Coopération et Solidarité avec Cuba et le Peuple Cubain

Les antennes Cuba Si France Le Journal de Cubasi Chambres d'hôtes à Cuba Hôtel à Cuba

Jaqueline Coignard

L’Association Cuba Sí France Bretagne à la douleur de vous faire part du décès de Jacqueline Coignard, sa secrétaire.

Depuis de très nombreuses années, elle s’est consacrée entièrement à développer, en Bretagne, l’amitié entre les Bretons et le peuple cubain.

Nous saluons la mémoire d’une femme intègre, courageuse et totalement dévouée à la plus noble des causes : la paix, la solidarité et l’amitié entre les peuples. S’inspirant de son exemple, nous aurons à cœur de prolonger son action.


Jacqueline, Stand Cuba Si France
fête de l'Huma 2006
lors d'une séance de dédicaces
avec Salim Lamrani


 

Alain Auzou
Photographe

Exposition sur le thème "Cubains et Cigares"

du 5 mai au 30 juin 2009

EPSOM,
11 boulevard de Verdun, 76200 DIEPPE


 

Baila en Cuba 2009
22/11/09 au 28/11/09

Festival de Salsa à La Havane. Rendez-vous des Salseros du monde entier.

La semaine à partir de 397€

Programme et réservation :


Voyages à Cuba

-

En autotour ou en groupe
avec nos partenaires et spécialistes.
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et
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Les voyages sont proposés en chambres d'hôtes ou/et à l'hôtel selon vos envies.

Hébergements en chambres chez l'habitant dans toute l'ïle, avec un itinéraire à la Carte à votre rythme au plus près du peuple cubain.

Tout voyage individuel ou en groupe peut être établi sur mesure selon les thèmes du voyage..

Renseignements et devis :

cubalinda@wanadoo.fr

www.cuba-linda.com


Sur les Traces de La Révolution

Programme 2010
disponible à partir de
septembre 2009

"Spécial 1er mai 2009
sur la place de la Révolucion à La Havane"

Programme 2009 :

Photos du voyage
1er Mai 2009


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Pour les 5 !
10ème RASSEMBLEMENT à ARRAS

Vendredi 3 juillet 2009

Devant le Beffroi à partir de 18h00

Visitez le
nouveau site

www.les5.org


 

LIBEREZ LES 5

CONNAITRE L’INJUSTICE COMMISE CONTRE LES CINQ CUBAINS ANTITERRORISTES


Intervention de M. RAÚL CASTRO, PRÉSIDENT DES CONSEILS D’ÉTAT ET DES MINISTRES DE LA RÉPUBLIQUE DE CUBA, au sommet extraordinaire du groupe de Rio, réuni à Managua à la suite du coup d'Etat au Honduras.


 

Cuba met la libération des Cinq comme condition à un dialogue avec les USA

Déclaration de l’Assemblée Nationale de Cuba: Cruel acharnement contre nos Cinq frères.


1959 - 2009

50ème Anniversaire de la Révolution Cubaine

 


Les mensonges de Reporters sans frontières sur le Venezuela
par Salim Lamrani


Le premier geste de Barack Obama à l’égard de Cuba
par Salim Lamrani


Posada inculpé aussi pour son implication dans les attentats
de La Havane

DANS un changement de stratégie inattendu, les procureurs de Washington chargés de l’affaire Posada Carriles ont alourdi les charges présentées à El Paso, au Texas, contre le terroriste international, pour ses fausses déclarations concernant la campagne d’attentats qu’il avait déclenchée à La Havane en 1997.

Selon l’agence de presse AP, Posada est accusé maintenant d’avoir menti à propos de son implication dans « le recrutement d’individus… pour réaliser des attentats à Cuba ». De façon plus spécifique, les procureurs du ministère public précisent qu’il n’a pas dit la vérité sur son implication dans le recrutement du mercenaire Raul Cruz Leon chargé de rapporter des explosifs dans l’île pour des attentats destinés à nuire à l’activité touristique.

Une des actions terroristes provoquées par Cruz Leon, recruté au Salvador par Posada, avait causé la mort du jeune touriste italien Fabio di Celmo. Posada a avoué son implication dans ces crimes dans des interviews publiées aux Etats-Unis.

Posada, au long passé de terroriste, auteur intellectuel de la destruction en plein vol d’un avion civil cubain ayant causé la mort des 73 passagers, devra dorénavant faire face à 11 chefs d’accusation, toujours devant le juge Kathleen Cardone qui l’a libéré.

Le changement de stratégie des procureurs fédéraux, avec à leur tête John W. Van Lonkhuyzen, qui appartiennent à la section antiterroriste du département de la Justice – maintenant dirigé par Eric Holder – semble correspondre à une révision des stratégie devant les demandes réitérées d’extradition présentées par le gouvernement vénézuélien, à quelques jours du Sommet des Amériques, où le sujet sera inévitablement abordé.

Le ministère public fédéral, cependant, se limite à des accusations supplémentaires de parjure et d’obstruction à la justice contre le plus célèbre terroriste de l’hémisphère qui a travaillé plus de 25 ans pour la CIA et qui a été, en outre, militaire dans les forces armées nord-américaines. Les nouvelles charges seront présentées aujourd’hui devant le tribunal d’El Paso, lors d’une audience où Posada devrait normalement être présent.

L’assassin tortionnaire d’origine cubaine naturalisé vénézuélien, est en liberté depuis mai 2007 après que la juge Kathleen Cardone ait écarté les accusations concernant son entrée illégale aux Etats-Unis, présentées par le département de la Justice de l’administration Bush. Ce jugement a été révoqué en 2008 par le Tribunal d’appel du 5e Circuit de la Nouvelle-Orléans, qui a ordonné un nouveau procès.

(Jean-Guy Allard) 10/04/09


Raul reçoit des membres du Caucus noir du Congrès des
Etats-Unis

 


POUR LA 17e FOIS CONSECUTIVE

Une majorité écrasante de
l’Assemblée générale de l’ONU condamne le blocus contre Cuba

NEW YORK - 29 Octobre 2008

L’assemblée générale des Nations unies a adopté aujourd’hui à une écrasante majorité la résolution qui demande la levée du blocus étasunien contre Cuba, pour la 17e fois consécutive, rapportent les agences de presse.
Sur les 192 Etats-membres de l’assemblée, 185 ont voté en faveur tandis que trois ont voté contre (Les Etats-Unis, Israël et Palau) et que deux se sont abstenus (Iles Marshall et Micronésie). Par ce vote Cuba obtient une voix de plus que l’année dernière, quand 184 pays avaient voté en faveur de la résolution, quatre contre (Etats-Unis, Israël, Palau et les Iles Marshall) et une abstention (La Micronésie).
La résolution qui demande la levée du blocus a été adoptée 16 fois de suite, avec un soutien croissant qui va de 59 voix en 1992 à 185 d’aujourd’hui.
Avant le vote, le ministre cubain des Relations extérieures, Felipe Pérez Roque, est intervenu devant l’Assemblée où il a souligné les circonstances spéciales où se déroulait le nouveau vote de cette résolution, avec la crise économique que traverse le monde et, surtout, devant l’imminence des élections étasuniennes qui, selon le ministre, donneront un nouveau président qui « devra décider si le blocus est une politique qui a échoué ».
« Vous êtes seul, isolé », a déclaré le ministre, s’adressant au président George W. Bush. Le discours de Pérez Roque a été très applaudi par une partie de l’Assemblée.

(La Résolution de l'ONU A/63/93 en intégralité)


 

APPEL DE L’INSTITUT CUBAIN D’AMITIE AVEC LES PEUPLES.


A TOUTES LES ORGANISATIONS ET GROUPES D’AMITIE ET DE SOLIDARITE AVEC CUBA,

A TOUS LES AMIS DE CUBA,

Le Gouvernement des Etats-Unis vient une nouvelle fois de mettre en évidence sa double morale et la politique agressive et génocide qu’il mène contre Cuba.

Il s’agit cette fois de tirer un profit médiatique, en utilisant les dégâts provoqués par le passage des ouragans Gustav et Ike à travers notre pays et la prétendue « intolérance » de Cuba qui refuse les soi-disant gestes humanitaires de l’administration Bush.


