la propriété privée remonte à la nuit des temps, il y a même eu la propriété sur des êtres humain, l’esclavage et on a prétendu inventer la démocratie alors que l’immense majorité de la population était esclave… le socialisme lui n’a pas un tel passé derrière lui, il est encore dans les langes. Tout est à faire, d’où là encore l’idée d’aventure. Aventure peut aussi être pris comme ad-venture, ce qui doit advenir, parce que si le socialisme n’advient pas cela risque d’être la fin de l’humanité. Enfin, j’ai découvert toujours grâce à J.F.Bonaldi la manière dont la pensée du Che est constamment présente à Cuba, pour Fidel en particulier. Mais je vous laisse le soin de découvrir ce dialogue sur le socialisme qui se poursuit encore aujourd’hui. C’est le troisième sens de l’idée de l’aventure, la vie comme un beau voyage, une belle aventure pour celui ou celle qui lui consacre sa vie… Voilà trés sommairement résumé un livre dont je puis dire qu’il témoigne d’ un respect de l’histoire de ce peuple héroïque et des deux hommes extraordinaires que sont le Che et Fidel, unis par l’amitié et par le compagnonnage révolutionnaire sans pour autant jamais tomber dans l’hagiographie, en faisant état constamment des problèmes, des difficultés, des erreurs, parce qu’il nous paraît qu’ils mettent encore plus en lumière le côté prométhéen de Cuba, c’est-à-dire la révolte du Titan qui alla voler le feu des dieux pour que les hommes se réchauffent et se protégent des bêtes féroces.
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| RSF
sans Ménard [suite...] 30 septembre 2008 Deux ans qu’il y songeait mais à la question posée vendredi : « Vous partez pour quoi faire ? » il bafouille de première. Il est « plein d’envies et plein de souhaits », il va voir si sa femme l’embauche dans sa revue Média (trimestrielle et confidentielle), il va monter une maison d’édition (il eût dû commencer à la mettre en route, depuis deux ans), il va peut-être faire de la politique, lancer un nouveau journal. Bref, décryptons : vendredi 26 septembre, il ne sait pas, il est psychologiquement à la rue. Mais le plus beau bobard de Ménard, je veux dire le plus comique, celui par lequel il prouve qu’il a toujours pris les journalistes et les lecteurs pour des abrutis est le suivant : Il fallait à RSF quelqu’un qui connaisse mieux Internet que moi. Ô discrédit des journalistes dont aucun recevant cette galéjade n’a bondi pour s’écrier : « Mais la plupart des grands patrons, des ministres ne touchent jamais un clavier. Chirac ne savait même pas ce qu’était une souris ! Qu’est-ce que vous nous chantez-la ? » Ils nous auraient, impassibles et polis, pareillement transmis la réponse de Ménard si elle avait été : « Je pars parce que j’arrive pas à régler le fauteuil de mon bureau » ou « J’ai deux téléphones dans le bureau, je sais jamais lequel sonne » ou « Depuis qu’on m’a volé l’ordinateur portable, j’en ai un nouveau, mais je n’arrive pas à ouvrir la fermeture éclair de la sacoche ». Robert Ménard qui a grandi avec RSF dans la dissimulation et le mensonge , quitte RSF en lançant des rafales d’ultimes impostures que ses successeurs doivent assumer sur leurs fonds baptismaux. Cela commence mal pour son successeur Jean-François Julliard. En l’absence de vérité, la duperie étant établie par la multiplication de réponses à géométrie variable et à haut niveau de bêtise, il reste des hypothèses. En voici cinq dont je tiens pour probable qu’une, au moins (voire plusieurs), tape dans le mille. 1 – Viré par l’Elysée. La classe politique, exaspérée, renvoie à la niche le toutou tout fou qui mord la main de l’Etat français qui le nourrit depuis des années et qui lèche celle de Bush. Vu sur le site de RSF : « Le 9 octobre prochain, Robert Ménard publie un ouvrage intitulé « Des libertés et autres chinoiseries » aux Editions Robert Laffont, dans lequel il revient sur la campagne pour le boycott de la cérémonie d’ouverture des JO de Pékin. Récit inédit sur les coulisses et les négociations secrètes menées autour des Jeux, ce livre est aussi un essai mordant sur la presse, les droits de l’homme et les lâchetés de la classe politique. » Il est vraisemblable que « la classe politique » a déjà lu ce livre avant sa mise en librairie et qu’elle n’a pas aimé ça. Ménard injurie Sarkozy qu’il a traité de « lâche » pour avoir été brièvement à Beijing où le fidèle sponsor de RSF, Bush, a séjourné plusieurs jours sans être injurié par notre ONG, par l’opinion publique états-unienne ou la nôtre. Est-ce que le Pouvoir a jeté le citron pressé Ménard afin de sauver RSF si utile pour effacer les syndicats de journalistes, escamoter les problèmes de la presse en France et ceux du droit à l’information ? Les médias ont commencé à évoquer ce que des sites Internet démontrent depuis des années : les liens de RSF avec les USA. Un journaliste du Figaro, Eric Zemmour, va jusqu’à affirmer à le télévision que RSF est manipulée par le CIA. Première hypothèse donc : L’Elysée en a usé avec Robert Ménard comme pour des journalistes de la presse écrite et de la télé : « Viens ici, t’es viré, et surtout, tais-toi ». Comment ? Avec quels moyens de pression ? La menace de laisser les médias populariser vraiment le livre « La face cachée de Reporters sans Frontières. De la CIA aux Faucons du Pentagone » récemment réédité (éditions Aden) a-t-elle suffi ? Il serait présomptueux de le dire. Mais il est juste de prétendre (pub) qu’on saisit mal les ingrédients de la puissance de RSF et en même temps de sa fragilité sans avoir lu cette enquête. Après 5 mois d’omerta, la presse française, comme sur un coup de baguette magique, a découvert ce livre en groupe serré, dans la semaine (le lendemain pour les plus rapides sortant d’un coma hibernal) qui a suivi les incidents de la flamme olympique à Paris. L’Elysée dispose-t-il d’un dossier complémentaire pour obtenir si vite, si brutalement, le départ et le silence de Ménard sur les vraies raisons de son départ. L’avenir (ou le Canard Enchaîné ?) nous le dira. 2 - Ménard a été viré en cadeau de la France aux Chinois en colère. L’affront fait à la Chine le 9 avril à Paris n’est pas pardonné et la plaie ouverte sera longue à se refermer. Faute d’informations dans les médias français sur RSF, les Chinois sont venus les chercher auprès de moi. Plusieurs exemplaires de mon livre ont été achetés par leur ambassade en mai pour envoi en Chine et traduction à destination de leurs médias et des autorités politiques. Après la soudaine et brève ruée des médias français, j’ai donc vu déferler vers moi les médias chinois, avec la même force, sauf qu’ils ne se retirent pas. Sur le moteur de recherche chinois (baidu.com), les articles qui font référence à mon livre sont nombreux. La presse écrite chinoise en parle beaucoup. Radio Chine International arrose la planète depuis le mois de juin, en diffusant en 45 langues (dont l’Esperanto !) une interview que je lui ai accordée en mai. Ces jours-ci encore, je suis averti de la parution d’articles inspirés de mon livre dans deux journaux chinois à gros tirage (500 000 et 3 millions d’exemplaires). Et ça n’arrête pas depuis le passage de la flamme olympique à Paris et les exploits de Ménard. Nos diplomates en poste en Chine, nos entreprises ont vu cette contre-attaque médiatique continue. Qu’elle se poursuive sans faiblir presque six mois après le camouflet français indique que les dégâts sont profonds. On se souvient que Paris a envoyé au mois de juin à Beijing des émissaires de haut niveau : Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre et Christian Poncelet, président du Sénat qui ont demandé à être reçus par le président chinois, Hu Jintao. Plus récemment, preuve que rien n’est aplani, Nicolas Sarkozy a reçu à l’Elysée la jeune Jin Jing, athlète chinoise handicapée, bousculée par les fanatiques chauffés à blanc par RSF lors du passage de la flamme olympique qu’elle défendit avec courage. Cette jeune fille est devenue une héroïne nationale en Chine, symbole vivant d’un « racisme français anti-chinois ». Le film de sa résistance a été passé en boucle à la télévision chinoise. Un journaliste chinois en poste depuis 15 ans en France, amoureux de notre pays, me confiait récemment : « J’étais en Chine il y a quelques semaines, j’ai constaté, avec une profonde douleur, la montée d’un sentiment anti-français dans la jeunesse chinoise ». Le rétablissement de relations amicales (établies par le général De Gaulle) culturelles et commerciales normales entre la France et le pays le plus peuplé du monde passait-il par l’élimination du responsable du désastre ? C’est une hypothèse à retenir. 3 - Ménard est lâché par les USA. Les liens de RSF avec des vitrines écrans de la CIA commencent à être des secrets de Polichinelle. Des milliers d’articles y sont consacrés sur la Toile dans de nombreuses langues. Des livres de librairie traitent cette question. Les médias officiels commencent à briser la loi de l’omerta. Il faut dire que, s’agissant de griller RSF, Collin Powel y est allé de sa gaffe. Dans son rapport Commission for Assistance to a free Cuba (458 pages) qu’il a remis en mai 2004 à Georges Bush, il en appelle fiévreusement aux ONG (NGOs, Non-Governmental Organizations) à presque toutes les pages (et jusqu’à dix fois à la page 77) pour aider son pays. Mais (page 20) une seule est citée en exemple : Reporters Sans Frontières (Reporters Without Borders). Des documents se déclassifient aux USA. Des journalistes d’investigation comme Diana Barahona, des avocats de droits de l’Homme, comme Eva Golinger, s’appuyant sur des lois états-uniennes, demandent des comptes aux organismes distributeurs des subventions votées par le congrès. Et le transfert de fonds d’officines écrans de la CIA, que les comptes publics publiés par RF sur Internet occultaient naguère, est désormais prouvé, au dollar près. RSF commence à être nue. Dans ses innombrables apparitions dans les médias, Ménard se défend mal : arrogant, agressif, il injurie ses contradicteurs et ment avec une impudence qui scandalise. Il n’est plus the right man in the right place. 4 - Ménard a trouvé une autre gamelle dans une dictature arabe. Une dépêche d’Associated Press tombée dimanche 28 septembre à 16 heures 40 nous annonce un spectaculaire rebond de Ménard pendant le W.E. en direction de Doha, au Qatar, pays d’Al Jazeera, chaîne arabe honnie par les USA, lesquels ont fait subir à des journalistes des enlèvements, assassinats, séquestration sous l’œil placide de RSF. Une information livrée le 28 septembre sur la Toile par le quotidien algérien l’Expression est plus explicite : sous le titre « ROBERT MENARD QUITTE RSF POUR ALLER AU QATAR » l’hebdomadaire explique : « Il dirigera Centre for Media Freedom à Doha » avec « des privilèges d’un sultan de la presse mondiale ». Le Qatar est un pays peuplé de moins d’un million d’habitants, gorgé de pétrole et dirigé par un cheikh, mot arabe qui veut dire dictateur. RSF est cofondatrice (décembre 2007) avec l’émirat du « Centre pour la liberté de l’information ». Robert Ménard en est le directeur général. Dans son Centre, une maison d’accueil de journalistes femmes a été ouverte, il va s’en ouvrir une pour les hommes. Tout est bien, personne ne se mélange. D’après Associated Press, Ménard se félicite du soutien de cheikha Moza bint Nasser al-Missned, considérée comme la plus influente des épouses de l’émir du Qatar, le cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani. Ménard concède que l’émirat, 79e du classement 2007 de la liberté de la presse de RSF, peut encore « faire des progrès en la matière ». Et pas qu’en cette matière, d’ailleurs. En effet, le Qatar connaît-il des déficits de démocratie uniquement avec la presse ? Non. La palette est large si l’on en croit l’organisation Amnesty International. Les tribunaux continuent de prononcer des condamnations à mort et des peines de flagellation, « Les autorités n’ont pris aucune mesure appropriée pour mettre fin à la discrimination et aux violences contre les femmes ». Les travailleurs migrants sont durement exploités, certains ne sont pas payés, ceux qui protestent sont interpellés, maltraités, puis ont été renvoyés dans leur pays. Après une visite au Qatar la rapporteuse spéciale des Nations unies sur la traite des personnes, en particulier les femmes et les enfants, a exprimé sa préoccupation à propos des travailleurs immigrés victimes de traite d’êtres humains. On compte 22 prisonniers au moins sous le coup d’une sentence capitale. Aucune enquête n’a été menée par les autorités du Qatar sur les actes de torture et les mauvais traitements qui auraient été infligés à au moins 31 prisonniers condamnés pour leur participation présumée à une tentative de coup d’Etat. Le droit du Qatar ne comporte pas une définition de la torture conforme aux normes internationales, les procédures d’arrestation et de détention sont susceptibles de favoriser le recours à la torture contre les suspects. Abdullah Hussein Ali Ahmed al Malki a été privé de sa nationalité pour avoir critiqué e les autorités lors d’une émission de la chaîne de télévision Al Jazeera, en mai 2005. Bref, Ménard frétille à l’idée de travailler pour une dictature monarchique polygame ou la violence contre les femmes n’est pas illégale, où la presse est malmenée, les travailleurs traités comme des esclaves, tandis que perdurent la flagellation, la torture et la peine de mort. 5 - Le départ de Ménard précède un aggiornamento de RSF. Les USA, les pouvoirs publics, le MEDEF ont besoin d’ONG vierges. Est-il possible de re-toiletter la façade de RSF ? Si oui, l’illusion sera de courte durée. Chat échaudé… A l’encontre, observons que les départs des caudillos s’accompagnent souvent de ruptures avec les méthodes et les orientations antérieurs. Espérons que le successeur de Ménard, Jean-François Julliard, avec qui j’ai échangé des mails courtois (malgré nos désaccords et la menace publique de procès exprimée par RSF à mon encontre) pendant l’écriture de mon livre saura recadrer RSF vers un travail d’ONG au service de la presse, des lecteurs, des journalistes. Inutile donc de démarrer un procès d’intention, inutile même de brûler d’impatience, de guetter dès aujourd’hui des signes de changements. Laissons à RSF sans Ménard le droit à un délai, accordons-lui un Etat de grâce, octroyons-lui le temps nécessaire à amorcer un virage. N’ergotons pas sur son élémentaire liberté de faire son travail sans forcément chercher à plaire à tous, pourvu que l’éthique s’installe dans un bureau laissé vacant. Maxime Vivas
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[suite...] On peut juger, en tout cas, de l’illégitimité de cette défense par la légitimité de l’offensive. On peut juger de la bassesse des défenseurs par la grandeur des attaquants. Qui attaque Cuba ? Des gouvernements très puissants qui parlent au nom de la démocratie et des droits de l’homme ; des gouvernements très puissants qui parlent au nom de la démocratie et des droits de l’homme et qui envahissent ou soutiennent l’invasion de nations souveraines ; des gouvernements qui parlent au nom de la démocratie et des droits de l’homme et qui tuent pour sauver des banques et des entreprises pétrolières ; des gouvernements qui parlent au nom de la démocratie et des droits de l’homme et qui ordonnent – ou y consentent – les séquestrations de la CIA, les camps de torture, les prisons secrètes, le contrôle des téléphones et des communications, la suspension de l’habeas corpus, le racisme exterminateur des lois migratoires et un bon nombre de dictatures collaborationnistes ; des gouvernements très puissants qui parlent publiquement de démocratie et de droits de l’homme et qui bafouent la démocratie et les droits de l’homme, et qui le font non pas parce qu’ils sont hypocrites ou rusés, mais parce qu’ils savent qu’il est autant utile de les violer que de les invoquer. Pourquoi peuvent-ils parler publiquement de démocratie et de droits de l’homme ? Précisément parce qu’ils peuvent les bafouer et les violer publiquement sans trop d’opposition. Pourquoi croit-on à ce qu’ils disent et non à ce qu’ils font ? Parce que leurs moyens pour se faire entendre sont aussi puissants que leurs moyens pour violer, tuer et détruire. Cuba ne pourra jamais avoir raison face à une irrationalité aussi irrésistible ; Cuba ne pourra jamais être juste face à une injustice aussi criminelle.
Salim Lamrani, enseignant et journaliste spécialiste de Cuba, collaborateur habituel de Rebelión, a très bien compris qu’une partie de la stratégie de sape de la révolution cubaine passe par le fait de l’obliger à se défendre sans cesse, afin que tous ses principes paraissent rhétoriques, ses vérités vides de sens, ses chiffres gonflés, ses acquis douteux. Face à cette autolégitimation de l’attaquant – basée sur sa propre capacité à attaquer –, face à laquelle toute défense se retrouve délégitimée, il s’agit moins d’insister sur la légitimité de la révolution que de questionner radicalement la légitimité de ses détracteurs. C’est ce que fait Salim Lamrani dans Double Morale. Cuba, l’Union européenne et les droits de l’homme. Avec un calme très efficace, sans rhétorique, en ayant toujours recours à des rapports officiels au-delà de tout soupçon, il ose faire face aux gouvernements européens les plus belligérants contre Cuba sur leur propre terrain, là où ils se croient le plus intouchables ou d’où ils prétendent imposer leur doctrine au reste du monde. Abordant la question la plus difficile, la plus sensible et également la plus manipulée, l’ouvrage court et convaincant de Lamrani accumule tant d’accusations contre l’UE (et, bien sûr, contre les Etats-Unis) qu’apparaît naturellement aux yeux du lecteur tout ce que la propagande nous cache par le biais d’artifices et de violences symboliques, à savoir, les véritables raisons de l’offensive anti-cubaine et, indissociable de celles-ci, la supériorité positive et manifeste de Cuba – et pas seulement de manière comparative – dans la défense des droits de l’homme.
