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Coopération et Solidarité avec Cuba et le Peuple
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Brigade Européenne L'Institut Cubain d'Amitié avec les Peuples (ICAP), vous propose la Brigade Européenne "José Marti" 2012 qui se déroulera du 2 au 20 juillet 2012. Contactez l'association Cuba Linda pour :
05 53 08 96 66 Voir Programme
Voyage CUBA LINDA "Sur les Traces de la Révolution" du 30 Avril au 17 mai 2012 De La Havane (avec possibilité de participation aux célébrations de la fête du 1er mai 2012 sur la place de la Révolution à La Havane) à Santiago de Cuba (berceau des révolutions cubaines), ce voyage de 18 jours / 16 nuits (sur place), vous fera découvrir Cuba et le peuple cubain d'une façon authentique et solidaire. Vous serez accompagnés par des passionnés de Cuba qui vous feront partager leurs connaissances du pays au plus près de la réalité. Ce voyage repose sur l'échange et le partage entre nos deux cultures. (Vols directs Air France)
En
autotour ou en groupe Partir à Cuba en chambres
d'hôtes ou/et à l'hôtel : conseils, informations et
réservations auprès de l'association ou de l'agence. Tout voyage individuel ou en groupe peut être établi sur mesure selon les thèmes du voyage.. Renseignements et devis : Liens Soutenez les 5 de Miami
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Déclaration de Cuba Si France Au Parlement Européen, Ce mercredi 18 janvier, le néo-fasciste mais premier ministre hongrois Viktor Orban, est venu plaider sa cause devant le Parlement Européen à Strasbourg. Fustigeant sa politique liberticide, Cohn-Bendit, capable des pires amalgames, vociféra à la manière d'un Le Pen, devant les caméras de télévision qu'Orban devenait l'émule de Chavez et de Castro, pas moins ! On sait que Cohn-Bendit ne s'embarrasse pas de subtilités quand il s'agit de se faire remarquer mais oser une telle bassesse, c'est se marquer d'une flétrissure indélébile. Au mépris de l'histoire, tout lui est bon pour vomir sur des hommes respectés par leurs populations justement parce qu'ils ont su avec courage, débarrasser leurs pays des politiques les plus répressives, réactionnaires et liberticides d'Amérique latine et Caribéenne en redonnant à leurs peuples la dignité, les droits humains fondamentaux comme le droit pour tous à l'éducation, aux soins, au travail et par la promulgation de lois égalitaires anti-racistes, tout le contraire de ce qu'un Viktor Orban a entrepris en Hongrie.
Oui, M. Cohn-Bendit ! Orban est une créature de votre Europe anti-démocratique à la dérive, soumise au diktat de la finance qui asservit les peuples. Elle ne peut qu'engendrer de dangereux apprentis sorciers comme Viktor Orban. Par vos vociférations anti-Chavez et anti-Castro, votre but est d'empêcher les peuples européens d'entendre les belles espérances que des hommes comme, Castro à Cuba, puis Chavez au Venezuela, Ortega au Nicaragua, Moralès en Bolivie, Corréa en Equateur, Mujica en Uruguay, Lugo au Paraguay, ou des femmes comme Cristina Kirchner en Argentine ont fait naître durablement en Amérique latine. Quant à vous, l'Histoire vous enterrera. Théodore Botrel dans sa chanson de la Fleur de Lys, dit : Cuba si France Le 19 avril 2012 Amiens La Symphonie " Mort et Renaissance" Un orchestre symphonique de 40 musiciens (Formation Mozart) sera formé pour cette soirée exceptionnelle organisée par " Musique en Utopia" et "Cuba Si France". Seront présents, la fille du Che Aleida Guevara, l'ambassadeur de Cuba en France, Jean Cormier biographe du Che, Albert Jacquard, Hubert Reeves et de nombreuses autres personnalités d'envergure nationale et internationale dont le célèbre photographe du Che, René Burri. Pour tous renseignements, s'adresser à Cuba Si France : tél. 01 43 36 37 50.
Mariella Castro à Paris
A l'ambassade de Cuba en France, Mariella Castro (fille de Raoul Castro), Directrice du Centre National d'Education Sexuelle (CENESEX), face à un public très attentif, a dressé avec humour un tableau des actions menées à Cuba depuis la Révolution contre la discrimination sexuelle et en faveur de l'homosexualité et la transsexualité. Une approche de la diversité sexuelle sans tabou qui s'appuie sur une dialectique marxiste avec un travail d'éducation dès l'enfance et une proximité forte avec la différence, dans un pays qui ne connaît pas la violence homophobe. Sans cacher que dans un pays aux tendances séculaires machistes, il y a bien des idées reçues à combattre même au plus haut niveau, Mariella a montré les énormes progrès réalisés dans ce domaine à Cuba, comme bien sûr le "travail égal salaire égal", appliqué partout, mais aussi la place que les femmes ont pris dans la société cubaine et qu'elles ne lâcheront plus. Comme souvent à Cuba, les femmes sont à la pointe de ces mouvements d'émancipation. Fidel Castro, son oncle a dit : "Ce que les femmes font, c'est une révolution dans la révolution !". Une femme, Mariella Castro et une démonstration lumineuses !
Michel Taupin Mardi 6 décembre 2011
Souvenir d'une période très spéciale par Hernando Calvo Ospina
En 1991, l’impensable s’est produit : l’Union Soviétique s’est effondrée. Par un effet domino, les
Hommage National et International
Jeudi 24 novembre, 13h. : A Paris, le ciel est bas. Enjambant la Seine, le Pont des Arts, celui des amoureux qui se font des serments, émerge de la grisaille, balayé par un vent maraud. Les "cadenas d'amour" verrouillés à ses rambardes, il accueille sur ses planches une foule reconnaissante et affectueuse, venue rendre un dernier hommage à cette "belle personne" que fut toute sa vie Danielle Mitterrand. Tous, de France, d'Amérique latine, d'Afrique et d'ailleurs sont venus la remercier pour avoir su dire haut et fort que le capital de notre planète est "l'humain" et non "une variable d'ajustement" et que les peuples ont le devoir de s'affranchir du joug des financiers de ce monde. Cuba Si France, qui a, pendant la "Période Spéciale" si difficile pour le peuple cubain, monter avec France-Libertés, l'opération "lait en poudre" et organiser l'envoi de matériel médical et scolaire, est allée porter haut le drapeau du peuple cubain, libéré. L'accolade qu'elle donna spontanément à Fidel sur le perron de l'Elysée restera à jamais une belle leçon d'indépendance d'esprit et de pensée. Beaucoup devraient y réfléchir avant de la blâmer. Merci Madame.
Honteux !
A Cuba Si France, nous protestons énergiquement contre de tels propos. Nous exigeons qu'elle présente des excuses publiques par respect pour les engagements sincères et réfléchis de Danielle Mitterrand et à sa mémoire que Mme Loison bafoue allégrement. Parce que pendant la période spéciale si difficile pour le peuple cubain, Cuba Si France a travaillé main dans la main avec France-Libertés dans des opérations importantes comme l'Opération "Lait en Poudre", l'envoi de matériel médical et scolaire, nous pouvons témoigner du niveau d'exigence et de lucidité de son engagement en faveur de Cuba qui l'a amenée à l'affection de son peuple et au respect de ses dirigeants. Un chemin que ne pourra jamais faire Mme Loison tant elle ne sait que régurgiter ce qu'on a bien voulu lui faire croire. Patricia Loison fait pire que se tromper, arrogante, elle juge. Vive Cuba Socialiste,
Fête de L'Humanité 2011 On a échappé au vrai mauvais temps, même si nous avons reçu la délégation cubaine sous une forte averse. Le stand de Cuba Si France a, cette année encore, fait briller les couleurs de Cuba et résonner sa musique ardente. Le bar
Au bar, malgré ses 15m de longueur, il ne fallait pas avoir les deux pieds dans le même sabot car on s'y bousculait pour y déguster les fameux mojitos Cuba Si, les meilleurs de la Fête selon les amateurs du divin nectar. Boostés par ce "médicament" des âmes délicieusement tonique et gouleyant , les aficionados s'en donnaient à cœur joie, mêlant discours politique et plaisanteries joyeuses.
En face, l'artisanat cubain déployait toute sa fantaisie. Hétéroclite, il proposait toutes sortes de drapeaux et vêtements à l'effigie du Che dont le succès ne se dément pas, des chapeaux de paille de riz, des panamas de toquilla, ivoire ou blancs, des figurines de femmes cubaines aux formes plus que généreuses, colliers en graines et coquillages, bracelets en nacre, dominos, mais aussi des médailles, des pin's, des écussons à la gloire des héros de la Révolution et une grande variété de cartes-photos du Che, figure emblématique de la Révolution cubaine, etc...
Charlie Hebdo
Tout près, c'était l'effervescence autour des dessinateurs et chroniqueurs de Charlie Hebdo, nos amis que nous hébergeons chaque année avec un succès incroyable. Une belle brochette de talents avec les Charb, Cabu, Riss, Catherine, Luz, Jul, Pelloux, Honoré, Tignous, Coma, Willem, Valérie, (si j'en oublie, qu'ils me pardonnent !). Face au public, ils doivent réagir vite et trouver en quelques secondes le dessin et sa bulle qui enchanteront le dédicataire. Un exercice particulièrement difficile mais que tous maîtrisent avec maestria. Un seul bouquin à dédicacer mais pas des moindres, les "1000 Unes de Charlie Hebdo" , une somme que se s'est arrachée la foule massée devant les dessinateurs assis côte à côte derrière leur table. L'ambiance était à la franche rigolade, les échanges chaleureux, espiègles tout en en mettant plein la tronche à Sarkozy. Wolinski
Georges Wolinski, notre Président d'honneur, en vertu de son rang, trônait sous un parasol au milieu du carré d'herbe formé par la disposition en U du stand Cuba Si France, accompagné de son ami Charly Bouhana, Président de Cuba Si France. "Rien n'est trop beau pour la classe ouvrière", sa célèbre formule assortie de son dessin, s'affichait sur une grande bâche pendant que le public, curieux, captivé, se pressait autour de lui, la mine réjouie et le regard admiratif, quêtant la dédicace de l'illustre dessinateur et pamphlétaire. Lui, l'œil coquin, le sourire narquois au coin des lèvres, alignait avec une sérénité de vieux sage, d'un trait pur et sûr, les dessins malicieux et libertins qui font le bonheur de leurs destinataires. Un mojito venait de temps à autres stimuler son imagination mais surtout le rafraîchir. Il aurait pu rester encore des heures car nombreux étaient celles et ceux qui n'ont pu décrocher "le" dessin de Georges Wolinski. Ce sera peut-être pour l'année prochaine !
Parmi les auteurs venus présenter leurs ouvrages, Salim Lamrani avec son dernier livre "Etat de Siège, les sanctions économiques contre Cuba" décortique les raisons du maintien du blocus économique et des sanctions à l'encontre de Cuba par les E-U. Un livre d'ailleurs indispensable pour qui veut comprendre les conséquences criminelles d'une telle politique sur la vie quotidienne des cubains. Viktor Dedaj et Maxime Vivas ont eu du succès avec leur fascicule fort instructif "200 citations pour comprendre le monde" préfacé par Jean-Luc Mélenchon et suivi du programme du CNR toujours bon à rappeler en ces temps de régression démocratique et sociale.
De son côté, Cuba Linda, notre département voyages, dirigé et animé par Nadine, Didier et Rose Marie a enregistré de nombreuses promesses de participation aux voyages qu'ils organisent chez l'habitant à Cuba, notamment avec leur voyage phare "Sur Les Traces de la Révolution", unique en son genre. Parmi les visiteurs, un grand nombre d'anciens et récents participants à ces voyages, s'étaient comme chaque année, donné rendez-vous sous la bannière de Cuba Linda pour évoquer dans la joie des retrouvailles leurs périples inoubliables. Cette année à l'occasion de la Fête de l'Humanité, l'association a invité José Cardosa Pullu, guide de Santiago de Cuba. Logé dans notre stand, Cuba Linda avait de surcroît le privilège d'exposer la coupe Hemingway toute d'argent massif conquise de haute lutte à trois reprises (c'est un exploit) par nos amis Gérard April et Norbert Chassery et qui est sans doute le trophée le plus convoité par les pêcheurs de marlins et d'espadons puisque ce concours est tout simplement le championnat du monde de la pêche au gros. En 1960, Fidel Castro associé à Che Guevara, en furent les premiers vainqueurs.
Mais le stand de Cuba Si France ne saurait être complet sans la chaleur communicative de la musique cubaine. C'est le groupe "Fabian y Su Salsa Caliente" qui anima les trois jours de fête au stand Cuba Si France et qui enflamma par ses prestations lumineuses, sensuelles et exubérantes, un public enthousiaste et séduit jusqu'à l'épuisement, dansant aux rythmes endiablés des salsas, tumbas, congas et autres cha cha cha. Chacune de leurs apparitions fut ponctuée de chaleureux applaudissements. Bravo à Fabian, cantante et animateur hors pair, à la gracieuse Mildreys, sublime chanteuse aux accents voluptueux, à Audrey, flutiste talentueuse, bravo aussi à Tulli, dont les mains magiques frappent avec virtuosité ses tumbadoras, à Julio qui sublime ses timbales, à Abdel qui, de sa basse rauque, souligne le tempo, enfin bravo à Gilles dont les doigts agiles qui courent sur le clavier, nous offrent une ligne mélodique vigoureuse ! Manif pour les 5
Le samedi après-midi, un défilé rassemblant les associations qui luttent pour la libération des 5 cubains injustement emprisonnés aux E-U, fut organisé par la Coordination Nationale qu'anime notre camarade Jacques Milhas. Cette manifestation démarra du stand Granma, passa par France-Cuba et aboutit au stand Cuba Si France qui accueillit une délégation venue spécialement de Cuba et accompagnée de l'ambassadeur de Cuba en France M. Orlando Requeiro Gual et de son équipe, tous revêtus du T-shirt noir frappé d'un slogan en lettres de feu exigeant du Président Obama la libération sans condition des 5 héros cubains. Délégation cubaine
Ceux-ci et la délégation conduite par Noël Gonzalez Garcia, cadre politique du PCC et Edelys Santana Cruz, fonctionnaire du Département des Relations Internationales du Comité Central du PCC, furent invités par le Président de Cuba Si France Charly Bouhana à rejoindre le podium où j'eus l'honneur devant un public averti et déterminé, de prononcer quelques mots de bienvenue. En voici les termes :
Ce fut une bien belle fête qui permit d'accueillir à notre stand toutes les personnalités qui de près ou de loin s'intéressent au devenir de Cuba, une nation qui mérite toute notre attention et notre amitié et qui réclame de notre part un engagement sans faille à leurs côtés tant elle est persécutée. C'est pourquoi, nous, militants de la cause cubaine, nous engageons à continuer et amplifier le combat pour un pays libre de ses choix, pour un Cuba indépendant et souverain, pour un peuple qui n'a qu'une exigence : qu'on lui fiche la Paix ! Michel Taupin Fête du soleil à Aubagne C'est l'ALBA (Alliance Bolivarienne pour les peuples de notre Amérique) qui a été mise à l'honneur pour cette 7ème Fête du Soleil à Aubagne. Cuba et le Vénézuela en sont les initiateurs. C'est pourquoi Cuba Si France et Cuba Linda étaient présentes en force, avec un stand remarqué où l'on pouvait trouver tout l'artisanat cubain, un bar auprès duquel on pouvait consommer les fameux mojitos et autres cocktails cubains, une exposition des oeuvres photographiques de Allard et Auzou et notre spécialiste du voyage à Cuba et des séjours chez l'habitant Cuba Linda. Etaient aussi de la partie, nos amis musiciens du groupe "Fabian y su salsa caliente" qui ont mis le feu à l'Esplanade Charles De Gaulle ! L'accueil qui nous a été réservé, fut des plus chaleureux. Aubagne avait bien fait les choses. Le soleil, la chaleur n'ont pas manqué. Ces trois jours furent une totale réussite. La population a manifesté un grand intérêt pour ces pays d'Amérique Latine en pleine émancipation. La délégation des Ambassadeurs de Cuba, du Vénézuela, de l'Equateur et de la Bolivie accompagnée du Maire Daniel Fontaine et menée par Eric Svoboda s'attarda longuement sur notre stand. Ce fut l'occasion pour nous d'échanger avec eux nos impressions et nos espérances à propos de l'ALBA. Un moment fort qui fut souligné par une magnifique prestation de Fabian y su salsa caliente et de leur superbe chanteuse cubaine Mildreys. Aubagne a été pendant cette belle Fête du Soleil, le coeur de l'ALBA ! Merci à la Communauté d'agglomération du pays d'Aubagne et de l'Etoile et à sa Présidente Mme Magali Giovannangeli,
Cuba Si France : Comment envisagez-vous le devenir de l’ALBA ? S.E. M. Orlando Requeiro Gual (Cuba) : Au départ, en 2004, il s'est agi d'un accord bilatéral entre deux pays : Cuba et le Vénézuela, puis il est devenu multilatéral avec huit pays qui ont leurs caractéristiques propres. Ce groupe de pays d’Amérique latine et des Caraibes
Les USA d'OBAMA ABRITENT LE TERRORISMELa valise diplomatique du Monde diplomatique L’anticastriste Luis Posada Carriles acquitté aux Etats-UnisLe 8 avril, le tribunal fédéral d’El Paso (Texas) a déclaré innocent des onze charges pesant sur lui – parjure, fraude, obstruction à la justice, infractions aux lois américaines sur l’immigration, etc. – l’anticastriste cubano-vénézuélien Luis Posada Carriles (83 ans). Il était accusé d’avoir menti aux fonctionnaires américains lors de la demande d’asile politique qu’il présenta après son entrée illégale sur le territoire des Etats-Unis, en 2005. Détenu par les agents de la police d’immigration, à Miami, le 17 mai de cette même année, il avait été libéré sous caution (350 000 dollars), le 19 avril 2007, en attendant son jugement. 13/04/11
Congrès du PC cubain Révolution, siècle XXI Le congrès du parti communiste cubain se tient du 16 au 19 avril à La Havane. Une Ile dite « Grande » où vivent seulement près de 12 millions d’habitants, une révolution datant d’un peu plus de 50 ans, un embargo économique décrété par les Etats-Unis depuis un demi-siècle, des dirigeants historiques toujours populaires mais vieillissants, un pays du Tiers monde fournissant ce qu’il y a de mieux en matière de santé et d’éducation, bref un cas unique réfléchissant à son avenir prenant en compte les réalités du monde en ce début du XXI e siècle. Deux questions seront placées au centre des débats des communistes cubains : l’orientation de l’économie jusqu’en 2015 et le renouvellement des cadres à tous les niveaux. L’économie ? Pas facile à ficeler lorsque pèse encore l’embargo. Mais alors que conseillers en tous ordres, économistes cubain dits « modernes » ou « conservateurs » viennent de confronter leurs positions au cours de 55.000 débats ouverts dans l’ensemble du pays, c’est une « voie cubaine socialiste » qui semble obtenir l’assentiment de la majorité. Les « voies » chinoises ou vietnamiennes, c'est-à-dire l’ouverture au tout capitalisme ont été rejetées par les communistes cubains qui veulent une économie « plus efficace » mêlant l’économie privée à celle de l’Etat : plus de souplesse, plus de rentabilité, plus de formation et de responsabilité, « un socialismo a la cubana ». A voir dans le détail. La question des dirigeants ne peut être écartée. La plupart des premiers responsables ont l’âge de la révolution plus vingt ans, au moins. Le temps est venu de procéder aux changements à tous les niveaux du parti et de l’Etat. La nouvelle génération est prête. Elle affiche la mixité des sexes et de la couleur de peau, une éducation et une formation de haut niveau et une volonté d’adaptation à la modernité sans renier les acquis révolutionnaires. On comprend la prudence des vieux dirigeants : passer la main n’est pas chose simple. Mais s’ils n’organisent pas et vite leur succession, la vie tout simplement tranchera pour eux. José Fort 50ème Anniversaire de la tentative d'Invasion par les USA - Débarquement à la Baie des Cochons.