 

Blocus US contre Cuba : Les pertes s’élèvent à 224,6 milliards de dollars

Le ministre cubain des Affaires étrangères a observé que le blocus économique et financier que les États-Unis appliquent contre Cuba depuis bientôt 50 ans a déjà coûté à l’économie cubaine au moins 224,6 milliards de dollars.


 

Aide et Soutien
Finca "PITAJONES" de Trinidad

Cuba Si France et Cuba Linda remettent à l'ICAP (Institut Cubain de l'Amitiés entre les Peuples) les 15000 € collectés auprès de leur adhérents solidaires du projet.

Cette réalisation permettra à l'école de bénéficier d'un outil pédagogique essentiel à l'éducation, à son développement et améliorera la qualité nutritive des repas dans les écoles de toute la région de Sancti Spiritus.

Projet ->cliquez ici
Bon de soutien ->cliquez ici

Liste participants ->cliquez ici


Manifestation du 19 juin 2009
Place de la Concorde - Paris
devant l'Ambassade des USA


SUPRÊME INJUSTICE POUR LES 5 CUBAINS
Prisonniers Politiques d'OBAMA!

 


CUBA SI FRANCE
ATTENDAIT UN PEU PLUS DE COHERANCE
DE LA PART DE BARACK OBAMA


SOLIDARITE de CUBA SI France
Suite aux passages
des Cyclones Gustav et Ike

Somme récoltée à ce jour : 51 223€


Les cyclones Gustav et Ike qui se sont abattus sur Cuba du 30 août au 9 septembre ont ravagé des régions entières de la Grande Ile. La pire catastrophe de l’histoire météorologique du pays. Les précautions prises par les autorités auront permis de limiter le nombre des victimes à 7 morts. Mais les dégâts sont terrifiants. 440.000 maisons ont été endommagées, 63.000 détruites, 100.000 personnes sont actuellement hébergées dans les familles ou dans les centres de secours. Les champs de canne à sucre et de tabac, les plantations forestières, les structures agricoles ont été balayés par les vents ou inondés. Des centaines de pilonnes électriques sont à terre. 26 hôpitaux, de nombreux centres de consultation et maisons de retraite ainsi que 1160 établissements scolaires devront être reconstruits tout comme une bonne partie du système de télécommunication. Les villes et régions de Guantanamo, Baracoa, las Tunas, Camaguey, Ciego de Avila, Matanzas et l’Ile de la jeunesse ont particulièrement souffert du cataclysme. Pour le moment, les dégâts sont évalués à 5000 millions de dollars.

Cuba et son peuple souffrent dans un silence international assourdissant. Les Etats-Unis ont refusé de lever l’embargo, les autorités de La Havane proposant d’acheter à crédit alimentation et matériaux de construction. L’Union européenne, malgré les efforts de l’Espagne, rechigne à fournir de l’aide. La France ne pipe pas mot.

Alors que Cuba avait surmonté les dures années de l’écroulement de l’Urss et enregistrait une nette amélioration de son économie et de la vie quotidienne, les cyclones ont tout balayé. Tout ? « Le peu que nous avons, nous devons le partager », dit-on dans la Grande Ile où le sens du mot solidarité n’a jamais été vain comme en témoigne l’engagement des Cubains auprès de nombreux peuples meurtris par les catastrophes. N’ont-ils pas, eux aussi, droit à notre solidarité ?

En France, face à ce drame, l’émotion n’est pas de mise. Cette absence de réaction officielle, des forces politiques, syndicales, sociétales, ce silence médiatique ne confirme-t-il pas l’hypocrisie des campagnes montées concernant Cuba au nom de la « liberté » ? Sans attendre, il faut montrer au peuple cubain qu’il n’est pas seul à affronter ces durs moments. Aujourd’hui, plus que jamais, nous avons Cuba au cœur et lançons un appel à la générosité des Français. N’abandonnons pas le peuple cubain. Participons à la reconstruction du pays. (José Fort)

Nous invitons les amis du peuple cubain ainsi que nos adhérents à adresser leurs dons par chèque à l’ordre de :

Cuba Si France
SOS Cyclones

94, boulevard Auguste Blanqui
75013 PARIS

Nous vous remercions par avance pour votre générosité.

Charly Bouhana,
Président
Cuba Si France.

 


Ignacio Ramonet
Présente son livre

FIDEL CASTRO
Biographie à Deux Voix

 

Résultat de plusieurs semaines d'intenses conversations entre Ignacio Ramonet et Fidel Castro, cette "Biographie à Deux Voix" donne les clés de la révolution cubaine à travers le parcours personnel et politiaue du dernier "Monstre Sacré" del la politique internationale.

Prix : 28€ (+5€ frais de port)


 



Nouveau livre de Salim Lamrani

Double Morale.
Cuba l’Union européenne et les droits de l’homme

En décembre 1996, l’Union européenne s’alignait sur la position d’ingérence étasunienne et exigeait de Cuba «des progrès tangibles sur la voie d’une transition pacifique vers le pluralisme démocratique, le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales». C’est ainsi qu’est née la position commune européenne vis-à-vis de La Havane, qui est devenue le pilier de la politique étrangère de l’Union européenne à l’égard de Cuba.

Pourquoi Bruxelles se range-t-elle de façon si dévote sur la position étasunienne ? Il est en effet difficile de concevoir qu’une puissance aussi importante que l’Europe des 25 s’aligne de manière docile et disciplinée sur la politique étrangère de Washington vis-à-vis du petit archipel des Caraïbes.

Prix : 10€ (+4€ frais de port)


 

Danielle Bleitrach

Cuba, Fidel et le Che
ou
l'aventure du socialisme

Prix : 25€ (+5€ frais de port)

L’idée donc du livre est née d’un discours que Fidel avait prononcé à l’Université de la havane en novembre 2005, j’ai rarement vu quelque chose d’aussi critique. Il s’était déchaîné contre tout ce qui n’allait pas à Cuba, contre les bureaucrates, ceux qu’il appelait “les petits empereurs”…


La face cachée de
Reporters sans Frontières

(De la CIA aux faucons du Pentagone)
par VIVAS Maxime

Amis et connaissances,

Des années de travail et d’investigations (menées ici et sur le continent américain) portant sur 5 ans de fonctionnement de RSF (2002 à novembre 2007) et le livre est là.

Le 6 avril 2006, parce que j’avais, au détour d’une phrase, évoqué ses sources de financements US, RSF m’avait menacé dans le journal Métro : " Reporters sans frontières se réserve le droit de poursuivre Maxime Vivas en justice"

Au nom de la liberté d’expression ? m’étonné-je.

Quoi qu’il en soit, j’offre aujourd’hui au libre débat ces 272 pages (36 chapitres et 6 annexes) de preuves sur la vraie nature de cette drôle d’ONG...

Maxime Vivas.

Préface de Thierry Deronne.




Les livres présentés ci-dessus
sont disponibles auprès de

Cuba Si France


L’Infamie des bons

Compte rendu de “Double Morale. Cuba, l’Unioneuropéenne et les droits de l’homme », de Salim Lamrani, Editions Estrella, Paris, 2008.

Santiago Alba Rico

Ce qu’on ne pardonne pas à la Cuba révolutionnaire depuis le début, ce qu’on lui reproche est d’avoir dû se défendre sans répit. Depuis 1959, en effet, Cuba a dû se défendre d’invasions, de blocus, d’attentats terroristes et d’ingérences déstabilisatrices ; et elle a également dû se défendre contre une propagande farouche, aussi agressive qu’insistante, dont la puissance illumine sans l’ombre d’un doute la grande ignominie de la petite île. Un pays utant attaqué doit forcément être mauvais ; un pays tant défendu ne peut être qu’indéfendable. On ne peut même plus savoir pourquoi on attaque et pourquoi on défend un pays aussi attaqué et défendu.

 


Cuba Si France
94, boulevard Auguste Blanqui - 75013 PARIS
Tel. 01 43 36 37 50
   

INTERVENTION DE M. RAÚL CASTRO, PRÉSIDENT DES CONSEILS D’ÉTAT ET DES MINISTRES DE LA RÉPUBLIQUE DE CUBA, AU SOMMET EXTRAORDINAIRE DU GROUPE DE RIO, RÉUNI À MANAGUA (NICARAGUA) A LA SUITE DU COUP D’ÉTAT AU HONDURAS (29 juin 2009)

Honorables présidents et ministres

Je serai bref. Nous sommes nombreux, chefs d’État ou hauts représentants de nos gouvernements, à vouloir prendre la parole.