Mais les comparaisons sont vraiment édifiantes et je ne peux pas résister à l’envie de citer un passage du livre de Lamrani qui, précisément sous ce titre (« une comparaison édifiante »), exprime parfaitement aussi bien l’illégitimité morale et démocratique de l’Union européenne que le talent de l’auteur pour ordonner des vérités de façon à ce qu’elles puissent être perceptibles. Pour un compte rendu, la citation est longue ; pour un résumé judiciaire, elle est trop courte :
« Contrairement aux rapports concernant les pays de l’Union européenne, Amnesty International n’a rapporté, pour ce qui concerne Cuba, • Aucun cas d’assassinat politique contrairement au Royaume-Uni. • Aucun cas de torture ou traitement inhumain contrairement à la Belgique, à Chypre, à l’Estonie, à la France, à la Grèce, à l’Italie, à la Lettonie, à Malte, à la République tchèque et au Royaume-Uni. • Aucun cas d’utilisation de preuves obtenues sous la torture contrairement à l’Allemagne et à Chypre. • Aucun cas de disparition contrairement à l’Estonie. • Aucun cas d’enlèvement de personnes par les autorités contrairement à l’Italie. • Aucun cas de violation du droit à la vie contrairement à la Suède. • Aucun cas d’impunité suite à un crime commis par des agents de l’Etat contrairement à l’Autriche, l’Espagne, la France, la Grèce, l’Irlande, l’Italie, le Portugal, la République tchèque et au Royaume-Uni. • Aucun cas de trafic d’êtres humains contrairement à la Grèce et à la Lituanie. • Aucun cas de violence contre les mineurs commises par des agents de l’Etat, contrairement à l’Estonie, la République tchèque et la Slovaquie. • Aucun cas de violence systématique contre les femmes contrairement à la plupart des pays européens. • Aucun cas de violence contre les minorités contrairement à l’Allemagne, à l’Estonie, à la France, la Grèce, la République tchèque, le Royaume-Uni et à la Slovaquie. • Aucun cas d’enfants privés d’accès à l’éducation en raison de leur origine ethnique contrairement à la Grèce, la Hongrie, la République tchèque, la Slovaquie, la Lettonie, et la Slovénie. • Aucun cas d’enfants internés en raison de leur origine ethnique contrairement à la République tchèque et à la Slovaquie. • Aucun cas de stérilisation forcée de femmes issues de minorités contrairement à la République tchèque et à la Slovaquie. • Aucun cas de citoyens déchus de leur nationalité contrairement à la Grèce et à la Slovénie. • Aucun cas d’utilisation de lits-cages pour enfermer les handicapés mentaux contrairement à la République tchèque. • Aucun cas de répression de manifestants contrairement à Chypre et à Malte. • Aucun cas de familles expulsées de leur logement contrairement à la Hongrie. • Aucun cas de violences sur les handicapés contrairement à l’Irlande. • Aucun cas de mineurs incarcérés contrairement à l’Espagne, l’Estonie et l’Irlande. • Aucun cas de malades mentaux mis en prison contrairement à l’Autriche, à l’Irlande et à l’Italie. • Aucun cas de suicide en prison contrairement à l’Italie. • Aucun cas d’automutilation en prison contrairement à l’Italie. • Aucun cas de manque d’attention médicale contrairement à l’Estonie, l’Italie, et au Royaume-Uni. • Aucun cas de violences policières contrairement à la plupart des pays européens. • Aucun cas de suspension des garanties constitutionnelles contrairement à la France. • Aucun cas de traite d’êtres humains contrairement à la Grèce. • Aucun cas d’incitation à la haine raciale et à la discrimination par les autorités contrairement à la Hongrie et à la Lettonie. • Aucun cas d’expulsion de demandeurs d’asile contrairement à l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, Chypre, la France et à la Grèce ». Avec un véritable bon sens, Salim Lamrani brandit contre l’UE une source qu’elle-même reconnaît et utilise, mais le nombre de violations des droits de l’homme commises dans les pays européens et non commises à Cuba augmenterait sans aucun doute si l’on acceptait les dénonciations d’organismes moins officiellement « indépendants ». Pour les défenseurs des droits de l’homme, il est clair, en tout cas, non seulement que la propagande occidentale contre Cuba est dénuée de fondement mais qu’elle inverse littéralement (conformément à une projection freudienne consciente et intéressée) le partage des rôles : la vérité est que pendant que le gouvernement de l’île caribéenne oriente toute sa politique vers la protection des droits de l’homme, les gouvernements européens (suivant celui des Etats-Unis) montrent clairement que les temps – si l’on veut protéger le capitalisme – ne sont pas aux scrupules juridiques ni aux simagrées humanistes. C’est pour cela qu’a servi et que sert encore la propagande contre Cuba ; si elle aide à la faire tomber, très bien ; sinon, au moins on arrive à camoufler un peu l’infamie croissante de ceux qui l’attaquent. Après avoir lu le livre de Salim Lamrani, les atrocités commises par ceux qui les racontent m’inquiètent beaucoup plus que les bêtises que l’on raconte sur Cuba ; et l’ingénuité avec laquelle on avale ce que nous racontent nos journalistes et nos gouvernements sur eux-mêmes m’inquiètent beaucoup plus que l’ingénuité avec laquelle on gobe les bobards qu’ils nous racontent sur Cuba. Après avoir lu le livre de Salim Lamrani, je suis surtout inquiet de l’horreur de tout ce que les anti-cubains de l’Union européenne sont en train de faire aux Européens, et du silence avec lequel nous le supportons sans une plainte. Sur ce point également les Cubains ont beaucoup à nous apprendre : parce qu’au moins eux se défendent. Double Morale. Cuba l’Union européenne et
les droits de l’homme Prix : 10€ Pour toute commande, veuillez contacter lamranisalim@yahoo.fr
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APPEL DE L’INSTITUT CUBAIN D’AMITIE AVEC LES PEUPLES.
A TOUS LES AMIS DE CUBA, Le Gouvernement des Etats-Unis vient une nouvelle fois de mettre en évidence sa double morale et la politique agressive et génocide qu’il mène contre Cuba. Il s’agit cette fois de tirer un profit médiatique, en utilisant les dégâts provoqués par le passage des ouragans Gustav et Ike à travers notre pays et la prétendue « intolérance » de Cuba qui refuse les soi-disant gestes humanitaires de l’administration Bush. Nos amis doivent savoir que : Les dégâts occasionnés par ces ouragans dévastateurs sont immenses. Des estimations préliminaires calculent des pertes supérieures à 5 milliards de dollars, principalement dans les secteurs du logement, de l’électricité, des communications, de l’infrastructure économique et de l’agriculture. Cuba, qui a une longue histoire solidaire avec de nombreux pays ayant souffert de catastrophes naturelles, a déjà commencé à recevoir l’aide matérielle, dont elle a besoin en urgence, de la part de nombreux gouvernements, ’institutions internationales et ’organisations amies. Nous en sommes très reconnaissants, de même que toute aide provenant d’amis et de personnes de bonne volonté aux Etats-Unis. Cependant, la Note Verbale du Bureau des Intérêts de Cuba à Washington, remise au Département d’Etat des Etats-Unis, le 14 septembre dernier, précise que Cuba ne peut pas accepter un don venant d’un gouvernement qui impose, depuis 50 ans, un blocus économique, commercial et financier implacable. Encore moins si ce don est conditionné par des inspections et des évaluations internes, tout aussi inutiles qu’inacceptables, de la part de cette puissance. Cuba n’a pas besoin de cadeau. La Note Verbale précise que Cuba demande seulement de pouvoir acheter les matériaux indispensables, que les entreprises nord-américaines exportent normalement vers d’autres marchés, ainsi que d’obtenir les crédits utilisés dans toutes les opérations commerciales. Cela permettrait d’acquérir des matériaux et des aliments indispensables, non seulement pour assurer les reconstructions après les dégâts occasionnés par les ouragans, mais aussi d’assurer les réserves de ces ressources, sachant que la période cyclonique la plus dangereuse reste à venir. L’attitude la plus humanitaire dont pourrait faire preuve le gouvernement des Etats-Unis serait de lever une fois pour toute le blocus contre Cuba, ainsi que l’exige la quasi totalité de la communauté internationale depuis des décennies ainsi que d’importants, et chaque fois plus nombreux, secteurs de la société nord-américaine elle-même. A défaut, que celui-ci assouplisse le blocus pendant les 6 mois sollicités par Cuba. Une autre réponse ne serait que pure propagande et double morale. L’Institut cubain d’amitié avec les peuples, ICAP, appelle tous les amis : à exiger de Washington qu’il démontre clairement et concrètement sa prétendue vocation humanitaire, à démasquer toute tentative de tirer profit dans les médias de la position digne et juste de Cuba. à poursuivre et intensifier la lutte contre le blocus génocide, arbitraire et illégal imposé à Cuba.
Ciudad de La Habana, 17 septembre de 2008
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CUBA SI FRANCE
Le nouveau locataire de la Base Navale de Guantanamo, au demeurant nouveau Président des USA , semble ignorer que son bail est largement dépassé (99 ans ) ! De plus celui-ci ayant été dénoncé dès 1959 par le Gouvernement Révolutionnaire, date à partir de laquelle plus aucun chèque adressé par les USA n’a été encaissé par le trésor Cubain, il va s’en dire que si quelque pays est redevable envers l’autre c’est bien les Etats Unis qui sont débiteurs envers Cuba. Mais toutefois, Mr OBAMA a le culot d’exiger des Cubains des efforts supplémentaires pour consentir une normalisation des rapports entre les deux Nations. On croit rêver, sans même préjuger de ce qui s’est passé justement à Guantanamo en matière de « Droits de l’homme », nous ne voyons pas dans quel domaine, les Américains pourraient se permettre de donner des leçons aux dirigeants Cubains qui depuis le triomphe de leur révolution n’ont eu de cesse d’améliorer les droits fondamentaux de leurs compatriotes ainsi que ceux d’autres peuples opprimés à qui ils ont toujours, sans compter, offert leur solidarité. Nelson MANDELA en est le témoin le plus convaincu et pour cause… Le Peuple Cubain est un Peuple souverain, il s’est donné une Constitution et des institutions qui lui permettent d’exercer pleinement la Démocratie, de contrôler les agissements de ses élus et de les révoquer si le besoin s’en fait sentir. Il n’a de leçon à recevoir de personne en la matière et surtout pas du Président des USA, dont le pays lui impose un blocus criminel depuis un demi-siècle. Cuba Si France exige de la part du Gouvernement des Etats Unis, la cessation de ses prétentions hégémonique et désormais, une attitude respectueuse envers le Peuple Cubain et ses représentants légitimes qui ont acquis une large estime de la part d’une écrasante majorité des membres des Nations Unies. Charly Bouhana, Président
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| Blocus US contre Cuba : Les pertes s’élèvent à 224,6 milliards de dollars Le ministre cubain des Affaires étrangères a observé que le blocus économique et financier que les États-Unis appliquent contre Cuba depuis bientôt 50 ans a déjà coûté à l’économie cubaine au moins 224,6 milliards de dollars. Pendant la seule année 2007, cette agression économique permanente a coûté à Cuba 3,376 milliards de dollars, selon le rapport sur la « Nécessité de mettre fin au blocus économique, commercial et financier imposé par les États-Unis d’Amérique contre Cuba », document présenté ce jeudi à la presse par le ministre cubain des Affaires étrangères, Felipe Perez Roque.
La Havane, 19.09.08 (acn)
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Le premier geste de Barack Obama à l’égard
de Cuba Les médias internationaux ont salué avec emphase la levée par le président Obama des sanctions édictées par son prédécesseur à l’encontre de Cuba. Certains en ont conclu que la balle se trouve désormais dans le camp cubain. Cette présentation ressort de la pure propagande, observe Salim Lamrani, même si elle vise, peut-être, à préparer les États-Unis à un authentique changement. En réalité, les sanctions imposées par le président Bush ne sont que la partie immergée de l’iceberg. Le problème principal est l’embargo qui étouffe l’île depuis prés d’un demi-siècle auquel s’ajoutent trois contentieux supplémentaires. Certes Cuba doit se montrer réceptif à la nouvelle administration US, et il l’a fait, mais c’est à Washington qu’il revient de prendre des décisions. Beaucoup de décisions. Le 13 avril 2009, Barack Obama a effectué un premier pas constructif à l’égard de Cuba en annonçant la levée de certaines restrictions affectant les Cubains résidant aux États-Unis. Désormais, ces derniers pourront se rendre dans leur pays d’origine sans aucun obstacle et effectuer des transferts d’argent illimités à leurs familles. Le président états-unien tient ainsi sa promesse électorale et met un terme définitif aux sanctions économiques imposées par son prédécesseur George W. Bush en mai 2004, qui limitaient drastiquement les visites des émigrés cubains vers leur pays à 14 jours tous les trois ans et réduisaient l’aide financière à 100 dollars par mois [1]. Il s’agit du premier assouplissement significatif de la politique états-unienne à l’égard de La Havane depuis près de trente ans. En effet, en septembre 1977, le président James Carter avait levé les restrictions concernant les voyages pour les Cubains-américains. Mais en avril 1982, elles furent rétablies par son successeur Ronald Reagan. Ainsi, pour la première fois depuis 1982, les émigrés cubains, à l’instar des autres minorités résidant aux États-Unis, vont pouvoir se déplacer sans restrictions, mettant ainsi fin à une situation cruelle qui divisait les familles et violait les droits de la communauté cubaine [2]. Obama a également élargi la liste d’articles humanitaires qu’il est possible d’envoyer à Cuba aux vêtements, produits hygiéniques et matériel de pêche. Par ailleurs, les entreprises de télécommunications états-uniennes seront autorisées à fournir leurs services aux habitants de l’île [3]. L’annonce de la Maison-Blanche intervient à quelques jours du Sommet des Amériques qui se tiendra du 17 au 19 avril 2009 à Trinidad et fait suite au mouvement unanime des présidents latino-américains —dont pas moins de huit d’entre eux ont rendu visite à La Havane depuis janvier 2009— en faveur d’une normalisation des relations entre Cuba et les États-Unis, désormais seul pays du continent à ne pas avoir de relations avec le gouvernement de Raúl Castro [4]. En effet, le Costa Rica et le Salvador, qui étaient les seuls pays latino-américains à ne pas avoir de liens diplomatiques avec Cuba, se sont rapprochés de l’île. Oscar Arias a annoncé le 18 mars 2009 le rétablissement des relations entre San José et La Havane après presque cinquante ans de rupture. « Si nous avons pu tourner la page avec des régimes autant opposés au nôtre que l’étaient l’Union soviétique et plus récemment la Chine, comment ne pas le faire avec un pays qui géographiquement et culturellement plus proche tel que Cuba ? », a-t-il déclaré. Il a également lancé un appel à Washington en faveur d’une normalisation des relations avec La Havane : « Obama a affirmé lors de sa campagne qu’il voulait converser avec Téhéran sans condition aucune, sans restriction aucune, et je pense donc qu’il devrait avec d’autant plus de raisons en faire autant avec le régime cubain [5] ». Le Salvador en a fait autant. L’une des premières décisions du nouveau président Mauricio Funes, qui prendra ses fonctions le 1er juin 2009, a été d’annoncer le rétablissement des relations diplomatiques avec Cuba, suspendues depuis 1959 [6]. San Salvador ne peut pas être la seule capitale « d’Amérique latine qui n’a[it] pas de relations diplomatiques avec Cuba », a souligné Funes [7]. En mars 2009, le Congrès et le Sénat étasuniens avaient déjà temporairement suspendu les restrictions imposées par Bush pour une durée d’un an [8]. Obama les a définitivement éliminées le 12 mars 2009. Il s’agit sans nul doute d’un pas encourageant mais insuffisant. Au sein du Congrès, les initiatives en faveur d’un allègement des sanctions économiques se sont multipliées. Un projet législatif, soutenu par plus de vingt congressistes démocrates et républicains, destiné à éliminer les obstacles pour la vente de produits agricoles et permettre les transactions financières directes avec Cuba, a été déposé le 26 mars 2009 par le représentant républicain Jerry Moran du Kansas. « Vues les difficultés qu’impose la situation économique actuelle à nos producteurs, il s’agit du moment opportun pour inciter les États-Unis à effectuer des changements dans sa politique commerciale à l’égard de Cuba », a souligné Moran. « Cuba est un important marché pour la production agricole états-unienne, ainsi que pour les produits manufacturés et distributeurs d’aliments », a-t-il ajouté [9]. Le 3 avril 2009, sept importants membres du Congrès états-unien se sont rendus à La Havane, pour une visite de cinq jours, afin d’établir un dialogue au sujet d’un éventuel rapprochement entre les deux pays. Barbara Lee, chef du groupe de représentants, a noté qu’il était « temps de parler de Cuba ». Elle a été reçue à la fois par Raúl Castro et Fidel Castro [10]. « Nous sommes convaincus que le président Castro voit que la normalisation et la fin de l’embargo serait bénéfique pour les deux pays », a-t-elle ajouté. Pour sa part, le congressiste démocrate de l’Illinois Bobby Robson a exprimé la bonne impression laissée par Fidel Castro : « Il est à l’opposé de ce que les médias disent de lui. Il m’a surpris [par] son grand sens de l’humour, sa connaissance de l’histoire et sa qualité d’être humain [11] ». De son côté, le sénateur républicain Richard G. Lugar a exhorté l’administration Obama de nommer un envoyé spécial pour Cuba dans une lettre datée du 30 mars 2009, faisant référence à « une politique qui a non seulement échoué […] mais qui nuit également à nos intérêts politiques et de sécurité [12] ». Un groupe de douze militaires de haut rang à la retraite a lancé un appel à Obama le 13 avril 2009 afin qu’il soutienne et signe le projet de loi présenté par le congressiste démocrate Bill Delahunt, qui permettrait aux citoyens états-uniens de se rendre à Cuba, en reprenant les arguments du sénateur Lugar. « L’embargo a provoqué un mouvement diplomatique significatif contre la politique des États-Unis. En tant que militaires professionnels, nous comprenons que les intérêts des États-Unis sont mieux servis quant le pays est capable d’obtenir le soutien des autres nations envers notre cause », ont-ils déclaré. « Dans le monde entier, les leaders réclament un véritable changement politique basé sur les espoirs que vous avez suscité avec votre campagne. Cuba s’offre comme l’élément le plus accessible pour démontrer ce changement et ce serait de plus une manœuvre qui resterait profondément gravée dans la mémoire de nos partenaires et rivaux du monde », ont-ils conclu [13]. Fidel Castro a réitéré la disposition de Cuba au dialogue : « Il n’est pas nécessaire de souligner ce que Cuba a toujours dit : nous ne craignons pas de dialoguer avec les États-Unis. Nous n’avons pas besoin de confrontation pour exister, comme pensent certains imbéciles ; nous existons précisément parce que nous croyons en nos idées et que nous n’avons jamais eu peur de dialoguer avec l’adversaire. Il s’agit de la seule façon d’obtenir l’amitié et la paix entre les peuples [14] ». Le leader révolutionnaire a également tenu à préserver le président états-unien : « Notre pays […] n’accuse pas Obama des atrocités commises par les autres gouvernements des États-Unis. Il ne questionne pas non plus sa sincérité et ses désirs de changer la politique et l’image des États-Unis. Il comprend qu’il a livré une bataille très difficile pour être élu, malgré les préjugés séculaires [15] ». Le président Raúl Castro en a fait de même en faisant part de sa « disposition à discuter de n’importe quel sujet, en ayant comme seules prémisses l’égalité souveraine des États, le respect absolu de l’indépendance nationale et le droit inaliénable de chaque peuple à l’autodétermination [16] ». La secrétaire d’État Hillary Clinton a déclaré que c’était désormais au tour de Cuba de faire un geste « réciproque ». El País, important quotidien espagnol, a immédiatement repris la position de Washington dans un éditorial : « En levant les restrictions sur les transferts d’argent et les voyages dans l’île, Obama a placé Cuba et les pays jusqu’alors les plus hostiles à l’égard des États-Unis dans la nécessité de répondre par un geste qui contribue également à la détente ». Rien ne saurait être plus éloigné de la vérité. En effet, le président états-unien n’a fait que réparer une infime partie des nombreuses injustices commises par ses prédécesseurs à l’égard du peuple cubain. Cuba ne s’est jamais immiscée dans