Il y a cinquante ans, le 17 avril 1961,
Fidel Castro, un géant du XX ème siècle Article écrit il y a quelques temps mais toujours d'actualité. Fidel Castro, aujourd’hui malade et devenu chroniqueur de luxe du journal « Granma », est un personnage d’exception. Rarement une personnalité aura provoqué autant de réactions aussi passionnées. Certains l’ont adoré avant de le brûler sur la place publique, d’autres ont d’abord pris leurs distances avant de se rapprocher de cet homme qui à Cuba et dans le monde entier on appelle « Fidel » ou « Comandante ». Surtout pas « leader maximo », une invention ânonnée comme une vérité. José Fort
Le 4 mars 1960, le bateau français La Coubre explosait dans le port de La Havane... Le dossier français sur l’attentat du cargo La Coubre ne pourra être consulté avant… 150 ans.Jean-Guy ALLARD
Le dossier complet contenant les résultats de l’enquête menée par l’armateur français CGT sur le sabotage du bateau La Coubre, le 4 mars 1960, dans le port de La Havane – attribué à la CIA –, est conservé dans le coffre-fort d’une fondation maritime française, et son délai de communicabilité a été fixé à 150 ans par les services des affaires juridiques des derniers propriétaires du navire.
LES RAISONS DE CUBA Avant ces révélations, cet homme était considéré comme le porte-parole des « Dames en blanc » et l’un des « journalistes indépendants » les plus actifs dans les médias anticubains. Son témoignage met à nu la politique subversive des Etats-Unis vis-à-vis de Cuba et implique Reporters sans Frontières et tous les médias relais.
BRIGADES
Brigade d'été 2012 Programme de la prochaine brigade contactez CUBA LINDA 05-53-08-96-66. L'association Cuba Linda peut vous aider avec les démarches d'inscriptions auprès de l'ICAP ainsi que l'achat de vos billets d'avions.
Union Européenne
Cuba et la Position commune de l’Union européenne Salim Lamrani
Le 25 octobre 2010, l’Union européenne a décidé de maintenir la Position commune sur Cuba, imposée en 1996 par l’ancien Premier ministre espagnol José María Aznar, qui limite fortement les relations politiques et diplomatiques entre Bruxelles et La Havane. En échange de la suspension du Titre III – qui affectait les entreprises européennes – de la loi Helms-Burton adoptée la même année, législation au caractère extraterritorial qui accroit les sanctions économiques contre l’île des Caraïbes, Bruxelles avait accepté de s’aligner sur la politique étrangère étasunienne vis-à-vis de Cuba1.
Trinidad Jiménez, ministre espagnole des Affaires étrangères, avait plaidé en faveur d’un changement : « Il est temps de forger un nouveau dialogue, une nouvelle relation entre l’UE et Cuba2 ». Mais la proposition de l’Espagne de mettre un terme à la Position commune, qu’elle juge discriminatoire, inefficace et illégitime, n’a pas été acceptée par l’ensemble des nations, l’unanimité étant nécessaire pour son abrogation. L’Espagne, l’Italie, la France et l’Irlande, entre autres, étaient favorables à son élimination alors que d’autres tels que la Suède, la Grande Bretagne, l’Allemagne, la Pologne, la Hongrie et la République tchèque prônaient son maintien3. L’Europe des 27 s’est contentée de demander à sa haute représentante pour les Affaires étrangères et de sécurité commune, Catherine Ashton, d’étudier les possibilités de négocier un accord bilatéral avec les autorités cubaines4.
En effet, la Position commune, qui se justifie officiellement en raison de la situation des droits de l’homme à Cuba, est discriminatoire dans la mesure où le seul pays du continent américain, du Canada à l’Argentine, à être stigmatisé de la sorte par l’Union européenne est Cuba, alors que selon les rapports d’Amnistie Internationale, l’île des Caraïbes est loin d’être le plus mauvais élève de l’hémisphère en termes de violation des droits fondamentaux. Elle est inefficace car elle n’a eu aucune influence sur les décisions prises par les autorités de La Havane et a conduit à un gel des relations bilatérales. Elle est enfin illégitime puisque de nombreux pays de l’Europe des 27 – en particulier ceux qui se sont opposés à la normalisation tels que la Pologne, la République tchèque, la Hongrie et le Royaume-Uni – présentent, selon Amnistie Internationale, une situation des droits de l’homme plus désastreuse que celle de Cuba5.
Bruno Rodríguez, ministre cubain des Affaires étrangères, a souligné lors de la réunion annuelle de l’Assemblée générale des Nations unies que son gouvernement ne reconnaissait à l’Union européenne « aucune autorité morale ni politique pour critiquer [Cuba] au sujet des droits de l’homme », rappelant que le Vieux Continent était la scène de déportations de minorités, de répression des manifestations, de législations anti-immigrés et en proie à une croissante exclusion sociale. Il a également averti qu’aucune normalisation des relations n’était possible tant que la Position commune resterait en vigeur6.
La rhétorique des droits de l’homme de l’Union européenne souffre d’un manque de crédibilité, en raison du caractère sélectif de la politique de Bruxelles. En effet, elle s’apparente à un prétexte dans la mesure où des pays responsables de violations massives des droits de l’homme – assassinats d’opposants, de militants sociaux et de syndicalistes, actes de torture et de barbarie, découverte de fosses communes – tels que la Colombie ou le Honduras sont loin d’être des priorités pour l’Europe.
En effet, depuis le coup d’Etat au Honduras et l’instauration de la dictature militaire le 27 juin 2009 dirigée dans un premier temps par Roberto Micheletti et ensuite par Porfirio Lobo depuis le 28 janvier 2010, près de cinq cents assassinats, autant de cas de disparition et d’innombrables actes de torture et de violence, commis par les forces de l’ordre, ont été rapportés7.
En décembre 2009, à La Macarena en Colombie, le plus grand charnier de l’histoire de l’Amérique latine a été découvert. Pas moins de 2 000 corps étaient enterrés dans une fosse commune et selon les témoignages recueillis par des eurodéputés britanniques présents sur place, il s’agirait de syndicalistes et leaders paysans assassinés par les paramilitaires et les forces spéciales de l’armée colombienne. Le juriste Jairo Ramírez, secrétaire du Comité permanent pour la défense des droits de l’homme en Colombie, a décrit la scène effroyable : « Ce que nous avons vu donnait froid dans le dos. Une infinité de corps, et à la surface des centaines de plaques de bois de couleurs blanche avec l’inscription NN et des dates qui vont de 2005 à aujourd’hui. Le commandant de l’armée nous a dit qu’il s’agissait de guérilleros morts au combat, mais les gens de la région nous parle d’une multitude de leaders sociaux, paysans et défenseurs communautaires qui ont disparu sans laisser de trace ». Malgré les multiples témoignages et la présence de parlementaires européens, malgré le départ d’une délégation parlementaire espagnole sur place pour effectuer une enquête, l’Union européenne n’a pas jugé utile d’imposer une Position commune à la Colombie8.
Le véritable objectif de l’UE vis-à-vis de La Havane a clairement été défini par Javier Solana, le prédécesseur de Catherine Ashton, lors d’une réunion avec les ministres des Affaires étrangères européens. Cuba « doit effectuer certaines réformes économiques beaucoup plus claires et plus rapides ». Bruxelles conditionne ainsi la levée de la Position commune, non pas à une éventuelle amélioration des droits de l’homme – préoccupation accessoire – mais à un changement de la structure économique du pays, à savoir une libéralisation du marché interne9.
L’Europe des 27 a de nouveau perdu une occasion de normaliser ses relations avec La Havane et de démontrer que sa politique étrangère n’était pas tributaire de celle de la Maison-Blanche. En abrogeant la Position commune et en adoptant une posture rationnelle, constructive et indépendante, comme le prône l’Espagne, l’UE aurait effectué un pas dans la bonne direction. Mais Bruxelles n’a, semble-t-il, pas encore saisi l’idiosyncrasie cubaine. En effet, le gouvernement de l’île est ouvert à tout – sauf à la négociation de la souveraineté et de l’identité nationales – dès lors que les relations se basent sur le dialogue, le respect et la réciprocité – comme l’a démontré l’accord avec l’Eglise catholique et l’Espagne qui a débouché sur la libération de tous les prisonniers dits « politiques ». En revanche il se montre résolument inflexible – il n’y a qu’à voir l’état des relations entre Washington et La Havane depuis un demi-siècle – dès lors que le langage de la force, de la menace ou de la contrainte prend le pas sur la diplomatie conventionnelle. Notes 1 Juan O. Tamayo, « Unión Europea mantiene Posición Común », El Nuevo Herald, 25 octobre 2010. 2 Agence France Presse, « L'Europe envisage d'assouplir sa position vis-à-vis de Cuba », 25 octobre 2010. 3 EFE, « Afirman que la UE mantendrá posición común », 25 octobre 2010 ; Agence France Presse, « UE prevé mantener Posición Común con Cuba pero estudia un gesto de apertura », 20 octobre 2010 ; Agence France Presse, « Cuba : la position de l’EU plus souple ? », 22 octobre 2010. 4 EFE, « España dice que ‘ha quedado superada’ la ‘posición común’ de la UE sobre Cuba », 25 octobre 2010. 5 Salim Lamrani, Double Morale. Cuba, l’Union européenne et les droits de l’homme. Paris, Editions Estrella, 2008. 6 Cubadebate, « Unión Europea no tiene autoridad moral para criticar a Cuba, afirma Canciller », 26 octobre 2010. 7 Maurice Lemoine, «Selon que vous serez Cubain ou Colombien…», Le Monde Diplomatique, 26 février 2010. 8 Antonio Albiñana, «Aparece en Colombia una fosa común con 2.000 cadáveres», Público.es, 26 janvier 2010. 9 Agence France Presse, « Solana pide a la isla reformas más contundentes », 25 octobre 2010. Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris Sorbonne-Paris IV, Salim Lamrani est enseignant chargé de cours à l’Université Paris Sorbonne-Paris IV, et l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée, et journaliste français, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis. Son nouvel ouvrage s’intitule Cuba. Ce que les médias ne vous diront jamais (Paris : Editions Estrella, 2009). Contact : lamranisalim@yahoo.fr
UNITED STATE OF AMERICA Les Etats-Unis : le plus grand violeur Comme chaque année les Etats-Unis ont rendu public leur rapport controversé et manipulé sur les droits de l’homme dans le monde. Il ne pouvait pas manquer l’inclusion de Cuba, qui est périodiquement attaquée par les ennemis de la Révolution, qui, dans leur obsession maladive de la faire plier, l’accusent de violer les prérogatives des citoyens. Il est réellement risible que Washington s’érige en juge mondial et attaque de nombreux pays alors que, chaque jour, la nation du Nord contrevient aux plus élémentaires droits de l’homme dans le monde entier. Le blocus économique, commercial et financier qui, depuis presque un demi-siècle est maintenu contre Cuba, en est un exemple que personne ne peut ignorer. Par cette politique génocide les différents gouvernements nord-américains ont tenté d’obtenir que le peuple cubain se rende par la faim et la maladie. Bien que, chaque année, depuis 1992, la presque totalité des Etats condamnent à l'Assemblée Générale de la ONU cette mesure unilatérale et injustifiable, la Maison Blanche ignore le sentiment de la communauté internationale et persiste dans ses actions agressives. Les attaques et plus tard l'occupation de l'Irak et de l'Afghanistan sont une autre démonstration de ce que l’on peu attendre des Etats-Unis en matière de respect des droits de l'homme. Des centaines de milliers de civils sont morts en Irak depuis qu'il a été envahi, en 2003, par les troupes étasuniennes et alliées. Washington n’a apporté que violence et mort sur le territoire irakien. Les images, qui ont parcouru le monde, sur les tortures que les militaires étasuniens ont infligé aux prisonniers dans la prison d'Abu Grhaib et dans celle de Guantanamo, territoire dans l'est de Cuba occupé illégalement par les Etats- Unis, ont été scandaleuses et lamentables. Ce n'est un secret pour personne que le rapport de Washington a une nature politique, car les Etats-unis attaquent simplement tout pays avec lequel, ils ont des désaccords. Ce n'est donc pas surprenant non plus l'inclusion sur cette liste du Venezuela, nation à laquelle ils ne pardonnent pas la révolution bolivarienne qui y est menée à bien. Les Etats-Unis sont les plus grands violeurs des droits de l'homme dans le monde. Les bombardements atomiques des villes japonaises d'Hiroshima et Nagasaki, les atrocités commises au Vietnam et maintenant en Irak et en Afghanistan, leur appui aux dictatures militaires en Amérique Latine et leur implication dans les coups d'état dans la région le confirment. Washington a toujours essayé de légitimer ses agressions et violations dans le monde entier derrière le drapeau trompeur de la défense de la liberté, de la paix et de la démocratie. Mais la puissance hégémonique, ne trompe plus personne. Nombreux sont ceux qui sont conscients qu'un pays qui n’hésite pas à provoquer des guerres, à porter la mort et la violence à n’importe quel coin de la planète pour défendre ses intérêts économiques et politiques, n'a pas de morale pour s’ériger en juge mondial en matière de respect des droits de l’homme. ( rhc-ain-prensa latina - 19/03/10) OBAMA inclut Cuba C'est avec stupeur et colère que nous apprenons que les USA ont inclus Cuba sur la liste noire des 14 pays à "Risque Terroriste".
La honte du
gouvernement Dans les prisons du monde,un détenu sur quatre se trouve aux Etats-Unis. La composition de la population pénale est extrêmement raciste: un adulte noir sur quinze est en prison, un sur neuf dans la tranche d’âge 20-34 ans, et un sur 36 est hispano. Les deux tiers des condamnés à perpétuité sont noirs ou hispanos et, dans l’Etat de New York, 16,3% seulement des détenus sont blancs. Environ sept mille personnes meurent chaque année dans les prisons étasuniennes, par assassinat ou suicide. Les gardiens des prisons portent normalement des pistolets Taser. Selon un rapport, 230 citoyens des Etats-Unis sont morts de balles tirées par ces armes en 2001. Ce même rapport cite le cas d’une prison du comté de Garfield, dans le Colorado, où les gardiens utilisent régulièrement ces pistolets ainsi que des pulvérisateurs de poivre contre les prisonniers, et les attachent parfois à des chaises dans des positions douloureuses pendant des heures. On a appris récemment que 72 personnes ont perdu la vie dans des centres de détention pour émigrés au cours des cinq dernières années. D’après un autre rapport émanant du département de la Justice des Etats-Unis et datant du deuxième mandat présidentiel de Bush, il y avait dans les prisons fédérales et étatiques 22 480 porteurs du VIH ou cas confirmés de SIDA, dont 27 sont décédés dans les prisons fédérales. Le Los Angeles Times informe dans un article du 20 septembre 2007 de 426 décès résultant d’un traitement tardif, dont 18 ont été tenus pour «évitables» et 48 comme «éventuellement évitables». Un diabétique de 41 ans, Rodolfo Ramos, a été retrouvé mort et couvert de ses déjections dans sa cellule où il avait été laissé seul pendant une semaine. Le personnel de la prison était informé de son état de santé et ne lui avait permis de recevoir aucun traitement. Dans au moins quarante Etats de l’Union, de jeunes délinquants âgés de 14 à 18 ans sont traduits devant des tribunaux pour adultes. C’est actuellement le cas de 200 000 d’entre eux, bien qu’il soit démontré que cette procédure est inadéquate. Treize centres de détention de mineurs des Etats-Unis enregistrent un taux élevé d’abus sexuels. Un jeune détenu sur trois dit avoir été agressé. Les prisons comptent environ 283 000 malades mentaux, quatre fois plus que les hôpitaux psychiatriques. Dans les prisons d’Etat ou fédérales, 4,5% des prisonniers ont subi une ou plusieurs agressions sexuelles; dans 2,9% des cas, l’agresseur faisait partie du personnel pénitentiaire et, pour 0,5% d’entre eux, les agresseurs ont été des membres du personnel et des prisonniers. Dans les prisons étasuniennes, la brutalité ou la torture sont endémiques. Un film britannique intitulé Torture: America’s Brutal Prisons, sorti récemment, montre des scènes filmées par des caméras de surveillance où l’on voit des gardiens frapper des détenus, parfois jusqu’à ce que mort s’ensuive, utiliser contre eux leurs pistolets ou des électrodes, des chiens d’attaque, des agents chimiques et des dispositifs dangereux d’immobilisation. Bon nombre de prisonniers sont soumis à des périodes prolongées d’isolement, ce qui a des effets pervers sur leur santé psychique et les conduit parfois à la démence ou au suicide. Le gouvernement US ne fournit pas de données chiffrées sur ces cas, mais on sait que la plupart des prisonniers soumis à cette véritable torture mentale l’ont été pour une durée supérieure à cinq ans.
L'embargo
Le blocus économique, commercial et financier appliqué à Cuba par les États-Unis d’Amérique depuis maintenant cinquante ans est le summum d’une politique cruelle et inhumaine, privée de légalité et de légitimité, sciemment conçue pour provoquer dans la population cubaine la faim, la maladie et le désespoir. Rien n’a changé sous dix administrations étasuniennes successives, si ce n’est la recrudescence de cette politique. Rien d’essentiel n’a changé non plus depuis l’entrée à la Maison-Blanche en janvier 2009 d’une nouvelle administration.
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Lieux
de Rassemblements pour les SUPRÊME INJUSTICE POUR LES
Antonio
Guerrero (Miami, 1958), Ingénieur en construction d’aérodromes,
poète, deux fils. RASSEMBLEMENT à PARIS 27 Janvier 2012 devant l'Opéra Bastille 18h00
RASSEMBLEMENT à ARRAS Chaque 1er Vendredi du Mois devant le BEFFROI d'ARRAS DE 18H00 A 19H00
COMMUNIQUE DE CUBA SI FRANCE
7 octobre 2011 René Gonzalez
Nous sommes heureux mais inquiets pour sa vie.