Nous sommes convoqués ici par un événement grave et capital pour l’Amérique latine et les Caraïbes. Nous sommes tous au courant des sévices et des abus dont ont été victimes le président hondurien et sa ministre des Affaires étrangères, ainsi que les ambassadeurs nicaraguayen, vénézuélien et cubain. Le droit du peuple hondurien à s’exprimer politiquement a été bafoué.

Je tiens tout d’abord à adresser au peuple hondurien un message de solidarité et d’encouragement.

Cuba condamne énergiquement le putsch brutal contre le gouvernement constitutionnel hondurien et contre son président légitime, et repousse cet assaut criminel à la souveraineté populaire dans cette nation.

Le Groupe de Rio doit repousser unanimement et dans les termes les plus vifs cette agression à l’ordre constitutionnel politique d’un pays membre.

Comme le président Chávez l’a dit hier soir, le moment est venu d’agir d’une manière conséquente, sans perte de temps, et de démasquer ceux qui condamnent, mais applaudissent ensuite en sous-main, comme cela est arrivé tant de fois dans notre histoire commune.

Au Honduras, il n’y a et il ne peut y avoir qu’un président. José Manuel Zelaya doit retrouver, sans délai et inconditionnellement, l’exercice de ses responsabilités (applaudissements).

Aucune négociation n’est possible avec les putschistes, et aucune condition ni aucune exigence ne doit être posée au gouvernement légitime du président Zelaya.

Ce qui est en jeu là, ce sont les aspirations du peuple à un avenir meilleur en conflit avec les intérêts de secteurs oligarchiques qui s’entêtent à perpétuer un ordre injuste et intenable. Et ce conflit, qui dépasse les frontières du Honduras, traduit le danger d’un retour des dictatures militaires qui, soutenues par les administrations étasuniennes, ont semé la terreur encore tout récemment, des dizaines d’années durant, parmi les peuples latino-américains, et tout spécialement parmi les peuples centraméricains et caribéens, et ce pratiquement sans exception.

Rappelons les tentatives les plus récentes : la Bolivie d’Evo menacée par le séparatisme. Les gouvernements amis ont volé à son secours, ont joué leur rôle, ont stoppé cette variante d’agression contre un pays souverain et contre un président qui représentait pour la première fois les peuples nés sur ce continent-ci, ceux qui ont porté sur leurs épaules le plus pesant fardeau de l’exploitation (applaudissements).

Avant, ç’avait été le tour de Chávez, avec un double putsch : d’abord, le coup d’état classique, puis, quand le peuple se soulève et remet le président Chávez à son poste, le putsch pétrolier qui a coûté des milliards de dollars au Venezuela.

Maintenant, c’est Zelaya au Honduras. Serait-ce un hasard que ces trois pays fassent partie de la jeune ALBA qui, même s’ils ne le disent pas, inquiète beaucoup de gens ?

Ces trois exemples suffisent à prouver que les oligarchies et les forces extérieures qui les accompagnent ont encore de nombreux bâtons à mettre dans les roues de l’Histoire.

Vont-ils faire quelque chose contre Correa en Équateur ? Je crains qu’il ne soit le prochain candidat. Sauf qu’en ce cas, le Groupe de Rio se réunira pour le féliciter d’avoir défendu son pays et sa révolution avec succès (applaudissements).

Je n’ai signalé que quelques pays, mais je pourrais en signaler d’autres qui font partie de l’ALBA. Voilà pourquoi le coup d’État fasciste contre le président Zelaya, affront à tous les peuples et à tous les gouvernements latino-américains et caribéens, ne peut rester impuni. Ses auteurs doivent répondre des crimes et des sévices qu’ils ont commis contre cette nation sœur.

Sont aussi responsables, à titre de complices, les médias qui consentent à soutenir les visées putschistes et à tromper le peuple. Heureusement que nous nous apprenons au moins quelque chose grâce à la fonction cruciale de TeleSur ! (Applaudissements.)

Tout aussi responsables sont les groupements oligarchiques qui tentent de légitimer un tel crime, et les secteurs réactionnaires du continent qui appuient les transgresseurs de la constitutionnalité.

L’administration étasunienne doit assumer avec le plus grand sérieux ses prises de position et agir en conséquence. Je crois à la sincérité du président Obama et de sa secrétaire d’État, mais ils doivent le prouver par des faits, non par des mots.

Sans appui populaire, rejeté par la totalité des gouvernements latino-américains et caribéens, aucun putschiste ne dure, et ceux du Honduras, comme l’a écrit Fidel dans ses Réflexions d’hier, n’osent même pas respirer sans l’appui des États-Unis ou de n’importe quelle force ayant quelque pouvoir dans l’administration étasunienne.

Je réitère le message de solidarité et d’encouragement du peuple cubain au peuple hondurien, aux paysans, aux ouvriers, aux professions libérales, aux enseignants, aux travailleurs de la santé, aux hommes d’affaires et à tous les fils de la patrie de Morazán, et son engagement de les accompagner dans cette bataille pour la justice et la dignité.

Je vous remercie.


 

 

Les mensonges de Reporters sans frontières sur le Venezuela

Salim Lamrani

Le 29 mai 2009, Reporters sans frontières a publié une lettre ouverte destinée au président vénézuélien Hugo Chávez dans laquelle l’association dénonce « une véritable charge du pouvoir et de l’administration » contre Globovisión, « une chaîne privée d’information ». Selon l’organisation parisienne, Globovisión « fait l’objet d’une procédure administrative pouvant mener à sa suspension d’antenne pour une durée de soixante-douze heures » pour avoir « relayé l’information [du séisme du 4 mai 2009] en se référant aux données de l’Institut géologique des Etats-Unis1 ».

Les autorités vénézuéliennes reprochent à la chaîne « d’avoir enfreint l’article 29 de la Loi de responsabilité sociale en radio et télévision (Loi Resorte) sanctionnant les médias qui ‘promeuvent, font l’apologie ou incitent à la guerre ; promeuvent, font l’apologie ou incitent aux altérations de l’ordre public ». RSF questionne : « En quoi une information donnée sur un tremblement de terre, pour imparfaite qu’elle puisse être, cadre-t-elle avec la définition de l’infraction2 ?».

Présentée de cette manière, l’affaire a de quoi surprendre l’opinion publique internationale. Mais contrairement à ce qu’affirme RSF, la réalité est autre et soigneusement éludée par l’entité française de « défense de la liberté de la presse ».

Globovisión contre la démocratie

Depuis 1998, Globovisión n’a eu de cesse de s’opposer au gouvernement démocratique d’Hugo Chávez. En avril 2002, la chaîne de télévision avait activement participé au coup d’Etat de Pedro Carmona Estanga. Dans n’importe quel pays du monde, Globovisión aurait été fermée et ses dirigeants condamnés à de lourdes peines de prison. Mais le Tribunal suprême, contrôlé par l’opposition à l’époque, avait refusé de reconnaitre la réalité du putsch et s’était contenté de prononcer une « vacance de pouvoir » pour expliquer le coup de force.

Par la suite, la chaîne a multiplié les appels à l’insurrection3. En mai 2007, Globovisión s’est même rendue coupable d’incitation à l’assassinat du président Chávez en manipulant des images et en lançant des messages subliminaux. Lors de la diffusion du programme Aló, Ciudadano, où une interview de Marcel Granier, directeur de la chaîne RCTV, critiquant fortement Chávez était diffusée, la chaîne a montré simultanément les images de l’attentat contre le Pape Jean-Paul II survenu en mai 1981. Globovisión n’avait pas su expliquer pourquoi elle avait diffusé des images de l’attentat dans un programme traitant du non renouvellement de la concession de RCTV4. Plusieurs experts en sémiotique avait été catégoriques à ce sujet : « On incite à l’assassinat du Président5 ». En France, de tels agissements auraient conduit les journalistes de la chaîne ainsi que leurs dirigeants derrière les barreaux.