les affaires internes des États-Unis, ne les a jamais agressés, n’a jamais envahi militairement le territoire étasunien, n’a jamais cherché à subvertir l’ordre établi ou à renverser son gouvernement, n’a jamais imposé de sanctions économiques, n’a jamais mis en place des lois extraterritoriales, n’a jamais financé une opposition interne, n’a jamais commis d’attentats terroristes contre le peuple états-unien, n’a jamais protégé de terroristes sur leur territoire, n’a jamais fomenté l’émigration illégale, n’a jamais occupé par la force une partie de leur territoire contre la volonté souveraine de leur peuple et n’a jamais diffusé de programmes subversifs en direction des États-Unis [17]. Le maximum que puissent faire les Cubains est de prendre acte de la rectification effectuée par la Maison-Blanche. Mais ils ne peuvent s’en contenter. Si Washington veut démontrer aux yeux du peuple cubain et du monde qu’il souhaite sincèrement établir un modus vivendi avec La Havane, il doit impérativement prendre les trois décisions suivantes : 1.Libérer immédiatement les cinq prisonniers politiques cubains injustement incarcérés depuis septembre 1998 pour avoir infiltré les groupuscules d’extrême droite de Floride impliqués dans des actes terroristes contre Cuba. Accusés de « conspiration en vue de commettre des actes d’espionnage », Gerardo Hernández Nordelo, Antonio Guerrero Rodríguez, Ramón Labañino Salazar, René González Sehweret et Fernando González Llort ont été condamnés à un total de quatre peines de prison à vie doublées de 77 ans lors d’une parodie de procès tenu à Miami. Trois militaires de haut rang, Eugene Carroll, contre-amiral de la Marine de Guerre des États-Unis actuellement à la retraite, Edward Breed Atkeson, général de division de l’armée des États-Unis, et James R. Clapper, lieutenant général des Forces aériennes des États-Unis, ont certifié à la Cour que les cinq Cubains n’avaient pas réalisé d’activités d’espionnage. Le procureur lui-même a reconnu qu’« à la lumière des preuves présentées lors du procès », prouver l’inculpation de Gerardo Hernández, accusé d’assassinat, « représente un obstacle insurmontable pour les États-Unis ». Malgré la confession du procureur, tous les membres du jury avaient reconnu Gerardo Hernández coupable d’homicide volontaire avec préméditation, sans poser une seule question à l’accusé ou au parquet, sans exiger la moindre clarification à ce sujet. La Cour d’Appel d’Atlanta a reconnu également qu’il ne s’agissait pas d’un cas d’espionnage, ni d’une atteinte à la sécurité nationale. Le 30 janvier 2009, la défense décida de faire appel auprès de la Cour suprême. Pas moins de dix Prix Nobel —José Ramos-Horta, actuel président du Timor Oriental, distingué en 1996, Wole Soyinka, écrivain nigérian récompensé en 1986, Adolfo Pérez Esquivel, Argentin Prix Nobel de la Paix en 1980, Nadine Gordimer, écrivain sud-africaine distinguée en 1991, Rigoberta Menchú, Guatémaltèque et Prix Nobel de la Paix en 1992, José Saramago, écrivain portugais récompensé pour ses œuvres littéraires en 1992, Zhores Alferov, Prix Nobel de Physique en 2000, Dario Fo, auteur italien récompensé en 1997, Gunter Grass, écrivain allemand dont les écrits ont été distingués par le prix Nobel de littérature en 1999 et Mairead Corrigan Maguire, Irlandaise Prix Nobel de la Paix en 1976— ont présenté une pétition Amicus Curiae auprès de la Cour Suprême états-unienne exigeant un procès équitable et la libération des cinq Cubains [18]. 2.Juger ou extrader vers le Venezuela, où il est recherché par la justice le terroriste international Luis Posada Carriles, responsable de plus d’une centaine d’homicides, pour les crimes qu’il a commis tout au long de sa trajectoire criminelle de près de 40 ans. Il est, entre autres, l’auteur intellectuel avec Orlando Bosch du sanglant attentat commis le 6 octobre 1976 contre l’avion commercial cubain 445 de Cubana de Aviación qui a coûté la vie à 73 personnes à la Barbade, incluant toute l’équipe junior d’escrime cubaine qui venait de remporter les jeux panaméricains, et commanditaire de la vague d’attentats qui a ensanglanté l’industrie touristique cubaine entre avril et septembre 1997, et qui a coûté la vie à un jeune Italien. En novembre 2000, il a également placé 45 kilos d’explosifs C-4 dans l’amphithéâtre de l’Université de Panama où s’étaient réunis 2 000 étudiants pour écouter le discours du président Fidel Castro. Il a été impliqué dans de nombreux autres actes criminels y compris plusieurs tentatives d’assassinat contre Fidel Castro, notamment lors de sa visite à Salvador Allende en 1971, lors de son voyage au Venezuela en 1988 et durant le second Sommet ibéro-américain de Madrid en 1992. Il est également responsable des assassinats de plusieurs fonctionnaires cubains en Argentine en août 1976 et a collaboré avec les services secrets d’Augusto Pinochet au Chili dans la disparition de nombreux opposants politiques. Il se trouve actuellement en liberté à Miami car Washington refuse de le juger pour les crimes qu’il a commis alors qu’il était agent de la CIA [19]. 3.Abroger la loi d’Ajustement cubain votée par le Congrès le 1er novembre 1966. Unique au monde, elle a pour but de stimuler l’émigration illégale et le vol de cerveaux et de politiser la problématique migratoire dans la guerre idéologique contre La Havane. Elle permet à tout Cubain émigrant légalement ou illégalement, pacifiquement ou par la violence, vers les États-Unis, d’obtenir automatiquement au bout d’un an la résidence permanente et de nombreux autres avantages. Dans le même temps, les États-Unis refusent d’accorder des visas aux Cubains souhaitant émigrer légalement, encourageant ainsi l’émigration clandestine et les coups de force. Le caractère criminel de cette loi est très clair. En limitant le nombre de visas accordés, Washington promeut l’émigration dangereuse qui coûte la vie à beaucoup de Cubains chaque année. Cette législation singulière pousse également les délinquants et les criminels à commettre l’irréparable pour quitter le pays, comme ce fut le cas le 3 mai 2007 lors d’une prise d’otages à l’aéroport de La Havane qui a coûté la vie au lieutenant-colonel Víctor Ivo Acuña Velásquez [20]. Si Obama adopte ces trois mesures, il gagnera en partie la confiance de La Havane, élément indispensable pour une éventuelle normalisation des relations. Le gouvernement révolutionnaire répondra alors positivement à la demande de Washington du 18 mars 2009 de libérer « les prisonniers politiques », en référence aux personnes arrêtées et condamnées en 2003 pour avoir accepté les émoluments offerts par Washington, violant ainsi la loi cubaine [21]. Washington n’a pas l’intention de lever immédiatement l’état de siège contre Cuba, qui empêche même l’île d’acquérir des appareils médicaux de première nécessité. Le vice-président Joseph Biden l’a confirmé le 28 mars 2009 lors de sa visite au Chili [22]. Il a néanmoins reconnu la nécessité d’un changement dans la politique étrangère des États-Unis à l’égard de La Havane [23]. Pourtant, hormis huit congressistes, incapables d’accepter le cours de l’histoire et défendant les intérêts les plus rétrogrades, qui se prononcent en faveur du statu quo actuel —à savoir les représentants républicains Ileana Ros Lehtinen (Floride), Mario Díaz Balart (Floride), Lincoln Díaz Balart (Floride) et démocrates Kendrick Meek (Floride), Debbie Wasserman-Schultz (Floride), Albio Sire (New Jersey) ainsi que les sénateurs Bob Menéndez (démocrate / New Jersey) et Mel Martinez (républicain / Floride)—, l’immense majorité des acteurs de la société états-unienne, à commencer par l’opinion publique, est en faveur d’une normalisation des relations avec Cuba. Selon un sondage de la chaîne états-unienne CNN du 10 avril 2009, 71 % des citoyens états-uniens sont en faveur d’un rétablissement des relations diplomatiques [24]. Un autre sondage réalisé le 15 avril 2009 par l’organisation World Public Opinion montre que 70 % sont favorables à la levée des interdictions pour les ressortissants état-suniens de voyager dans l’île [25]. Une chose est sûre : Barack Obama, qui dispose d’une opportunité historique de mettre un terme à un demi-siècle de conflit insensé, ne peut conditionner la normalisation des relations avec Cuba à un changement de la structure politique, économique et sociale du pays, car les Cubains sont dans l’incapacité d’accepter toute atteinte à leur souveraineté ou de céder au langage de la force. Par ailleurs, Washington a normalisé ses relations avec la Chine, le Vietnam et en partie avec la Corée du Nord, sans pour autant émettre une telle exigence. Faire preuve de discrimination à l’égard de La Havane à ce sujet, en plus d’être une tactique vouée à l’échec, minerait singulièrement la crédibilité de la Maison-Blanche dans sa volonté de limer les aspérités entre les deux nations. Salim Lamrani Enseignant chargé de cours à l’Université Paris-Descartes et à l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée et journaliste français, spécialiste des relations entre Cuba et les États-Unis. Auteur de Cuba face à l’empire : Propagande, guerre économique et terrorisme d’État, dernier ouvrage publié en français : Double Morale. Cuba, l’Union européenne et les droits de l’homme.
[2] Ibid. [3] John Dorschner & Monica Hatcher, « Liberan a los viajes a Cuba », El Nuevo Herald, 13 avril 2009. [4] Ibid. [5] Marianela Jiménez, « Costa Rica restablece relaciones con Cuba », The Associated Press, 18 mars 2009. [6] EFE, « Funes anuncia que en su futuro Gobierno restablecerá relaciones con Cuba », 18 mars 2009 ; Marianela Jiménez, « Costa Rica, El Salvador Promise Ties With Cuba », The Associated Press, 18 mars 2009. [7] El Nuevo Herald, « Costa Rica y El Salvador reanudan lazos con Cuba », 19 mars 2009. [8] Anne Flaherty, « Congress Vote to Ease Travel Restrictions », The Associated Press, 10 mars 2009 ; Lesley Clark & Frances Robles, « Senado suaviza controles sobre los viajes a Cuba », The Miami Herald, 11 mars 2009. [9] Wilfredo Cancio Isla, « Presentan legislación para facilitar las ventas agrícolas a Cuba », El Nuevo Herald, 27 mars 2009. [10] EFE, « Congresistas de EEUU se reúnen con funcionarios cubanos en La Habana », 4 avril 2009. [11] Andrea Rodriguez, « Fidel Castro recibe a congresistas de EEUU », The Associated Press, 7 avril 2009. [12] Wilfredo Cancio Isla, « Congresistas demócratas viajan a Cuba a abrir diálogo », El Nuevo Herald, 2 avril 2009. [13] Fidel Castro Ruz, « Militares con criterios acertados », Cuba Debate, 15 avril 2009. [14] Fidel Castro Ruz, « Con los pies sobre la tierra », Cuba Debate, 5 avril 2009. [15] Fidel Castro Ruz, « Del bloqueo no se dijo una palabra », Cuba Debate, 13 avril 2009. [16] Andrea Rodriguez, « Fidel Castro recibe a congresistas de EEUU », op. cit. [17] The Associated Press, « Clinton : US Waiting for Cuba’s Next Move », 16 avril 2009 ; El País, « La hora de Cuba », 14 avril 2009. [18] Salim Lamrani, Cuba. Ce que les médias ne vous diront jamais (Paris : Editions Estrella, 2009). [19] Ibid., et voire notre dossier Luis Posada Carriles. [20] Ibid. [21] EFE, « EEUU insta a Cuba a liberar presos políticos y mejorar en derechos humanos », 18 mars 2009. [22] EFE, « Biden rechaza que Estados Unidos vaya a levantar el bloqueo sobre Cuba », 28 mars 2009 ; Agence France Presse, « Biden : pas de levée de l’embargo contre Cuba, mais une politique différente », 29 mars 2009. [23] Agence France Presse, « EEUU espera compromiso de Cuba en derechos humanos », 31 mars 2009. [24] CNN, « Poll : Three-quarters favor relations with Cuba », 10 avril 2009. [25] Agence France Presse, « Mayoría de estadounidenses quiere viajar libremente a Cuba, según sondeo », 15 avril 2009.
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Raul reçoit des membres du Caucus noir du Congrès des Etats-Unis (09/01/09) Le Général d’Armée Raul Castro Ruz, président du Conseil d’Etat et du Conseil des ministres, a eu des conversations, le lundi 6 avril2009, avec des membres du Caucus noir du Congrès des Etats-Unis, qui réalisent une visite à Cuba depuis le vendredi 3. Etaient présents les représentants fédéraux démocrates Barbara Lee, de l’Etat de Californie et présidente du Caucus noir, Melvin Luther Watt (Californie), Bobby Rush (Illinois), Marcia L. Fudge (Ohio), Emanuel Clever ll (Missouri) et Laura Richardson (Californie). Participaient également Patrice Willoughby, assistant exécutif du Caucus noir, et Eulada Watt, épouse du congressiste Melvin Luther Watt. Au cours de l’ample échange de vues, divers thèmes ont été abordés, notamment la future possible évolution des relations bilatérales et des relations économiques, avec l’arrivée au pouvoir d’une nouvelle administration nord-américaine. A ce sujet, Raul a réitéré la position cubaine, exposée clairement lors de différentes interventions publiques et fidèle aux principes maintenus de façon invariable par notre pays pendant 50 ans : la disposition à dialoguer sur tous les sujets, avec comme unique condition l’égalité souveraine des Etats et le respect absolu de l’indépendance nationale et du droit inaliénable de chaque peuple à l’autodétermination. Etaient présents les membres du Bureau politique Ricardo Alarcon de Quesada, président de l’Assemblée nationale du Pouvoir populaire, et Pedro Saez Montejo, premier secrétaire du comité provincial du Parti de la ville de La Havane ; le ministre des Affaires étrangères Bruno Rodriguez Parrilla ; Dagoberto Rodriguez Barrera, vice-ministre des Relations extérieures, et Jorge Bolaños Suarez, chef du Bureau des intérêts de Cuba aux Etats-Unis.
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| RÉFLEXIONS
DU COMPAÑERO FIDEL
L’analphabétisme économique Chávez a parlé à Zulia du « camarade Sarkozy », non sans ironie, mais sans intention de blesser le président en exercice de l’Union européenne : compte tenu de ce que ce dernier a affirmé à Beijing, c’était plutôt une sorte d’hommage à sa sincérité. Nul n’avait osé à ce jour proclamer tout haut ce que les dirigeants européens savent pertinemment sans l’avouer : le système financier ne fonctionne plus et il faut le changer. Le président vénézuélien a déclaré en toute franchise : « Il est impossible de refonder le système capitaliste. Ce serait comme vouloir renflouer le Titanic du fond de l’océan. » En effet, au septième Sommet Europe-Asie auquel ont participé quarante-trois pays, Sarkozy a fait des aveux notables, si l’on en croit les dépêches : « … le monde va mal. Il va mal parce qu’il est face à une crise financière sans précédent dans sa gravité, dans sa soudaineté, dans sa violence et dans son déroulement. Le monde va mal parce qu’il est face à une crise du développement et ses conséquences sur l’environnement qui mettent en cause l’avenir même de l’humanité. Le monde va mal parce qu’il y a 900 millions de citoyens du monde qui n’ont pas les moyens de se nourrir. Face à ces défis, nous voici réunis, Asie et Europe, représentant à nous deux les deux tiers de l’humanité et la moitié de la richesse mondiale. […] « La crise financière est partie des Etats-Unis mais cette crise est mondiale. La réponse doit donc être mondiale. « […] Nous pensons que la place d’un enfant de 10 ans n’est pas à l’usine mais à l’école. « […] Nous pensons que nulle région du monde n’a de leçon à donner à l’autre… » Allusion très claire à la politique des Etats-Unis. Pour conclure, il a rappelé devant les nations asiatiques le passé colonisateur de l’Europe à leur égard. Si Granma avait écrit des choses pareilles, on aurait parlé de clichés de la « presse officielle communiste ». La chancelière allemande Angela Merkel a affirmé à Beijing qu’on ne pouvait « prévoir l’ampleur et la durée de la crise financière internationale en cours. Il s’agit tout bonnement de créer une nouvelle charte constitutive des finances. » Ce même jour, différentes nouvelles révélaient l’incertitude générale. A la réunion de Beijing, les quarante-trois pays européens et asiatiques ont reconnu que le FMI devait jouer un rôle important en aidant les pays gravement touchés par la crise et ont soutenu la convocation d’un sommet inter-régional qui chercherait sur le long terme à stabiliser et à développer l’économie mondiale. Le président du gouvernement espagnol, Rodríguez Zapatero, a déclaré : « C’est une crise de responsabilités au cours de laquelle quelques-uns se sont enrichis et la majorité s’est appauvrie… Les marchés ne font plus confiance au marché. » Il a pressé les pays à refuser le protectionnisme, car il est convaincu que la concurrence permettrait aux marchés financiers de jouer leur rôle. Le président espagnol n’a pas été invité officiellement au Sommet à Washington parce que Bush le rancunier ne lui pardonne pas d’avoir retiré ses troupes d’Iraq. Le président de la Commission européenne, José Manuel Durão Barroso, a repris à son compte sa mise en garde au sujet du protectionnisme. Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, rencontrait de son côté des économistes éminents pour tâcher d’éviter que les pays en développement ne soient les principales victimes de la crise. Miguel D’Escoto, ancien ministre des affaires étrangères de la Révolution sandiniste et président actuel de l’Assemblée générale de l’ONU, a demandé que la question de la crise financière se discute, non au sein du G-20, autrement dit entre les pays les plus riches et un groupe de nations dites « émergentes », mais tout simplement aux Nations Unies. Le lieu et le type de réunion où il faudra adopter un nouveau système financier qui mette fin au chaos et à l’absence totale de sécurité pour les peuples font encore l’objet de disputes. La crainte règne de voir les pays les plus riches au monde se réunir avec un groupe réduit de pays émergents frappés par la crise financière et adopter un nouveau Bretton Woods en faisant fi du reste du monde. Le président Bush a déclaré hier : « Les pays qui discuteront ici, le mois prochain, de la crise mondiale doivent aussi s’engager de nouveau avec les fondements de la croissance économique à long terme, avec le libre-marché, la libre-entreprise et le libre-échange. » Jusqu’ici, les banques prêtaient des dizaines de dollar pour chaque dollar déposé par les épargnants. Elles multipliaient l’argent. Elles respiraient et transpiraient par tous les pores. La moindre contraction devait forcément les conduire à la ruine ou au rachat par d’autres banques. Il fallait donc les sauver, toujours aux dépens de contribuables. Elles fabriquaient des fortunes énormes. Leurs actionnaires privilégiées majoritaires pouvaient payer n’importe quelle somme à n’importe quel prix. Shi Jianxun, professeur à l’Université Tongui de Shanghai, a écrit dans un article publié dans l’édition étrangère du Journal du peuple : « La dure réalité a fini par convaincre les gens, en pleine panique, que les Etats-Unis ont utilisé l’hégémonie du dollar pour piller les richesses du monde. Il urge de changer le système monétaire international fondé sur la primauté du dollar. » Il explique en quelques mots le rôle essentiel des monnaies dans les relations économiques internationales. Cela se passait depuis des siècles entre l’Asie et l’Europe. Rappelons que celle-ci imposa l’opium à la Chine en guise de monnaie. J’en ai parlé dans les Réflexions que j’ai intitulées La victoire chinoise. Les autorités de ce pays ne voulaient même pas accepter la monnaie d’argent par laquelle les Espagnols payaient au début, depuis leur colonie des Philippines, les produits qu’ils y achetaient parce qu’elle ne cessait de se dévaluer à cause de son abondance dans le Nouveau Monde récemment conquis par l’Europe. Les gouvernants européens ont même honte aujourd’hui des choses qu’ils ont imposées à la Chine des siècles durant. Selon cet économiste chinois, les difficultés actuelles dans les rapports d’échange entre les deux continents doivent se régler en recourant aux euros, aux livres sterling, aux yens et aux yuans. Il ne fait pas de doute qu’une parité raisonnable entre ces quatre monnaies contribuerait au développement de relations commerciales justes entre l’Europe, la Grande-Bretagne, le Japon et la Chine. Ce mécanisme inclurait le Japon et l’Allemagne – deux pays producteurs de complexes équipements de pointe aussi bien pour la production que pour les services – et la principale locomotive de l’économie mondiale, la Chine, qui compte 1,4 milliard et quelque d’habitants et plus de 1,5 billion de dollars dans ses réserves internationales, pour la plupart des dollars et des bons du Trésor étasuniens, le Japon possédant lui aussi des réserves en devises presque équivalentes. La valeur du dollar s’accroît dans la conjoncture actuelle grâce à la position dominante de cette monnaie qui a été imposée à l’économie mondiale, ce que signale et refuse à juste titre le professeur de Shanghai. Beaucoup de pays du Tiers-monde comme le nôtre, exportateurs de produits et de matières premières à faible valeur ajoutée, importent des produits de consommation chinois dont les prix sont généralement raisonnables, et des équipements en provenance du Japon et d’Allemagne qui coûtent toujours plus chers. Bien que la Chine, contrairement à ce que ne cessent de lui demander les Yankees pour protéger leurs industries de la concurrence chinoise, se soit efforcée d’éviter la surévaluation du yuan, celui-ci s’apprécie et le pouvoir d’achat de nos exportations diminue d’autant. Les cours du nickel, notre principal produit d’exportation, qui avaient atteint plus de 50 000 dollars la tonne encore tout récemment, sont tombés ces derniers jours à seulement 8 500 dollars, soit moins de 20 p. 100 de ce plafond. Ceux du cuivre ont chuté à moins de 50 p. 100, et ainsi à l’avenant pour le fer, l’aluminium, l’étain, le zinc et tous les produits miniers indispensables à un développement durable. Les cours de produits de consommation tels que le café, le cacao, le sucre et d’autres, contrairement à tout bon sens rationnel et humain, ont à peine bougé en plus de quarante ans. Aussi avais-je également mis en garde, voilà peu, que, quand la crise frapperait à nos portes, nous perdrions des marchés et que le pouvoir d’achat de nos produits se réduirait considérablement. Les pays capitalistes développés savent qu’en une telle circonstance, leurs usines et leurs services sont frappés de paralysie et que seule la capacité de consommation d’une grande partie de l’humanité, d’ores et déjà au seuil de la pauvreté ou déjà tombée en dessous, pourrait leur permettre de continuer de fonctionner. Tel est le grave dilemme que pose la crise financière, le danger étant que les égoïsmes sociaux et nationaux prennent le pas sur les souhaits de nombreux hommes d’Etat et politiques du monde angoissés par ce phénomène parce qu’ils ne font pas du tout confiance au système dont ils sont issus comme hommes publics. Une fois qu’un peuple cesse d’être analphabète, sait lire et écrire, possède les connaissances élémentaires indispensables pour vivre et produire honnêtement, il lui faut encore vaincre la pire forme d’ignorance de notre époque : l’analphabétisme économique. Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons savoir ce qu’il se passe dans le monde. Fidel Castro Ruz