René Gonzalez en danger de mort
L’Ambassade de Cuba en France concède tous les droits et vous invite à distribuer et à diffuser cette information. Si vous avez besoin d’être informés en permanence sur la réalité politique, économique et sociale de Cuba, contactez le service de presse de l’Ambassade: prensa@ambacuba.fr. Bibliothèque
« CINQ CUBAINS A MIAMI »
Prix : 24€ (+7€ frais de port)
Salim Lamrani
Nouveau Livre de Salim Lamrani Etat de Siège « Les sanctions économiques contre Cuba constituent le principal obstacle au développement du pays » CUBA Prologue de Nelson Mendela Chers amies et amis, Le 1er septembre 2009 sort mon ouvrage intitulé Cuba. Ce que les médias ne vous diront jamais aux Editions Estrella. Il s’agit d’un livre de 300 pages. Les principales problématiques de la réalité cubaine y sont analysées pour illustrer le gouffre qui sépare la réalité d’un pays complexe de l’image véhiculée par les médias occidentaux. Cet ouvrage contient également un extraordinaire prologue de Nelson Mandela qui m’a fait l’immense honneur d’associer sa plume à mon travail. Vous n’êtes pas sans savoir que les médias censurent toute pensée alternative au sujet de la problématique cubaine. Cet ouvrage n’y échappera probablement pas d’autant plus qu’il pointe du doigt les graves manquements de notre presse à son devoir d’information, ainsi que ses violations réitérées de l’éthique journalistique. C’est la raison pour laquelle je fais appel à vous pour participer activement à la diffusion de ce livre et faire circuler cette information à tous les amis de Cuba ainsi qu’à celles et ceux qui s’intéressent à ce pays, et souhaitent sortir de la pensée unique. Salim
Maxime Vivas Existe-t-il des liens entre Cuba et : Stéphane Mallarmé, Jo Dassin, Sarah Bernhardt, Gustave Flaubert, Rouget de Lisle, Robert Desnos, Hector Berlioz, Henri Barbusse, Paul Lafargue, José-Maria de Hérédia, Honoré de Balzac, Charles Baudelaire, Alphonse de Lamartine, Alfred de Musset, Théophile Gautier, Alfred de Vigny ? Pourquoi Victor Hugo est-il idolâtré
à Cuba depuis le 19 ème siècle ? Qu'a-t-il fait contre
le colonisateur espagnol ? Qui a construit la ville de Cienfuegos ? Qui a tracé la première ligne de chemin de fer de l’île ? Que devons-nous à José Marti ? Ce livre répond à ces questions et apporte bien d’autres informations et anecdotes, parfois amusantes, souvent méconnues, sur les liens de coopération et d’amitié qui unissent la France et Cuba depuis deux siècles. L’auteur : Il intervient avec la Maison
des Ecrivains, donne des conférences dans des Universités
et anime une émission culturelle sur Radio Mon Païs à
Toulouse. Ignacio Ramonet FIDEL CASTRO
Résultat de plusieurs semaines d'intenses conversations entre Ignacio Ramonet et Fidel Castro, cette "Biographie à Deux Voix" donne les clés de la révolution cubaine à travers le parcours personnel et politiaue du dernier "Monstre Sacré" del la politique internationale.
Prix : 28€ (+7€ frais de port)
Double Morale. En décembre 1996, l’Union européenne s’alignait sur la position d’ingérence étasunienne et exigeait de Cuba «des progrès tangibles sur la voie d’une transition pacifique vers le pluralisme démocratique, le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales». C’est ainsi qu’est née la position commune européenne vis-à-vis de La Havane, qui est devenue le pilier de la politique étrangère de l’Union européenne à l’égard de Cuba. Pourquoi Bruxelles se range-t-elle de façon si dévote sur la position étasunienne ? Il est en effet difficile de concevoir qu’une puissance aussi importante que l’Europe des 25 s’aligne de manière docile et disciplinée sur la politique étrangère de Washington vis-à-vis du petit archipel des Caraïbes. Prix : 10€ (+4€ frais de port)
Danielle Bleitrach Cuba, Fidel
et le Che Prix : 25€ (+5€ frais de port) L’idée donc du livre est née d’un discours que Fidel avait prononcé à l’Université de la havane en novembre 2005, j’ai rarement vu quelque chose d’aussi critique. Il s’était déchaîné contre tout ce qui n’allait pas à Cuba, contre les bureaucrates, ceux qu’il appelait “les petits empereurs”… La
face cachée de Amis et connaissances, Des années de travail et d’investigations (menées ici et sur le continent américain) portant sur 5 ans de fonctionnement de RSF (2002 à novembre 2007) et le livre est là. Le 6 avril 2006, parce que j’avais, au détour d’une phrase, évoqué ses sources de financements US, RSF m’avait menacé dans le journal Métro : " Reporters sans frontières se réserve le droit de poursuivre Maxime Vivas en justice" Au nom de la liberté d’expression ? m’étonné-je. Quoi qu’il en soit, j’offre aujourd’hui au libre débat ces 272 pages (36 chapitres et 6 annexes) de preuves sur la vraie nature de cette drôle d’ONG... Maxime Vivas. Préface de Thierry Deronne. Les livres présentés ci-dessus sont disponibles auprès de Cuba Si France Compte rendu de “Double Morale. Cuba, l’Unioneuropéenne et les droits de l’homme », de Salim Lamrani, Editions Estrella, Paris, 2008.
Santiago Alba Rico Ce qu’on ne pardonne pas à la Cuba révolutionnaire depuis le début, ce qu’on lui reproche est d’avoir dû se défendre sans répit. Depuis 1959, en effet, Cuba a dû se défendre d’invasions, de blocus, d’attentats terroristes et d’ingérences déstabilisatrices ; et elle a également dû se défendre contre une propagande farouche, aussi agressive qu’insistante, dont la puissance illumine sans l’ombre d’un doute la grande ignominie de la petite île. Un pays utant attaqué doit forcément être mauvais ; un pays tant défendu ne peut être qu’indéfendable. On ne peut même plus savoir pourquoi on attaque et pourquoi on défend un pays aussi attaqué et défendu.
FAITS HISTORIQUES
1959 - 2012 53ème Année
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Si France 94, boulevard Auguste Blanqui - 75013 PARIS Tel. 01 43 36 37 50 |
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Interview des Ambassadeurs Etaient présents : Propos recueillis par : Interview
Cuba Si France : Comment envisagez-vous le devenir de l’ALBA ? S.E. M. Orlando Requeiro Gual (Cuba) : Au départ, en 2004, il s'est agi d'un accord bilatéral entre deux pays : Cuba et le Vénézuela, puis il est devenu multilatéral avec huit pays qui ont leurs caractéristiques propres. Ce groupe de pays d’Amérique latine et des Caraibes a décidé de se rassembler pour un développement avec pour objectif le bien être de la population, y compris de ceux qui vivent dans les conditions le plus difficiles. Tous les projets de l’ALBA ont pour but d’améliorer les conditions de vie des citoyens non seulement des états membres mais aussi d'autres pays car l'objectif est d’inclure et surtout de ne pas exclure. L’accord est toujours en train de grandir, sans but lucratif, mais avec un principe de fonctionnement participatif, de coopération. L’ALBA va devenir un groupe très important en Amérique latine et dans les Caraïbes. Beaucoup d’autres pays en effet, souhaitent bénéficier des solutions proposées par l’ALBA. Dans l’ALBA, il n’y a pas la volonté d’un pays d’imposer ses vues aux autres participants. On a décidé d'agir en complémentarité. Aujourd’hui, nous pouvons non seulement parler de projets communs mais de réalisations communes. Ce n’est pourtant pas simple, c’est même difficile, mais possible grâce à l’appui des peuples, de la population, car la démocratie, telle qu’elle a été définie à l’origine, c'est le pouvoir du peuple, pas celui des élites et la participation active de la population. S. E. M. Jesùs Arnaldo PEREZ (Venezuela) : J’adhère à ce que vient de dire Orlando sur l’ALBA. A la question que va devenir l’ALBA ? Je suis optimiste, même si nous rencontrons quelques difficultés pour travailler avec d’autres pays, car le temps politique n’est pas encore arrivé aujourd’hui. L’ALBA va pourtant se renforcer, même si aujourd’hui toute l’Amérique latine et les Caraïbes ne sont pas encore prêtes mais l’alliance a les moyens d’accepter d’autres pays qui sont à sa périphérie. On n’a pas besoin de concerner toute l’Amérique latine. La preuve que l’on ne se trompe pas, c’est que les décisions et les actions sont populaires et les gouvernements reconduits à chaque élection. Aujourd’hui l’ALBA c’est une opportunité, une puissance économique importante. Les échanges pour satisfaire les besoins des habitants commencent à se faire sentir. Cuba Si France : vous sentez-vous assez forts et capables de réussir ? S.E. M. Jesùs Arnaldo PEREZ (Venezuela) : l’ALBA est forte, il nous faut un peu de temps, mais je suis optimiste, nos gouvernements sont là pour durer. Mme Magali Giovannangeli (Présidente Agglomération) : C’est Cuba et l’ALBA qui ont permis au monde de comprendre que l’on peut dire non aux USA, non à la charité et oui à la solidarité. M. Tupac Soriano Perez (Bolivie): Ce processus n’est possible que parce que les pays sont indépendants et souverains. C’est aussi la reconnaissance des différents états. Par exemple, la Bolivie, c’est 36 cultures différentes entres les langues et les religions. Ce qui est intéressant dans l’ALBA, ce sont les complémentarités. Riches de nos diversités, grâce au respect et aux objectifs communs, c’est-à-dire les besoins du peuple, avec notre approche originale du pouvoir et le conseil des mouvements sociaux, nous allons réaliser une communauté qui, face au capitalisme, sera capable de se développer sans exploiter les autres. La participation populaire est particulièrement vitale. S.E. M. Jesùs Arnaldo PEREZ (Venezuela) : Nous sommes sincères, et nous n’avons pas de préjugés. Il n’y a pas d’autre alternative, même si les tentatives de la briser sont fortes, l’ALBA se développe sur les cendres de l’ALCA (*) et il nous faut un peu de temps pour l'imposer et la consolider. (*) ALCA Zone de Libre-échange (Amérique Latine et Caraïbes) initiée par les E-U
Cuba Si France : La fête du Soleil à Aubagne, c’est quoi pour vous ?
S.E. M. Orlando Requeiro Gual (Cuba) : C’est la 7ième édition de la Fête du Soleil à Aubagne. Elle a lieu tous les 2 ans. Cette année, on nous a proposé de présenter l’ALBA. En France, on ne connaît pas l’ALBA, on la présente toujours de telle façon que l’on ne puisse pas comprendre. Nous utilisons toutes les occasions pour présenter notre travail, nos expériences et rapprocher les gens. A Aubagne, nous avons échangé pendant près de 2 heures avec la population, les élus et les associations. Le dialogue a été très productif, avec un public attentif, curieux, d'origines très diverses (français, latino-américain, portugais etc…), tout cela dans un espace d’expression très libre. Depuis une semaine, avec l’appui des organisateurs, mais aussi des associations de soutien à Cuba, comme Cuba si France et Cuba Linda, de la Bolivie, et d'autres encore, Aubagne est le cœur de l'Alba en train de battre. C’est la première fois en France que nos 4 pays (Bolivie, Cuba, Equateur et Venezuela) présentent ensemble l’ALBA, dans un endroit ou il y a à la fois, un grand respect et des alternatives intéressantes. Nous remercions Eric Svoboda de nous avoir permis de le faire. Pour nous, il était très important d’être présents à Aubagne qui vient de lancer la gratuité des transports dans l’agglomération. C’est une idée que nous partageons, mais qu’actuellement nous ne pouvons satisfaire, car nos priorités sont l’école et la santé, mais c'est sûr, nous reprendrons cette idée. Il n'est évidemment pas question d’imposer un modèle, on vient juste raconter ce qui est réalisé, ainsi peut-on apprendre ensemble à éviter les erreurs, les faux pas. Nous allons répandre la semence de l’ALBA. S.E. M. Jesùs Arnaldo PEREZ (Venezuela) : J'attendais d’être dans la région de Marseille pour exprimer l’Alternative Bolivarienne. Nous voulions un endroit pour présenter une alternative au colloque de Biarritz organisé par la droite, car je crois beaucoup à la force de la France qui s’est battue pour la gratuité de l’école, pour une énergie indépendante, pour le rôle des entreprises publiques. A Aubagne, les conditions sont réunies. La fête du soleil, c’est aussi l’ALBA , l’AUBE. Cuba Si France : Merci Madame, merci Messieurs. Avec l'Aube, le jour se lève...
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Former CIA agent and Luis Posada Carriles, from Cuba, is accused of making false statement s during immigration hearings is expected face officials from Cuba who have agreed to testify against him. The three officials, a state medical examiner and two police officers, will start appearing in the hearings on Tuesday. Although the witnesses have already been named, no name will be published until the officials take the stand. The officials’ act has been said to be an example of cooperation between two governments frozen by strained connections. The 82-year old Luis Posada Carriles has been said to have spent years of violence to dismantle the communist political systems around Latin America before moving to the American soil in 2005, seeking U.S. citizenship. Today, he faces charges for making false statements on how he reached the U.S. grounds during immigration interviews in El Paso, leaving out a few details which include being the mastermind of a series of bombings in Havana in 1997. The said incident killed an Italian tourist, Fabio di Celmo, in the bar at the Copacabana Hotel. Admitting responsibility for the Havana Hotel blast in a 1998 interview with The New York Times, stressing that the bombing was only supposed to hurt Cuban tourism and not kill anyone, Posada faces 11 counts of perjury, obstruction of justice and immigration fraud. article puisé sur www.thesucky.com
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mardi 12 avril 2011 La justice américaine une nouvelle fois déshonorée L’anticastriste Luis Posada Carriles acquitté aux Etats-Unis Le 8 avril, le tribunal fédéral d’El Paso (Texas) a déclaré innocent des onze charges pesant sur lui – parjure, fraude, obstruction à la justice, infractions aux lois américaines sur l’immigration, etc. – l’anticastriste cubano-vénézuélien Luis Posada Carriles (83 ans). Il était accusé d’avoir menti aux fonctionnaires américains lors de la demande d’asile politique qu’il présenta après son entrée illégale sur le territoire des Etats-Unis, en 2005. Détenu par les agents de la police d’immigration, à Miami, le 17 mai de cette même année, il avait été libéré sous caution (350 000 dollars), le 19 avril 2007, en attendant son jugement. En soi, les chefs d’accusation pouvaient de prime abord prêter à sourire (si tant est qu’on puisse sourire de tout). M. Posada Carriles n’a en effet rien à voir avec un pauvre « sans papiers » ayant menti aux services d’immigration, et devrait se trouver au banc des accusés pour de bien plus sérieuses raisons. Cubain d’origine, agent de la Central Intelligence Agency (CIA), M. Posada Carriles, après avoir participé à la tentative d’invasion militaire de Cuba, dans la Baie des Cochons (avril 1961), fût arrêté et emprisonné au Venezuela, en 1976, en tant qu’auteur intellectuel de l’attentat contre un DC-8 de la Cubana de Aviación qui fit soixante-treize victimes, à La Barbade ; c’est à Caracas qu’il avait organisé l’opération. S’évadant en 1985, grâce à la complicité de la CIA et de ses complices anticastristes de Miami, il coordonna, depuis la base militaire d’Ilopango (El Salvador) l’aide de Washington aux contre-révolutionnaires nicaraguayens, finançant cette opération clandestine par le narcotrafic, en lien avec le cartel de Medellin (Colombie). C’est toujours depuis l’Amérique centrale qu’il recruta, forma et finança les auteurs de la vague d’attentats qui, dans les hôtels et les sites touristiques de La Havane (Cuba), entre avril et septembre 1997, fit un mort – le jeune touriste italien Fabio di Celmo – et douze blessés. M. Posada Carriles sera ultérieurement arrêté (en novembre 2000), au Panamá cette fois, alors qu’il y préparait un attentat à la bombe contre M. Fidel Castro, lequel, à l’occasion d’un sommet ibéro-américain, devait donner une conférence, à l’université, devant plusieurs centaines d’étudiants. Amnistié « pour raisons humanitaires » par la présidente panaméenne Mireya Moscoso, le 26 août 2004, dernier jour de son mandat, il rentre clandestinement aux Etats-Unis, en mars 2005, depuis le Yucatán (Mexique), à bord du bateau Santrina, propriété de M. Santiago Álvarez, l’un des principaux leaders des groupes anticastristes violents de Miami. La Havane la dénonçant, la présence du terroriste en Floride sera rapidement connue, obligeant les autorités américaines à l’interpeller, à l’interroger, et à obtenir des réponses fantaisistes – à commencer par celle dans laquelle il prétend que son entrée clandestine sur le territoire des Etats-Unis s’est faite par la frontière mexicaine, à El Paso. Alors que l’extradition de M. Posada Carriles est réclamée par Cuba (pour le crime de la Cubana de Aviación et les attentats de 1997) et le Venezuela (pour ce même attentat de la Barbade et l’évasion de 1985), six ans passeront en procédures dilatoires et diverses avant que ne débute le procès pour les charges ridicules ci-dessus énoncées. Rebaptisé par beaucoup « la farce », ledit procès se déroulera sous la direction de la juge Kathleen Cardone, nommée à cette fonction en 2003 par l’ex-président George W. Bush. Pour mettre un terme à ce long processus contaminé par la politique, les intrigues et les complots, et afin d’aboutir à ce verdict aberrant, cette juge a mis en œuvre tout son talent. A de nombreuses reprises, elle a fait sortir les jurés de la salle d’audience pour leur éviter d’entendre les témoignages désagréables qui accablaient le prévenu. Lorsque cela lui a été impossible, elle a demandé au jury de ne pas tenir compte de ce qui venait d’être dit. Celui-ci n’a ainsi jamais pu savoir que si M. Posada Carriles a menti, c’était pour protéger ceux qui l’ont aidé à gagner Miami en venant le chercher au Mexique, à bord de la Santrina(délit passible de prison, selon la loi des Etats-Unis). L’un de ceux-ci, M. Gilberto Abascal, malgré les menaces et les vexations de la défense, a pourtant confirmé les faits à la barre. Lors du dépôt de sa demande d’asile, puis de sa requête pour être naturalisé américain, il fut demandé à M. Posada Carriles s’il était lié, d’une manière ou d’une autre, aux attentats menés en 1997 à Cuba. Il nia les faits, pourtant notoires : dans une interview accordée aux journalistes Ann Louise Bardach et Larry Rother, il les a revendiqués, précisant qu’il les avait planifiés ; l’article reprenant cet entretien a été publié dans le New York Times les 12 et 13 juillet 1998. Lors du procès, les jurés ont entendu plus de deux heures d’enregistrements de ces entrevues. Sans doute distraits, ils n’en ont pas saisi toute la portée. A leur décharge, on précisera que la défense s’est livrée à une véritable agression (verbale) destinée à délégitimer le témoignage de la journaliste Bardach, de même d’ailleurs que ceux de tous les témoins desservant ses intérêts. C’est dans ces conditions que les jurés, à l’unanimité, ont absous M. Posada Carriles de ses mensonges et, bien sûr – mais ils n’étaient pas « au programme » ! – des crimes terroristes dont il est accusé. Au terme de treize semaines de témoignages accablants et de l’examen de centaines de preuves à charge, ces jurés n’ont eu besoin que de trois heures pour délibérer. Exprimant sa satisfaction à l’énoncé du verdict, l’un des avocats de M. Posada Carriles, M. Arturo V. Hernández, a déclaré : « Ce jury a rendu un verdict de non culpabilité en moins de cent vingt minutes ; je n’ai pas souvenir d’un quelconque autre cas similaire. » Il se trompe. En matière d’aberration, on connaît au moins un précédent. En 2001, à Miami, le procès de cinq Cubains (1) – Gerardo Hernández, René González, Fernando González, Ramon Labaniño, Antonio Guerrero – qui avaient infiltré les réseaux terroristes dans lequel se mouvait M. Posada Carriles, dura sept mois. Au terme de ce marathon, le jury les déclara coupables, contre toute évidence, pour « conspiration d’espionnage », et ce sans poser aucune question – fait jamais vu dans le cas d’un procès aussi long. Les sentences étant tombées, démesurées, irrationnelles – de quinze ans d’emprisonnement à deux perpétuités plus quinze ans – les Cinq purgent leurs peines. Plus chanceux qu’eux, M. Posada Carriles devrait rentrer, dans quelques jours, à Miami. Une seule question reste posée. Comment y retournera-t-il ? Présent sur la liste officielle des « suspects de terrorisme » du Federal Bureau of Investigation (FBI), il lui est interdit de prendre un vol commercial aux Etats-Unis. Maurice Lemoine
(1) Sur les Cinq et M. Posada Carriles, lire Cinq Cubains à Miami, Edition Don Quichotte, Paris, 2010.