Les journalistes de Globovisión ainsi que les présentateurs de la chaîne ont également multiplié les expressions diffamatrices à l’égard du gouvernement en utilisant les termes « dictature » et « tyrannie », afin de justifier les appels à la désobéissance civile et les actes de violence. De telles expressions sont inimaginables en Occident6.

L’affaire du séisme

Le 4 mai 2009, une secousse sismique a frappé l’état de Miranda à 4 heures 40 du matin, suivie de trois répliques (4h50, 6h23 et 6h24), sans faire de dégâts humains. A 5h25, le ministre de l’Intérieur et de la Justice Tarek El Aissami a indiqué que le tremblement de terre avait été ressenti à plusieurs endroits. « Nous recevons actuellement des rapports sur les dégâts. Nous sommes en train de déterminer l’épicentre et la magnitude à travers la Funvisis (Fondation vénézuélienne de recherche sismologique). Nous voulons informer que pour l’instant nous n’avons aucun rapport de dommages matériels ou humains. Nous souhaitons lancer un appel au calme. Nous avons ordonné immédiatement un déploiement de patrouilles afin de protéger les personnes qui ont quitté leur demeure », a-t-il déclaré7. A 5h44, El Aissami a rendu public un second rapport informant qu’il s’était entretenu avec le président ainsi que le vice président Ramón Carrizález, soulignant par la même occasion que Chávez avait ordonné le déploiement de la Garde nationale bolivarienne afin d’assurer la sécurité des citoyens7.

De son côté, Francisco Garcés, président de Funvisis, a informé à 5h40 que deux secousses avaient frappé la capitale Caracas ainsi que la zone métropolitaine et a demandé aux médias de lancer des appels au calme à la population. A 6h05, le ministre des Travaux publics et du Logement, Diosdado Cabello, a indiqué que le métro, le chemin de fer et l’aéroport fonctionnaient parfaitement. Hector Navarro, ministre de l’Education, a également souligné que les écoles et les universités n’avaient pas été touchées par le séisme et qu’elles restaient ouvertes. Jesús Mantilla, ministre de la Santé, a fait part du fonctionnement normal des centres hospitaliers du pays. A 6h47, la ministre des Télécommunications et de l’Informatique Socorro Hernández a informé la population que le réseau de télécommunications n’avait pas été affecté. Alejandro Hitcher, président de Hidrocapital, a expliqué pour sa part que le système des aqueducs fonctionnait normalement. A 7h, Blanca Ekhout, ministre de la Communication et de l’Information, a signalé que l’ensemble des organismes de l’Etat était entré en état d’alerte dès la première secousse. Jacqueline Faría, chef du gouvernement du District de la capitale, ainsi que Rafael Ramírez, ministre de l’Energie et du Pétrole, ont tenu la population informée dans leurs attributions respectives8.

Cependant, à 5h20 du matin, soit à peine 40 minutes après la première secousse sismique, le directeur de Globovisión Alberto Federico Ravell, s’est empressé d’intervenir personnellement en direct sur sa chaîne pour – après avoir fourni une information erronée sur l’épicentre du séisme se basant sur des informations en provenance… des Etats-Unis – s’en prendre directement au gouvernement et l’accuser d’incurie tout en transmettant un message de peur et d’angoisse. « Nous sommes très inquiets, nous n’avons trouvé personne, nous n’avons trouvé aucune autorité susceptible de nous informer de manière précise et exacte […]. Nous sommes dans l’attente d’une information précise et vérace de la part de nos autorités car nous n’avons personne à qui nous adresser. Nous avons appelé Funvisis mais on a été coupé, nous n’avons pas pu entrer en contact avec les pompiers. Le maire [Gerardo] Blay n’indique pas s’il y a des dégâts dans sa région9 ».

A ce moment de la conversation, le présentateur de Globovisión a interrompu son directeur pour lui rappeler une réalité. « Directeur, nous venons d’avoir une nouvelle fois au téléphone le président de Funvisis qui nous informe qu’il se trouve en voiture et que c’est la raison pour laquelle il lui a été impossible de nous fournir des informations. Cependant, il a affirmé que dès qu’il arrivera à destination, il nous informera en direct à la télévision pour nous fournir une meilleure information10 ».

Loin d’entendre l’appel à la raison, Ravell en profita pour stigmatiser de nouveau les autorités : « Les médias officiels qui font tant de propagande devraient être en train d’informer les citoyens en ce moment, sans que nous ayons à recourir aux services météorologiques des Etats-Unis pour informer les gens qu’à Caracas il y a eu un tremblement de terre11 ».

Tarek el Assaimi a dénoncé « l’attitude mesquine et l’utilisation irresponsable d’un moyen de communication ». Ravel, au lieu de transmettre un message de tranquillité, a instrumentalisé une catastrophe naturelle pour des fins politiques et « semer la crainte au sein de la population », selon Cabello, ministre des travaux Publics12. Que se passerait-il en France si le directeur de la chaîne privée TF1 avait attaqué le gouvernement de Nicolas Sarkozy, avec la même virulence, quarante minutes après le début des inondations survenues en 2008, l’accusant d’abandonner les victimes à leur sort ?

La désinformation de RSF

RSF a bien évidemment soigneusement censuré cette réalité et tente de faire passer une grave atteinte à la déontologie journalistique et un sérieux manquement à la responsabilité des médias pour une violation de la liberté de la presse. En référence au coup d’Etat de 2002, l’organisation parisienne reconnait qu’« une procédure judiciaire, assortie d’un débat contradictoire, sur l’attitude de certains médias privés au cours de ces évènements n’était pas sans fondement à l’époque » mais feint d’ignorer les agissements continuels et illégaux de Globovisión en s’interrogeant : « Sur quel contenu repose désormais l’accusation, plus de sept ans après les faits13 ? ».

Enfin, RSF affirme que « Globovisión est le seul média télévisuel du réseau à émettre une voix nettement critique envers votre gouvernement. […].Dans d’autres pays d’Amérique latine, où vos homologues ont été durement confrontés à des médias hostiles ou considérés comme tels, jamais la réplique de l’État n’a pris une tournure aussi extrême. Jamais n’a eu lieu la subordination de la quasi-totalité du secteur télévisuel à la seule voix dirigeante ». Ici, le mensonge est triple : l’entité du président Robert Ménard tente de faire croire que les agissements de Globovisión sont monnaie courante en Amérique latine, que le gouvernement Chávez s’en prend à la chaîne en raison des critiques émises à son encontre et que les autres médias télévisuels du pays sont à la solde du leader bolivarien14.

Encore une fois, il est aisé d’infirmer les propos de RSF. D’une part, aucun média latino-américain n’a appelé au renversement du président élu tel que l’a fait Globovisión. Par ailleurs, il suffit de regarder les chaînes de télévision privées qui occupent plus de 80% de l’espace médiatique du pays pour se rendre contre que la critique à l’encontre des autorités y est acerbe et constante. Enfin, tout analyste sérieux sait pertinemment qu’aucun pays du continent américain ne peut se targuer de disposer d’une liberté d’expression et de la presse similaire à celle qui règne au Venezuela. Ainsi, pour RSF, les médias doivent inciter à l’insurrection et au renversement de l’ordre établi comme le fait Globovisión pour ne pas être considérés comme étant à la botte du pouvoir.

Depuis l’élection d’Hugo Chávez à la présidence de la République bolivarienne du Venezuela, RSF a pris fait et cause pour l’opposition antidémocratique et putschiste et n’a eu de cesse de défendre ses intérêts au niveau international. Ainsi, lors du coup d’Etat du 11 avril 2002, RSF s’était bien gardée de dénoncer le rôle principal joué par les médias privés opposés au président démocratiquement élu. Pis encore, le 12 avril 2002, RSF avait publié un article reprenant sans aucune réserve la version des putschistes et avait essayé de convaincre l’opinion publique internationale que Chávez avait démissionné :

« Reclus dans le palais présidentiel, Hugo Chávez a signé sa démission dans la nuit, sous la pression de l’armée. Il a ensuite été conduit au fort de Tiuna, la principale base militaire de Caracas, où il est détenu. Immédiatement après, Pedro Carmona, le président de Fedecámaras, a annoncé qu’il dirigerait un nouveau gouvernement de transition. Il a affirmé que son nom faisait l’objet d’un "consensus" de la société civile vénézuélienne et du commandement des forces armées15 ».