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Les sept membres du Congrès des Etats-unis en visite à cuba UNE importante délégation politique des États-Unis se trouve parmi nous : il s’agit de membres du Groupe noir du Congrès (CBC) qui constitue dans la pratique l’aile la plus progressiste du Parti démocrate. Il a été fondé en janvier 1969 par les douze membres afro-américains du Congrès d’alors. Durant les cinquante premières années du 20e siècle, seuls quatre Noirs avaient été élus ; de nos jours, à la suite de ses luttes, le Groupe compte quarante-deux membres, dont plusieurs ont maintenu des positions constructives très actives sur des points en rapport avec Cuba. La première délégation du Groupe noir à nous rendre visite, en février 1999, avait été présidée par Maxime Waters ; la seconde était venue en janvier 2000. Des membres influents de ce Groupe avaient pris position publiquement et réalisé d’autres actions positives durant notre bataille pour le retour du petit Elian dans notre patrie. Une autre délégation du Groupe noir était venue en mai 2000 ; elle était présidée par son principal leader d’alors, James Clyburn (Caroline du Nord), et formée de Bennie Thompson (Mississippi) et de Gregory Meeks (New York) ; ils furent les premiers à apprendre de moi que Cuba était disposée à offrir un certain nombre de bourses à des jeunes Étasuniens sans grandes ressources afin qu’ils puissent faire des études de médecine dans notre pays, après sélection du Groupe noir. Nous avions fait la même proposition à l’ONG Pasteurs pour la paix, présidée par le révérend Lucius Walker, qui a envoyé les premiers élèves à notre École latino-américaine de médecine (ELAM). Après que l’administration Bush eut renforcé ses pressions et actions contre les voyages à Cuba et contre la présence dans notre pays de personnes sujettes à la juridiction des États-Unis, des membres du Groupe noir s’adressèrent au secrétaire d’État, Colin Powell, et finirent par obtenir l’autorisation pour que les jeunes Étasuniens puissent poursuivre leurs études de médecine à Cuba. Powell, un haut gradé possédant beaucoup d’autorité et de prestige, aurait peut-être été le premier président noir des États-Unis, mais il renonça à briguer ce poste par respect pour sa famille qui, se rappelant l’assassinat de Martin Luther King, s’opposait avec entêtement à ce qu’il postule. La délégation du Groupe noir en visite à Cuba est présidée par Barbara Lee, représentante de Californie. Elle était déjà venue dans notre pays comme assistante de Ronald Dellums dont elle a occupé le siège à son départ et que j’avais eu alors l’occasion de connaître, admirant son esprit combatif et sa capacité de lutte. La délégation qu’elle préside est formée de sept démocrates membres du congrès : Melvin Luther Watt (Caroline du Nord) ; Michael Makoto Honda (Californie) ; Laura Richardson (Californie) ; Bobby Rush (Illinois) ; Marcia L. Fudge (Ohio) et Emanuel Cleaver II (Missouri). Patrice Willoughby, assistante exécutive du Groupe noir du Congrès et quatre autres militaires du bureau de liaison avec le Congrès, sous les ordres du lieutenant colonel Daniel Wolf accompagnent la délégation J’apprécie à sa juste valeur le geste de ce Groupe qui s’en tient rigoureusement au programme qu’il a lui-même demandé. L’auréole de Luther King l’accompagne. Nos médias se sont largement fait l’écho de sa visite. Ses membres sont des témoins exceptionnels du respect avec lequel notre population accueille toujours les Étasuniens qui visitent notre patrie. Ils auront du mal à voir un visage exprimant la haine, et peut-être admirent-ils l’absence totale d’analphabètes ou de petits cireurs de chaussures dans les rues. Les files d’enfants, d’adolescents et de jeunes allant à l’école et à l’université, les crèches, les foyers du troisième âge, les hôpitaux et les polycliniques où un personnel de santé hautement qualifié traitent tous les citoyens, n’auront sans doute pas échappé à leur œil critique. En pleine crise économique internationale, ils n’auront vu aucune queue de demandeurs d’emplois. Les personnes déambulant dans les rues, actives et presque toujours joyeuses, ne correspondent pas aux images stéréotypées qu’on offre bien souvent de Cuba à l’étranger. Notre patrie prouve qu’un petit pays du Tiers-monde, harcelé, agressé et en butte au blocus depuis des dizaines d’années, peut porter dignement sa pauvreté. De nombreux citoyens de la nation la plus riche au monde ne reçoivent pas le même traitement et une grande partie ne vote même pas ; or, ce droit est exercé par bien plus de 90 p. 100 de notre population qui sait lire et écrire, et possède un niveau de culture et de connaissances politiques enviable. Les visiteurs ont des avis soit collectifs soit personnels. Ils estiment en général que 68 p. 100 des Étasuniens sont favorables à un changement de politique envers Cuba. L’un d’eux a affirmé qu’il fallait saisir le moment historique qu’offrait la coïncidence d’un président noir à la Maison-Blanche et d’un courant d’opinion favorable à la normalisation des relations. Quand Alarcon a dit que retirer Cuba de la liste arbitraire des pays terroristes était un devoir moral, ils lui ont rappelé que Nelson Mandela aussi bien que le Congrès national africain avaient été taxés de terroristes par le Congrès des Etats-Unis. Un autre membre de la délégation a remercié les autorités cubaines et la présidence du Groupe noir d’avoir favorisé ce voyage et ce genre d’échanges. Un autre représentant a expliqué l’importance qu’Obama signifiait pour les États-Unis et la nécessité de le réélire. Le président, a-t-il dit, se considère comme un dirigeant politique qui doit gouverner pour tous les secteurs sociaux du pays. Il s’est dit toutefois sûr qu’Obama changera la politique envers Cuba, mais que celle-ci doit l’aider de son côté. Un quatrième membre du Groupe noir a dit que, malgré la victoire d’Obama, la société étasunienne restait raciste. Qu’Obama représentait la dernière occasion de cette nation d’avancer et de se délester de tous les boulets des administrations antérieures. « Le président ne peut aller au-delà de la libéralisation des voyages et des envois de fonds familiaux, car s’il déclarait la levée du blocus ou la normalisation totale des relations bilatérales, il ne pourrait pas être réélu. » Selon lui, la droite anticubaine a encore assez de pouvoir pour l’acculer et empêcher sa réélection. Un autre représentant a affirmé enfin avec une grande franchise au ministère des Relations extérieures que les États-Unis ne devaient pas rater l’occasion de reconnaître que leur politique vis-à-vis de Cuba avait été un échec total. Il a ajouté que son gouvernement devait demander pardon à Cuba pour toutes ces années d’hostilité et pour la politique de blocus, car ce n’est qu’ainsi que nous serions en mesure d’avancer ensemble vers le règlement du différend bilatéral. Il a signalé qu’il ferait tout son possible, de son poste, pour éliminer le blocus. Durant la visite au Centre de génie génétique et de biotechnologie, l’un d’eux, exprimant les sentiments de tous les autres, a qualifié d’excellents les résultats de Cuba dans ce domaine, et a jugé que l’atmosphère politique était propice à ce moment pour jeter des ponts d’entente et de communication entre les communautés scientifiques des deux pays. Il nous a recommandé de bien veiller à breveter toutes nos découvertes, selon les normes internationales de la propriété intellectuelle, pour éviter qu’on nous vole les efforts d’une œuvre si merveilleuse. Ils se sont tous dits très impressionnés par leur visite à ce Centre, où le ministre de la Science, de la Technologie et de l’Environnement en personne, accompagné de plusieurs directeurs d’institutions scientifiques, leur a expliqué le travail de notre pays dans ce domaine. Leur principale activité le 4 avril, quarante et unième anniversaire de l’assassinat du défenseur des droits de l’homme, Martin Luther King, a été une visite au square de la capitale qui porte son nom et où se dresse un monolithe de marbre vert foncé, jaspé de noir, portant en bas-relief l’effigie en bronze du grand militant noir abattu par les racistes. Barbara Lee, Laura Richardson, Emanuel Cleaver II et Bobby Rush y ont pris la parole, soulignant en public les retombées positives des échanges qu’ils avaient soutenus. Hier, dimanche, à 13 h 20, Barbara Lee s’est rendue à l’église Ebenezer, du Centre Martin Luther King, où elle a été accueillie par Raul Suárez et des dirigeants du Conseil national des Églises de Cuba, en présence d’Alarcon et de cadres du ministère des Relations extérieures. Auparavant, Barbara Lee avait visité deux autres églises du Vedado. Y prenant la parole, elle a répété ce qu’elle avait déjà dit en public et exprimé son intention de faire des démarches auprès de l’administration pour favoriser un changement de politique envers Cuba et réactiver les échanges entre les Églises des deux pays. J’ai reflété le plus brièvement possible les échanges soutenus. Je me suis bien gardé de donner les noms de ceux qui ont pris les positions que j’ai indiquées, ne sachant pas s’ils tiennent à les rendre publiques. Je souhaitais simplement offrir un certain nombre de données afin que notre opinion publique nationale possède le plus d’information possible sur ce thème sensible des relations entre Cuba et les États-Unis sous la présidence de Barack Obama et sur la visite du Groupe noir du Congrès à Cuba.
Fidel Castro Ruz 14 h 03
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Les Pieds sur Terre ALORS que, le 2 avril, le Sommet du G-20 s’ouvrait et se clôturait, Karen DeYoung, journaliste connue d’un organe de presse influent, The Washington Post, écrivait : « Le sénateur Richard G. Lugar a appelé le président Obama à nommer un envoyé spécial qui engagerait des conversations directes avec le gouvernement communiste de l’île… » « Les presque cinquante ans d’embargo économique appliqué à Cuba, a affirmé Lugar (républicain de l’Indiana) dans une lettre adressée le 30 mars à Obama, mettent les Etats-Unis en désaccord avec les vues du reste de l’Amérique latine, de l’Union européenne et des Nations Unies, et "minent notre sécurité au sens le plus large et nos intérêts politiques sur le continent". » « Le Sommet des Amériques qui se tiendra à Trinité-et-Tobago du 17 au 19 avril "vous offrirait une occasion unique, en modifiant notre position en matière de politique cubaine, de bâtir un climat plus accueillant pour faire progresser les intérêts étasuniens dans la région", écrit Lugar. » « Lugar, le républicain le mieux placé à la Commission sénatoriale des Relations étrangères, a pris la tête d’un vaste mouvement qui prône une nouvelle politique et qui comprend la Chambre de commerce et d’autres groupes d’affaires, un certain nombre de gouvernements d’Etats et des groupes des droits de l’homme. Une majorité bipartite du Congrès a voté à maintes reprises l’allégement des restrictions aux voyages et à d’autres contacts avec Cuba, bien que ces mesures aient toujours échoué sur la menace du veto présidentiel sous l’administration Bush. » « Lugar a parrainé une loi bipartite soumise au Sénat cette semaine qui lèverait toutes les restrictions aux voyages à Cuba, exception faite des cas de guerre ou de menaces directes à la santé ou à la sécurité… » « […] Selon Lugar, la désignation d’un envoyé et l’ouverture de conversations directe sur des points tels que l’émigration et l’interdiction de la drogue "favoriseraient des intérêts de sécurité vitaux des USA… et pourraient en ultime instance créer des conditions à une discussion sérieuse sur les points les plus controversés". » L’article de DeYoung prouve de toute évidence que le sénateur de l’Indiana a les pieds sur terre. Il ne part pas de positions philanthropiques. Il travaille, comme elle le dit, en accord avec « la Chambre de commerce et d’autres groupes d’affaires, un certain nombre de gouvernements d’Etats et des groupes des droits de l’Homme ». Je suis sûr que Richard G. Lugar ne craint pas qu’on le taxe de mou ou de socialisant, ce qui est une idiotie. Si le président Barack Obama parcourt le monde en affirmant, comme il l’a fait dans son propre pays, qu’il faut investir les sommes nécessaires pour sortir de la crise financière, garantir les logements où vivent une quantité incalculable de familles, assurer des emplois aux travailleurs étasuniens qui sont en train de les perdre par millions, procurer des services de santé et une éducation de qualité à tous les citoyens, comme peut-il concilier tout ceci avec des mesures de blocus visant à imposer sa volonté à un pays comme Cuba ? Les drogues constituent de nos jours l’un des plus graves problèmes de ce continent et de l’Europe. Dans la lutte contre le narcotrafic et les activités criminelles organisées, des phénomènes stimulés par l’énorme marché des Etats-Unis, les pays latino-américains perdent presque dix mille hommes par an, soit plus du double de ceux que les USA ont perdu dans la guerre en Irak. Leur nombre augmente, et il s’en faut de beaucoup que le problème soit réglé. Ce phénomène n’existe pas à Cuba, proche voisin des Etats-Unis. Sur cette question épineuse et dans la lutte contre l’émigration illégale, les garde-côtes étasuniens et cubains coopèrent depuis de nombreuses années. Par ailleurs, aucun Etasunien n’est mort des suites d’actions terroristes en provenance de notre pays, tout simplement parce que nous ne les tolérerions pas. La Révolution cubaine, que le blocus et la sale guerre n’ont pu détruire, se fonde sur des principes éthiques et politiques, ce qui explique pourquoi elle a été capable de résister. Je ne prétends faire le tour de la question, tant s’en faut. J’omets de ces Réflexions les dommages causés à notre pays par l’attitude arrogante des Etats-Unis vis-à-vis de Cuba. Ceux qui sont capables d’analyser sérieusement les événements, tel le sénateur de l’Indiana, avancent un argument irréfutable : les mesures utilisées par les Etats-Unis contre Cuba pendant presque un demi-siècle se sont soldées par un fiasco total. Inutile de souligner ce que Cuba a toujours dit : nous n’avons pas peur de dialoguer avec les Etats-Unis. Nous n’avons pas besoin non plus de la confrontation pour exister, contrairement à ce que pensent certains sots ; nous existons justement parce que nous croyons à nos idées et que nous n’avons jamais craint de dialoguer avec l’adversaire. C’est là la seule manière de favoriser l’amitié et la paix entre les peuples. Fidel Castro Ruz Le 5 avril 2009 (Traduction ESTI)
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Le debut du Sommet Le Sommet du G-20 s’est ouvert aujourd’hui. Les experts en questions économiques ont réalisé de gros efforts, certains après avoir occupé d’importantes fonctions internationales, d’autres comme chercheurs et analystes. La question est complexe, le langage est nouveau et exige une certaine connaissance de la terminologie, de données économiques, des organismes internationaux et des dirigeants politiques pesant le plus dans l’arène internationale. D’où mon aspiration à simplifier et à expliquer d’une manière intelligible, tel que je le vois, ce qui se passe à Londres. Que personne ne s’étonne qu’Obama soit la star de la réunion. Il représente le pays le plus puissant et le plus riche du monde, et des circonstances spéciales le favorisent. Bush, menteur, cynique, va-t-en-guerre et odieux, n’est plus là ; McCain, médiocre et ignorant, non plus, et ce justement grâce à l’étonnante victoire d’Obama, un Noir au pays de la discrimination raciale où la majorité des électeurs blancs a voté McCain, quoique pas en assez grand nombre pour compenser le vote de plus de 90% des Noirs et métis étasuniens, des citoyens d’origine latino-américaine, des pauvres et des gens touchés par la crise. Il vient d’être élu alors que d’autres dirigeants du G-20 sont sur le point de conclure leur mandat, et il sera probablement président des Etats-Unis pendant huit ans. Il n’est donc pas étonnant que les nouvelles en provenance de Londres tournent autour de lui. Ce qui importe aux yeux du monde, c’est ce qu’il en sortira, si tant est qu’il en sorte quelque chose. Chacun des participants a ses propres objectifs nationaux, voire personnels, et tous seront jugés par l’Histoire en tant que dirigeants politiques. Celui d’Obama est tout d’abord de redorer l’image de marque de son pays, qui est le principal responsable de la tragédie dont souffre le monde et que l’opinion internationale accuse à juste titre de cette crise économique dévastatrice, alors que le nouveau président n’a aucune responsabilité politique là-dedans. Comme le signale l’ancien chef économique du Fonds monétaire international et maintenant professeur au Massachussetts Institute of Technology, Joseph Stiglitz : « On devrait finir par dire qu’il n’est en rien fautif et qu’il tente d’arranger les choses au plus vite. » Son principal allié européen, le Premier ministre Gordon Brown, qui est l’hôte du Sommet, aspire désespérément à modifier la tendance antitravailliste actuelle suscitée par les bourdes de son prédécesseur Tony Blair. Obama a eu les honneurs du Palais de Buckingham aux côtés de sa femme Michelle. Il a offert à la reine un moderne reproducteur numérique, fruit de la technologie de pointe étasunienne, un Ipod contenant des chansons et des vues de la visite de la reine aux USA en 2007, et un recueil de partitions signé par Richard Rogers. A quoi bon échanger avec Sa Majesté le moindre mot sur la réunion mondaine du G-20. Brown, en revanche, joue son va-tout avec cette crise. Il aspire à changer la régulation du système bancaire, à impulser la croissance économique, à accroître la coopération et à liquider le protectionnisme. Il reconnaît que les négociations seront difficiles. Son slogan : « Mieux vaut regarder en-avant qu’en arrière. » Si les électeurs regardaient derrière, il est sûr qu’il obtiendrait très peu de voix. L’aspiration des deux alliés au sein du G-20 est de minimiser les différends avec la France et l’Allemagne. Sarkozy ne cache pas son mécontentement au sujet de la politique des Etats-Unis. C’est quelqu’un d’explosif. Il a menacé récemment d’abandonner la réunion. Il a déclaré hier à Europe nº1 qu’il n’y avait toujours pas d’accord satisfaisant sur le Sommet, bien qu’il n’ait plus parlé de s’en aller si le Sommet ne progressait pas vers davantage de régulation : « Je ne m’associerai pas à un Sommet qui ne conclurait pas sur plus de régulation ». Il assure que les négociateurs n’ont encore abouti à aucun accord. Le projet de communiqué du Sommet, qui circule déjà