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Il y a cinquante ans, le 17 avril 1961, « Le plan est prêt monsieur le vice-président. Nous attendons votre feu vert. » Allen Dulles, le chef de la CIA, annonçait ainsi à Richard Nixon en 1960 le possible déclenchement de l’invasion de Cuba. Depuis plusieurs semaines, le service action de la centrale nord-américaine avait mis au point l’opération : recrutement d’émigrés cubains, collaboration avec la Mafia, préparation de bombardements par des appareils camouflés et stationnés au Nicaragua. Le président Eisenhower mit en garde Nixon, candidat à sa succession : « Laissons passer l’élection. Vous aurez ainsi les mains libres. » Richard Nixon perdit le scrutin d’un fil (quelques dizaines de milliers de voix) au profit de John F. Kennedy. La CIA programma le débarquement pour le 17 avril 1961. Kennedy approuva.
Washington avait pris la décision d’en finir avec « l’épisode Castro ». Au début de la victoire des barbudos, Nixon confiait à ses proches : « Ce Fidel, nous allons le mettre dans notre poche. C’est un idéaliste, pas un communiste. Nous en ferons notre potiche, comme les autres. » Au fil des semaines, le discours anti impérialiste du leader cubain enflait chaque jour davantage. Surtout, la révolution engageait une nouvelle politique agraire, récupérait les terres possédées par des grandes sociétés étrangères pour la plupart nord-américaines. C’est connu. Dès qu’on tape dans leurs caisses, les multinationales US et leurs hommes lige voient rouge. Et comme les nouvelles autorités de La Havane tissaient – en pleine guerre froide - des liens avec Moscou, la rage s’empara de l’élite politico-économique nord-américaine. Les Etats-Unis décidèrent le blocus de l’île : le tristement célèbre embargo pénalisant dans le même mouvement les entreprises européennes et mondiales souhaitant maintenir une relation économique avec Cuba. Tous les échanges commerciaux entre les Etats-Unis et La Havane furent annulés, les relations diplomatiques rompues par Eisenhower qui confiaient à ses conseillers : « Ce connard de Nixon n’a rien vu venir, à la CIA de jouer ». Les préparatifs du débarquement à Playa Larga et Playa Giron au fond et à l’entrée orientale de la baie des cochons, à 200 kilomètres au sud-est de La Havane furent menés tambour battant. Et c’est J. Kennedy qui récupéra – pas très content du cadeau, dit-on - l’affaire et donna le feu vert pour une lamentable opération. 17 avril 1961, 1h15. La brigade 2506 débarque en deux endroits à Playa Larga et Playa Giron. Au large, des bâtiments de guerre US assurent la coordination et la logistique. Une fois la tête de pont installé, des barges doivent déposer d’autres hommes, de l’armement lourd et du matériel de transmission. Objectif : couper l’ile en deux, puis avec l’aide ou la passivité de la population l’envoi d’un corps expéditionnaire constitué de Marines US. La base nord-américaine installée à Guantanamo en alerte maximale devait procéder, selon le plan de la CIA, au contrôle de toute la partie orientale de l’île. C’était sans compter sur la mobilisation du peuple cubain. Quelques vieux chars russes T-34 et surtout une armée de volontaires vont mettre fin à l’agression. Des camions déversent des milliers d’hommes et de femmes venus des quatre coins du pays porteurs d’un armement hétéroclite. C’est une masse humaine qui obligea les mercenaires à déposer les armes. Sur les 1600 hommes de la brigade, 1500 furent fait prisonniers au bout de 72 heures. A Washington, Kennedy suivait à la minute le déroulement de l’expédition. Dans le bureau ovale, le chef de la CIA, les hiérarques militaires n’en menaient pas large. L’opération s’achevait sur une déroute pitoyable. Quelques jours plus tard, ce fut la honte : les autorités cubaines laissaient la vie sauve à tous ceux qu’ils qualifiaient de « gusanos » (vermine) et les revendaient contre leur poids en médicaments et une coquette somme en dollars. Quelques années plus tard, lors d’une cérémonie à laquelle j’assistais, Fidel Castro commentait en ces termes l’épisode de la Baie des cochons : « Tout ce qui a trait à l’épisode de Giron a été fourberie, violation flagrante du droit international, perfidie et crime. La ténébreuse CIA a dépensé des dizaines de millions de dollars pour recruter, entraîner et équiper des mercenaires : latifundiaires, bourgeois, vendus, criminels de guerre, toxicomanes, vulgaires délinquants et lumpens. Sa stratégie s’est doublée de plans d’assassinats de dirigeants de la Révolution cubaine, en vue de quoi elle n’a pas hésité à faire appel à des chefs notoires de la mafia, à des bactéries, à des explosifs et aux méthodes criminelles les plus sophistiquées. Des dizaines d’agents et des milliers d’armes ont été préalablement introduits dans notre pays, par avion ou par bateau, à toute heure du jour et de la nuit. Leurs bases d’entraînement ont été installées dans un Etat d’Amérique centrale, et les points d’embarquement et les aérodromes dans un autre. Le 15 avril 1961, par une aube tranquille et sans nuages, des bombardiers yankees peints aux insignes cubains ont attaqué les bases de nos forces aériennes, constituées par quelques rares avions, vieillots et mal en point, et par seulement une demi-douzaine de pilotes. Le représentant des Etats-Unis auprès des Nations unies y déclarait avec un cynisme sans égal que ces avions faisaient partie de nos forces aériennes qui s’étaient soulevées. Tout s’est déroulé avec le silence complice et bien souvent la collaboration de la majorité des gouvernements latino-américains, avec l’approbation et l’appui de l’Organisation des Etats américains (OEA). Jamais dans l’histoire de notre continent, on n’avait fait preuve de tant de corruption, de cynisme, de lâcheté, d’immoralité et de forfaiture pour réaliser une action militaire et politique. Voilà ce que symbolise l’attaque mercenaire de la Baie des Cochons. Aujourd’hui, on connaît en détail tous ces faits, y compris grâce aux révélations des auteurs et des participants directs. L’histoire de l’impérialisme s’écrit ainsi, sans que celui-ci et ses misérables complices, malgré les confessions opportunistes auxquelles ils se voient contraints, cherchent en quoi que ce soit à s’amender. L’expérience démontre toutefois que l’impérialisme ne peut arrêter la marche victorieuse des peuples en dépit de ces ressources fabuleuses mises au service de la réaction, de la subversion et du crime. » L’année suivante éclatait la crise des fusées. Tous les présidents des Etats-Unis, y compris aujourd’hui Barack Obama, ont reconduit l’embargo, protégé les pires assassins et terroristes coupables de crimes comme l’explosion en plein vol d’un vol de la Cubana ou contre des hôtels touristiques. Faut-il ajouter les sabotages, les tentatives d’assassinats contre les dirigeants de la révolution, la condamnation de cinq agents cubains en mission antiterroriste, le financement des opposants, la poursuite de l’intoxication de l’opinion publique internationale avec ses relais européens, notamment en France ? La déroute de la Baie des cochons est restée gravée dans la mémoire des chefs politiques et militaires nord-américains et de leurs descendants. La victoire remportée grâce à une mobilisation sans précédent de la population demeure un des grands moments de la révolution cubaine. Une référence pour les combats d’aujourd’hui et de demain. Un pays sous embargo depuis plus de 50 ans. Qui dit mieux ? Une île soumise aux pires actes terroristes montés par la première puissance mondiale. Qui dit mieux ? Une nation abandonnée pendant un temps perdant 80 % de ses importations 85% de ses exportations à la mort de l’URSS ? Qui dit mieux ? Un pays du Tiers monde de douze millions d’habitants où l’espérance de vie atteint 76 ans, qui rafle les médailles d’or aux jeux olympiques, éduque et soigne gratuitement tous ses enfants, forme les meilleurs scientifiques de la région, accorde la solidarité médicale à de nombreux pays victimes de catastrophes naturelles comme Haïti. Qui dit mieux ? La révolution cubaine conserve, malgré le temps passant et toutes les difficultés, une énorme sympathie des peuples d’Amérique du Sud. Qui dit mieux ? L’épisode de la Baie des cochons a renforcé le sentiment de conquête des Cubains. Bien entendu, une frange d’entre eux préfère les discours des sirènes venus depuis Miami, le mirage capitaliste et accepte bien volontiers « l’aide technique » des officines nord-américaines dont les budgets viennent d’être augmentés par Barack Obama. Pourtant, la grande masse des Cubains, même ceux qui expriment des critiques contre le régime, ne laisserait pas que l’on rogne leur souveraineté et leurs conquêtes sociales et sociétales. L’épisode de la Baie des cochons n’est pas étranger à cet état d’esprit.
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le 4 mars 1960, le bateau français La Coubre explosait dans le port de La Havane...
Le dossier français sur l’attentat du cargo La Coubre ne pourra être consulté avant… 150 ans.Jean-Guy ALLARD
Le dossier complet contenant les résultats de l’enquête menée par l’armateur français CGT sur le sabotage du bateau La Coubre, le 4 mars 1960, dans le port de La Havane – attribué à la CIA –, est conservé dans le coffre-fort d’une fondation maritime française, et son délai de communicabilité a été fixé à 150 ans par les services des affaires juridiques des derniers propriétaires du navire. Ces documents, dont l’existence n’avait jamais été établie jusqu’à présent, dorment toujours sur les étagères des archives de la Compagnie générale transatlantique (CGT), surnommée la French Line, qui était propriétaire du La Coubre au moment des événements de cette journée tragique à La Havane. En 1973 la CGT – Compagnie générale transatlantique – fusionna avec la Compagnie générale maritime, une entreprise publique qui fut ensuite privatisée et cédée au groupe CMA CGM. La propriété juridique et la gestion du fonds d’archives de la CGT furent confiées en 1995 à une fondation, dont le conseil d’administration est composé de 16 membres, dont deux représentants de CMA CGM. Cette fondation appelée Association French Line a pour objet la mise en valeur du patrimoine des compagnies maritimes françaises, et dispose d’un service de recherche historique des différents fonds des compagnies de navigation au centre de consultation des archives, avenue Lucien Corbeaux au Havre. Sur les plus de 30 000 pièces d’archives de la fondation, 79 font allusion à certains moments de l’existence du vapeur La Coubre. Sur l’un de ces documents, inscrit sous le numéro 22091, on peut lire : « La Coubre. Explosion à La Havane, réparations, photographies, articles de presse, liste des disparus, rapport du Comité de direction, conditions d’assurance, correspondance ». Ce dossier, dont la teneur semble de la plus haute importance pour connaître des détails inédits sur l’acte terroriste perpétré à La Havane, avait été établi par les Services juridiques de feu la CGT et est soumis à l’étonnant délai de communicabilité de 150 ans ! Toujours est-il que l’existence de ce fonds d’information sur le crime de La Coubre constitue un nouvel élément du mystère qui enveloppe l’acte terroriste le plus meurtrier du XXe siècle sur le continent. Survenu il y a exactement 54 ans, le 4 mars 1960, l’attentat terroriste contre le cargo La Coubre provoqua plus d’une centaine de morts, dont six Français membres de l’équipage du navire, plus de 200 blessés et de nombreux disparus. Le coût des dommages fut estimé à environ 17 millions de dollars. Cuba a dénoncé à maintes reprises la responsabilité de la CIA dans la destruction du cargo français dans le port de La Havane. Quelques heures après l’explosion, au cours d’un meeting historique sur la Place de la Révolution, le leader cubain Fidel Castro exprimait sa conviction que la main de la CIA avait pesé de tout son poids dans cet attentat. Lancé le 16 avril 1948 par le chantier Canadian Vickers Ltd de Montréal, le cargo La Coubre commença à partir du 11 octobre 1951 à faire la navette entre la France, les Antilles françaises, l’Amérique centrale et les Etats-Unis. Remis à flot, La Coubre quitta La Havane le 22 août 1960, remorqué par le néerlandais Oostzee pour Rouen où les Chantiers de Normandie entreprirent la reconstruction de la partie détruite. Il fut remis en service le 1° avril 1961. Le cargo La Coubre fut racheté et rebaptisé à plusieurs reprises. Au fil des ans, Il fut appelé Barbara, Notios Hellas, puis Agia Marina. Il fut vendu à une entreprise espagnole, et arriva en décembre 1979 aux chantiers de Gandia (Valence) pour démolition. Plus d’un demi-siècle plus tard, le gouvernement des Etats-Unis persiste à garder au secret des documents de ses archives liés à l’attentat de La Coubre. « Il est impossible d’avoir ignoré les circonstances dans lesquelles furent impliqués plusieurs citoyens des Etats-Unis », devait signaler le Dr José Luis Mendez, reconnu comme le spécialiste du terrorisme contre Cuba, qui dans ses recherches a trouvé de nombreux éléments suspects qui pointent la responsabilité des Etats-Unis dans cette affaire. « Une enquête a certainement été ordonnée d’office aux Etats Unis sur ce crime », a-t-il signalé. Les 22 survivants français du cargo La Coubre furent rapatriés par bateau. Six marins français périrent dans ce criminel attentat : le premier lieutenant François Artola, le timonier Jean Buron et les marins Lucien Aloi, André Picard, Jean Gendron et Alain Moura. Jean-Guy Allard
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LES RAISONS DE CUBA Avant ces révélations, cet homme était considéré comme le porte-parole des « Dames en blanc » et l’un des « journalistes indépendants » les plus actifs dans les médias anticubains. Son témoignage met à nu la politique subversive des Etats-Unis vis-à-vis de Cuba. Deysi Francis Mexidor • « BONJOUR aux auditeurs de Radio Republica. Carlos Serpa Maceira, le directeur de l’Union des journalistes libres de Cuba, vous parle depuis La Havane… » La surprise a été grande : Carlos Serpa Maceira, le « journaliste indépendant » qui a fait le plus de reportages pour les médias anticubains en 2009, n’est autre que… « Emilio », agent de la Sécurité de l’Etat. Le ministère de l’Intérieur a décidé de révéler son identité pour illustrer de manière irréfutable la sale besogne des groupuscules de la contre-révolution dans le pays, en mettant à nu ses principaux agents, au service des administrations successives des Etats-Unis dans leur volonté maladive de renverser la Révolution cubaine. A cette fin, elles dirigent, financent, soutiennent, protègent et encouragent une « dissidence » sans légitimité dans l’île. Où es-tu né ? Mais tu as des affinités particulières avec l’île de la Jeunesse ? Dans quel contexte surgit Emilio ? Avec qui es-tu alors entré en relation ? Après, je suis entré à l’Union des journalistes et des écrivains cubains indépendants, une prétendue agence de presse présentant le même profil que les groupes susmentionnés et dirigée par Fara Armenteros, qui, elle aussi, réside aujourd’hui aux Etats-Unis. Comment entrez-vous en contact ? Comment arrives-tu à La Havane ? A partir de ton expérience, que penses-tu de ladite « opposition » ou de la « dissidence » interne ? D’ici, ils informent que la « manifestation » a rassemblé 150 à 200 personnes – ce qui est absolument faux car, quand il a eu l’occasion de faire quelque chose, il est sorti avec deux ou trois provocateurs. Et que fait Antunez de cet argent ? Mener la grande vie. Il y a les cas de Martha Beatriz Roque Cabello, qui reçoit des sommes considérables – et on sait bien qui est Martha Beatriz –, d’Elizardo Sanchez, de Juan Carlos Gonzalez Leyva, ce dernier étant le secrétaire exécutif du prétendu « Conseil des rapporteurs sur les droits de l’Homme à Cuba ». Gonzalez Leyva a fait du mercenariat le moyen d’obtenir des faveurs personnelles. Par exemple, il a aidé plusieurs femmes avec qui il a eu des relations à sortir de Cuba en les faisant entrer au Programme des réfugiés de la Section des intérêts des Etats-Unis à La Havane (SINA). Il est allé raconter à des organisations contre-révolutionnaires de Miami qu’il lui fallait de l’argent pour recharger les cartes téléphoniques des prisonniers, il en reçoit et le garde pour lui. Il est clair que ces prétendus dissidents ne sont aimés par aucune éthique. Pour eux, ce qui compte, c’est l’argent. De plus, bon nombre de ceux qui sont liés à ces groupes sont allés jusqu’à réclamer l’intensification du blocus contre notre pays. Ils m’ont proposé un jour d’écrire sur un blog qu’ils allaient administrer et dont ils m’ont même révélé le nom : El Guayacan cubano. Ils m’ont précisé qu’il devait être semblable à celui de la contre-révolutionnaire Yoani Sanchez et m’ont fait valoir qu’en y participant, je pourrais bien gagner ma vie. Et comment ce blog était-il censé fonctionner ? Le véritable administrateur du blog est Enrique Blanco, un contre-révolutionnaire résidant à Porto Rico. Il appartient à un projet dénommé Operation Liborio, et qui est censé financer ladite opposition depuis l’étranger. Il a fait paraître des informations sur le blog sous ma signature. Par exemple, si je ne peux pas assister à telle ou telle activité, et il s’agit presque toujours des activités des Dames en blanc, il les appelle directement et rédige l’information. Puisque nous parlons d’information, est-il difficile d’organiser une campagne médiatique contre Cuba ? J’ai ajouté quelques « ornements » à mon histoire : les agents de la Sécurité m’avaient reconnu et m’avaient forcé, sous la menace, à monter dans une voiture pour me conduire à un commissariat tout proche. Lorsque j’ai appelé Radio Marti, la personne qui m’a répondu au téléphone m’a prévenu : « Quand tu parles de menaces, il faut que tu précises lesquelles… » J’ai répondu que oui, tout à fait, en lui disant de ne pas s’inquiéter. Et à partir de là j’ai écrit ma « nouvelle ». Radio Marti ne vérifie aucune information. Pour ces gens-là, tout est bon pourvu que Cuba soit dénigrée. Dès que j’ai eu transmis mon rapport, ils m’ont dit que celui-ci serait diffusé dans les bulletins d’information. Dans les campagnes médiatiques contre Cuba, le scénario nous vient toujours de l’étranger. Tout n’est que mensonge, des fausses histoires d’arrestation, des incidents montés de toutes pièces. Quelles sont les organisations qui se prêtent le mieux à l’orchestration de ces campagnes à l’étranger ? Comment fonctionne le Programme des réfugiés de la SINA ? Ils doivent fournir à la Section des réfugiés la preuve qu’ils sont harcelés par le gouvernement cubain, ils inventent