RSF n’est pas une organisation de défense de la liberté de la presse mais une sombre entité à l’agenda politique bien précis chargée de discréditer par tous les moyens possibles les gouvernements progressistes à travers le monde et qui se trouvent sur la liste noire des Etats-Unis. Rien d’étonnant quand on sait que Washington finance substantiellement l’organisation par le biais de la National Endowment for Democracy, une officine écran de la CIA selon le New York Times16.

Notes

1 Reporters sans frontières, « Acharnement gouvernemental contre la chaîne Globovisión : lettre ouverte au Président Hugo Chávez », 29 mai 2009. http://www.rsf.org/article.php3?id_article=31466 (site consulté le 2 juin 2009).

2 Ibid.

3 Agencia Bolivaria de Noticias, « Periodistas coinciden en que Globovisión es promotor de protestas de oposición », 29 mai 2007.

4 Agencia Bolivaria de Noticias, « Ministro Lara denunció que medios de oposición incitan a magnicidio », 27 mai 2007.

5 Agencia Bolivaria de Noticias, « CNN miente sobre Venezuela y Globovisión incita al magnicidio », 28 mai 2007.

6 Agencia Bolivaria de Noticias, « Globovisión continúa con la instigación a la desestabilización », 29 mai 2007.

7 Luigino Bracci Roa, « Fuerte temblor sacudió región central del país esta madrugada sin causar daños », Yvke Mundial, 4 mai 2009. http://www.radiomundial.com.ve/yvke/noticia.php?23910 (site consulté le 15 juin 2009).

8 Ibid.

9 Globovisión, « ¿Quién sintio el temblor primero? ¿Los chavistas o los opositores? », 4 mai 2009. http://www.youtube.com/watch?v=TwC0pLR-ajQ (site consulté le 15 juin 2009).

10 Ibid.

11 Ibid.

12 Ibid.

13 Reporters sans frontières, « Acharnement gouvernemental contre la chaîne Globovisión : lettre ouverte au Président Hugo Chávez », op. cit.

14 Ibid.

15 Reporters sans frontières, « Un journaliste a été tué, trois autres ont été blessés et cinq chaînes de télévision brièvement suspendues », 12 avril 2002. www.rsf.org/article.php3?id_article=1109 (site consulté le 13 novembre 2006).

16 Salim Lamrani, Cuba. Ce que les médias ne vous diront jamais (Paris : Editions Estrella, 2009).

Salim Lamrani est enseignant chargé de cours à l’Université Paris-Descartes et l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée et journaliste français, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis. Il a publié, entre autres, Double Morale. Cuba, l’Union européenne et les droits de l’homme (Paris : Editions Estrella, 2008). Son nouvel ouvrage s’intitule Cuba. Ce que les médias ne vous diront jamais (Paris : Editions Estrella, 2009) et comporte un prologue de Nelson Mandela.

Contact : lamranisalim@yahoo.fr ; salim.lamrani@parisdescartes.fr




 

Cuba met la libération des Cinq comme condition à un dialogue avec les USA
La Havane, 18 juin 2009 (Notimex).
(Trad. A. Arroyo)

Cuba considère d’une importance vitale la libération de cinq Cubains prisonniers aux Etats-Unis pour entamer des négociations avec le gouvernement du président Barack Obama, a déclaré le président de l’Assemblée Nationale de Cuba, Ricardo Alarcón. Le chef du Parlement a précisé à des médias accrédités à la Havane que le gouvernement états-unien a demandé à la Cour Suprême de ne pas accepter de rouvrir le dossier des Cubains.


Alarcón, considéré comme l’homme clé dans les négociations avec les Etats-Unis de par son expérience diplomatique, a exhorté Obama à libérer le plus tôt possible les cinq Cubains qui pour les autorités de la nation caribéenne sont des antiterroristes.
“Le président Barack Obama doit faire ce qu’il a à faire, c’est-à-dire remettre simplement en liberté cinq personnes qui n’auraient jamais dû être en prison, et le faire dèsmaintenant », a-t-il déclaré.


“Ce n’est que comme cela que nous croirons vraiment qu’il y a quelque chose derrière toute cette rhétorique de changement et de renouveau qui plaît tant à l’actuel occupant de la Maison Blanche », a-t-il souligné.


L’instruction de l’affaire des cinq Cubains se compose de 119 volumes de témoignages et de 20 000 pages de documents.
Les Cubains furent déclarés coupables d’espionnage il y a dix ans et condamnés à “des peines d’une longueur sans précédent” selon leurs avocats, à la tête desquels se trouvent Leonard Weinglass et Thomas C. Goldstein.


Weinglass assure que l’affaire des Cubains est une affaire compliquée qui fait date dans l’histoire de la justice états-unienne.
Gerardo Hernández Nordelo a été condamné à une double perpétuité, tandis que Antonio Guerrero Rodríguez et Ramón Labañino Salazar ont chacun été condamnés à la perpétuité.


Tous trois, a souligné l’avocat dans une interview, sont devenus les premières personnes aux Etats-Unis condamnées à une telle sanction pour des affaires d’espionnage « alors qu’il n’existait même pas un seul document secret».


Les deux autres, Fernando González Llort et René González Sehwerert, purgent respectivement des peines de 19 et 15 ans. Mais en septembre 2008, cela a fait 10 ans qu’ils sont en prison.


Le15 juin dernier, la Cour Suprême des Etats-Unis a refusé de rouvrir le dossier des cinq Cubains accusés d’espionnage à la solde du gouvernement de Cuba.


Cette affaire est maintenant l’un des points les plus importants pour réamorcer le dialogue entre les deux pays.
Cuba exige la libération de ses ressortissants pour normaliser des relations diplomatiques et politiques avec les Etats-Unis.


 

Déclaration de l’Assemblée Nationale de Cuba: Cruel acharnement contre nos Cinq frères.

Présidence de l’Assemblée Nationale du Poder Popular


La Cour Suprême des Etats-Unis a annoncé aujourd’hui [15 juin], sans autre explication, sa décision de ne pas rouvrir l’affaire de nos Cinq compagnons injustement incarcérés dans ce pays pour avoir lutté contre le terrorisme anti-cubain protégé par les gouvernants nord-américains. Les juges ont fait ce que l’administration Obama leur avait demandé.

Malgré les solides arguments mis en avant par les avocats de la défense face aux évidentes et multiples violations légales commises durant tout le procès, et en ignorant l’appui universel apporté à cette demande, [appui] exprimé par un nombre sans précédent de documents des « amis de la Cour », parmi lesquels 10 prix Nobel, des centaines de parlementaires et de nombreuses associations de juristes internationaux et nord-américains et de personnalités politiques et académiques de tout premier plan, la Cour Suprême a rejeté l’affaire, faisant fi de la demande de l’Humanité et de son obligation de faire justice.

Une fois de plus se manifeste l’arbitraire d’un système corrompu et hypocrite et son acharnement cruel contre nos cinq frères.

Notre lutte pour leur libération ne faiblira pas un seul instant. C’est maintenant que nous devons renforcer nos actions, sans laisser un seul espace à couvrir ni une seule porte où frapper.

Soyons sûrs que Gerardo, Antonio, Fernando, Ramón et René continueront, comme ils l’ont fait durant ces presque onze dernières années, à être à la pointe de cette bataille.

Devant cette infâme décision, Gerardo Hernández Nordelo a declaré:
“Compte tenu de l’expérience que nous avons eue, la décision de la Cour Suprême ne me surprend pas. Je n’ai aucune confiance dans le système de justice des Etats-Unis. Il n’y a plus aucun doute que notre affaire a été dès le début une affaire politique parce que non seulement nous avions tous les arguments légaux nécessaires pour que la Cour accepte la révision, mais aussi parce que nous avons pour nous un appui international croissant qui se reflète dans les Amicus présentés à la Cour en notre faveur. Je répète ce que j’ai dit il y a un an, le 4 juin 2008, que tant qu’il restera une personne qui lutte au dehors, nous, nous continuerons à résister jusqu’à ce que justice soit faite ».

La lutte doit se multiplier jusqu’à ce que le Gouvernement nord-américain soit obligé de mettre fin à cette monstrueuse injustice et rende la liberté à Gerardo, Ramón, Antonio, Fernando et René.