parmi les journalistes, parle de mesures visant à restaurer la croissance globale, à maintenir l’ouverture des marchés et à promouvoir le commerce mondial. « Il faut aboutir à des résultats, il n’y a pas d’autres choix », insistait Sarkozy hier. Obama a annoncé voilà quelques jours que les Etats-Unis se proposaient d’introduire des changements dans leur système de régulation et de supervision dans l’espoir de satisfaire par cette déclaration une partie des exigences de l’Europe et de lui arracher ainsi l’un de ses drapeaux. Sarkozy a riposté en affirmant que sa volonté de liquider les paradis fiscaux était du sérieux. La chancelière allemande, Angela Merkel, très proche des positions de Sarkozy, exige que l’exigence d’un plan de stimulation fiscale pour les pays avancés n’apparaisse pas dans l’accord final et qu’aucun débat ne soit ouvert sur l’éventualité d’une nouvelle devise internationale, ce que les pays émergents demandent justement au G-7. « Le monde est à un carrefour – a-t-elle déclaré – et nous devons faire tout notre possible pour que la crise ne se répète pas. Nous devons aller au-delà de ce dont nous avons parlé à Washington. » Elle a ajouté qu’il fallait garantir que tout ce qui sera décidé à Londres soit appliqué : « Il ne doit pas y avoir un seul endroit, un seul produit, une seule institution libre de supervision et de transparence. » Merkel est favorable à l’élévation des ressources du Fonds monétaire international et à l’accroissement de l’aide aux pays en développement qui sont les premiers à souffrir des retombées de la crise. L’élévation des ressources du Fonds monétaire international semble être un fait acquis. Le président mexicain a dit à son arrivée à Londres que son pays négociait avec le FMI une ligne de crédit de vingt-six milliards d’euros. Hier, le numéro deux du Fonds, John Lipsky, a fait savoir à Londres que son institution faciliterait au Mexique une ligne de crédit de quarante-sept milliards de dollars pour qu’il puisse disposer de liquidités au cas où la situation des marchés empirerait à cause de la crise. C’est plus que n’avait demandé le Mexique. Comme les Etats-Unis détiennent la majorité des actions au FMI, un pareil crédit ne serait pas possible sans leur accord, ce qui consolide l’influence d’Obama au Sommet de Londres. Selon les dépêches, Obama devait rencontrer à Londres le président russe Dimitri Medvedev et le président chinois Hu Jintao pour converser des problèmes épineux qui les opposent aux Etats-Unis. Aux cours des rencontres de la superpuissance avec les deux grandes puissances, les interlocuteurs aborderont sûrement des problèmes économiques, et peut-être annoncera-t-on des accords patiemment discutés et approuvés par le biais des représentants diplomatiques. Aujourd’hui, 2 avril, j’ai lu une dépêche longue et détaillée de l’agence Xinhua, datée de la veille, qui informe de ce qui suit : « Le président chinois Hu Jintao et le président étasunien Barack Obama ont convenu que leurs deux pays œuvreraient de concert pour bâtir des relations de coopération positives et complètes au XXIe siècle. « Les présidents ont aussi décidé d’installer des mécanismes bilatéraux de Dialogue stratégique et économique. « Le nouvel engagement passé entre les deux chefs d’Etat à leur rencontre à Londres fixera le cap du développement soutenu, solide et stable des relations entre les deux nations et lui donnera une forte impulsion. « Les relations entre la Chine et les Etats-Unis restent parmi les plus importantes relations bilatérales du monde au XXIe siècle, un siècle où l’humanité a d’énormes chances à saisir et d’énormes défis à relever. A cette nouvelle ère, les deux nations ont des responsabilités importantes au sujet de la paix, de la stabilité et du développement du monde, et elles partagent par ailleurs de vastes intérêts. « Les deux parties doivent suivre le rythme de l’époque et toujours gérer leurs relations bilatérales dans une perspective stratégique et à long terme. « Chaque partie doit respecter et prendre en considération les intérêts fondamentaux de l’autre et tirer parti des occasions qui s’offrent, et toutes deux doivent travailler de concert à relever les défis du siècle. « La mise en place des mécanismes de Dialogue stratégique et économique entre la Chine et les Etats-Unis est un pas important pour promouvoir encore plus les relations bilatérales, ce qui élève le dialogue stratégique antérieur à un niveau supérieur. « La Chine et les Etats-Unis doivent non seulement améliorer les échanges et la coopération dans des domaines tels que l’économie, la lutte contre le terrorisme, la prolifération, la criminalité transfrontière, les changements climatiques, l’énergie et l’environnement, mais encore renforcer leur communication et leur coordination sur des questions régionales et mondiales. » Comme un tel accord ne peut se discuter à une réunion d’une heure, il était déjà élaboré dans tous ses détails. La Chine, que ses alliés actuels sur le continent asiatique ont envahie et mise à sac voilà à peine sept décennies, progresse aujourd’hui vers une place dominante dans l’économie mondiale. Principale créancière des Etats-Unis, elle discute sereinement avec le président de ce puissant pays des règles devant présider à leurs relations bilatérales dans un monde gros de périls. Il se peut que cette dépêche de Xinhua transmette l’une des nouvelles les plus importantes associées au Sommet du G-20. Qui a débuté et conclu aujourd’hui même tandis que j’écrivais ces lignes. Sidérant !!! Fidel Castro Ruz |
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NOUVELLES DE BOLIVIE Une chaîne de télévision bolivienne transmettait, ce jeudi 9 avril au matin, des nouvelles fraîches qui reflétaient des tensions dans le pays. Tout marchait bien. Des changements importants se produisaient. Le prestige d’Evo augmente en Bolivie et dans le monde. Il gagne toujours plus de soutien populaire, bien que l’oligarchie possède presque tous les médias. Une campagne d’alphabétisation exemplaire a liquidé l’analphabétisme en un temps record ; les services médicaux touchent aujourd’hui toute la population ; d’importants besoins historiques du peuple bolivien sont satisfaits par des méthodes nouvelles et originales. L’économie et les réserves en devises enregistrent une croissance. Tout ceci enrage l’oligarchie qui bloque au Parlement les élections prévues pour la fin de l’année. Cette manigance a contraint Evo, le parti dirigeants et les masses à adopter des mesures de lutte qui se caractérisent par leur force morale. Le président Evo Morales, la Coordinatrice nationale pour le changement et la Centrale ouvrière bolivienne font une grève de la faim massive devant le Palais du gouvernement pour exiger le respect de la Constitution et de la Loi de transition électorale que l’opposition bloque depuis des mois afin de saboter les élections. Evo Morales a déclaré ce qui suit : « Nous, compagnons des différentes organisations sociales du pays, nous sommes contraints, face à la négligence d’un groupe de parlementaires néolibéraux, de défendre le mandat du peuple. « Les parlementaires savaient qu’ils devaient voter dans soixante jours la Loi de transition électorale. « Ils ne veulent pourtant pas voter une loi qui permet de garantir la mise en œuvre de la Constitution. « Demander un nouveau recensement, c’est dire tout simplement qu’il n’y aura pas d’élections nationales à la fin de l’année, ni d’élections préfectorales et municipales l’an prochain. « Voilà pourquoi, je le répète, les dirigeants syndicaux et les autorités principales à la tête de la COB et de la CONALCAM ont décidé de faire cet effort pour défendre le vote sacré du peuple. « J’ai expliqué en conférence de presse que certains sénateurs proposaient que le recensement des personnes résidents à l’étranger soit approuvé par les deux tiers du congrès parce qu’ils savent que ces deux tiers ne seront pas atteints. « Ce n’est pas non plus ce que dit la Constitution en vigueur. « C’est pour empêcher le vote des résidents étrangers. « Les Boliviens vivant à l’étranger ont aussi le droit de décider des destinées du pays et des futures autorités de leur patrie. « Nous défendons le vote. « Ils sont venus l’an dernier d’Argentine pour demander que ce droit soit adopté au Sénat, mais ça n’a pas été approuvé. « Quand ils parlaient aussi de la densité de population nécessaire pour garantir une circonscription spéciale, c’était au fond pour qu’elle n’existe pas. « Eh bien, nous faisons cet effort aussi pour défendre les circonscriptions spéciales du mouvement indigène. « Nous avons écouté certains organes de presse dire que le gouvernement, que le président était en train de clôturer le Congrès. « Nous ne parlons pas d’encerclement ; nous lançons plutôt un appel à ce que la loi soit votée. « Nous avons recouru à cette mesure pour défendre la démocratie. « Les antidémocrates d’avant se croient maintenant les grands défenseurs de la démocratie. « Nous avons ici les compagnons qui ont donné leur vie et leur temps pour la vraie démocratie. « C’est justement pour que ce soit une vraie démocratie que les normes sont adoptés par le Congrès national. « Les parlementaires au Congrès ont une des meilleures occasions pour garantir la démocratie et des transformations structurelles profondes. « Je demande aux parlementaires de l’opposition : faisons l’Histoire tous ensemble. « Il faut penser à l’égalité et aux solutions sociales que réclame le peuple, non être égoïstes et sectaires. « Le peuple doit être en premier, la patrie doit être en premier ; les intérêts sectoriels ou régionaux viennent après. « Je vous salue tous, pour de vrai, afin de défendre ensemble la démocratie, le vote du peuple, le vote à l’étranger et d’autre revendications structurelles par l’effort de la grève de la faim. « Je vous remercie. » C’est sur cet appel qu’il a conclu. Pendant toute la journée, j’ai suivi le cours des événements. J’ai pu converser à 14 h 25 avec Rafael Dausá, notre ambassadeur à La Paz, et obtenir ainsi des nouvelles. Evo va bien, il est animé et serein. Il ne boit que de l’eau. Il est accompagné au Palais présidentiel par des dirigeants de la Centrale ouvrière bolivienne et par des dirigeants paysans de la Coordinatrice nationale pour le changement. García Linera, à titre de vice-président, préside le Congrès. Des échanges ont lieu à une commission avec l’opposition oligarchique. Il est un point très discuté : le nombre de législateurs indigènes de la proposition d’Evo relative à la représentation de ces communautés, en accord avec la Constitution adoptée, sans fixer de chiffres. Evo en propose quatorze; l’opposition n’en accepte que trois. J’ai envoyé mes saluts à Evo. Pour l’instant, on n’a enregistré aucun fait de violence. J’ai une nouvelle conversation avec Dausá à 16 h 01. Il avait transmis mon salut à Evo, qui avait prévu de visiter Cuba le 9 avril. Il l’a trouvé absolument serein. Il jouait aux échecs avec ses compagnons. Le peuple se joint à la grève de la faim qui a gagné El Alto, Cochabamba, Santa Cruz, La Paz et d’autres villes. Des organisations populaires ne cessent de lui téléphoner pour offrir leur appui. La Chambre des députés le soutient en grande majorité. Dans cette branche du Congrès, il a plus des deux tiers requis. Le problème, c’est le Sénat où l’oligarchie est majoritaire. L’adoption de la Loi de transition électorale exigeait la majorité dans chaque chambre, si bien qu’il est facile de la bloquer au Congrès. Evo dispose toutefois d’un recours légal, puisque la Constitution lui confère le droit de promulguer un décret suprême pour faire passer une loi en discussion. Il peut aussi en l’occurrence dissoudre le Congrès et convoquer des élections parlementaires, mais il ne souhaite pas le faire parce qu’il souhaite préserver l’unité du pays. Voilà pourquoi il ne cesse d’inviter l’opposition à partager les efforts de développement du pays au profit de tous les secteurs de la nation. La communauté internationale reconnaît son honnêteté et son esprit démocratique. J’écoutais voilà quelques minutes les débats au Congrès. La haine et l’insolence des dirigeants de l’oligarchie sont incroyables. Ils sont portés aux insultes et aux offenses personnelles. Ils exècrent Evo, le premier Indien dans l’histoire moderne de Notre Amérique à gouverner un pays, d’autant qu’il est d’origine et de mœurs ancestrales foncièrement indigènes. La loi en dispute vient d’être votée à la Chambre par 100 voix contre 30. Le débat se déroule à La Paz, dans la salle de l’édifice législatif situé à quelques mètres du Palais de gouvernement. J’ai de nouveau une brève conversation avec Dausá à 18 h 40. Il me raconte que des représentants d’organisations populaires arrivent sur la place Murillo, face au Palais. Il me commente aussi l’insolence des prises de position, bien que, me précise-t-il, les députés de l’oligarchie ne soient pas tous aussi grossiers et que certains aient une attitude correcte. Les négociations se poursuivent et peut-être une décision sera-t-elle acquise tard dans la soirée. Je suis à la télévision le débat qui s’engage au Sénat. La transmission cesse à 19 h 20, quand un sénateur de l’opposition, soutenu par d’autres, demande une suspension de séance pour négocier. Plus de deux heures et demie après, la séance n’a toujours pas repris. J’appelle Dausá à 20 h 41. Evo va bien, il est constamment en contact au portable avec ses cadres. Des gens continuent d’arriver sur la place Murillo. Notre ambassadeur sait que les négociations progressent, mais que l’opposition demande que les gens évacuent la place et qu’Evo cesse sa grève de la faim. Deux choses difficiles à obtenir. Dausá pense qu’on parviendra peut-être à un accord en fin de soirée. J’ai promis de le rappeler. J’ai appelé Dausá à deux nouvelles reprises : à 22 h 20 et à 22 h 49. Mon premier appel coïncide avec les explications que donne García Linera au sujet de la situation. L’impasse au Sénat se maintient. Il explique que des progrès avaient été faits durant la journée à la table de négociations. Il regrette l’intransigeance de la minorité sénatoriale qui continue d’exiger qu’Evo cesse sa grève de la faim et que les gens évacuent la place Murillo. Il sera impossible de parvenir ce jeudi-ci à un accord. Peut-être dans la nuit du jeudi au vendredi, mais rien n’est moins sûr. Evo va bien et est tranquille. Il a toujours la même attitude. A mon second appel, fait après quelques contacts en souffrance, Dausá me ratifie la situation. Il est minuit et pas d’accord. L’opposition a abandonné le Parlement. Je dois passer ces Réflexions à CubaDebate pour que notre presse puisse les publier à temps. Il ne s’agit pas d’un match de la Classique mondiale de base-ball, mais je dois pourtant me coucher bien tard. Je n’ai pas le moindre doute qu’Evo gagnera.
Fidel Castro Ruz Le 10 avril 2009
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La Révolution Bolivienne et l'Attitude de Cuba J’ai souvent pensé ces jours-ci n’avoir pas à écrire le lendemain et pouvoir consacrer une partie de mon temps à lire et à étudier, comme je l’ai fait tant de fois. Mais les événements importants qui se sont déroulés ces dernières semaines en rapport avec l’économie et la politique mondiales et des faits tels que ceux qui se passent en Bolivie me l’ont empêché. Je suis entré en communication avec Dausá à 10 h 41. Je voulais avoir des détails de la santé d’Evo et des autres dirigeants qui commençaient leur troisième jour de grève de la faim. Il va bien, bien qu’il soit un peu plus affaibli par le manque d’aliments. Ceux qui l’accompagnent dans sa grève supportent aussi la situation : ils vont bien et ont le moral. Ils demandent des livres. Ils avaient dit à notre ambassadeur qu’ils souhaitaient lire des choses sur Martí, le Che et la Révolution. Et notre ambassadeur a tenu promesse et leur a fait parvenir aujourd’hui Vida y obra de Martí, El socialismo y el hombre en Cuba, et d’autres ouvrages. La qualité du recensement électoral a été reconnue, on le sait, par différentes organisations internationales, dont l’OEA et l’Union européenne, en rien des sympathisants de la gauche, qui ont pu compter sur des services spécialisés dont les analyses leur a permis de l’approuver comme l’un des plus sérieux du continent. Et pourtant, les autorités des cours de cinq des neufs départements boliviens – le Beni, le Pando, le Potosí, La Paz et le Tarija – l’ont contesté en complicité évidente avec l’opposition. Le parti le plus puissant au Parlement et dans tout le pays est le Mouvement au socialisme, le MAS d’Evo Morales, qui compte 72 députés sur 130 à la Chambre. Les autres députés appartiennent au Parti démocrate social (PODEMOS), la seconde force politique nationale constituée par de vieux partisans du général Bánzer et des représentants d’autres forces politiques traditionnelles, et le Mouvement national révolutionnaire (MNR). Le PODEMOS représente l’oligarchie ; il est dirigé par Jorge Quiroga, qui avait été le vice-président de Bánzer et qui avait assumé la présidence peu de temps avant sa mort. Le MNR, la troisième force politique, est dirigée par Mme Mirtha Quevedo. Il compte moins de parlementaires qui s’opposent au MAS. L’Unité nationale fait aussi partie de l’opposition au Parlement bolivien. Vis-à-vis de Cuba, les principales organisations politiques de l’opposition ne se caractérisent pas par l’hostilité. Une vaste délégation bolivienne formée de Carlos Borth, sénateur de PODEMOS ; de Roberto Ruiz, sénateur du même parti ; de César Navarro, partisan d’Evo et très positif ; de Mario Justiniano, député du MNR, critique d’Evo ; d’Hugo Moldiz, directeur de l’hebdomadaire La Época, très bon ami de Cuba et excellent écrivain, et de Guido Rivero, secrétaire exécutif de la Fondation bolivienne pour la démocratie multipartite, qui a organisé ce voyage du 11 au 15 mars. nous a rendu visite récemment, après le référendum constitutionnel de janvier. La délégation a été prise en charge par des compagnons du département international de notre parti. Le président Evo Morales fait l’impossible pour préserver l’unité et la coopération de toutes les forces politiques au service du développement de la Bolivie, évitant des positions extrémistes qui pourraient couler la Révolution. Comment pourrait-il d’ailleurs être taxé d’extrémiste alors qu’il a consulté les électeurs pour qu’ils disent si un individu pouvait posséder cinq mille ou dix mille hectares de terre ! Evo a créé pour la première fois dans l’histoire de la Bolivie une importante réserve de devises convertibles qui lui permet maintenant de faire face à la grave crise financière internationale ; il a liquidé l’analphabétisme en espagnol, en aymara et en quechua en moins de trois ans ; il a garanti à toute la population pauvre un revenu minimal ; il récupère les sources d’énergie et force l’admiration du monde au profit de la Bolivie. Notre peuple contribue à ses efforts par son expérience en matière d’éducation et de santé. Des milliers de nos compatriotes y prêtent leurs services dévoués. Nos médecins ont fait 24 618 833 consultations, procédé à 35 390 opérations chirurgicales et sauvé 20 102 vies. La Mission Miracle y a opéré à ce jour 386 597 personnes de la vue, dont 25 198 Brésiliens, 24 240 Argentins, 17 008 Péruviens et 309 Paraguayens. Environ 5 000 jeunes Boliviens font des études de médecine à Cuba. C’est là notre modeste contribution au peuple frère bolivien qui a été le plus pauvre et le plus exploité d’Amérique latine. Fidel Castro Ruz, Le 11 avril 2009
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La victoire inévitable d’Evo Evo fait une grève de la faim rigoureuse depuis quatre jours. Il a pris la parole hier soir et il l’a fait de nouveau aujourd’hui à midi. D’une manière sereine, persuasive et catégorique. Il a offert un « registre électoral biométrique » encore meilleur que celui qui a présidé aux élections antérieures et que les institutions internationales ont pourtant qualifié de fiable et de qualité. Il joue aux échecs à ses moments de loisirs. Interviewé par la télévision, il a répondu à un journaliste que lui a demandé comme il pouvait garantir que le registre serait prêt à temps pour permettre les élections de décembre face aux traquenards de l’oligarchie : « Je fais confiance au peuple. » Nul ne discute plus qu’il est en train de gagner la bataille sans recourir à la force ni abuser du pouvoir. L’adversaire ne peut résister à ses salves. Il se peut que l’accord soit annoncé lundi dans la nuit, sans qu’Evo ait eu besoin de recourir à un décret présidentiel, mais tout simplement en vertu d’une loi du Congrès, tout comme il le souhaitait. Chaque heure qui passe sans accord multiplierait la force du président indigène de Bolivie et l’appui national et international qu’il reçoit. Des parlementaires de l’opposition sont déjà de retour et les négociations ont repris. C’est une bonne nouvelle.