des « arguments » pour décrocher un visa. La manipulation du terme de « réfugié » est manifeste, à en juger par la quantité de visas délivrés à ce titre chaque année. Cependant, la plupart de ces individus qui obtiennent la résidence aux Etats-Unis et qui viennent ensuite à Cuba en visite, ne sont ni importunés ni arrêtés, ni par la police ni par la Sécurité de l’Etat, ce qui est bien différent pour les réfugiés, les vrais, dans d’autres pays… En mars 2010, les Dames en blanc ont monté des provocations. L’une d’elles, appartenant au groupe de soutien, m’a dit dès le premier jour : « Serpa, j’ai besoin de ton aide ; il me faut des preuves car je vais avoir mon entretien au service des Réfugiés la semaine prochaine. Il lui fallait son « aval » politique. Il leur faut absolument des photos, où on les voit défiler dans les rues, parce que le programme exige, entre autres choses, les nouvelles diffusées sur Internet, et elles agissent en fonction de cela. Laissez-moi vous dire que n’importe quelle femme se présente au fameux entretien, présente des photos ... pour la SINA, c’est un argument de poids. Il n’y a pas que la SINA qui aide les groupuscules de la contre-révolution. Que pouvez-vous nous dire des autres ambassades ? A l’ambassade de Pologne, le diplomate Jacek Padee, en charge des Affaires politiques, assistait fréquemment à des activités de ce genre. L’ambassade des Pays-Bas fournit régulièrement des moyens à la contre-révolution, notamment en matériel de bureau, mais aussi pour l’accès à Internet. A l’ambassade de la République tchèque, les groupuscules se voient offrir des médicaments, et les « dissidents » sont invités à fournir des informations sur les « violations » des droits de l’Homme. Le fonctionnaire de cette ambassade directement impliqué dans ces agissements est M. Pete Brandel. La représentation de la Suède fait à peu près la même chose. Le conseiller de l’ambassade d’Allemagne, Volker Pellet, est un complice notoire : il est descendu dans la rue pour soutenir les Dames en blanc dans leurs provocations. Autrement dit, plusieurs ambassades européennes à La Havane se sont prêtées à la sale besogne requise par ces actes de mauvaise foi contre notre peuple et notre Révolution. En ce qui concerne le fonctionnement de la SINA, je peux vous parler des agissements de deux de ses fonctionnaires : Kathleen Duffy et Lowell Dale Lawton. A un des thés littéraires organisés par les Dames en blanc, Laura Pollan, chef de file du groupe, m’a demandé de la filmer en vidéo pendant qu’elle remercierait la Fondation nationale cubano-américaine pour son soutien au groupe. J’ai donc pris les images et j’en ai parlé à Duffy, qui m’a dit : « J’en ai déjà parlé à mes chefs. » Elle a transféré sur son ordinateur personnel le film que j’avais sur ma clé USB, elle a ouvert un compte sur Youtube à mon nom, et elle y a mis le film. Pendant les événements de mars, Laura Pollan m’a ordonné de faire passer des messages à cette fonctionnaire, parce que c’est elle qui est censée contrôler les prétendues violations des droits de l’Homme. Quant à Lowell Dale Lawton, il m’a demandé d’évaluer les actions des Dames en blanc, spécialement après les critiques des médias que lui a values sa participation à ces actes de provocation. Lawton a reçu les photos et les rapports qu’il m’avait demandés par courrier électronique. Le lendemain de la marche contre-révolutionnaire organisée à Miami par Gloria Estefan, je suis allé à la SINA et Lawton m’a envoyé chercher dans une de leurs salles d’accès à Internet. Il voulait me voir en tête à tête pour me demander des informations sur ce qui s’était passé dans le cadre de la provocation montée le 25 mars. Il ne fait aucun doute que la question des Dames en blanc a donné lieu à d’énormes manipulations. Elles ont tout l’accès qu’elles veulent à la SINA. Par ailleurs, elles se sont livrées, jusqu’à ce jour, à toutes ces provocations parce qu’elles se savaient protégées par les forces de police cubaines et les membres du ministère de l’Intérieur. Elles savent que ce qu’elles cherchent à provoquer, à savoir un incident tragique, ne sera pas permis. Et les fonctionnaires du Bureau des intérêts sont au courant. Ils soutiennent la subversion des Dames en blanc mais aussi de tous les groupuscules. Maintenant que le gouvernement cubain a pris la décision de libérer les prisonniers contre-révolutionnaires, je crois que leurs actes de provocation ont perdu toute base. Par conséquent, les fonctionnaires de la SINA s’occupent maintenant de faire pression sur quelques-unes des Dames en blanc, dont Laura, pour qu’elles refusent de quitter le pays, et ils montent une campagne de presse pour faire croire au monde que Cuba leur impose l’exil. Leur politique contre l’île est donc contradictoire : d’une part, ils persistent à répéter que les gens émigrent parce que la Révolution n’a plus de soutien, et de l’autre, ils ne veulent pas que les contre-révolutionnaires qu’ils ont créés et stimulés s’en aillent parce qu’ils n’auraient plus d’acteurs à employer pour leurs plans subversifs. Qui est réellement Laura Pollan ? Elle est très amie avec Eulalia San Pedro, plus connue sous le nom de Laly, de la FNCA. Cette Eulalia est chargée d’envoyer les fonds, au nom de la Fondation, pour tous les actes de provocation. A propos, lorsque j’ai fait mes débuts de « journaliste » pour les Dames en blanc, je parlais beaucoup, dans mes rapports pour Radio Marti, dans d’autres médias et d’autres sites Internet, des appels téléphoniques qu’adressait Eulalia à Laura à tous les thés littéraires, jusqu’au moment où Pollan en personne et une autre femme du groupe, Miriam Leyva, m’ont demandé de ne plus parler ni d’Eulalia ni de la FNCA dans mes articles, parce qu’il s’agissait d’une organisation terroriste et qu’il risquait à tout moment d’en être question à l’émission de la télévision cubaine Table ronde. Laura est manipulatrice, elle est très habile et a participé à des affaires illicites. Son nom figure sur la liste VIP de la SINA, ce qui lui donne le droit d’y être reçue à toute heure du jour et de la nuit. Quel est le canal utilisé pour les approvisionnements destinés à la contre-révolution ? Les Dames en blanc ont reçu des caisses et des caisses de matériel envoyé de Miami par le contre-révolutionnaire Frank Hernandez Trujillo, du groupe de soutien à la « dissidence. La SINA a fourni des ordinateurs portables et d’autres matériels. Chose curieuse, quand ils vous donnent quelque chose il faut signer un reçu, un peu comme pour une livraison normale. Je crois avoir compris que c’est pour que les bénéficiaires remettent ce qui ne leur appartient pas au cas où ils quitteraient le pays. Quels sont les principaux terroristes associés à la « dissidence » ? Pourrais-tu décrire un peu le matériel que reçoit l’« opposition » ayant accès à la SINA? Ils y distribuent de la littérature contre-révolutionnaire. Par exemple, ils reproduisent le Miami Herald à une centaine d’exemplaires et le distribuent parmi les contre-révolutionnaires mais aussi parmi les gens qui se présentent pour des démarches migratoires. Pour moi, la SINA est une sorte d’état-major qui dirige la tactique et la stratégie de l’activité contre-révolutionnaire. C’est dans ces locaux que les contre-révolutionnaires sont préparés et instruits et qu’on leur permet d’imprimer des tracts, des déclarations sur tout et n’importe quoi, de photocopier des articles qui sont ensuite distribués sur place, y compris aux fonctionnaires. Et toi, comment accédais-tu à la SINA ? Appartiens-tu à une catégorie spéciale pour la Section des intérêts ? Depuis quelle année ? Comment fabrique-t-on un dissident ? Dans ce petit monde, je suis à la fois membre, directeur, porte-parole… de groupes quasiment fantômes, qui existent sur le papier mais dont le peuple ne sait même pas qu’ils existent, parce qu’ils n’ont aucune popularité et encore moins de partisans. Pour plus de précisions, je suis le coordinateur national du Projet civique et culturel Julio Tang Texier, financé depuis Miami par le terroriste Angel de Fana Serrano, de « Plantados por la Democracia », qui a fait vingt ans de prison à Cuba pour terrorisme mais qui joue maintenant les pacifistes, les défenseurs des droits de l’Homme… Je suis aussi directeur de la bibliothèque indépendante Ernest Hemingway ; directeur de l’Union des journalistes libres de Cuba, une organisation formée par cinq autres personnes qui, toutes, n’ont d’autre intérêt que de quitter le pays. Cette « Union des journalistes libres » est aussi payée par Miami, plus précisément par le Directoire démocratique cubain (DDC). J’ai été représentant de la brigade 2506. A ce titre j’ai reçu un téléphone portable et de l’argent pour monter des actes de provocation contre notre pays. Je reste le correspondant de la revue Miscelaneas de Cuba, éditée en Suisse et dirigée par le contre-révolutionnaire Alexis Gainza. J’ai été désigné porte-parole et membre de la junte de direction du Front national de résistance et de désobéissance civique à Cuba, dont le support économique provient aussi du DDC, de Femmes anti-répression (MAR) pour Cuba, et d’autres groupes de Miami qui forment l’autoproclamée Assemblée de résistance. En plus, je suis l’agent de liaison national des présumés gouvernements d’opposition, que dirige depuis Porto Rico Enrique Blanco, celui-là même qui administre mon blog. Voilà comment on fabrique un « dissident » ou un soi-disant « opposant », qui se cache aujourd’hui derrière la façade du bibliothécaire indépendant, du journaliste indépendant, du défenseur des droits de l’Homme, etc… A quoi attribues-tu la solidité de la Révolution cubaine ? Il m’est arrivé de penser que si je n’ai pas pu combattre dans les rangs de l’Armée rebelle, ou dans la clandestinité contre Batista, ou encore empoigner une arme contre les mercenaires débarqués à Playa Giron, ou être un milicien posté dans sa tranchée pendant la Crise d’Octobre, ou partir combattre en Angola ou en Ethiopie, la vie m’a tout de même donné l’occasion, avec cette mission, de prendre place en première ligne de défense de notre peuple. Sans aucun doute, il y en a qui continuent de nous sous-estimer, mais il y a aussi quelque chose d’évident : les organes de la Sécurité cubaine ont été, restent et resteront où ils doivent être, et au moment propice. Les ennemis de la Révolution, à l’étranger comme dans le pays, n’en finissent pas de tirer les leçons de l’histoire, parce qu’il y aura toujours sur leur chemin, et là où ils s’y attendront le moins, un « Emilio ».
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Les mensonges de Reporters sans frontières sur le Venezuela Salim Lamrani
Le 29 mai 2009, Reporters sans frontières a publié une lettre ouverte destinée au président vénézuélien Hugo Chávez dans laquelle l’association dénonce « une véritable charge du pouvoir et de l’administration » contre Globovisión, « une chaîne privée d’information ». Selon l’organisation parisienne, Globovisión « fait l’objet d’une procédure administrative pouvant mener à sa suspension d’antenne pour une durée de soixante-douze heures » pour avoir « relayé l’information [du séisme du 4 mai 2009] en se référant aux données de l’Institut géologique des Etats-Unis1 ».
Les autorités vénézuéliennes reprochent à la chaîne « d’avoir enfreint l’article 29 de la Loi de responsabilité sociale en radio et télévision (Loi Resorte) sanctionnant les médias qui ‘promeuvent, font l’apologie ou incitent à la guerre ; promeuvent, font l’apologie ou incitent aux altérations de l’ordre public ». RSF questionne : « En quoi une information donnée sur un tremblement de terre, pour imparfaite qu’elle puisse être, cadre-t-elle avec la définition de l’infraction2 ?».
Présentée de cette manière, l’affaire a de quoi surprendre l’opinion publique internationale. Mais contrairement à ce qu’affirme RSF, la réalité est autre et soigneusement éludée par l’entité française de « défense de la liberté de la presse ».
Globovisión contre la démocratie
Depuis 1998, Globovisión n’a eu de cesse de s’opposer au gouvernement démocratique d’Hugo Chávez. En avril 2002, la chaîne de télévision avait activement participé au coup d’Etat de Pedro Carmona Estanga. Dans n’importe quel pays du monde, Globovisión aurait été fermée et ses dirigeants condamnés à de lourdes peines de prison. Mais le Tribunal suprême, contrôlé par l’opposition à l’époque, avait refusé de reconnaitre la réalité du putsch et s’était contenté de prononcer une « vacance de pouvoir » pour expliquer le coup de force.
Par la suite, la chaîne a multiplié les appels à l’insurrection3. En mai 2007, Globovisión s’est même rendue coupable d’incitation à l’assassinat du président Chávez en manipulant des images et en lançant des messages subliminaux. Lors de la diffusion du programme Aló, Ciudadano, où une interview de Marcel Granier, directeur de la chaîne RCTV, critiquant fortement Chávez était diffusée, la chaîne a montré simultanément les images de l’attentat contre le Pape Jean-Paul II survenu en mai 1981. Globovisión n’avait pas su expliquer pourquoi elle avait diffusé des images de l’attentat dans un programme traitant du non renouvellement de la concession de RCTV4. Plusieurs experts en sémiotique avait été catégoriques à ce sujet : « On incite à l’assassinat du Président5 ». En France, de tels agissements auraient conduit les journalistes de la chaîne ainsi que leurs dirigeants derrière les barreaux.
Les journalistes de Globovisión ainsi que les présentateurs de la chaîne ont également multiplié les expressions diffamatrices à l’égard du gouvernement en utilisant les termes « dictature » et « tyrannie », afin de justifier les appels à la désobéissance civile et les actes de violence. De telles expressions sont inimaginables en Occident6.
L’affaire du séisme
Le 4 mai 2009, une secousse sismique a frappé l’état de Miranda à 4 heures 40 du matin, suivie de trois répliques (4h50, 6h23 et 6h24), sans faire de dégâts humains. A 5h25, le ministre de l’Intérieur et de la Justice Tarek El Aissami a indiqué que le tremblement de terre avait été ressenti à plusieurs endroits. « Nous recevons actuellement des rapports sur les dégâts. Nous sommes en train de déterminer l’épicentre et la magnitude à travers la Funvisis (Fondation vénézuélienne de recherche sismologique). Nous voulons informer que pour l’instant nous n’avons aucun rapport de dommages matériels ou humains. Nous souhaitons lancer un appel au calme. Nous avons ordonné immédiatement un déploiement de patrouilles afin de protéger les personnes qui ont quitté leur demeure », a-t-il déclaré7. A 5h44, El Aissami a rendu public un second rapport informant qu’il s’était entretenu avec le président ainsi que le vice président Ramón Carrizález, soulignant par la même occasion que Chávez avait ordonné le déploiement de la Garde nationale bolivarienne afin d’assurer la sécurité des citoyens7.
De son côté, Francisco Garcés, président de Funvisis, a informé à 5h40 que deux secousses avaient frappé la capitale Caracas ainsi que la zone métropolitaine et a demandé aux médias de lancer des appels au calme à la population. A 6h05, le ministre des Travaux publics et du Logement, Diosdado Cabello, a indiqué que le métro, le chemin de fer et l’aéroport fonctionnaient parfaitement. Hector Navarro, ministre de l’Education, a également souligné que les écoles et les universités n’avaient pas été touchées par le séisme et qu’elles restaient ouvertes. Jesús Mantilla, ministre de la Santé, a fait part du fonctionnement normal des centres hospitaliers du pays. A 6h47, la ministre des Télécommunications et de l’Informatique Socorro Hernández a informé la population que le réseau de télécommunications n’avait pas été affecté. Alejandro Hitcher, président de Hidrocapital, a expliqué pour sa part que le système des aqueducs fonctionnait normalement. A 7h, Blanca Ekhout, ministre de la Communication et de l’Information, a signalé que l’ensemble des organismes de l’Etat était entré en état d’alerte dès la première secousse. Jacqueline Faría, chef du gouvernement du District de la capitale, ainsi que Rafael Ramírez, ministre de l’Energie et du Pétrole, ont tenu la population informée dans leurs attributions respectives8.
Cependant, à 5h20 du matin, soit à peine 40 minutes après la première secousse sismique, le directeur de Globovisión Alberto Federico Ravell, s’est empressé d’intervenir personnellement en direct sur sa chaîne pour – après avoir fourni une information erronée sur l’épicentre du séisme se basant sur des informations en provenance… des Etats-Unis – s’en prendre directement au gouvernement et l’accuser d’incurie tout en transmettant un message de peur et d’angoisse. « Nous sommes très inquiets, nous n’avons trouvé personne, nous n’avons trouvé aucune autorité susceptible de nous informer de manière précise et exacte […]. Nous sommes dans l’attente d’une information précise et vérace de la part de nos autorités car nous n’avons personne à qui nous adresser. Nous avons appelé Funvisis mais on a été coupé, nous n’avons pas pu entrer en contact avec les pompiers. Le maire [Gerardo] Blay n’indique pas s’il y a des dégâts dans sa région9 ».
A ce moment de la conversation, le présentateur de Globovisión a interrompu son directeur pour lui rappeler une réalité. « Directeur, nous venons d’avoir une nouvelle fois au téléphone le président de Funvisis qui nous informe qu’il se trouve en voiture et que c’est la raison pour laquelle il lui a été impossible de nous fournir des informations. Cependant, il a affirmé que dès qu’il arrivera à destination, il nous informera en direct à la télévision pour nous fournir une meilleure information10 ».
Loin d’entendre l’appel à la raison, Ravell en profita pour stigmatiser de nouveau les autorités : « Les médias officiels qui font tant de propagande devraient être en train d’informer les citoyens en ce moment, sans que nous ayons à recourir aux services météorologiques des Etats-Unis pour informer les gens qu’à Caracas il y a eu un tremblement de terre11 ».
Tarek el Assaimi a dénoncé « l’attitude mesquine et l’utilisation irresponsable d’un moyen de communication ». Ravel, au lieu de transmettre un message de tranquillité, a instrumentalisé une catastrophe naturelle pour des fins politiques et « semer la crainte au sein de la population », selon Cabello, ministre des travaux Publics12. Que se passerait-il en France si le directeur de la chaîne privée TF1 avait attaqué le gouvernement de Nicolas Sarkozy, avec la même virulence, quarante minutes après le début des inondations survenues en 2008, l’accusant d’abandonner les victimes à leur sort ?