Présidence de l’Assemblée Nationale du Poder Popular

15 juin 2009

Fidel Castro "Biographie à deux voix"

[suite...]

Quelle a été son enfance ? Où et quand s'est forgé le rebelle ? Quelles étaient ses relations avec Che Guevara ? Comment sa petite guérilla a-t-elle vaincu la puissante armée de Batista ? Le monde a-t-il été au bord de la guerre nucléaire pendant la "crise des missiles" d'octobre 1962 ? Combien de vois a-t-on tenté de l'assassiner ? Quelle impression lui a laissée le pape Jean-Paul II pendant sa visite à Cuba en 1998 ? Pourquoi critique-t-il si âprement Felipe Gonzalez et José Maria Aznar alors qu'il vante les qualités du roi Juan Carlos ? Quels souvenirs garde-t-il de François Mitterrand, de Régis Debray, du commandant Cousteau ? Comment explique-t-il l'"affaire Ochoa" ? Que pense t-il de la globalisation néolibérale, de la guerre en Irak et du président Bush ? Pourquoi les autorités cubaines ont-elles arrêté quelques soixante-dix opposant non violents en mars 2003, et appliqué, la même année, la peine de mort aux responsables du détournement d'un bateau ? Le régime souffre-t-il de la corruption ? Le socialisme cubain est-il vraiment "irrévocable" ? Quel est le secret de l'alliance avec Hugo Chávez ? Quelles sont les orientations actuelles de la politique et de l'économie cubaines ? Qu'adviendra-t-il après Fidel Castro ?

L'entretien exhaustif d'Ignacio Ramonet donne lieu à des réponses inédites, et constitue une démarche que la figure éminemment controversée de Fidel Castro rend passionnante. C'est aussi un récit instructif sur le passé, le présent et l'avenir de la révolution cubaine et de l'Amérique latine alors que prend fin le long règne du Comandante.

Théoricien des médias, journaliste, l'une des voix les plus représentatives du mouvement altermondialiste, Ignacio Ramonet est directeur du Monde diplomatique.


 

Cuba, Fidel et le Che ou l'aventure du socialisme

[suite...]

En le lisant je me disais que ceux qui critiquent Cuba et qui mentent le plus souvent auraient trouvé là des arguments nettement plus valables. Mais ce discours est quasiment passé inaperçu…

Bon je ne vous dirai pas toute l’enquête que j’ai commencé à mener à Cuba pour tenter de comprendre ce qui se passait. J’ai eu la chance de trouver là-bas des amis particulièrement compétents sur la question et parmi eux Jacques françois Bonaldi qui depuis plus de trente ans vit à Cuba et traduit les discours de Fidel… Mais là c’est encore une autre histoire, il faudrait que j’explique Bonaldi, sa précision, son savoir, sa finesse, au bout de quelque temps comme son apport était fondamental je lui ai demandé de co-signer ce livre et je dois dire honnêtement qu’au point où nous en sommes c’est lui qui devrait en être l’auteur principal. Notons également le travail de réécriture entre deux auteurs à des milliers de kilomètres l’un de l’autre qu’a effectué nicole Amphoux.

Mais revenons sur le fond, ce que j’ai découvert grâce à Bonaldi c’est la manière dont le socialisme cubain n’a cessé d’opérer sa propre rectification et ce sous le feu de l’ennemi. C’est pour cela qu’il y a dans le titre l’idée que loin d’être un modèle clé en main le socialisme est une aventure: on croit savoir mais en fait comme Fidel le disait recemment en citant Socrate “on s’aperçoit que l’on ne sait rien”… Donc ce livre décrit comment depuis le début de la révolution jusqu’à aujourd’hui où Cuba est en pleine ébullition souterraine, Cuba n’a rien de ce monde figé mais au contraire poursuit une marche qui comme toute les marches paraît parfois un déséquilibre compensé. la masse des problèmes est immense et on croirait parfois que les êtres humains s’ingénient à en rajouter mais il y a à Cuba les racines du courage surhumain d’un peuple: pour les Cubains le socialisme se confond avec l’indépendance nationale. Cuba appartient au Tiers-monde, à tous ceux qui ont connu la colonisation, l’oppression, l’esclavage et sans tenir compte de cela on ne comprend rien à ce pays.

Dans la quatrième de couverture, nous citons Fidel qui explique que le capitalisme à travers la propriété privée remonte à la nuit des temps, il y a même eu la propriété sur des êtres humain, l’esclavage et on a prétendu inventer la démocratie alors que l’immense majorité de la population était esclave… le socialisme lui n’a pas un tel passé derrière lui, il est encore dans les langes. Tout est à faire, d’où là encore l’idée d’aventure.

Aventure peut aussi être pris comme ad-venture, ce qui doit advenir, parce que si le socialisme n’advient pas cela risque d’être la fin de l’humanité.

Enfin, j’ai découvert toujours grâce à J.F.Bonaldi la manière dont la pensée du Che est constamment présente à Cuba, pour Fidel en particulier. Mais je vous laisse le soin de découvrir ce dialogue sur le socialisme qui se poursuit encore aujourd’hui. C’est le troisième sens de l’idée de l’aventure, la vie comme un beau voyage, une belle aventure pour celui ou celle qui lui consacre sa vie…

Voilà trés sommairement résumé un livre dont je puis dire qu’il témoigne d’ un respect de l’histoire de ce peuple héroïque et des deux hommes extraordinaires que sont le Che et Fidel, unis par l’amitié et par le compagnonnage révolutionnaire sans pour autant jamais tomber dans l’hagiographie, en faisant état constamment des problèmes, des difficultés, des erreurs, parce qu’il nous paraît qu’ils mettent encore plus en lumière le côté prométhéen de Cuba, c’est-à-dire la révolte du Titan qui alla voler le feu des dieux pour que les hommes se réchauffent et se protégent des bêtes féroces.


 

 

RSF sans Ménard
Quand le Doha montre la thune, l’imbécile file au Qatar.

[suite...]

30 septembre 2008

Deux ans qu’il y songeait mais à la question posée vendredi : « Vous partez pour quoi faire ? » il bafouille de première. Il est « plein d’envies et plein de souhaits », il va voir si sa femme l’embauche dans sa revue Média (trimestrielle et confidentielle), il va monter une maison d’édition (il eût dû commencer à la mettre en route, depuis deux ans), il va peut-être faire de la politique, lancer un nouveau journal. Bref, décryptons : vendredi 26 septembre, il ne sait pas, il est psychologiquement à la rue.

Mais le plus beau bobard de Ménard, je veux dire le plus comique, celui par lequel il prouve qu’il a toujours pris les journalistes et les lecteurs pour des abrutis est le suivant : Il fallait à RSF quelqu’un qui connaisse mieux Internet que moi. Ô discrédit des journalistes dont aucun recevant cette galéjade n’a bondi pour s’écrier : « Mais la plupart des grands patrons, des ministres ne touchent jamais un clavier. Chirac ne savait même pas ce qu’était une souris ! Qu’est-ce que vous nous chantez-la ? »

Ils nous auraient, impassibles et polis, pareillement transmis la réponse de Ménard si elle avait été : « Je pars parce que j’arrive pas à régler le fauteuil de mon bureau » ou « J’ai deux téléphones dans le bureau, je sais jamais lequel sonne » ou « Depuis qu’on m’a volé l’ordinateur portable, j’en ai un nouveau, mais je n’arrive pas à ouvrir la fermeture éclair de la sacoche ».

Robert Ménard qui a grandi avec RSF dans la dissimulation et le mensonge , quitte RSF en lançant des rafales d’ultimes impostures que ses successeurs doivent assumer sur leurs fonds baptismaux. Cela commence mal pour son successeur Jean-François Julliard.

En l’absence de vérité, la duperie étant établie par la multiplication de réponses à géométrie variable et à haut niveau de bêtise, il reste des hypothèses. En voici cinq dont je tiens pour probable qu’une, au moins (voire plusieurs), tape dans le mille.

1 – Viré par l’Elysée.

La classe politique, exaspérée, renvoie à la niche le toutou tout fou qui mord la main de l’Etat français qui le nourrit depuis des années et qui lèche celle de Bush.