Fidel Castro Ruz Le12 avril 2009
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DU BLOCUS, PAS UN MOT…
Le gouvernement des États-Unis a fait savoir à travers la CNN qu’Obama visiterait cette semaine le Mexique, point de départ de son voyage à Port-of-Spain (Trinité-et-Tobago) où il arrivera dans quatre jours pour participer au Sommet des Amériques. Il a aussi annoncé la levée de certaines des restrictions odieuses imposées par Bush aux Cubains vivant aux États-Unis en ce qui concerne leur possibilité de rendre visite à leurs familles à Cuba. À la question : cette levée concerne-t-elle les Étasuniens ? la réponse a été non.
Du blocus, la plus cruelle des mesures, pas un mot. Ce qui est d’ailleurs un pieux euphémisme pour désigner ce qui constitue tout simplement une mesure génocidaire dont les dommages ne se mesurent pas seulement à ses retombées économiques : elle ne cesse de coûter des vies humaines et de causer de douloureuses souffrances à nos citoyens.
Nos malades n’ont pas accès à de nombreux équipements de diagnostic et médicaments cruciaux, auraient-ils provenir d’Europe, du Japon ou d’autres pays, s’ils contiennent des composantes ou des programmes étasuniens.
Les sociétés étasuniennes qui produisent des biens ou prêtent des services n’importe où dans le monde doivent appliquer ces restrictions parce que celles-ci sont de nature extraterritoriale.
Richard Lugar, un sénateur républicain influent, plusieurs autres de son parti au Congrès et d’autres importants sénateurs démocrates sont partisans de l’élimination du blocus. Les conditions sont créées pour qu’Obama, jouant de son talent, s’engage dans une politique constructive qui mette fin à celle qui a fait fiasco depuis presque un demi-siècle.
Notre pays, qui a résisté et qui est prêt à résister autant qu’il le faudra, n’accuse pas Obama des atrocités commises par d’autres administrations. Il ne conteste pas non plus sa sincérité et son désir de changer la politique et l’image de marque des États-Unis. Il comprend qu’il a livré une bataille très difficile pour être élu, malgré des préjugés centenaires.
C’est en fonction de cette réalité que le président du Conseil d’Etat cubain a exprimé sa disposition à dialoguer avec Obama et, sur la base du respect le plus rigoureux de notre souveraineté, à normaliser les relations avec les États-Unis.
Le chef de la Section des intérêts de Cuba à Washington, Jorge Bolaños, a été cité à 14 h 30 au département d’Etat par le sous-secrétaire Thomas Shannon. Rien de ce qu’il a conversé ne diffère des informations de la CNN.
Une longue conférence de presse a débuté à 15 h 15. L’essence de ce qui s’y est dit est contenue dans cette déclaration textuelle de Dan Restrepo, assistant spécial du président aux affaires continentales :
« Le président Obama a ordonné aujourd’hui une série de mesures en direction du peuple cubain afin de soutenir son souhait de jouir des droits de l’homme fondamentaux et de déterminer librement l’avenir de son pays. Le président a donné pour instruction au secrétaire d'État, aux secrétaires au Trésor et au Commerce de faire le nécessaire pour que soient levées toutes les restrictions à la possibilité des individus de rendre visite à des membres de leurs familles à Cuba et de leur envoyer de l'argent. Il a aussi donné des instructions pour que des mesures soient prises afin de faciliter le flux d’information le plus libre parmi le peuple cubain, et entre ceux qui vivent à Cuba et le reste du monde, ainsi que de faciliter l’envoi direct de ressources humanitaires au peuple cubain. « En prenant ces mesures pour contribuer à refermer la brèche entre des familles cubaines divisées et pour promouvoir l’accroissement du flux d’information et des ressources humanitaires au peuple cubain, le président Obama fait en sorte d’atteindre les objectifs qu’il a identifiés durant sa campagne présidentiel et depuis son entrée en fonction. « Tous ceux qui font leurs les valeurs démocratiques essentielles rêvent d’une Cuba qui respecte les droits humains, politiques et économiques fondamentaux de tous ses citoyens. Le président Obama croit que la mesure qu’il a adoptée aujourd’hui contribuera à faire de cet objectif une réalité. Il encourage tous ceux qui le partagent à continuer d’appuyer indéfectiblement le peuple cubain.» « Je vous remercie. » À la fin de la conférence, l’assistant spécial a avoué franchement : « Tout se fait pour la liberté de Cuba. » Cuba ne se félicite pas des prétendus Sommets des Amériques où nos pays ne discutent pas sur un pied d’égalité. S’ils devaient servir à quelque choses, ce serait à faire une analyse critique des politiques qui divisent nos peuples, saccagent nos ressources et entravent notre développement. Il ne reste plus maintenant à Obama que d’y persuader tous les présidents latino-américains que le blocus est inoffensif. Cuba a résisté et résistera. Elle ne tendra jamais la main en quête d’aumônes. Elle ira de l’avant le front haut, coopérant avec les peuples frères d’Amérique latine et des Caraïbes, qu’il y ait ou non des Sommets des Amériques, qu’un Obama préside les États-Unis ou non, ou un homme ou une femme, ou un Blanc ou un Noir.
Fidel Castro Ruz Le 13 avril 2009
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L’OEA A-T-ELLE LE DROIT D’EXISTER ?
J’ai parlé aujourd’hui en toute franchise des atrocités commises contre les peuples latino-américains. Ceux des Caraïbes n’étaient même pas indépendants au triomphe de la Révolution cubaine. Le 19, le jour où conclura le Sommet des Amériques, Cuba fêtera le quarante-huitième anniversaire de sa victoire à Playa Girón. Avec l’OEA, j’ai pris des gants : je n’ai pas dit un seul mot qui pourrait s’interpréter comme une offense à cette vétuste institution, bien que tout le monde sache combien elle me répugne. Selon une dépêche assez hostile de l’agence britannique Reuters, Insulza a affirmé dans une interview au journal brésilien O’Globo : « "Cuba doit exprimer clairement son attachement à la démocratie si elle veut être réadmise à l’OEA, comme le demandent toujours plus de gouvernements latino-américains." « Le président étasunien Barack Obama est en train de réviser la vieille politique d’isolement de l’île communiste, avant le Sommet des Amériques de ce week-end au cours duquel il est prévu que des dirigeants latino-américains exercent des pressions en faveur de la levée de l’embargo étasunien à Cuba, en vigueur depuis 1962. « Certains pays ont prévu de demander la réadmission de Cuba à l’OEA, qui l’avait expulsée en 1962 en pleine Guerre froide. « Insulza a averti que "la clause démocratique de l’OEA constitue en tant qu’exigence un obstacle au retour de Cuba, un Etat à parti unique". « "Nous devons savoir si Cuba souhaite réintégrer les organismes multilatéraux ou si elle pense seulement à la levée de l’embargo et à la croissance économique". « "Il s’agit d’un Sommet de pays pleins de bonne volonté, mais la bonne volonté ne suffit pas à provoquer un changement." « "Les trente-quatre dirigeants qui assisteront au Sommet, auquel Cuba ne peut participer, sont des pays démocratiques", a ajouté Insulza, ancien ministre chilien des Affaires étrangères. « "L’Assemblée générale de l’OEA a décidé que tous les pays membres devaient faire leurs les principes démocratiques", a répondu Insulza à O’Globo à une question au sujet de Cuba. « Mais le président vénézuélien Hugo Chávez, dur critique de Washington, a d’ores et déjà annoncé qu’il s’efforcerait de situer le thème Cuba au cœur des débats du Sommet. « "Le retour de Cuba dans l’organisme ne dépend pas seulement du Sommet des Amériques : il dépend de l’Assemblée générale de l’OEA", a dit Insulza à O’Globo. » L’histoire de l’OEA ramasse toute l’ordure que peuvent signifier soixante ans de trahison aux peuples latino-américains. Insulza affirme que, pour être réadmise, Cuba doit être acceptée d’abord par l’OEA. Il sait pertinemment que nous ne voulons même pas écouter le nom infâme de cette institution, qui n’a prêté aucun service à nos peuples et qui est l’incarnation même de la trahison. Si l’on totalisait les actions agressives dont elle a été complice, on aboutirait à des centaines de milliers de vies et à des dizaines d’années sanglantes. Sa réunion sera un champ de bataille qui mettra dans l’embarras bien des gouvernements. Que n’on dise pas toutefois que Cuba a lancé la première pierre. Nous nous sentons offensés qu’on puisse même supposer que nous souhaitions revenir à l’OEA. Il y a belle lurette que le train est passé, et Insulza ne le sait toujours pas. Un jour, de nombreux pays demanderont pardon d’y avoir appartenu. Evo a pris la parole à midi. Il n’a toujours pas décidé s’il se rendrait ou non à la réunion de l’ALBA et au Sommet des Amériques. Il a remporté une victoire claire et catégorique. Il a toutefois accepté que le nombre de sièges assignés aux peuples indigènes soit réduit de moitié par rapport aux quatorze qu’il avait proposés. L’adversaire s’efforcera sans aucun doute d’exploiter ce point pour intriguer contre le Mouvement au socialisme, misant sur son usure. Le MAS devra batailler dur pour garantir le registre électoral biométrique et avoir une solution de rechange au cas où l’oligarchie parvenait à en retarder la mise au point. Sa grève de la faim a été une décision courageuse et audacieuse, et le peuple bolivien a beaucoup gagné en conscientisation. L’attention se tourne maintenant vers le Sommet des Amériques. Ce sera un privilège de savoir ce qu’il s’y dira ; ce sera un test d’intelligence et de dignité. Nous ne supplierons pas l’OEA à genoux d’entrer dans l’infamie.
Fidel Castro Ruz Le 14 avril 2009
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PAS DE RÉPIT POUR LE MONDE
On aurait pu penser qu’avant le Sommet des Amériques, seulement treize jours après celui du G-20 et une tournée épuisante en France, en Allemagne, à Prague et en Turquie, le président Obama permettrait au monde de souffler un peu. Pas question. Le secrétaire étasunien au Trésor, Timothy Geithner, se réunira à Washington le 24 avril avec les ministres des Finances du G-7, les super-riches, donc, une réunion qui sera suivie ce même jour d’une autre similaire du G-20. Les deux réunions auront lieu avant les assemblées de printemps du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, qui régentent les finances mondiales. L’intéressant, c’est qu’hier The Financial Times, l’organe le plus importante de Grande-Bretagne en matière économique, a révélé que les choses étaient bien compliquées en Europe sur le plan énergétique. L’agence EFE, citant ce journal, informe : « La production britannique de pétrole et de gaz en mer du Nord risque de diminuer parce que la crise économique a entraîné une chute de la prospection dans l’un des plus importants gisements du monde occidental. » «Le nombre de puits forés en mer du Nord a diminué de 78 p. 100 au premier trimestre de 2009 par rapport à la même période de l’année précédente, selon des chiffres de la société Deloitte citées par le journal économique. « Les travaux n’ont eu lieu que dans dix-huit puits d’évaluation et de prospection au premier trimestre, soit une chute du forage total de 41 p. 100 par rapport à la même période de 2008, « Le groupe UK Oil and Gas est encore plus pessimiste, puisqu’il pronostique que le forage risque de diminuer cette année de 66 p. 100. “La situation en mer du Nord est pire qu’ailleurs, car les nouvelles découvertes tendent à être plus petites et les puits pétrolifères moins productifs et plus coûteux à entretenir, ajoute le journal. » Au Sommet de Londres du 4 avril présidé par Gordon Brown, l’hôte de la réunion, le Premier ministre britannique, selon ce que racontent des sources bien informées, a traité avec un mépris visible les participants du Tiers-monde. Et il n’a pas caché ses préjugés envers Obama en personne parce que Noir. Combien de pétrole va-t-on consommer dans le monde, à quel coût et à quel prix ? Quels sont les responsables de la tragédie ? Quelles limites imposera-t-on à Copenhague aux pays encore à développer ? Un problème bien compliqué. Pas de répit pour le monde. Pour Obama non plus.
Fidel Castro Ruz Le 14 avril 2009
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DES MILITAIRES AUX VUES JUSTES Allez savoir combien de gens aux États-Unis écrivent à Obama et combien de questions différentes ils lui posent. Il ne peut lire toutes les lettres, c’est évident, ni aborder chacun des points car les vingt-quatre heures de la journée ne lui suffiraient pas, ni les trois cent soixante-cinq jours de l’année. Ce qui est sûr en tout cas, c’est que les conseillers, aidés d’ordinateurs, d’appareils électroniques et de portables, répondent à toutes les lettres dont la teneur sera enregistrée, sans compter qu’il existe déjà des réponses préparées d’avance à partir des nombreuses déclarations faites par le nouveau président durant sa campagne pour l’investiture de son parti puis pour les présidentielles. Les lettres influent de toute façon et pèsent sur la politique des États-Unis, car nous n’avons plus affaire à un politicien corrompu, menteur et ignorant, à l’instar de son prédécesseur qui haïssait jusqu’aux avancées sociales du New Deal. Voilà pourquoi j’ai été frappé par une dépêche en provenance de Washington et publiée hier, 14 avril, par l’agence de presse DPA : « Un groupe de hauts gradés étasuniens à la retraite a pressé le président Barack Obama d’ "appuyer et de signer" une loi qui lèverait l’interdiction faite à tous les Étasuniens de se rendre à Cuba, au motif que l’embargo appliqué à l’île ne contribue pas aux objectifs politiques et sécuritaires de Washington. « "L’embargo a provoqué un mouvement diplomatique significatif contre la politique étasunienne", avertissent les douze hauts gradés à la retraite, dont le "tsar de la drogue" sous la président de Bill Clinton, Barry McCaffrey, et l’ancien chef d’état-major de Colin Powell, Lawrence B. Wilkerson, dans une lettre révélée aujourd’hui à Washington. « "En tant que militaires de métier, nous estimons que les intérêts des États-Unis sont mieux servis quand notre pays est capable d’attirer le soutien d’autres nations à sa cause", insistent les militaires dans la lettre adressée lundi à Obama, le jour où le président annonçait la levée des restrictions imposés aux voyages et aux envois de fonds familiaux de Cubano-Américains, mais non à tous les citoyens du pays, comme le réclament des secteurs progressistes. « De l’avis de ces militaires, la "Loi sur la liberté de voyager à Cuba" présentée devant la Chambre des représentants par le démocrate Bill Delahunt "est un premier pas important vers la levée de l’embargo". « Le type de politique, ajoutent-ils, "qui a le plus de chances d’entraîner le changement à Cuba" et de modifier aussi l’image de marque internationale de Washington. « "Dans le monde entier, les dirigeants réclament un vrai changement politique basé sur les espoirs que vous avez soulevés durant votre campagne", soutiennent les militaires. « "Cuba apparaît comme la question le plus à la portée pour donner la preuve de ce changement, et ce serait aussi une action qui resterait profondément gravée dans l’esprit de nos partenaires et rivaux dans le monde", ajoutent-ils. » Située parmi trois cents quinze pages de dépêches, la nouvelle semblerait anodine. Elle aborde toutefois le fond même du problème qui m’a fait écrire quatre Réflexions en moins de vingt-quatre heures au sujet du Sommet des Amériques qui s’ouvrira dans quarante-huit heures. Aux États-Unis, ce sont les politiciens qui déclenchent les guerres et les militaires qui doivent les faire. Kennedy, jeune et inexpert, décréta le blocus et l’invasion de Playa Girón organisée par Eisenhower y Nixon qui s’y connaissait en guerre moins que celui-ci. Le revers inattendu le poussa à prendre de nouvelles décisions erronées qui aboutirent à la crise des Missiles dont il se tira toutefois avec honneur, mais traumatisé par les risques d’une guerre thermonucléaire qu’il sentit très proche, comme me le raconta le journaliste français Jean Daniel. « C’est une machine à penser », avait-il ajouté, faisant l’éloge du président qui l’avait beaucoup impressionné. S’enthousiasmant ensuite pour les Bérets verts, Kennedy les expédia au Vietnam où les États-Unis soutenaient la restauration de l’empire colonial français. Un autre politicien, Lyndon Johnson, mena cette guerre jusqu’à ses dernières conséquences. Plus de cinquante mille soldats perdirent la vie dans cette équipée sans gloire ; l’Union y gaspilla au moins cinq cents milliards de dollars quand la valeur de cette monnaie en or chuta de vingt fois, tua des millions des Vietnamiens et fit redoubler la solidarité avec ce pays pauvre du Tiers-monde. Il fallut remplacer les appelés du service par des soldats de métier, empêchant la population de recevoir une formation militaire, ce qui affaiblit la nation. Un troisième politicien, George W. Bush, le protégé de son père, déclencha la guerre génocidaire de l’Iraq qui accéléra la crise économique, l’aggravant et l’approfondissant, et dont le coût se chiffre à des billions de dollars, cette dette publique devant retomber forcément sur les nouvelles générations d’Étasuniens dans un monde convulsé et gros de risques. Ceux qui affirment que l’embargo porte préjudice aux intérêts sécuritaires des États-Unis ont-ils raison ou non ? Les signataires de la lettre en appellent non au recours aux armes, mais à la lutte des idées, ce qui est diamétralement opposé à ce qu’on fait les politiciens à ce jour. Les militaires étasuniens, qui défendent le système économique, politique et social de leur pays, possèdent en général des privilèges et sont très bien payés, mais ils se gardent bien de voler des fonds publics, ce qui les discréditerait et leur ôterait toute autorité dans l’exercice de leurs fonctions. Ils ne croient pas que Cuba constitue une menace à la sécurité des États-Unis, contrairement à ce qu’on a voulu faire accroire à l’opinion publique de ce pays. Ce sont les gouvernants qui ont converti la base de Guantánamo en refuge de contre-révolutionnaires ou d’émigrants, et, pis encore, en un centre de tortures qui l’a rendue fameuse en tant que symbole du déni le plus brutal des droits de l’homme. Les militaires savent aussi que notre pays est un modèle dans la lutte contre le trafic de drogues et que nous n’avons jamais permis qu’il soit le point de départ du moindre acte terroriste contre le peuple étasunien. Comme les membres du Black Caucus du Congrès ont pu le constater, inclure Cuba sur la liste des pays terroristes est la pire des malhonnêtetés. Nous remercions ceux qui ont écrit cette lettre à Obama, tout comme nous remercions les sénateurs Lugar, Delahunt, ceux du Black Caucus et d’autres membres influents du Congrès. Nous ne craignons pas le dialogue; nous n’avons pas besoin de nous inventer des ennemis; nous n’avons pas peur du débat d’idées ; nous croyons en nos convictions et c’est en nous appuyons sur elles que nous avons su défendre notre patrie et que nous continuerons de le faire. Compte tenu des progrès fabuleux de la technologie, la guerre est devenue l’une des sciences les plus complexes. C’est là quelque chose que comprennent les militaires étasuniens. Ils savent qu’il ne suffit pas de donner des ordres, comme dans les vieilles guerres d’antan. De nos jours, il se peut que les adversaires ne soient jamais face à face, séparés par des milliers de kilomètres. Les tirs des armes les plus meurtrières sont déclenchés par des programmes. C’est à peine si l’homme y participe. Il s’agit de décisions calculées au préalable et dépourvues de la moindre émotion. J’ai connu plusieurs d’entre eux qui, maintenant à la retraite, se consacrent à l’étude des sciences militaires et des guerres. Ils n’éprouvent ni haine ni antipathie pour le petit pays qui a lutté contre un si puissant voisin et lui a résisté. Il existe aux États-Unis un Institut de sécurité mondiale avec lequel notre pays a des contacts et des échanges d’études. Il s’appelait voilà quinze ans Centre d’information de la défense. Sa première visite à Cuba remonte à la fin juin 1993. Depuis, et jusqu’au 19 novembre 2004, il a fait neuf visites dans notre pays. Jusqu’en 1999, les délégations étaient composées en leur majorité de militaires à la retraite. À partir d’octobre 1999, les délégations ont commencé à varier dans leur composition et à comprendre moins de militaires. À partir de la cinquième visite, toutes les délégations ont été conduites par un chercheur prestigieux, Bruce Blair, expert en politiques de sécurité, spécialisé dans les forces nucléaires de contrôle et de commandement, professeur consultant des universités de Yale et de Princeton, qui a publié de nombreux ouvrages et des centaines d’articles sur cette question. C’est ainsi que j’ai connu des militaires qui jouèrent des rôles importants dans les forces armées étasuniennes. Nous n’étions pas toujours d’accord avec leurs vues, mais ils furent toujours aimables. Nous eûmes de longs échanges sur des faits historiques auxquels ils avaient participé comme militaires. Les visites se sont poursuivies en 2006, mais j’ai eu un accident à Santa Clara, puis je suis tombé gravement malade. L’un des douze militaires à la retraite qui ont signé la lettre à Obama a participé à ces réunions-là. J’ai appris qu’à la dernière rencontre, les militaires ont dit en toute franchise n’avoir aucune intention d’attaquer Cuba, qu’il existait une nouvelle situation politique aux États-Unis qui découlait de la faiblesse de l’administration à cause de son échec en Iraq. Les compagnons qui se sont réunis avec eux ont perçu clairement que ces Étasuniens se sentaient mal dirigés et qu’ils avaient honte de ce qu’il se passait, bien qu’aucun n’ait pu offrir des garanties au sujet de la politique aventurière que le président des États-Unis a maintenue jusqu'au dernier jour de son administration. Cette réunion a eu lieu début mars 2007, voilà quatorze mois. Bruce Blair doit en savoir bien plus que moi sur ce thème épineux. Sa conduite courageuse et transparente m’a toujours impressionné. Je ne tenais pas à ce que ces informations dorment dans les archives dans l’attente du moment où elles n’intéresseraient plus personne.