La désinformation de RSF
RSF a bien évidemment soigneusement censuré cette réalité et tente de faire passer une grave atteinte à la déontologie journalistique et un sérieux manquement à la responsabilité des médias pour une violation de la liberté de la presse. En référence au coup d’Etat de 2002, l’organisation parisienne reconnait qu’« une procédure judiciaire, assortie d’un débat contradictoire, sur l’attitude de certains médias privés au cours de ces évènements n’était pas sans fondement à l’époque » mais feint d’ignorer les agissements continuels et illégaux de Globovisión en s’interrogeant : « Sur quel contenu repose désormais l’accusation, plus de sept ans après les faits13 ? ».
Enfin, RSF affirme que « Globovisión est le seul média télévisuel du réseau à émettre une voix nettement critique envers votre gouvernement. […].Dans d’autres pays d’Amérique latine, où vos homologues ont été durement confrontés à des médias hostiles ou considérés comme tels, jamais la réplique de l’État n’a pris une tournure aussi extrême. Jamais n’a eu lieu la subordination de la quasi-totalité du secteur télévisuel à la seule voix dirigeante ». Ici, le mensonge est triple : l’entité du président Robert Ménard tente de faire croire que les agissements de Globovisión sont monnaie courante en Amérique latine, que le gouvernement Chávez s’en prend à la chaîne en raison des critiques émises à son encontre et que les autres médias télévisuels du pays sont à la solde du leader bolivarien14.
Encore une fois, il est aisé d’infirmer les propos de RSF. D’une part, aucun média latino-américain n’a appelé au renversement du président élu tel que l’a fait Globovisión. Par ailleurs, il suffit de regarder les chaînes de télévision privées qui occupent plus de 80% de l’espace médiatique du pays pour se rendre contre que la critique à l’encontre des autorités y est acerbe et constante. Enfin, tout analyste sérieux sait pertinemment qu’aucun pays du continent américain ne peut se targuer de disposer d’une liberté d’expression et de la presse similaire à celle qui règne au Venezuela. Ainsi, pour RSF, les médias doivent inciter à l’insurrection et au renversement de l’ordre établi comme le fait Globovisión pour ne pas être considérés comme étant à la botte du pouvoir.
Depuis l’élection d’Hugo Chávez à la présidence de la République bolivarienne du Venezuela, RSF a pris fait et cause pour l’opposition antidémocratique et putschiste et n’a eu de cesse de défendre ses intérêts au niveau international. Ainsi, lors du coup d’Etat du 11 avril 2002, RSF s’était bien gardée de dénoncer le rôle principal joué par les médias privés opposés au président démocratiquement élu. Pis encore, le 12 avril 2002, RSF avait publié un article reprenant sans aucune réserve la version des putschistes et avait essayé de convaincre l’opinion publique internationale que Chávez avait démissionné :
« Reclus dans le palais présidentiel, Hugo Chávez a signé sa démission dans la nuit, sous la pression de l’armée. Il a ensuite été conduit au fort de Tiuna, la principale base militaire de Caracas, où il est détenu. Immédiatement après, Pedro Carmona, le président de Fedecámaras, a annoncé qu’il dirigerait un nouveau gouvernement de transition. Il a affirmé que son nom faisait l’objet d’un "consensus" de la société civile vénézuélienne et du commandement des forces armées15 ».
RSF n’est pas une organisation de défense de la liberté de la presse mais une sombre entité à l’agenda politique bien précis chargée de discréditer par tous les moyens possibles les gouvernements progressistes à travers le monde et qui se trouvent sur la liste noire des Etats-Unis. Rien d’étonnant quand on sait que Washington finance substantiellement l’organisation par le biais de la National Endowment for Democracy, une officine écran de la CIA selon le New York Times16.
Notes
1 Reporters sans frontières, « Acharnement gouvernemental contre la chaîne Globovisión : lettre ouverte au Président Hugo Chávez », 29 mai 2009. http://www.rsf.org/article.php3?id_article=31466 (site consulté le 2 juin 2009).
2 Ibid.
3 Agencia Bolivaria de Noticias, « Periodistas coinciden en que Globovisión es promotor de protestas de oposición », 29 mai 2007.
4 Agencia Bolivaria de Noticias, « Ministro Lara denunció que medios de oposición incitan a magnicidio », 27 mai 2007.
5 Agencia Bolivaria de Noticias, « CNN miente sobre Venezuela y Globovisión incita al magnicidio », 28 mai 2007.
6 Agencia Bolivaria de Noticias, « Globovisión continúa con la instigación a la desestabilización », 29 mai 2007.
7 Luigino Bracci Roa, « Fuerte temblor sacudió región central del país esta madrugada sin causar daños », Yvke Mundial, 4 mai 2009. http://www.radiomundial.com.ve/yvke/noticia.php?23910 (site consulté le 15 juin 2009).
8 Ibid.
9 Globovisión, « ¿Quién sintio el temblor primero? ¿Los chavistas o los opositores? », 4 mai 2009. http://www.youtube.com/watch?v=TwC0pLR-ajQ (site consulté le 15 juin 2009).
10 Ibid.
11 Ibid.
12 Ibid.
13 Reporters sans frontières, « Acharnement gouvernemental contre la chaîne Globovisión : lettre ouverte au Président Hugo Chávez », op. cit.
14 Ibid.
15 Reporters sans frontières, « Un journaliste a été tué, trois autres ont été blessés et cinq chaînes de télévision brièvement suspendues », 12 avril 2002. www.rsf.org/article.php3?id_article=1109 (site consulté le 13 novembre 2006).
16 Salim Lamrani, Cuba. Ce que les médias ne vous diront jamais (Paris : Editions Estrella, 2009).
Salim Lamrani est enseignant chargé de cours à l’Université Paris-Descartes et l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée et journaliste français, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis. Il a publié, entre autres, Double Morale. Cuba, l’Union européenne et les droits de l’homme (Paris : Editions Estrella, 2008). Son nouvel ouvrage s’intitule Cuba. Ce que les médias ne vous diront jamais (Paris : Editions Estrella, 2009) et comporte un prologue de Nelson Mandela. Contact : lamranisalim@yahoo.fr ; salim.lamrani@parisdescartes.fr
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Fidel Castro "Biographie à deux voix" [suite...] Quelle a été son enfance ? Où et quand s'est forgé le rebelle ? Quelles étaient ses relations avec Che Guevara ? Comment sa petite guérilla a-t-elle vaincu la puissante armée de Batista ? Le monde a-t-il été au bord de la guerre nucléaire pendant la "crise des missiles" d'octobre 1962 ? Combien de vois a-t-on tenté de l'assassiner ? Quelle impression lui a laissée le pape Jean-Paul II pendant sa visite à Cuba en 1998 ? Pourquoi critique-t-il si âprement Felipe Gonzalez et José Maria Aznar alors qu'il vante les qualités du roi Juan Carlos ? Quels souvenirs garde-t-il de François Mitterrand, de Régis Debray, du commandant Cousteau ? Comment explique-t-il l'"affaire Ochoa" ? Que pense t-il de la globalisation néolibérale, de la guerre en Irak et du président Bush ? Pourquoi les autorités cubaines ont-elles arrêté quelques soixante-dix opposant non violents en mars 2003, et appliqué, la même année, la peine de mort aux responsables du détournement d'un bateau ? Le régime souffre-t-il de la corruption ? Le socialisme cubain est-il vraiment "irrévocable" ? Quel est le secret de l'alliance avec Hugo Chávez ? Quelles sont les orientations actuelles de la politique et de l'économie cubaines ? Qu'adviendra-t-il après Fidel Castro ? L'entretien exhaustif d'Ignacio Ramonet donne lieu à des réponses inédites, et constitue une démarche que la figure éminemment controversée de Fidel Castro rend passionnante. C'est aussi un récit instructif sur le passé, le présent et l'avenir de la révolution cubaine et de l'Amérique latine alors que prend fin le long règne du Comandante. Théoricien des médias, journaliste,
l'une des voix les plus représentatives du mouvement altermondialiste,
Ignacio Ramonet est directeur du Monde diplomatique. |
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Cuba, Fidel et le Che ou l'aventure du socialisme [suite...] En le lisant je me disais que ceux qui critiquent Cuba et qui mentent le plus souvent auraient trouvé là des arguments nettement plus valables. Mais ce discours est quasiment passé inaperçu… Bon je ne vous dirai pas toute l’enquête que j’ai commencé à mener à Cuba pour tenter de comprendre ce qui se passait. J’ai eu la chance de trouver là-bas des amis particulièrement compétents sur la question et parmi eux Jacques françois Bonaldi qui depuis plus de trente ans vit à Cuba et traduit les discours de Fidel… Mais là c’est encore une autre histoire, il faudrait que j’explique Bonaldi, sa précision, son savoir, sa finesse, au bout de quelque temps comme son apport était fondamental je lui ai demandé de co-signer ce livre et je dois dire honnêtement qu’au point où nous en sommes c’est lui qui devrait en être l’auteur principal. Notons également le travail de réécriture entre deux auteurs à des milliers de kilomètres l’un de l’autre qu’a effectué nicole Amphoux. Mais revenons sur le fond, ce que j’ai découvert grâce à Bonaldi c’est la manière dont le socialisme cubain n’a cessé d’opérer sa propre rectification et ce sous le feu de l’ennemi. C’est pour cela qu’il y a dans le titre l’idée que loin d’être un modèle clé en main le socialisme est une aventure: on croit savoir mais en fait comme Fidel le disait recemment en citant Socrate “on s’aperçoit que l’on ne sait rien”… Donc ce livre décrit comment depuis le début de la révolution jusqu’à aujourd’hui où Cuba est en pleine ébullition souterraine, Cuba n’a rien de ce monde figé mais au contraire poursuit une marche qui comme toute les marches paraît parfois un déséquilibre compensé. la masse des problèmes est immense et on croirait parfois que les êtres humains s’ingénient à en rajouter mais il y a à Cuba les racines du courage surhumain d’un peuple: pour les Cubains le socialisme se confond avec l’indépendance nationale. Cuba appartient au Tiers-monde, à tous ceux qui ont connu la colonisation, l’oppression, l’esclavage et sans tenir compte de cela on ne comprend rien à ce pays. Dans la quatrième de couverture, nous citons Fidel qui explique que le capitalisme à travers la propriété privée remonte à la nuit des temps, il y a même eu la propriété sur des êtres humain, l’esclavage et on a prétendu inventer la démocratie alors que l’immense majorité de la population était esclave… le socialisme lui n’a pas un tel passé derrière lui, il est encore dans les langes. Tout est à faire, d’où là encore l’idée d’aventure. Aventure peut aussi être pris comme ad-venture, ce qui doit advenir, parce que si le socialisme n’advient pas cela risque d’être la fin de l’humanité. Enfin, j’ai découvert toujours grâce à J.F.Bonaldi la manière dont la pensée du Che est constamment présente à Cuba, pour Fidel en particulier. Mais je vous laisse le soin de découvrir ce dialogue sur le socialisme qui se poursuit encore aujourd’hui. C’est le troisième sens de l’idée de l’aventure, la vie comme un beau voyage, une belle aventure pour celui ou celle qui lui consacre sa vie… Voilà trés sommairement résumé un livre dont je puis dire qu’il témoigne d’ un respect de l’histoire de ce peuple héroïque et des deux hommes extraordinaires que sont le Che et Fidel, unis par l’amitié et par le compagnonnage révolutionnaire sans pour autant jamais tomber dans l’hagiographie, en faisant état constamment des problèmes, des difficultés, des erreurs, parce qu’il nous paraît qu’ils mettent encore plus en lumière le côté prométhéen de Cuba, c’est-à-dire la révolte du Titan qui alla voler le feu des dieux pour que les hommes se réchauffent et se protégent des bêtes féroces.
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RSF
sans Ménard [suite...] 30 septembre 2008 Deux ans qu’il y songeait mais à la question posée vendredi : « Vous partez pour quoi faire ? » il bafouille de première. Il est « plein d’envies et plein de souhaits », il va voir si sa femme l’embauche dans sa revue Média (trimestrielle et confidentielle), il va monter une maison d’édition (il eût dû commencer à la mettre en route, depuis deux ans), il va peut-être faire de la politique, lancer un nouveau journal. Bref, décryptons : vendredi 26 septembre, il ne sait pas, il est psychologiquement à la rue. Mais le plus beau bobard de Ménard, je veux dire le plus comique, celui par lequel il prouve qu’il a toujours pris les journalistes et les lecteurs pour des abrutis est le suivant : Il fallait à RSF quelqu’un qui connaisse mieux Internet que moi. Ô discrédit des journalistes dont aucun recevant cette galéjade n’a bondi pour s’écrier : « Mais la plupart des grands patrons, des ministres ne touchent jamais un clavier. Chirac ne savait même pas ce qu’était une souris ! Qu’est-ce que vous nous chantez-la ? » Ils nous auraient, impassibles et polis, pareillement transmis la réponse de Ménard si elle avait été : « Je pars parce que j’arrive pas à régler le fauteuil de mon bureau » ou « J’ai deux téléphones dans le bureau, je sais jamais lequel sonne » ou « Depuis qu’on m’a volé l’ordinateur portable, j’en ai un nouveau, mais je n’arrive pas à ouvrir la fermeture éclair de la sacoche ». Robert Ménard qui a grandi avec RSF dans la dissimulation et le mensonge , quitte RSF en lançant des rafales d’ultimes impostures que ses successeurs doivent assumer sur leurs fonds baptismaux. Cela commence mal pour son successeur Jean-François Julliard. En l’absence de vérité, la duperie étant établie par la multiplication de réponses à géométrie variable et à haut niveau de bêtise, il reste des hypothèses. En voici cinq dont je tiens pour probable qu’une, au moins (voire plusieurs), tape dans le mille. 1 – Viré par l’Elysée. La classe politique, exaspérée, renvoie à la niche le toutou tout fou qui mord la main de l’Etat français qui le nourrit depuis des années et qui lèche celle de Bush. Vu sur le site de RSF : « Le 9 octobre prochain, Robert Ménard publie un ouvrage intitulé « Des libertés et autres chinoiseries » aux Editions Robert Laffont, dans lequel il revient sur la campagne pour le boycott de la cérémonie d’ouverture des JO de Pékin. Récit inédit sur les coulisses et les négociations secrètes menées autour des Jeux, ce livre est aussi un essai mordant sur la presse, les droits de l’homme et les lâchetés de la classe politique. » Il est vraisemblable que « la classe politique » a déjà lu ce livre avant sa mise en librairie et qu’elle n’a pas aimé ça. Ménard injurie Sarkozy qu’il a traité de « lâche » pour avoir été brièvement à Beijing où le fidèle sponsor de RSF, Bush, a séjourné plusieurs jours sans être injurié par notre ONG, par l’opinion publique états-unienne ou la nôtre. Est-ce que le Pouvoir a jeté le citron pressé Ménard afin de sauver RSF si utile pour effacer les syndicats de journalistes, escamoter les problèmes de la presse en France et ceux du droit à l’information ? Les médias ont commencé à évoquer ce que des sites Internet démontrent depuis des années : les liens de RSF avec les USA. Un journaliste du Figaro, Eric Zemmour, va jusqu’à affirmer à le télévision que RSF est manipulée par le CIA. Première hypothèse donc : L’Elysée en a usé avec Robert Ménard comme pour des journalistes de la presse écrite et de la télé : « Viens ici, t’es viré, et surtout, tais-toi ». Comment ? Avec quels moyens de pression ? La menace de laisser les médias populariser vraiment le livre « La face cachée de Reporters sans Frontières. De la CIA aux Faucons du Pentagone » récemment réédité (éditions Aden) a-t-elle suffi ? Il serait présomptueux de le dire. Mais il est juste de prétendre (pub) qu’on saisit mal les ingrédients de la puissance de RSF et en même temps de sa fragilité sans avoir lu cette enquête. Après 5 mois d’omerta, la presse française, comme sur un coup de baguette magique, a découvert ce livre en groupe serré, dans la semaine (le lendemain pour les plus rapides sortant d’un coma hibernal) qui a suivi les incidents de la flamme olympique à Paris. L’Elysée dispose-t-il d’un dossier complémentaire pour obtenir si vite, si brutalement, le départ et le silence de Ménard sur les vraies raisons de son départ. L’avenir (ou le Canard Enchaîné ?) nous le dira. 2 - Ménard a été viré en cadeau de la France aux Chinois en colère. L’affront fait à la Chine le 9 avril à Paris n’est pas pardonné et la plaie ouverte sera longue à se refermer. Faute d’informations dans les médias français sur RSF, les Chinois sont venus les chercher auprès de moi. Plusieurs exemplaires de mon livre ont été achetés par leur ambassade en mai pour envoi en Chine et traduction à destination de leurs médias et des autorités politiques. Après la soudaine et brève ruée des médias français, j’ai donc vu déferler vers moi les médias chinois, avec la même force, sauf qu’ils ne se retirent pas. Sur le moteur de recherche chinois (baidu.com), les articles qui font référence à mon livre sont nombreux. La presse écrite chinoise en parle beaucoup. Radio Chine International arrose la planète depuis le mois de juin, en diffusant en 45 langues (dont l’Esperanto !) une interview que je lui ai accordée en mai. Ces jours-ci encore, je suis averti de la parution d’articles inspirés de mon livre dans deux journaux chinois à gros tirage (500 000 et 3 millions d’exemplaires). Et ça n’arrête pas depuis le passage de la flamme olympique à Paris et les exploits de Ménard. Nos diplomates en poste en Chine, nos entreprises ont vu cette contre-attaque médiatique continue. Qu’elle se poursuive sans faiblir presque six mois après le camouflet français indique que les dégâts sont profonds. On se souvient que Paris a envoyé au mois de juin à Beijing des émissaires de haut niveau : Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre et Christian Poncelet, président du Sénat qui ont demandé à être reçus par le président chinois, Hu Jintao. Plus récemment, preuve que rien n’est aplani, Nicolas Sarkozy a reçu à l’Elysée la jeune Jin Jing, athlète chinoise handicapée, bousculée par les fanatiques chauffés à blanc par RSF lors du passage de la flamme olympique qu’elle défendit avec courage. Cette jeune fille est devenue une héroïne nationale en Chine, symbole vivant d’un « racisme français anti-chinois ». Le film de sa résistance a été passé en boucle à la télévision chinoise. Un journaliste chinois en poste depuis 15 ans en France, amoureux de notre pays, me confiait récemment : « J’étais en Chine il y a quelques semaines, j’ai constaté, avec une profonde douleur, la montée d’un sentiment anti-français dans la jeunesse chinoise ». Le rétablissement de relations amicales (établies par le général De Gaulle) culturelles et commerciales normales entre la France et le pays le plus peuplé du monde passait-il par l’élimination du responsable du désastre ? C’est une hypothèse à retenir. 