Vu sur le site de RSF :

« Le 9 octobre prochain, Robert Ménard publie un ouvrage intitulé « Des libertés et autres chinoiseries » aux Editions Robert Laffont, dans lequel il revient sur la campagne pour le boycott de la cérémonie d’ouverture des JO de Pékin. Récit inédit sur les coulisses et les négociations secrètes menées autour des Jeux, ce livre est aussi un essai mordant sur la presse, les droits de l’homme et les lâchetés de la classe politique. »

Il est vraisemblable que « la classe politique » a déjà lu ce livre avant sa mise en librairie et qu’elle n’a pas aimé ça.

Ménard injurie Sarkozy qu’il a traité de « lâche » pour avoir été brièvement à Beijing où le fidèle sponsor de RSF, Bush, a séjourné plusieurs jours sans être injurié par notre ONG, par l’opinion publique états-unienne ou la nôtre.

Est-ce que le Pouvoir a jeté le citron pressé Ménard afin de sauver RSF si utile pour effacer les syndicats de journalistes, escamoter les problèmes de la presse en France et ceux du droit à l’information ?

Les médias ont commencé à évoquer ce que des sites Internet démontrent depuis des années : les liens de RSF avec les USA. Un journaliste du Figaro, Eric Zemmour, va jusqu’à affirmer à le télévision que RSF est manipulée par le CIA.

Première hypothèse donc : L’Elysée en a usé avec Robert Ménard comme pour des journalistes de la presse écrite et de la télé : « Viens ici, t’es viré, et surtout, tais-toi ». Comment ? Avec quels moyens de pression ? La menace de laisser les médias populariser vraiment le livre « La face cachée de Reporters sans Frontières. De la CIA aux Faucons du Pentagone » récemment réédité (éditions Aden) a-t-elle suffi ? Il serait présomptueux de le dire. Mais il est juste de prétendre (pub) qu’on saisit mal les ingrédients de la puissance de RSF et en même temps de sa fragilité sans avoir lu cette enquête.

Après 5 mois d’omerta, la presse française, comme sur un coup de baguette magique, a découvert ce livre en groupe serré, dans la semaine (le lendemain pour les plus rapides sortant d’un coma hibernal) qui a suivi les incidents de la flamme olympique à Paris.

L’Elysée dispose-t-il d’un dossier complémentaire pour obtenir si vite, si brutalement, le départ et le silence de Ménard sur les vraies raisons de son départ. L’avenir (ou le Canard Enchaîné ?) nous le dira.

2 - Ménard a été viré en cadeau de la France aux Chinois en colère.

L’affront fait à la Chine le 9 avril à Paris n’est pas pardonné et la plaie ouverte sera longue à se refermer.

Faute d’informations dans les médias français sur RSF, les Chinois sont venus les chercher auprès de moi. Plusieurs exemplaires de mon livre ont été achetés par leur ambassade en mai pour envoi en Chine et traduction à destination de leurs médias et des autorités politiques.

Après la soudaine et brève ruée des médias français, j’ai donc vu déferler vers moi les médias chinois, avec la même force, sauf qu’ils ne se retirent pas. Sur le moteur de recherche chinois (baidu.com), les articles qui font référence à mon livre sont nombreux. La presse écrite chinoise en parle beaucoup. Radio Chine International arrose la planète depuis le mois de juin, en diffusant en 45 langues (dont l’Esperanto !) une interview que je lui ai accordée en mai.

Ces jours-ci encore, je suis averti de la parution d’articles inspirés de mon livre dans deux journaux chinois à gros tirage (500 000 et 3 millions d’exemplaires). Et ça n’arrête pas depuis le passage de la flamme olympique à Paris et les exploits de Ménard.

Nos diplomates en poste en Chine, nos entreprises ont vu cette contre-attaque médiatique continue. Qu’elle se poursuive sans faiblir presque six mois après le camouflet français indique que les dégâts sont profonds.

On se souvient que Paris a envoyé au mois de juin à Beijing des émissaires de haut niveau : Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre et Christian Poncelet, président du Sénat qui ont demandé à être reçus par le président chinois, Hu Jintao.

Plus récemment, preuve que rien n’est aplani, Nicolas Sarkozy a reçu à l’Elysée la jeune Jin Jing, athlète chinoise handicapée, bousculée par les fanatiques chauffés à blanc par RSF lors du passage de la flamme olympique qu’elle défendit avec courage.

Cette jeune fille est devenue une héroïne nationale en Chine, symbole vivant d’un « racisme français anti-chinois ». Le film de sa résistance a été passé en boucle à la télévision chinoise.

Un journaliste chinois en poste depuis 15 ans en France, amoureux de notre pays, me confiait récemment : « J’étais en Chine il y a quelques semaines, j’ai constaté, avec une profonde douleur, la montée d’un sentiment anti-français dans la jeunesse chinoise ».

Le rétablissement de relations amicales (établies par le général De Gaulle) culturelles et commerciales normales entre la France et le pays le plus peuplé du monde passait-il par l’élimination du responsable du désastre ?

C’est une hypothèse à retenir.

3 - Ménard est lâché par les USA.

Les liens de RSF avec des vitrines écrans de la CIA commencent à être des secrets de Polichinelle. Des milliers d’articles y sont consacrés sur la Toile dans de nombreuses langues. Des livres de librairie traitent cette question. Les médias officiels commencent à briser la loi de l’omerta.

Il faut dire que, s’agissant de griller RSF, Collin Powel y est allé de sa gaffe. Dans son rapport Commission for Assistance to a free Cuba (458 pages) qu’il a remis en mai 2004 à Georges Bush, il en appelle fiévreusement aux ONG (NGOs, Non-Governmental Organizations) à presque toutes les pages (et jusqu’à dix fois à la page 77) pour aider son pays. Mais (page 20) une seule est citée en exemple : Reporters Sans Frontières (Reporters Without Borders).

Des documents se déclassifient aux USA. Des journalistes d’investigation comme Diana Barahona, des avocats de droits de l’Homme, comme Eva Golinger, s’appuyant sur des lois états-uniennes, demandent des comptes aux organismes distributeurs des subventions votées par le congrès. Et le transfert de fonds d’officines écrans de la CIA, que les comptes publics publiés par RF sur Internet occultaient naguère, est désormais prouvé, au dollar près.

RSF commence à être nue.

Dans ses innombrables apparitions dans les médias, Ménard se défend mal : arrogant, agressif, il injurie ses contradicteurs et ment avec une impudence qui scandalise.

Il n’est plus the right man in the right place.

4 - Ménard a trouvé une autre gamelle dans une dictature arabe.

Une dépêche d’Associated Press tombée dimanche 28 septembre à 16 heures 40 nous annonce un spectaculaire rebond de Ménard pendant le W.E. en direction de Doha, au Qatar, pays d’Al Jazeera, chaîne arabe honnie par les USA, lesquels ont fait subir à des journalistes des enlèvements, assassinats, séquestration sous l’œil placide de RSF.

Une information livrée le 28 septembre sur la Toile par le quotidien algérien l’Expression est plus explicite : sous le titre « ROBERT MENARD QUITTE RSF POUR ALLER AU QATAR » l’hebdomadaire explique : « Il dirigera Centre for Media Freedom à Doha » avec « des privilèges d’un sultan de la presse mondiale ».

Le Qatar est un pays peuplé de moins d’un million d’habitants, gorgé de pétrole et dirigé par un cheikh, mot arabe qui veut dire dictateur.

RSF est cofondatrice (décembre 2007) avec l’émirat du « Centre pour la liberté de l’information ». Robert Ménard en est le directeur général.

Dans son Centre, une maison d’accueil de journalistes femmes a été ouverte, il va s’en ouvrir une pour les hommes. Tout est bien, personne ne se mélange.

D’après Associated Press, Ménard se félicite du soutien de cheikha Moza bint Nasser al-Missned, considérée comme la plus influente des épouses de l’émir du Qatar, le cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani.

Ménard concède que l’émirat, 79e du classement 2007 de la liberté de la presse de RSF, peut encore « faire des progrès en la matière ».

Et pas qu’en cette matière, d’ailleurs. En effet, le Qatar connaît-il des déficits de démocratie uniquement avec la presse ? Non. La palette est large si l’on en croit l’organisation Amnesty International.