Fidel Castro Ruz Le 15 avril 2009
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LE SOMMET DU SECRET Ni les représentés ni les excommuniés
du Sommet de Port-of-Spain n’ont pu savoir jusqu’à
aujourd’hui ce qui s’est y discuté. On nous a fait
miroiter à tous l’espoir que la réunion ne serait
pas secrète, mais les patrons du spectacle nous ont privés
d’un bien intéressant exercice intellectuel. Nous en connaîtrons
l’essence, mais nous ne saurons rien du ton de la voix, des regards,
des mimiques qui reflètent tellement les idées, la morale
et le caractère des personnes. Un Sommet du secret, c’est
pire que le cinéma muet. La télévision nous a offert
quelques brèves minutes d’images. À la gauche d’Obama,
il y avait un monsieur que je n’ai pas bien pu identifier quand
il posait la main sur son épaule, tel un écolier de huit
ans sur celle d’un compagnon du premier rang. À ses côtés,
debout, un autre du cortège l’interrompait pour dialoguer
avec le président des États-Unis. J’ai vu en ceux
qui l’importunaient l’estampe d’une oligarchie qui n’a
jamais eu faim et qui espère trouver dans la puissante nation d’Obama
le bouclier qui protègera le système social des changements
sociaux qu’elle redoute tant. Le spectacle artistique de l’hôte a brillé de mille feux. J’ai rarement vu, voire jamais, quelque chose de pareil. Un bon speaker, apparemment trinidadien, avait dit fièrement que c’était quelque chose d’unique. Ç’a été un vrai étalage de culture en même temps que de luxe. J’ai réfléchi un peu. J’ai calculé combien coûterait tout ça et je me suis rendu compte soudain qu’aucun autre pays des Caraïbes ne pouvait se payer le luxe de présenter un spectacle pareil, que le siège du Sommet était immensément riche, une espèce d’États-Unis entourée de petits pays pauvres. Les Haïtiens, avec leur richissime culture, ou la Jamaïque, la Grenade, la Dominique, le Guyana, le Belize ou un autre pays, pourraient-ils être les hôtes d’un Sommet si luxueux ? Leurs plages peuvent bien être merveilleuses, mais elles ne seront pas flanquées des derricks qui caractérisent le paysage trinidadien et permettent d’accumuler grâce à une matière première non renouvelable les abondantes ressources sur lesquelles reposent aujourd’hui les richesses du pays. Presque toutes les autres îles qui forment la Communauté des Caraïbes, situées plus au nord, sont balayées directement par les cyclones toujours plus intenses qui frappent tous les ans nos îles sœurs de la région. Quelqu’un aura-t-il rappelé à cette réunion qu’Obama a promis d’investir autant d’argent qu’il faudra pour que les Etats-Unis s’auto-approvisionnent en carburants ? Cette politique porterait directement préjudice à bien de ceux qui sont réunis et qui ne pourront disposer des technologies ni des énormes investissements requis pour un effort dans cette direction ou une autre. Ce qui m’a vraiment impressionné jusqu’à
ce moment du Sommet, samedi 18 avril, 11 h 47, où j’écris
ces lignes, c’est le discours de Daniel Ortega. Je me suis promis
de ne rien publier jusqu’au lundi 20 avril pour observer ce qu’il
se passait à ce fameux Sommet. Il suffirait d’être l’un des centaines de milliers de Nicaraguayen qui avaient appris à lire et à écrire durant la première étape de la Révolution sandiniste, laquelle avait fait chuter le taux d’analphabétisme de 60 p. 100 à 12 p. 100, ou depuis que Daniel a repris le pouvoir en 2008 avec un taux d’analphabétisme remonté à 35 p. 100. Il a parlé durant environ cinquante minutes,
d’une voix pausée et sereine. Le Nicaragua a recouru à la Cour internationale de justice de La Hayes pour dénoncer la politique de guerre, la politique terroriste que le président Ronald Reagan menait au nom des Etats-Unis. Notre crime ? Nous être délivrés
de la tyrannie d’Anastasio Somoza, imposée par l’intervention
des troupes yankees au Nicaragua. Sont venues ensuite les interventions qui se sont
prolongées de 1912 à 1932 et qui ont eu pour résultat
la mise en place de la tyrannie des Somoza, armée, financée
et défendue par les dirigeants étasuniens. J’ai eu l’occasion de rencontrer le président Carter, et quand il me disait : « Maintenant que le peuple nicaraguayen est sorti de la tyrannie de Somoza, il est temps que le Nicaragua change. » Je lui ai dit : Non, ce n’est pas le Nicaragua qui doit changer, c’est vous qui devez changer. Le Nicaragua n’a jamais envahi les États-Unis ; le Nicaragua n’a jamais miné les ports des États-Unis ; le Nicaragua n’a jamais jeté une seule pierre contre la nation étasunienne ; le Nicaragua n’a pas imposé de gouvernements aux États-Unis. C’est vous qui devez changer, pas les Nicaraguayens. En pleine guerre, j’ai eu l’occasion de rencontrer celui qui venait d’entrer à la Maison-Blanche, George Bush père. Lors d’une rencontre au Costa Rica en 1989, quand nous nous sommes retrouvés assis face à face, le président Bush et moi, il en fait le commentaire : « La presse est venue ici parce qu’elle veut voir se battre le président des États-Unis et le président du Nicaragua, et nous avons fait l’effort de ne pas faire ce plaisir à la presse. » Le Nicaragua était toujours en butte à
la guerre que lui imposaient les États-Unis. La Cour internationale
de justice a prononcé son verdict très clair : « Les
États-Unis doivent arrêter toutes leurs actions militaires,
le minage des ports, le financement de la guerre ; ils doivent signaler
où se trouvent les mines qu’ils ont posées et cesser
de refuser de donner cette information. » La Cour internationale
demandait aussi au gouvernement étasunien d’indemniser le
Nicaragua pour le blocus économico-militaire qu’ils lui avaient
imposé. Puis le peuple bolivarien, le peuple vénézuélien,
avec son président Hugo Chávez Frías s’y est
incorporé dans un esprit généreux. Un autre peuple n’est pas non plus présent,
mais, à la différence de Cuba, qui est une nation indépendante,
solidaire, cet autre peuple est encore soumis aux politiques colonialistes
: je veux parler du peuple frère portoricain. Dans les années 50, la discrimination raciale était institutionnelle, elle faisait partie du mode de vie étasunien, de la démocratie étasunienne. Les Noirs ne pouvaient pas entrer dans les restaurants des Blancs, ni dans les bars des Blancs ; les enfants des familles noires ne pouvaient pas aller dans les écoles où allaient les petits enfants blancs. Pour briser le mur de la discrimination raciale, il a fallu – et le président Obama le sait mieux que nous – un Martin Luther King qui disait : « J’ai fait un rêve. » Le rêve s’est fait réalité, le mur de la discrimination raciale s’est effondré aux États-Unis d’Amérique grâce à la lutte de ce peuple. Cette réunion, cette rencontre s’ouvre justement le jour anniversaire de l’invasion de Cuba en 1961. Un jour que je conversais avec lui, le président Raúl Castro m’a donné quelques informations : « Daniel, le président Obama est né le 4 août 1961, il avait trois mois et demi à la victoire de Playa Girón du 19 avril. Évidemment, il n’a aucune responsabilité dans cet événement historique. Le 15 avril, les bombardements ; le 16, proclamation du socialisme par Fidel aux funérailles des victimes ; le 17, début de l’invasion ; le 18, poursuite des combats ; et le 19, la victoire, avant soixante-douze heures. Raúl » Raúl m’a raconté à son retour de Cumaná qu’en écrivant une note pour Daniel, il avait fait un calcul rapide et qu’il avait commis une erreur en disant qu’Obama avait trois mois lors de l’invasion de Playa Girón, alors qu’en fait il était né trois mois et demi après. Qu’il était le seul coupable de cette erreur. Ça, c’est l’histoire. En 2002, aussi en avril, le 11, un coup d’État a lieu en vue d’assassiner un président élu en République bolivarienne du Venezuela. Le président Chávez a été fait prisonnier, avec ordre de l’assassiner. Quand un gouvernement fantoche se met en place, le gouvernement étasunien reconnaît les putschistes par l’intermédiaire de son porte-parole, donne raison aux putschistes. Nous avons des raisons de dire qu’il ne s’agit pas de l’histoire : ces faits violents contre les institutions d’un peuple, d’une nation progressiste, solidaire, révolutionnaire, ont eu lieu voilà à peine sept ans. Je pense que le temps que je prends ici est bien
moindre que celui que j’ai dû passer à attendre dans
l’avion, à l’aéroport : trois heures. Nous disons qu’il faut accorder le TPS, le Statut de protection temporaire, à tous les immigrants aux États-Unis, mais que les causes de l’émigration sont le sous-développement, la pauvreté des peuples centraméricains. La seule manière d’arrêter ce
flux d’émigrants vers les États-Unis, ce n’est
pas d’ériger des murs, de renforcer la surveillance militaire
aux frontières, mais d’apporter des fonds sans conditions
politiques, sans les conditions que pose le Fonds monétaire international. Nous avons la tâche ingrate de surveiller
les frontières des États-Unis pour empêcher le trafic
de drogues. Combien les États-Unis apportent-ils au
Nicaragua pour surveiller leurs frontières ? A peine 1,2 million
de dollars. Ceux qui ont dû négocier avec lui savent pertinemment ce que signifie le FMI, comment ils ont dû sacrifier des programmes sociaux, des programmes agricoles, des programmes productifs, pour dégager les ressources et payer la dette que leur imposent les règles du capitalisme mondial. Le FMI n’a été rien d’autre qu’un instrument pour mettre en place, depuis les métropoles, des politiques colonialistes, néocolonialistes et impérialistes. Mahatma Gandhi disait en livrant sa lutte héroïque pour l’indépendance de l’Inde face à l’Angleterre : « L’Angleterre a utilisé le quart des ressources de la planète pour arriver à son état de développement actuel. De combien de ressources aura besoin l’Inde pour arriver au même développement ? » Et, en ce XXIe siècle et dès la fin du XIXe, ce n’était pas seulement l’Angleterre, mais tous les pays capitalistes développés qui établissaient leur hégémonie et imposaient les valeurs de consommation de leur modèle au prix de la destruction de la planète et de l’espèce humaine. La seule manière de sauver la planète
et donc le développement durable de l’humanité est
de jeter les fondations d’un nouvel ordre économique international,
d’un nouveau modèle économique, social, politique,
qui soit vraiment juste, solidaire et démocratique.
Il est 19 h 58. Je viens d’écouter l’intervention du président Hugo Chávez. Il semblerait que Venezolana de Televisión ait introduit une caméra dans le « Sommet secret » et elle l’a retransmise. Hier, je l’ai vu rendre aimablement son geste à Obama quand celui-ci est allé le voir et l’a salué, ce qui était sans aucun doute intelligent de la part du président étasunien. Cette fois-ci, Chávez s’est levé, est allé trouver Obama assis à la présidence d’une salle rectangulaire aux côtés de Michelle Bachelet et lui a remis le fameux livre de Galeano, Les veines ouvertes d’Amérique latine, que son auteur a actualisé systématiquement. Je ne sais pas à quel moment de jour ça s’est passé. Je donne simplement l’heure où je l’ai écouté.
Son prédécesseur se couchait tôt et dormait longtemps. Obama, apparemment, travaille beaucoup et dort peu. Aujourd’hui, 19 avril, à 11 h 57,
je ne vois rien de nouveau. La CNN ne donne aucune nouvelle fraîche.
J’écoute les douze coups de midi. À ce moment-là,
le Premier ministre trinidadien est monté à la tribune.
Je l’écoute et je constate des choses étranges. Manning
a le visage tendu. Obama prend la parole un peu après et répond
ensuite aux questions de la presse; je le note plus cassant, bien que
calme. Ce qui me frappe le plus, c’est que la conférence
de presse réunit plusieurs dirigeants, mais aucun de ceux qui ont
émis des réserves sur le document final. À la conférence de presse, il y avait
le Premier ministre canadien, un type tout à fait de droite, le
seul à avoir été grossier envers Cuba ; Felipe Calderón,
le président mexicain ; Martín Torrijos, le président
panaméen, et, bien entendu, Patrick Manning. Le Caribéen
et les deux Latino-Américains ont été respectueux
envers Cuba. Aucun ne l’a attaquée, et tous avaient exprimé
leur opposition au blocus. Nous ne le faisons pas, nous les Cubains, pour obtenir de l’influence ; il s’agit d’une tradition qui remonte à l’époque où l’Algérie luttait encore contre le colonialisme français, et nous l’avons fait dans des dizaines de pays du Tiers-monde. Obama a été cassant et évasif au sujet du blocus dans son interview avec la presse. Quand il a été décrété, il était déjà né. Il aura quarante-huit ans le 4 août. Ce même mois, neuf jours plus tard, j’aurai quatre-vingt-trois ans, presque le double d’âge, mais je dispose maintenant de bien plus de temps pour penser. Je souhaiterais lui rappeler un principe éthique élémentaire au sujet de Cuba : il n’y a aucune raison de faire durer une injustice, un crime, à quelque époque que ce soit ; le blocus cruel contre le peuple cubain coûte des vies, cause des souffrances ; il porte aussi préjudice à l’économie sur laquelle repose une nation et limite ses possibilités de coopérer, en matière de santé, d’éducation, de sport, d’économie d’énergie et de protection de l’environnement, avec de nombreux pays pauvres du monde.