3 - Ménard est lâché par les USA. Les liens de RSF avec des vitrines écrans de la CIA commencent à être des secrets de Polichinelle. Des milliers d’articles y sont consacrés sur la Toile dans de nombreuses langues. Des livres de librairie traitent cette question. Les médias officiels commencent à briser la loi de l’omerta. Il faut dire que, s’agissant de griller RSF, Collin Powel y est allé de sa gaffe. Dans son rapport Commission for Assistance to a free Cuba (458 pages) qu’il a remis en mai 2004 à Georges Bush, il en appelle fiévreusement aux ONG (NGOs, Non-Governmental Organizations) à presque toutes les pages (et jusqu’à dix fois à la page 77) pour aider son pays. Mais (page 20) une seule est citée en exemple : Reporters Sans Frontières (Reporters Without Borders). Des documents se déclassifient aux USA. Des journalistes d’investigation comme Diana Barahona, des avocats de droits de l’Homme, comme Eva Golinger, s’appuyant sur des lois états-uniennes, demandent des comptes aux organismes distributeurs des subventions votées par le congrès. Et le transfert de fonds d’officines écrans de la CIA, que les comptes publics publiés par RF sur Internet occultaient naguère, est désormais prouvé, au dollar près. RSF commence à être nue. Dans ses innombrables apparitions dans les médias, Ménard se défend mal : arrogant, agressif, il injurie ses contradicteurs et ment avec une impudence qui scandalise. Il n’est plus the right man in the right place. 4 - Ménard a trouvé une autre gamelle dans une dictature arabe. Une dépêche d’Associated Press tombée dimanche 28 septembre à 16 heures 40 nous annonce un spectaculaire rebond de Ménard pendant le W.E. en direction de Doha, au Qatar, pays d’Al Jazeera, chaîne arabe honnie par les USA, lesquels ont fait subir à des journalistes des enlèvements, assassinats, séquestration sous l’œil placide de RSF. Une information livrée le 28 septembre sur la Toile par le quotidien algérien l’Expression est plus explicite : sous le titre « ROBERT MENARD QUITTE RSF POUR ALLER AU QATAR » l’hebdomadaire explique : « Il dirigera Centre for Media Freedom à Doha » avec « des privilèges d’un sultan de la presse mondiale ». Le Qatar est un pays peuplé de moins d’un million d’habitants, gorgé de pétrole et dirigé par un cheikh, mot arabe qui veut dire dictateur. RSF est cofondatrice (décembre 2007) avec l’émirat du « Centre pour la liberté de l’information ». Robert Ménard en est le directeur général. Dans son Centre, une maison d’accueil de journalistes femmes a été ouverte, il va s’en ouvrir une pour les hommes. Tout est bien, personne ne se mélange. D’après Associated Press, Ménard se félicite du soutien de cheikha Moza bint Nasser al-Missned, considérée comme la plus influente des épouses de l’émir du Qatar, le cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani. Ménard concède que l’émirat, 79e du classement 2007 de la liberté de la presse de RSF, peut encore « faire des progrès en la matière ». Et pas qu’en cette matière, d’ailleurs. En effet, le Qatar connaît-il des déficits de démocratie uniquement avec la presse ? Non. La palette est large si l’on en croit l’organisation Amnesty International. Les tribunaux continuent de prononcer des condamnations à mort et des peines de flagellation, « Les autorités n’ont pris aucune mesure appropriée pour mettre fin à la discrimination et aux violences contre les femmes ». Les travailleurs migrants sont durement exploités, certains ne sont pas payés, ceux qui protestent sont interpellés, maltraités, puis ont été renvoyés dans leur pays. Après une visite au Qatar la rapporteuse spéciale des Nations unies sur la traite des personnes, en particulier les femmes et les enfants, a exprimé sa préoccupation à propos des travailleurs immigrés victimes de traite d’êtres humains. On compte 22 prisonniers au moins sous le coup d’une sentence capitale. Aucune enquête n’a été menée par les autorités du Qatar sur les actes de torture et les mauvais traitements qui auraient été infligés à au moins 31 prisonniers condamnés pour leur participation présumée à une tentative de coup d’Etat. Le droit du Qatar ne comporte pas une définition de la torture conforme aux normes internationales, les procédures d’arrestation et de détention sont susceptibles de favoriser le recours à la torture contre les suspects. Abdullah Hussein Ali Ahmed al Malki a été privé de sa nationalité pour avoir critiqué e les autorités lors d’une émission de la chaîne de télévision Al Jazeera, en mai 2005. Bref, Ménard frétille à l’idée de travailler pour une dictature monarchique polygame ou la violence contre les femmes n’est pas illégale, où la presse est malmenée, les travailleurs traités comme des esclaves, tandis que perdurent la flagellation, la torture et la peine de mort. 5 - Le départ de Ménard précède un aggiornamento de RSF. Les USA, les pouvoirs publics, le MEDEF ont besoin d’ONG vierges. Est-il possible de re-toiletter la façade de RSF ? Si oui, l’illusion sera de courte durée. Chat échaudé… A l’encontre, observons que les départs des caudillos s’accompagnent souvent de ruptures avec les méthodes et les orientations antérieurs. Espérons que le successeur de Ménard, Jean-François Julliard, avec qui j’ai échangé des mails courtois (malgré nos désaccords et la menace publique de procès exprimée par RSF à mon encontre) pendant l’écriture de mon livre saura recadrer RSF vers un travail d’ONG au service de la presse, des lecteurs, des journalistes. Inutile donc de démarrer un procès d’intention, inutile même de brûler d’impatience, de guetter dès aujourd’hui des signes de changements. Laissons à RSF sans Ménard le droit à un délai, accordons-lui un Etat de grâce, octroyons-lui le temps nécessaire à amorcer un virage. N’ergotons pas sur son élémentaire liberté de faire son travail sans forcément chercher à plaire à tous, pourvu que l’éthique s’installe dans un bureau laissé vacant. Maxime Vivas
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[suite...] On peut juger, en tout cas, de l’illégitimité de cette défense par la légitimité de l’offensive. On peut juger de la bassesse des défenseurs par la grandeur des attaquants. Qui attaque Cuba ? Des gouvernements très puissants qui parlent au nom de la démocratie et des droits de l’homme ; des gouvernements très puissants qui parlent au nom de la démocratie et des droits de l’homme et qui envahissent ou soutiennent l’invasion de nations souveraines ; des gouvernements qui parlent au nom de la démocratie et des droits de l’homme et qui tuent pour sauver des banques et des entreprises pétrolières ; des gouvernements qui parlent au nom de la démocratie et des droits de l’homme et qui ordonnent – ou y consentent – les séquestrations de la CIA, les camps de torture, les prisons secrètes, le contrôle des téléphones et des communications, la suspension de l’habeas corpus, le racisme exterminateur des lois migratoires et un bon nombre de dictatures collaborationnistes ; des gouvernements très puissants qui parlent publiquement de démocratie et de droits de l’homme et qui bafouent la démocratie et les droits de l’homme, et qui le font non pas parce qu’ils sont hypocrites ou rusés, mais parce qu’ils savent qu’il est autant utile de les violer que de les invoquer. Pourquoi peuvent-ils parler publiquement de démocratie et de droits de l’homme ? Précisément parce qu’ils peuvent les bafouer et les violer publiquement sans trop d’opposition. Pourquoi croit-on à ce qu’ils disent et non à ce qu’ils font ? Parce que leurs moyens pour se faire entendre sont aussi puissants que leurs moyens pour violer, tuer et détruire. Cuba ne pourra jamais avoir raison face à une irrationalité aussi irrésistible ; Cuba ne pourra jamais être juste face à une injustice aussi criminelle.
Salim Lamrani, enseignant et journaliste spécialiste de Cuba, collaborateur habituel de Rebelión, a très bien compris qu’une partie de la stratégie de sape de la révolution cubaine passe par le fait de l’obliger à se défendre sans cesse, afin que tous ses principes paraissent rhétoriques, ses vérités vides de sens, ses chiffres gonflés, ses acquis douteux. Face à cette autolégitimation de l’attaquant – basée sur sa propre capacité à attaquer –, face à laquelle toute défense se retrouve délégitimée, il s’agit moins d’insister sur la légitimité de la révolution que de questionner radicalement la légitimité de ses détracteurs. C’est ce que fait Salim Lamrani dans Double Morale. Cuba, l’Union européenne et les droits de l’homme. Avec un calme très efficace, sans rhétorique, en ayant toujours recours à des rapports officiels au-delà de tout soupçon, il ose faire face aux gouvernements européens les plus belligérants contre Cuba sur leur propre terrain, là où ils se croient le plus intouchables ou d’où ils prétendent imposer leur doctrine au reste du monde. Abordant la question la plus difficile, la plus sensible et également la plus manipulée, l’ouvrage court et convaincant de Lamrani accumule tant d’accusations contre l’UE (et, bien sûr, contre les Etats-Unis) qu’apparaît naturellement aux yeux du lecteur tout ce que la propagande nous cache par le biais d’artifices et de violences symboliques, à savoir, les véritables raisons de l’offensive anti-cubaine et, indissociable de celles-ci, la supériorité positive et manifeste de Cuba – et pas seulement de manière comparative – dans la défense des droits de l’homme.
Mais les comparaisons sont vraiment édifiantes et je ne peux pas résister à l’envie de citer un passage du livre de Lamrani qui, précisément sous ce titre (« une comparaison édifiante »), exprime parfaitement aussi bien l’illégitimité morale et démocratique de l’Union européenne que le talent de l’auteur pour ordonner des vérités de façon à ce qu’elles puissent être perceptibles. Pour un compte rendu, la citation est longue ; pour un résumé judiciaire, elle est trop courte :
« Contrairement aux rapports concernant les pays de l’Union européenne, Amnesty International n’a rapporté, pour ce qui concerne Cuba, • Aucun cas d’assassinat politique contrairement au Royaume-Uni. • Aucun cas de torture ou traitement inhumain contrairement à la Belgique, à Chypre, à l’Estonie, à la France, à la Grèce, à l’Italie, à la Lettonie, à Malte, à la République tchèque et au Royaume-Uni. • Aucun cas d’utilisation de preuves obtenues sous la torture contrairement à l’Allemagne et à Chypre. • Aucun cas de disparition contrairement à l’Estonie. • Aucun cas d’enlèvement de personnes par les autorités contrairement à l’Italie. • Aucun cas de violation du droit à la vie contrairement à la Suède. • Aucun cas d’impunité suite à un crime commis par des agents de l’Etat contrairement à l’Autriche, l’Espagne, la France, la Grèce, l’Irlande, l’Italie, le Portugal, la République tchèque et au Royaume-Uni. • Aucun cas de trafic d’êtres humains contrairement à la Grèce et à la Lituanie. • Aucun cas de violence contre les mineurs commises par des agents de l’Etat, contrairement à l’Estonie, la République tchèque et la Slovaquie. • Aucun cas de violence systématique contre les femmes contrairement à la plupart des pays européens. • Aucun cas de violence contre les minorités contrairement à l’Allemagne, à l’Estonie, à la France, la Grèce, la République tchèque, le Royaume-Uni et à la Slovaquie. • Aucun cas d’enfants privés d’accès à l’éducation en raison de leur origine ethnique contrairement à la Grèce, la Hongrie, la République tchèque, la Slovaquie, la Lettonie, et la Slovénie. • Aucun cas d’enfants internés en raison de leur origine ethnique contrairement à la République tchèque et à la Slovaquie. • Aucun cas de stérilisation forcée de femmes issues de minorités contrairement à la République tchèque et à la Slovaquie. • Aucun cas de citoyens déchus de leur nationalité contrairement à la Grèce et à la Slovénie. • Aucun cas d’utilisation de lits-cages pour enfermer les handicapés mentaux contrairement à la République tchèque. • Aucun cas de répression de manifestants contrairement à Chypre et à Malte. • Aucun cas de familles expulsées de leur logement contrairement à la Hongrie. • Aucun cas de violences sur les handicapés contrairement à l’Irlande. • Aucun cas de mineurs incarcérés contrairement à l’Espagne, l’Estonie et l’Irlande. • Aucun cas de malades mentaux mis en prison contrairement à l’Autriche, à l’Irlande et à l’Italie. • Aucun cas de suicide en prison contrairement à l’Italie. • Aucun cas d’automutilation en prison contrairement à l’Italie. • Aucun cas de manque d’attention médicale contrairement à l’Estonie, l’Italie, et au Royaume-Uni. • Aucun cas de violences policières contrairement à la plupart des pays européens. • Aucun cas de suspension des garanties constitutionnelles contrairement à la France. • Aucun cas de traite d’êtres humains contrairement à la Grèce. • Aucun cas d’incitation à la haine raciale et à la discrimination par les autorités contrairement à la Hongrie et à la Lettonie. • Aucun cas d’expulsion de demandeurs d’asile contrairement à l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, Chypre, la France et à la Grèce ». Avec un véritable bon sens, Salim Lamrani brandit contre l’UE une source qu’elle-même reconnaît et utilise, mais le nombre de violations des droits de l’homme commises dans les pays européens et non commises à Cuba augmenterait sans aucun doute si l’on acceptait les dénonciations d’organismes moins officiellement « indépendants ». Pour les défenseurs des droits de l’homme, il est clair, en tout cas, non seulement que la propagande occidentale contre Cuba est dénuée de fondement mais qu’elle inverse littéralement (conformément à une projection freudienne consciente et intéressée) le partage des rôles : la vérité est que pendant que le gouvernement de l’île caribéenne oriente toute sa politique vers la protection des droits de l’homme, les gouvernements européens (suivant celui des Etats-Unis) montrent clairement que les temps – si l’on veut protéger le capitalisme – ne sont pas aux scrupules juridiques ni aux simagrées humanistes. C’est pour cela qu’a servi et que sert encore la propagande contre Cuba ; si elle aide à la faire tomber, très bien ; sinon, au moins on arrive à camoufler un peu l’infamie croissante de ceux qui l’attaquent. Après avoir lu le livre de Salim Lamrani, les atrocités commises par ceux qui les racontent m’inquiètent beaucoup plus que les bêtises que l’on raconte sur Cuba ; et l’ingénuité avec laquelle on avale ce que nous racontent nos journalistes et nos gouvernements sur eux-mêmes m’inquiètent beaucoup plus que l’ingénuité avec laquelle on gobe les bobards qu’ils nous racontent sur Cuba. Après avoir lu le livre de Salim Lamrani, je suis surtout inquiet de l’horreur de tout ce que les anti-cubains de l’Union européenne sont en train de faire aux Européens, et du silence avec lequel nous le supportons sans une plainte. Sur ce point également les Cubains ont beaucoup à nous apprendre : parce qu’au moins eux se défendent. Double Morale. Cuba l’Union européenne et
les droits de l’homme Prix : 10€ Pour toute commande, veuillez contacter lamranisalim@yahoo.fr
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Le premier geste de Barack Obama à l’égard
de Cuba Les médias internationaux ont salué avec emphase la levée par le président Obama des sanctions édictées par son prédécesseur à l’encontre de Cuba. Certains en ont conclu que la balle se trouve désormais dans le camp cubain. Cette présentation ressort de la pure propagande, observe Salim Lamrani, même si elle vise, peut-être, à préparer les États-Unis à un authentique changement. En réalité, les sanctions imposées par le président Bush ne sont que la partie immergée de l’iceberg. Le problème principal est l’embargo qui étouffe l’île depuis prés d’un demi-siècle auquel s’ajoutent trois contentieux supplémentaires. Certes Cuba doit se montrer réceptif à la nouvelle administration US, et il l’a fait, mais c’est à Washington qu’il revient de prendre des décisions. Beaucoup de décisions. Le 13 avril 2009, Barack Obama a effectué un premier pas constructif à l’égard de Cuba en annonçant la levée de certaines restrictions affectant les Cubains résidant aux États-Unis. Désormais, ces derniers pourront se rendre dans leur pays d’origine sans aucun obstacle et effectuer des transferts d’argent illimités à leurs familles. Le président états-unien tient ainsi sa promesse électorale et met un terme définitif aux sanctions économiques imposées par son prédécesseur George W. Bush en mai 2004, qui limitaient drastiquement les visites des émigrés cubains vers leur pays à 14 jours tous les trois ans et réduisaient l’aide financière à 100 dollars par mois [1]. Il s’agit du premier assouplissement significatif de la politique états-unienne à l’égard de La Havane depuis près de trente ans. En effet, en septembre 1977, le président James Carter avait levé les restrictions concernant les voyages pour les Cubains-américains. Mais en avril 1982, elles furent rétablies par son successeur Ronald Reagan. Ainsi, pour la première fois depuis 1982, les émigrés cubains, à l’instar des autres minorités résidant aux États-Unis, vont pouvoir se déplacer sans restrictions, mettant ainsi fin à une situation cruelle qui divisait les familles et violait les droits de la communauté cubaine [2]. Obama a également élargi la liste d’articles humanitaires qu’il est possible d’envoyer à Cuba aux vêtements, produits hygiéniques et matériel de pêche. Par ailleurs, les entreprises de télécommunications états-uniennes seront autorisées à fournir leurs services aux habitants de l’île [3]. L’annonce de la Maison-Blanche intervient à quelques jours du Sommet des Amériques qui se tiendra du 17 au 19 avril 2009 à Trinidad et fait suite au mouvement unanime des présidents latino-américains —dont pas moins de huit d’entre eux ont rendu visite à La Havane depuis janvier 2009— en faveur d’une normalisation des relations entre Cuba et les États-Unis, désormais seul pays du continent à ne pas avoir de relations avec le gouvernement de Raúl Castro [4]. En effet, le Costa Rica et le Salvador, qui étaient les seuls pays latino-américains à ne pas avoir de liens diplomatiques avec Cuba, se sont rapprochés de l’île. Oscar Arias a annoncé le 18 mars 2009 le rétablissement des relations entre San José et La Havane après presque cinquante ans de rupture. « Si nous avons pu tourner la page avec des régimes autant opposés au nôtre que l’étaient l’Union soviétique et plus récemment la Chine, comment ne pas le faire avec un pays qui géographiquement et culturellement plus proche tel que Cuba ? », a-t-il déclaré. Il a également lancé un appel à Washington en faveur d’une normalisation des relations avec La Havane : « Obama a affirmé lors de sa campagne qu’il voulait converser avec Téhéran sans condition aucune, sans restriction aucune, et je pense donc qu’il devrait avec d’autant plus de raisons en faire autant avec le régime cubain [5] ». Le Salvador en a fait autant. L’une des premières décisions du nouveau président Mauricio Funes, qui prendra ses fonctions le 1er juin 2009, a été d’annoncer le rétablissement des relations diplomatiques avec Cuba, suspendues depuis 1959 [6]. San Salvador ne peut pas être la seule capitale « d’Amérique latine qui n’a[it] pas de relations diplomatiques avec Cuba », a souligné Funes [7]. En mars 2009, le Congrès et le Sénat étasuniens avaient déjà