Les tribunaux continuent de prononcer des condamnations à mort et des peines de flagellation, « Les autorités n’ont pris aucune mesure appropriée pour mettre fin à la discrimination et aux violences contre les femmes ».

Les travailleurs migrants sont durement exploités, certains ne sont pas payés, ceux qui protestent sont interpellés, maltraités, puis ont été renvoyés dans leur pays.

Après une visite au Qatar la rapporteuse spéciale des Nations unies sur la traite des personnes, en particulier les femmes et les enfants, a exprimé sa préoccupation à propos des travailleurs immigrés victimes de traite d’êtres humains.

On compte 22 prisonniers au moins sous le coup d’une sentence capitale.

Aucune enquête n’a été menée par les autorités du Qatar sur les actes de torture et les mauvais traitements qui auraient été infligés à au moins 31 prisonniers condamnés pour leur participation présumée à une tentative de coup d’Etat. Le droit du Qatar ne comporte pas une définition de la torture conforme aux normes internationales, les procédures d’arrestation et de détention sont susceptibles de favoriser le recours à la torture contre les suspects.

Abdullah Hussein Ali Ahmed al Malki a été privé de sa nationalité pour avoir critiqué e les autorités lors d’une émission de la chaîne de télévision Al Jazeera, en mai 2005.

Bref, Ménard frétille à l’idée de travailler pour une dictature monarchique polygame ou la violence contre les femmes n’est pas illégale, où la presse est malmenée, les travailleurs traités comme des esclaves, tandis que perdurent la flagellation, la torture et la peine de mort.

5 - Le départ de Ménard précède un aggiornamento de RSF.

Les USA, les pouvoirs publics, le MEDEF ont besoin d’ONG vierges. Est-il possible de re-toiletter la façade de RSF ? Si oui, l’illusion sera de courte durée. Chat échaudé…

A l’encontre, observons que les départs des caudillos s’accompagnent souvent de ruptures avec les méthodes et les orientations antérieurs.

Espérons que le successeur de Ménard, Jean-François Julliard, avec qui j’ai échangé des mails courtois (malgré nos désaccords et la menace publique de procès exprimée par RSF à mon encontre) pendant l’écriture de mon livre saura recadrer RSF vers un travail d’ONG au service de la presse, des lecteurs, des journalistes.

Inutile donc de démarrer un procès d’intention, inutile même de brûler d’impatience, de guetter dès aujourd’hui des signes de changements.

Laissons à RSF sans Ménard le droit à un délai, accordons-lui un Etat de grâce, octroyons-lui le temps nécessaire à amorcer un virage.

N’ergotons pas sur son élémentaire liberté de faire son travail sans forcément chercher à plaire à tous, pourvu que l’éthique s’installe dans un bureau laissé vacant.

Maxime Vivas


 

 

 

 

 

L’Infamie des bons

[suite...]

On peut juger, en tout cas, de l’illégitimité de cette défense par la légitimité de l’offensive. On peut juger de la bassesse des défenseurs par la grandeur des attaquants. Qui attaque Cuba ? Des gouvernements très puissants qui parlent au nom de la démocratie et des droits de l’homme ; des gouvernements très puissants qui parlent au nom de la démocratie et des droits de l’homme et qui envahissent ou soutiennent l’invasion de nations souveraines ; des gouvernements qui parlent au nom de la démocratie et des droits de l’homme et qui tuent pour sauver des banques et des entreprises pétrolières ; des gouvernements qui parlent au nom de la démocratie et des droits de l’homme et qui ordonnent – ou y consentent – les séquestrations de la CIA, les camps de torture, les prisons secrètes, le contrôle des téléphones et des communications, la suspension de l’habeas corpus, le racisme exterminateur des lois migratoires et un bon nombre de dictatures collaborationnistes ; des gouvernements très puissants qui parlent publiquement de démocratie et de droits de l’homme et qui bafouent la démocratie et les droits de l’homme, et qui le font non pas parce qu’ils sont hypocrites ou rusés, mais parce qu’ils savent qu’il est autant utile de les violer que de les invoquer. Pourquoi peuvent-ils parler publiquement de démocratie et de droits de l’homme ? Précisément parce qu’ils peuvent les bafouer et les violer publiquement sans trop d’opposition. Pourquoi croit-on à ce qu’ils disent et non à ce qu’ils font ? Parce que leurs moyens pour se faire entendre sont aussi puissants que leurs moyens pour violer, tuer et détruire. Cuba ne pourra jamais avoir raison face à une irrationalité aussi irrésistible ; Cuba ne pourra jamais être juste face à une injustice aussi criminelle.

Salim Lamrani, enseignant et journaliste spécialiste de Cuba, collaborateur habituel de Rebelión, a très bien compris qu’une partie de la stratégie de sape de la révolution cubaine passe par le fait de l’obliger à se défendre sans cesse, afin que tous ses principes paraissent rhétoriques, ses vérités vides de sens, ses chiffres gonflés, ses acquis douteux. Face à cette autolégitimation de l’attaquant – basée sur sa propre capacité à attaquer –, face à laquelle toute défense se retrouve délégitimée, il s’agit moins d’insister sur la légitimité de la révolution que de questionner radicalement la légitimité de ses détracteurs. C’est ce que fait Salim Lamrani dans Double Morale. Cuba, l’Union européenne et les droits de l’homme. Avec un calme très efficace, sans rhétorique, en ayant toujours recours à des rapports officiels au-delà de tout soupçon, il ose faire face aux gouvernements européens les plus belligérants contre Cuba sur leur propre terrain, là où ils se croient le plus intouchables ou d’où ils prétendent imposer leur doctrine au reste du monde. Abordant la question la plus difficile, la plus sensible et également la plus manipulée, l’ouvrage court et convaincant de Lamrani accumule tant d’accusations contre l’UE (et, bien sûr, contre les Etats-Unis) qu’apparaît naturellement aux yeux du lecteur tout ce que la propagande nous cache par le biais d’artifices et de violences symboliques, à savoir, les véritables raisons de l’offensive anti-cubaine et, indissociable de celles-ci, la supériorité positive et manifeste de Cuba – et pas seulement de manière comparative – dans la défense des droits de l’homme.

Mais les comparaisons sont vraiment édifiantes et je ne peux pas résister à l’envie de citer un passage du livre de Lamrani qui, précisément sous ce titre (« une comparaison édifiante »), exprime parfaitement aussi bien l’illégitimité morale et démocratique de l’Union européenne que le talent de l’auteur pour ordonner des vérités de façon à ce qu’elles puissent être perceptibles. Pour un compte rendu, la citation est longue ; pour un résumé judiciaire, elle est trop courte :

« Contrairement aux rapports concernant les pays de l’Union européenne, Amnesty International n’a rapporté, pour ce qui concerne Cuba,

• Aucun cas d’assassinat politique contrairement au Royaume-Uni.

• Aucun cas de torture ou traitement inhumain contrairement à la Belgique, à Chypre, à l’Estonie, à la France, à la Grèce, à l’Italie, à la Lettonie, à Malte, à la République tchèque et au Royaume-Uni.

• Aucun cas d’utilisation de preuves obtenues sous la torture contrairement à l’Allemagne et à Chypre.

• Aucun cas de disparition contrairement à l’Estonie.

• Aucun cas d’enlèvement de personnes par les autorités contrairement à l’Italie.

• Aucun cas de violation du droit à la vie contrairement à la Suède.

• Aucun cas d’impunité suite à un crime commis par des agents de l’Etat contrairement à l’Autriche, l’Espagne, la France, la Grèce, l’Irlande, l’Italie, le Portugal, la République tchèque et au Royaume-Uni.

• Aucun cas de trafic d’êtres humains contrairement à la Grèce et à la Lituanie.

• Aucun cas de violence contre les mineurs commises par des agents de l’Etat, contrairement à l’Estonie, la République tchèque et la Slovaquie.

• Aucun cas de violence systématique contre les femmes contrairement à la plupart des pays européens.

• Aucun cas de violence contre les minorités contrairement à l’Allemagne, à l’Estonie, à la France, la Grèce, la République tchèque, le Royaume-Uni et à la Slovaquie.

• Aucun cas d