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| OBAMA
ET LE BLOCUS J’ai abordé hier le côté comique de la « Déclaration d’engagement de Port-of-Spain ». Je pourrais aborder aujourd’hui son versant dramatique. J’espère ne pas offenser nos amis. Il y a des différences entre le document qui m’est parvenu à titre de projet présenté par les hôtes du Sommet et celui qui a finalement été publié. Dans la hâte des derniers moments, il n’y avait plus grand-chose à faire. Certains points avaient fait l’objet de longues discussions dans les semaines ayant précédé la rencontre. Des propositions présentées au dernier moment ont compliqué encore plus le tableau. Comme celle-ci de la Bolivie insérée finalement dans une notre au document : « La Bolivie juge que le développement de politiques et des mécanismes de coopération qui viseraient à étendre les biocarburants sur le continent américain risque de porter préjudice à la disponibilité d’aliments et d’influer sur la hausse de leurs cours, d’aggraver la déforestation, de déplacer des populations en quête de terres, et par conséquent d’aggraver la crise alimentaire, touchant directement les personnes à faibles revenus, surtout les économies les plus pauvres des pays en développement. Le gouvernement bolivien, tout en reconnaissant qu’il faut chercher et utiliser des sources d’énergie alternatives préservant l’environnement, telles que les énergies géothermique, solaire, éolienne, ainsi que de petites et moyennes installations hydro-électriques, propose une vision alternative basée sur le vivre-bien et en harmonie avec la nature, afin de mettre en œuvre des politiques publiques qui viseraient à promouvoir des énergies alternatives sûres à même de garantir la préservation de la planète, notre "Mère la Terre". » N’oubliez pas, quand vous analyserez cette note de la Bolivie, que les États-Unis et le Brésil sont les deux plus gros producteurs de biocarburants au monde, une solution à laquelle toujours plus de gens sur notre planète s’opposent, offrant une résistance qui n’a cessé de croître depuis la triste époque de George W. Bush. Les conseillers d’Obama ont placé sur Internet leur version en anglais de l’interview que le président étasunien a donnée aux journalistes à Port-of-Spain. Il a affirmé à un moment donné : « Il y a quelque chose qui m’a intéressé – et je le savais d’une manière plus abstraite, mais c’était intéressant de le savoir dans des termes plus concrets – c’est d’écouter ces dirigeants parler de façon très concrète des milliers de médecins cubains dispersés dans toute la région et dont beaucoup de ces pays dépendent fortement. Et c’est un rappel pour nous aux États-Unis que si notre seule interaction avec beaucoup de ces pays est la prohibition des drogues, si notre seule interaction est militaire, alors il se peut que nous ne développions pas les connexions qui pourraient à la longue accroître notre influence et avoir une influence bénéfique quand nous aurions besoin de mettre en place des politiques qui seraient de notre intérêt dans la région. « Je pense donc qu’il est important que nous reconnaissions que pour nos interactions, non seulement ici sur ce continent, mais aussi dans le monde entier, notre pouvoir militaire n’est qu’une partie de notre pouvoir, et que nous devons utiliser notre diplomatie et notre aide au développement plus intelligemment afin que les gens, le commun des mortels, puissent constater des améliorations très pratiques, concrètes, de leurs vies grâce à la politique étrangère des États-Unis. […]Jake. Je vous remercie, monsieur le président. Vous avez écouté un tas de dirigeants latino-américains qui veulent que les USA lèvent l’embargo contre Cuba. Vous avez dit que vous pensez que c’était un important moyen d’influence à ne pas abandonner. Pourtant, en 2004, vous étiez d’accord pour la levée de l’embargo. Vous avez dit qu’il n’était pas parvenu à fournir les moyens d’élever le niveau de vie, qu’il avait trituré les innocents, et qu’il était temps pour nous de reconnaître que cette politique concrète avait échoué. Je me demande : qu’est-ce qui vous a fait changer d’avis au sujet de l’embargo ? Le président. Euh, en 2004, ça fait une éternité ! Qu’est-ce que je faisais en 2004 ? Jake. Vous briguiez un siège au Sénat. […]Président. …le fait que Raúl Castro ait dit que son gouvernement voulait parler avec le nôtre non seulement de la levée de l’embargo, mais aussi des questions des droits de l’homme, des prisonniers politiques, est bon signe. “…il y a des choses que le gouvernement cubain pourrait faire. Il pourrait libérer les prisonniers politiques. Il pourrait réduire les taxes sur les envois de fonds pour être en accord aux politiques que nous avons mises en place pour permettre aux familles cubano-américaines d’envoyer des fonds. Il s’avère que Cuba impose une taxe énorme, qu’ils font un sacré profit. Ça serait un exemple de coopération où les deux gouvernements travailleraient pour aider les familles cubaines et élever le niveau de vie à Cuba. » Le président a assurément mal interprété la déclaration de Raúl. Quand le président cubain a affirmé qu’il était prêt à discuter de n’importe quel point avec le président étasunien, il veut dire qu’il ne redoute aucune question : c’est là une preuve de courage et de confiance dans les principes de la Révolution. Que personne ne s’étonne qu’il ait parlé de gracier les condamnés de mars 2003 et de les expédier tous aux États-Unis, si ceux-ci sont prêts à libérer les cinq héros antiterroristes cubains. Comme c’était le cas des mercenaires de Playa Girón, ces gens-là sont à la solde d’une puissance étrangère qui menace notre patrie et lui impose un blocus. Par ailleurs, dire que Cuba impose une « taxe énorme », qu’elle « fait un sacré profit », c’est là une tentative de ses conseillers de semer la zizanie entre les Cubains et les diviser. Tous les pays taxent les transferts de devises. S’il s’agit de dollars, à plus forte raison devons-nous le faire, puisque c’est la monnaie de l’État qui nous applique un blocus. Les Cubains n’ont pas tous de la famille à l’étranger pour leur envoyer des fonds. Redistribuer une part relativement petite au bénéfice de ceux qui ont le plus besoin d’aliments, de médicaments et d’autres biens est absolument juste. Notre patrie ne jouit pas du privilège de convertir en devises les billets qui sortent des imprimeries de l’État, de l’argent que les Chinois ont qualifié plusieurs fois de « ferraille » – un terme que j’ai repris à d’autres occasions – et qui a été l’une des causes de la crise économique actuelle. Avec quel argent les États-Unis sauvent-ils donc leurs banques et leurs transnationales, ne cessant d’endetter toujours plus les générations futures ? Obama serait-il prêt à discuter de ces points? Daniel Ortega l’a dit clairement quand il a évoqué sa première conversation avec Carter. La voici à nouveau : « J’ai eu l’occasion de rencontrer le président Carter, et quand il me disait : "Maintenant que le peuple nicaraguayen est sorti de la tyrannie de Somoza, il est temps que le Nicaragua change." Je lui ai dit : Non, ce n’est pas le Nicaragua qui doit changer, c’est vous qui devez changer. Le Nicaragua n’a jamais envahi les États-Unis ; le Nicaragua n’a jamais miné les ports des États-Unis ; le Nicaragua n’a jamais jeté une seule pierre contre la nation étasunienne ; le Nicaragua n’a pas imposé de gouvernements aux États-Unis. C’est vous qui devez changer, pas les Nicaraguayens. » À la conférence de presse et aux séances finales du Sommet, Obama a fait preuve de suffisance. Les positions abjectes de certains dirigeants latino-américains n’ont pas été étrangères à cette attitude du président étasunien. J’ai dit voilà quelques jours qu’on connaîtrait finalement tout ce que chacun a dit ou fait. Quand il a affirmé, répondant à Jake, qu’une éternité s’était écoulée depuis 2004, il a été superficiel. Devons-nous attendre si longtemps pour qu’il lève son blocus ? Ce n’est pas lui qui l’a inventé, certes, mais il le reprend à son compte tout comme dix autres présidents des États-Unis. Sur cette voie, il court à l’échec aussi sûrement que ses prédécesseurs. Ce n’est pas là le rêve de Martin Luther King dont le rôle dans la lutte pour les droits de l’homme illuminera toujours plus la route du peuple étasunien. Nous vivons des temps nouveaux. Les changements sont inéluctables. Les leaders passent, les peuples restent. Pas besoin d’attendre une éternité : il suffira de huit ans à peine pour qu’à bord d’une voiture plus blindée, d’un hélicoptère plus moderne et d’un avion plus perfectionné, un autre président des États-Unis, sans doute moins intelligent, moins prometteur et moins admiré dans le monde que Barack Obama, occupe ce poste sans gloire. Je donnerai demain plus de nouvelles du Sommet. Fidel Castro Ruz, Le 21 avril 2009
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Posada
inculpé aussi pour son implication dans les attentats DANS un changement de stratégie inattendu, les procureurs de Washington chargés de l’affaire Posada Carriles ont alourdi les charges présentées à El Paso, au Texas, contre le terroriste international, pour ses fausses déclarations concernant la campagne d’attentats qu’il avait déclenchée à La Havane en 1997. Selon l’agence de presse AP, Posada est accusé maintenant d’avoir menti à propos de son implication dans « le recrutement d’individus… pour réaliser des attentats à Cuba ». De façon plus spécifique, les procureurs du ministère public précisent qu’il n’a pas dit la vérité sur son implication dans le recrutement du mercenaire Raul Cruz Leon chargé de rapporter des explosifs dans l’île pour des attentats destinés à nuire à l’activité touristique. Une des actions terroristes provoquées par Cruz Leon, recruté au Salvador par Posada, avait causé la mort du jeune touriste italien Fabio di Celmo. Posada a avoué son implication dans ces crimes dans des interviews publiées aux Etats-Unis. Posada, au long passé de terroriste, auteur intellectuel de la destruction en plein vol d’un avion civil cubain ayant causé la mort des 73 passagers, devra dorénavant faire face à 11 chefs d’accusation, toujours devant le juge Kathleen Cardone qui l’a libéré. Le changement de stratégie des procureurs fédéraux, avec à leur tête John W. Van Lonkhuyzen, qui appartiennent à la section antiterroriste du département de la Justice – maintenant dirigé par Eric Holder – semble correspondre à une révision des stratégie devant les demandes réitérées d’extradition présentées par le gouvernement vénézuélien, à quelques jours du Sommet des Amériques, où le sujet sera inévitablement abordé. Le ministère public fédéral,
cependant, se limite à des accusations supplémentaires de
parjure et d’obstruction à la justice contre le plus célèbre
terroriste de l’hémisphère qui a travaillé
plus de 25 ans pour la CIA et qui a été, en outre, militaire
dans les forces armées nord-américaines. Les nouvelles charges
seront présentées aujourd’hui devant le tribunal d’El
Paso, lors d’une audience où Posada devrait normalement être
présent. (Jean-Guy Allard) 10/04/09 |
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Camilo rejoint le Che sur la place de la Révolution • L’EFFIGIE de Camilo Cienfuegos a rejoint celle de Che Guevara sur l’historique Place de la Révolution José Marti, de La Havane, à l’occasion du 50e anniversaire de sa disparition, le 28 octobre 1959. Camilo rejoint le Che sur la place de la Révolution Sur l’une des façades du siège du ministère de l’Informatique et des Communications se dresse depuis le 27 octobre l’œuvre monumentale de l’artiste Enrique Avila, qui est également l’auteur de l’effigie du Guérillero héroïque qui orne déjà la Place. Au bas de l’effigie de Camilo on peut lire la phrase «Vas bien, Fidel!» (C’est bien, Fidel), en allusion à la réponse que donna le Héros de la bataille de Yaguajay au leader historique de la Révolution Fidel Castro, le 8 janvier 1958, lorsque celui-ci lui demanda au milieu de son discours: «Voy bien, Camilo?» (Suis-je sur la bonne voie, Camilo?). A la demande de la direction du pays, une dizaine d’entreprises se sont chargées d’exécuter l’ouvrage, qui se veut un hommage de tout le peuple à Camilo Cienfuegos, également connu comme le Seigneur de l’avant-garde. Les concepteurs ont veillé à préserver les proportions et ressemblances entre les deux pièces, si bien qu’il a fallu ériger un mur imitant la façade du siège du ministère de l’Intérieur, qui porte l’effigie du Che, Enrique Gandulfo, responsable technique de l’ouvrage, a expliqué que pour fixer la sculpture à l’immeuble il a fallu assembler une structure métallique, et que la construction du mur a exigé 120 tonnes de béton pour pouvoir supporter les plus de 100 tonnes de l’ensemble. Le montage du squelette métallique composé de plus d’un millier d’éléments a débuté le 4 octobre. Camilo Cienfuegos disparut à bord d’une avionnette en provenance de la province de Camagüey, où il s’était acquitté de la mission de briser la mutinerie contre-révolutionnaire du traître Hubert Matos. (AIN) • |
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COMMUNIQUE DE PRESSE
Le PCF salue le vote de l'Assemblée générale de l'ONU pour la fin du Blocus de Cuba. Pour la 18° fois, l'Assemblée Générale de l'ONU vient de se prononcer pour la fin du blocus imposé par les États Unis à Cuba. Le Parti communiste français salue ce vote positif. Il appelle au respect des résolutions des Nations-Unies sur cette question de droit, de démocratie et de souveraineté. Malgré les appels répétés des pays d'Amérique latine en faveur d'une levée totale de ce blocus, et malgré les déclarations du Président Barack Obama en faveur d' un nouveau départ dans les relations entre les États-Unis et l'Amérique latine, ce blocus illégal et illégitime se poursuit alors qu'il est très largement condamné dans le monde. Pourtant, le président Obama a lui-même annoncé que le blocus allait se poursuivre. Le blocus de Cuba dure depuis bientôt un demi-siècle. Il est anachronique et inhumain. Il prive la population de l'accès aux équipements et aux technologies nécessaires pour les services de santé. Il rend difficile les relations avec les institutions financières et bancaires et crée des obstacles au commerce des biens et services. Barack Obama a pris un certain nombre de mesures: levée de l'interdiction de voyager pour les familles cubano-américaines; assouplissement des règles pour les envois d'argent; rétablissement du courrier direct... Ces mesures sont positives mais elles ne touchent pas au blocus. Le Ministre espagnol des Affaires Étrangères, Miguel Angel Moratinos, vient de s'exprimer en faveur d'une révision de la Position commune adoptée par l'Union Européenne en 1996 qui conditionne les relations avec Cuba. Une nouvelle politique pourrait ainsi être adoptée pendant la présidence espagnole au premier semestre de 2010. L' Union Européenne doit enfin mettre en place une relation normale de coopération mutuellement avantageuse en faveur du développement à Cuba, sans condition ni ingérence. Parti communiste français |
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« Le pays isolé,
ce n’est pas Cuba… » Nouvellement nommé à Paris, le représentant
de la République de Cuba en France appelle l’Europe à
s’émanciper des États-Unis. L’Assemblée générale de l’ONU s’est à nouveau prononcée pour la levée du blocus contre Cuba. Comment réagissez-vous? ?
Quelles sont les conséquences économiques de ce blocus? ? Orlando Requeijo. Les pertes sont significatives. Nous parlons de 230 milliards de dollars à sa valeur actuelle. Ce chiffre ne prend pas en compte les torts des attaques terroristes subies. Avec la crise économique internationale, les prix des matières premières qu’exporte Cuba se sont effondrés. Ce blocus révèle le double discours et la double morale des États-Unis. Ils violent le droit du peuple cubain mais également le droit international. Le blocus a des répercussions mondiales.
Orlando Requeijo. Barack Obama n’a fait qu’éliminer certaines restrictions extrêmes imposées par Bush. Par exemple, les Cubains résidant aux États-Unis ne pouvaient plus visiter leur famille à Cuba que tous les trois ans. Depuis l’élection d’Obama, peu de choses ont changé. C’est incroyable, mais il n’existe pas de communication directe entre Cuba et les États-Unis. Les courriers des familles doivent transiter par un pays tiers. Ce sont des mesures restrictives anachroniques et inhumaines, comme celle de ne pouvoir trouver aux États-Unis un médicament cubain qui pourrait pourtant soigner les malades américains. Est-il possible de débloquer la situation? ? Orlando Requeijo. Le problème est entre les mains du gouvernement des États-Unis. Il existe plusieurs projets de lois au sein du Congrès états-unien qui proposent d’alléger certains aspects du blocus. Le président Obama a les moyens de changer beaucoup de choses. Il peut décider d’une clémence à l’égard des cinq Cubains injustement emprisonnés aux États-Unis comme il peut lever le blocus ou encore fermer définitivement la base de Guantanamo. Nous, nous sommes toujours disposés au dialogue, mais sur un pied d’égalité, dans le respect de notre souveraineté. Quel devrait être le rôle de l’Union européenne? ? Orlando Requeijo. L’UE doit assumer une réelle indépendance à l’égard des États-Unis. Elle devrait revoir sa position dictée par Washington et encouragée par une marionnette nommée José Maria Aznar (ex-président du gouvernement espagnol – NDLR), dont on sait combien qu'il a participé aux mensonges de l’administration US sur les prétendues armes de destruction massive en Irak. L’Europe doit être en phase avec sa décision de renouer des relations officielles. En phase, aussi, avec le vote de ses États au sein de l’ONU.
Un demi-siècle de coercition :
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L’ONU pour la fin du blocus Article paru dans l'Huma le 30/10/09
L’Assemblée générale de l’ONU a largement adopté, mercredi, la résolution 63/7 demandant la levée du blocus économique, commercial et financier imposé par les États-Unis à Cuba. En 1992, date du premier vote, 58 pays s’étaient prononcés pour l’abandon des mesures coercitives qui frappent la Grande Île depuis près d’un demi-siècle. Cette année, ils sont 187, isolant les trois seuls pays à voter contre – les États-Unis, Israël et Palau… Le texte adopté réitère le respect des principes d’égalité souveraine des États, la non-intervention et la non-ingérence dans les affaires internes et la liberté de commerce et de navigation internationale, en allusion aux dispositions extraterritoriales de ces dernières années, qui ont renforcé l’embargo. Il souligne également les conséquences négatives du blocus subi par la population cubaine et les Cubains résidant à l’étranger. « L’embargo commercial et financier
apparaît chaque fois comme plus irrationnel et anachronique »,
a déclaré la représentante du Brésil à
l’ONU, Maria Luiza Ribeiro Viotti.
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RAPPORT DE CUBA SUR LA RÉSOLUTION 63/7 DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DES NATIONS UNIES « Nécessité de lever le blocus économique, commercial et financier appliqué à Cuba par les États-Unis d’Amérique » rapport du ministère cubain des relations extérieures qui sera présenté le 28 octobre devant l' assemblée générale de l'ONU à propos du blocus des Etats-Unis d’Amerique contre Cuba depuis près de 50 ans. 1. INTRODUCTION Faisant absolument fi de la résolution 63/7 adoptée par l’Assemblée général des Nation Unies le 29 octobre 2008, par 185 voix contre 3, l’administration étasunienne, loin de mettre fin au blocus économique, commercial et financier appliqué à la République de Cuba, a maintenu en vigueur les lois, dispositions et pratiques le sous-tendant. Elle a continué de renforcer les mécanismes politiques, administratifs et répressifs destinés à le mettre en œuvre d’une manière plus efficace et délibérée. L’administration étasunienne a continué
d’appliquer le blocus dans toute sa rigueur. Elle n’a annoncé,
encore moins entrepris, aucune action qui tendrait à dénouer
la trame complexe de lois et de dispositions administratives autorisant
le blocus. Elle n’a pas non plus modifié les fondements de
cette politique. À preuve le maintien des législations et
des réglementations ci-après : 2. LES MESURES ADOPTÉES
PAR LA NOUVELLE ADMINISTRATION - En décembre 2008, la société canadienne SENSIENT FLAVORS, qui livrait la matière première Parfum d’organe en poudre, a fait savoir que sa maison mère d’Indianapolis lui interdisait de vendre à Cuba. - La société canadienne Sethness Products
Company a fait savoir à la société CORACAN qu’elle
ne pouvait pas continuer de lui livrer la couleur caramel en poudre par
suite d’instructions de sa maison mère de Chicago, si bien
que l’usine de sodas CORACAN a dû interrompre sa production
pour plus de quinze jours, chercher de nouveaux fournisseurs et payer
plus cher. - L’accès à l’Internet, outil
incontournable pour les universités, est limité parce que
le gouvernement étasunien interdit à Cuba de se connecter
sur les câbles sous-marins proches et de disposer de technologies
qui permettraient d’élargir sensiblement la bande passante
disponible dans le pays. CONCLUSIONS
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