temporairement suspendu les restrictions imposées par Bush pour une durée d’un an [8]. Obama les a définitivement éliminées le 12 mars 2009. Il s’agit sans nul doute d’un pas encourageant mais insuffisant. Au sein du Congrès, les initiatives en faveur d’un allègement des sanctions économiques se sont multipliées. Un projet législatif, soutenu par plus de vingt congressistes démocrates et républicains, destiné à éliminer les obstacles pour la vente de produits agricoles et permettre les transactions financières directes avec Cuba, a été déposé le 26 mars 2009 par le représentant républicain Jerry Moran du Kansas. « Vues les difficultés qu’impose la situation économique actuelle à nos producteurs, il s’agit du moment opportun pour inciter les États-Unis à effectuer des changements dans sa politique commerciale à l’égard de Cuba », a souligné Moran. « Cuba est un important marché pour la production agricole états-unienne, ainsi que pour les produits manufacturés et distributeurs d’aliments », a-t-il ajouté [9]. Le 3 avril 2009, sept importants membres du Congrès états-unien se sont rendus à La Havane, pour une visite de cinq jours, afin d’établir un dialogue au sujet d’un éventuel rapprochement entre les deux pays. Barbara Lee, chef du groupe de représentants, a noté qu’il était « temps de parler de Cuba ». Elle a été reçue à la fois par Raúl Castro et Fidel Castro [10]. « Nous sommes convaincus que le président Castro voit que la normalisation et la fin de l’embargo serait bénéfique pour les deux pays », a-t-elle ajouté. Pour sa part, le congressiste démocrate de l’Illinois Bobby Robson a exprimé la bonne impression laissée par Fidel Castro : « Il est à l’opposé de ce que les médias disent de lui. Il m’a surpris [par] son grand sens de l’humour, sa connaissance de l’histoire et sa qualité d’être humain [11] ». De son côté, le sénateur républicain Richard G. Lugar a exhorté l’administration Obama de nommer un envoyé spécial pour Cuba dans une lettre datée du 30 mars 2009, faisant référence à « une politique qui a non seulement échoué […] mais qui nuit également à nos intérêts politiques et de sécurité [12] ». Un groupe de douze militaires de haut rang à la retraite a lancé un appel à Obama le 13 avril 2009 afin qu’il soutienne et signe le projet de loi présenté par le congressiste démocrate Bill Delahunt, qui permettrait aux citoyens états-uniens de se rendre à Cuba, en reprenant les arguments du sénateur Lugar. « L’embargo a provoqué un mouvement diplomatique significatif contre la politique des États-Unis. En tant que militaires professionnels, nous comprenons que les intérêts des États-Unis sont mieux servis quant le pays est capable d’obtenir le soutien des autres nations envers notre cause », ont-ils déclaré. « Dans le monde entier, les leaders réclament un véritable changement politique basé sur les espoirs que vous avez suscité avec votre campagne. Cuba s’offre comme l’élément le plus accessible pour démontrer ce changement et ce serait de plus une manœuvre qui resterait profondément gravée dans la mémoire de nos partenaires et rivaux du monde », ont-ils conclu [13]. Fidel Castro a réitéré la disposition de Cuba au dialogue : « Il n’est pas nécessaire de souligner ce que Cuba a toujours dit : nous ne craignons pas de dialoguer avec les États-Unis. Nous n’avons pas besoin de confrontation pour exister, comme pensent certains imbéciles ; nous existons précisément parce que nous croyons en nos idées et que nous n’avons jamais eu peur de dialoguer avec l’adversaire. Il s’agit de la seule façon d’obtenir l’amitié et la paix entre les peuples [14] ». Le leader révolutionnaire a également tenu à préserver le président états-unien : « Notre pays […] n’accuse pas Obama des atrocités commises par les autres gouvernements des États-Unis. Il ne questionne pas non plus sa sincérité et ses désirs de changer la politique et l’image des États-Unis. Il comprend qu’il a livré une bataille très difficile pour être élu, malgré les préjugés séculaires [15] ». Le président Raúl Castro en a fait de même en faisant part de sa « disposition à discuter de n’importe quel sujet, en ayant comme seules prémisses l’égalité souveraine des États, le respect absolu de l’indépendance nationale et le droit inaliénable de chaque peuple à l’autodétermination [16] ». La secrétaire d’État Hillary Clinton a déclaré que c’était désormais au tour de Cuba de faire un geste « réciproque ». El País, important quotidien espagnol, a immédiatement repris la position de Washington dans un éditorial : « En levant les restrictions sur les transferts d’argent et les voyages dans l’île, Obama a placé Cuba et les pays jusqu’alors les plus hostiles à l’égard des États-Unis dans la nécessité de répondre par un geste qui contribue également à la détente ». Rien ne saurait être plus éloigné d@Ïßð8@té. En effet, le président états-unien n’a fait que réparer une infime partie des nombreuses injustices commises par ses prédécesseurs à l’égard du peuple cubain. Cuba ne s’est jamais immiscée dans les affaires internes des États-Unis, ne les a jamais agressés, n’a jamais envahi militairement le territoire étasunien, n’a jamais cherché à subvertir l’ordre établi ou à renverser son gouvernement, n’a jamais imposé de sanctions économiques, n’a jamais mis en place des lois extraterritoriales, n’a jamais financé une opposition interne, n’a jamais commis d’attentats terroristes contre le peuple états-unien, n’a jamais protégé de terroristes sur leur territoire, n’a jamais fomenté l’émigration illégale, n’a jamais occupé par la force une partie de leur territoire contre la volonté souveraine de leur peuple et n’a jamais diffusé de programmes subversifs en direction des États-Unis [17]. Le maximum que puissent faire les Cubains est de prendre acte de la rectification effectuée par la Maison-Blanche. Mais ils ne peuvent s’en contenter. Si Washington veut démontrer aux yeux du peuple cubain et du monde qu’il souhaite sincèrement établir un modus vivendi avec La Havane, il doit impérativement prendre les trois décisions suivantes : 1.Libérer immédiatement les cinq prisonniers politiques cubains injustement incarcérés depuis septembre 1998 pour avoir infiltré les groupuscules d’extrême droite de Floride impliqués dans des actes terroristes contre Cuba. Accusés de « conspiration en vue de commettre des actes d’espionnage », Gerardo Hernández Nordelo, Antonio Guerrero Rodríguez, Ramón Labañino Salazar, René González Sehweret et Fernando González Llort ont été condamnés à un total de quatre peines de prison à vie doublées de 77 ans lors d’une parodie de procès tenu à Miami. Trois militaires de haut rang, Eugene Carroll, contre-amiral de la Marine de Guerre des États-Unis actuellement à la retraite, Edward Breed Atkeson, général de division de l’armée des États-Unis, et James R. Clapper, lieutenant général des Forces aériennes des États-Unis, ont certifié à la Cour que les cinq Cubains n’avaient pas réalisé d’activités d’espionnage. Le procureur lui-même a reconnu qu’« à la lumière des preuves présentées lors du procès », prouver l’inculpation de Gerardo Hernández, accusé d’assassinat, « représente un obstacle insurmontable pour les États-Unis ». Malgré la confession du procureur, tous les membres du jury avaient reconnu Gerardo Hernández coupable d’homicide volontaire avec préméditation, sans poser une seule question à l’accusé ou au parquet, sans exiger la moindre clarification à ce sujet. La Cour d’Appel d’Atlanta a reconnu également qu’il ne s’agissait pas d’un cas d’espionnage, ni d’une atteinte à la sécurité nationale. Le 30 janvier 2009, la défense décida de faire appel auprès de la Cour suprême. Pas moins de dix Prix Nobel —José Ramos-Horta, actuel président du Timor Oriental, distingué en 1996, Wole Soyinka, écrivain nigérian récompensé en 1986, Adolfo Pérez Esquivel, Argentin Prix Nobel de la Paix en 1980, Nadine Gordimer, écrivain sud-africaine distinguée en 1991, Rigoberta Menchú, Guatémaltèque et Prix Nobel de la Paix en 1992, José Saramago, écrivain portugais récompensé pour ses œuvres littéraires en 1992, Zhores Alferov, Prix Nobel de Physique en 2000, Dario Fo, auteur italien récompensé en 1997, Gunter Grass, écrivain allemand dont les écrits ont été distingués par le prix Nobel de littérature en 1999 et Mairead Corrigan Maguire, Irlandaise Prix Nobel de la Paix en 1976— ont présenté une pétition Amicus Curiae auprès de la Cour Suprême états-unienne exigeant un procès équitable et la libération des cinq Cubains [18]. 2.Juger ou extrader vers le Venezuela, où il est recherché par la justice le terroriste international Luis Posada Carriles, responsable de plus d’une centaine d’homicides, pour les crimes qu’il a commis tout au long de sa trajectoire criminelle de près de 40 ans. Il est, entre autres, l’auteur intellectuel avec Orlando Bosch du sanglant attentat commis le 6 octobre 1976 contre l’avion commercial cubain 445 de Cubana de Aviación qui a coûté la vie à 73 personnes à la Barbade, incluant toute l’équipe junior d’escrime cubaine qui venait de remporter les jeux panaméricains, et commanditaire de la vague d’attentats qui a ensanglanté l’industrie touristique cubaine entre avril et septembre 1997, et qui a coûté la vie à un jeune Italien. En novembre 2000, il a également placé 45 kilos d’explosifs C-4 dans l’amphithéâtre de l’Université de Panama où s’étaient réunis 2 000 étudiants pour écouter le discours du président Fidel Castro. Il a été impliqué dans de nombreux autres actes criminels y compris plusieurs tentatives d’assassinat contre Fidel Castro, notamment lors de sa visite à Salvador Allende en 1971, lors de son voyage au Venezuela en 1988 et durant le second Sommet ibéro-américain de Madrid en 1992. Il est également responsable des assassinats de plusieurs fonctionnaires cubains en Argentine en août 1976 et a collaboré avec les services secrets d’Augusto Pinochet au Chili dans la disparition de nombreux opposants politiques. Il se trouve actuellement en liberté à Miami car Washington refuse de le juger pour les crimes qu’il a commis alors qu’il était agent de la CIA [19]. 3.Abroger la loi d’Ajustement cubain votée par le Congrès le 1er novembre 1966. Unique au monde, elle a pour but de stimuler l’émigration illégale et le vol de cerveaux et de politiser la problématique migratoire dans la guerre idéologique contre La Havane. Elle permet à tout Cubain émigrant légalement ou illégalement, pacifiquement ou par la violence, vers les États-Unis, d’obtenir automatiquement au bout d’un an la résidence permanente et de nombreux autres avantages. Dans le même temps, les États-Unis refusent d’accorder des visas aux Cubains souhaitant émigrer légalement, encourageant ainsi l’émigration clandestine et les coups de force. Le caractère criminel de cette loi est très clair. En limitant le nombre de visas accordés, Washington promeut l’émigration dangereuse qui coûte la vie à beaucoup de Cubains chaque année. Cette législation singulière pousse également les délinquants et les criminels à commettre l’irréparable pour quitter le pays, comme ce fut le cas le 3 mai 2007 lors d’une prise d’otages à l’aéroport de La Havane qui a coûté la vie au lieutenant-colonel Víctor Ivo Acuña Velásquez [20]. Si Obama adopte ces trois mesures, il gagnera en partie la confiance de La Havane, élément indispensable pour une éventuelle normalisation des relations. Le gouvernement révolutionnaire répondra alors positivement à la demande de Washington du 18 mars 2009 de libérer « les prisonniers politiques », en référence aux personnes arrêtées et condamnées en 2003 pour avoir accepté les émoluments offerts par Washington, violant ainsi la loi cubaine [21]. Washington n’a pas l’intention de lever immédiatement l’état de siège contre Cuba, qui empêche même l’île d’acquérir des appareils médicaux de première nécessité. Le vice-président Joseph Biden l’a confirmé le 28 mars 2009 lors de sa visite au Chili [22]. Il a néanmoins reconnu la nécessité d’un changement dans la politique étrangère des États-Unis à l’égard de La Havane [23]. Pourtant, hormis huit congressistes, incapables d’accepter le cours de l’histoire et défendant les intérêts les plus rétrogrades, qui se prononcent en faveur du statu quo actuel —à savoir les représentants républicains Ileana Ros Lehtinen (Floride), Mario Díaz Balart (Floride), Lincoln Díaz Balart (Floride) et démocrates Kendrick Meek (Floride), Debbie Wasserman-Schultz (Floride), Albio Sire (New Jersey) ainsi que les sénateurs Bob Menéndez (démocrate / New Jersey) et Mel Martinez (républicain / Floride)—, l’immense majorité des acteurs de la société états-unienne, à commencer par l’opinion publique, est en faveur d’une normalisation des relations avec Cuba. Selon un sondage de la chaîne états-unienne CNN du 10 avril 2009, 71 % des citoyens états-uniens sont en faveur d’un rétablissement des relations diplomatiques [24]. Un autre sondage réalisé le 15 avril 2009 par l’organisation World Public Opinion montre que 70 % sont favorables à la levée des interdictions pour les ressortissants état-suniens de voyager dans l’île [25]. Une chose est sûre : Barack Obama, qui dispose d’une opportunité historique de mettre un terme à un demi-siècle de conflit insensé, ne peut conditionner la normalisation des relations avec Cuba à un changement de la structure politique, économique et sociale du pays, car les Cubains sont dans l’incapacité d’accepter toute atteinte à leur souveraineté ou de céder au langage de la force. Par ailleurs, Washington a normalisé ses relations avec la Chine, le Vietnam et en partie avec la Corée du Nord, sans pour autant émettre une telle exigence. Faire preuve de discrimination à l’égard de La Havane à ce sujet, en plus d’être une tactique vouée à l’échec, minerait singulièrement la crédibilité de la Maison-Blanche dans sa volonté de limer les aspérités entre les deux nations. Salim Lamrani Enseignant chargé de cours à l’Université Paris-Descartes et à l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée et journaliste français, spécialiste des relations entre Cuba et les États-Unis. Auteur de Cuba face à l’empire : Propagande, guerre économique et terrorisme d’État, dernier ouvrage publié en français : Double Morale. Cuba, l’Union européenne et les droits de l’homme.
[2] Ibid. [3] John Dorschner & Monica Hatcher, « Liberan a los viajes a Cuba », El Nuevo Herald, 13 avril 2009. [4] Ibid. [5] Marianela Jiménez, « Costa Rica restablece relaciones con Cuba », The Associated Press, 18 mars 2009. [6] EFE, « Funes anuncia que en su futuro Gobierno restablecerá relaciones con Cuba », 18 mars 2009 ; Marianela Jiménez, « Costa Rica, El Salvador Promise Ties With Cuba », The Associated Press, 18 mars 2009. [7] El Nuevo Herald, « Costa Rica y El Salvador reanudan lazos con Cuba », 19 mars 2009. [8] Anne Flaherty, « Congress Vote to Ease Travel Restrictions », The Associated Press, 10 mars 2009 ; Lesley Clark & Frances Robles, « Senado suaviza controles sobre los viajes a Cuba », The Miami Herald, 11 mars 2009. [9] Wilfredo Cancio Isla, « Presentan legislación para facilitar las ventas agrícolas a Cuba », El Nuevo Herald, 27 mars 2009. [10] EFE, « Congresistas de EEUU se reúnen con funcionarios cubanos en La Habana », 4 avril 2009. [11] Andrea Rodriguez, « Fidel Castro recibe a congresistas de EEUU », The Associated Press, 7 avril 2009. [12] Wilfredo Cancio Isla, « Congresistas demócratas viajan a Cuba a abrir diálogo », El Nuevo Herald, 2 avril 2009. [13] Fidel Castro Ruz, « Militares con criterios acertados », Cuba Debate, 15 avril 2009. [14] Fidel Castro Ruz, « Con los pies sobre la tierra », Cuba Debate, 5 avril 2009. [15] Fidel Castro Ruz, « Del bloqueo no se dijo una palabra », Cuba Debate, 13 avril 2009. [16] Andrea Rodriguez, « Fidel Castro recibe a congresistas de EEUU », op. cit. [17] The Associated Press, « Clinton : US Waiting for Cuba’s Next Move », 16 avril 2009 ; El País, « La hora de Cuba », 14 avril 2009. [18] Salim Lamrani, Cuba. Ce que les médias ne vous diront jamais (Paris : Editions Estrella, 2009). [19] Ibid., et voire notre dossier Luis Posada Carriles. [20] Ibid. [21] EFE, « EEUU insta a Cuba a liberar presos políticos y mejorar en derechos humanos », 18 mars 2009. [22] EFE, « Biden rechaza que Estados Unidos vaya a levantar el bloqueo sobre Cuba », 28 mars 2009 ; Agence France Presse, « Biden : pas de levée de l’embargo contre Cuba, mais une politique différente », 29 mars 2009. [23] Agence France Presse, « EEUU espera compromiso de Cuba en derechos humanos », 31 mars 2009. [24] CNN, « Poll : Three-quarters favor relations with Cuba », 10 avril 2009. [25] Agence France Presse, « Mayoría de estadounidenses quiere viajar libremente a Cuba, según sondeo », 15 avril 2009.
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| Posada
inculpé aussi pour son implication dans les attentats DANS un changement de stratégie inattendu, les procureurs de Washington chargés de l’affaire Posada Carriles ont alourdi les charges présentées à El Paso, au Texas, contre le terroriste international, pour ses fausses déclarations concernant la campagne d’attentats qu’il avait déclenchée à La Havane en 1997. Selon l’agence de presse AP, Posada est accusé maintenant d’avoir menti à propos de son implication dans « le recrutement d’individus… pour réaliser des attentats à Cuba ». De façon plus spécifique, les procureurs du ministère public précisent qu’il n’a pas dit la vérité sur son implication dans le recrutement du mercenaire Raul Cruz Leon chargé de rapporter des explosifs dans l’île pour des attentats destinés à nuire à l’activité touristique. Une des actions terroristes provoquées par Cruz Leon, recruté au Salvador par Posada, avait causé la mort du jeune touriste italien Fabio di Celmo. Posada a avoué son implication dans ces crimes dans des interviews publiées aux Etats-Unis. Posada, au long passé de terroriste, auteur intellectuel de la destruction en plein vol d’un avion civil cubain ayant causé la mort des 73 passagers, devra dorénavant faire face à 11 chefs d’accusation, toujours devant le juge Kathleen Cardone qui l’a libéré. Le changement de stratégie des procureurs fédéraux, avec à leur tête John W. Van Lonkhuyzen, qui appartiennent à la section antiterroriste du département de la Justice – maintenant dirigé par Eric Holder – semble correspondre à une révision des stratégie devant les demandes réitérées d’extradition présentées par le gouvernement vénézuélien, à quelques jours du Sommet des Amériques, où le sujet sera inévitablement abordé. Le ministère public fédéral,
cependant, se limite à des accusations supplémentaires de
parjure et d’obstruction à la justice contre le plus célèbre
terroriste de l’hémisphère qui a travaillé
plus de 25 ans pour la CIA et qui a été, en outre, militaire
dans les forces armées nord-américaines. Les nouvelles charges
seront présentées aujourd’hui devant le tribunal d’El
Paso, lors d’une audience où Posada devrait normalement être
présent. (Jean-Guy Allard) 10/04/09
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