Voyage « Sur les Traces de la Révolution » 2015

sexcam

Comme chaque année, l’association Cuba Linda vous propose un voyage exceptionnel à Cuba, et entre autre de célébrer le 1er mai à La Havane sur la place de la Révolution.   Les inscriptions sont à présents ouvertes, vous trouverez ci-dessous les liens vers le programme et le bulletin de réservation. …

« J’ai accepté cette mission car c’était mon devoir pour Cuba », René Gonzalez

23 mars 2014 Après avoir purgé une peine de 15 ans de prison aux États-Unis pour espionnage, cet ancien agent du gouvernement cubain de passage à Paris témoigne. Sébastien Madau : Quels étaient les objectifs de votre mission et de celle des autres Cubains avec lesquels vous étiez partis aux Etats-Unis ? …

René González interdit de territoire au Royaume-Uni

Hier soir, quelques heures avant son départ pour Londres où il se devait se rendre afin de témoigner dans le cadre de la Commission d’Enquête Internationale sur le cas des Cubains Five ces 7 et 8 mars, René Gonzalez s’est vu refusé son visa d’entrée au Royaume-Uni. Le paragraphe 320 …

Rassemblement à la Bastille et Libération de Fernando Gonzalez

28 février 2014 : Rassemblement pour les 5 à la Bastille. Jour de fête puisque Fernando Gonzalez Llort a été libéré ce jour et est rentré à La Havane ! Malgré le froid et la pluie, Cuba Si France du Comité International pour la Libération des 5 a battu le …

Articles récent :

Offre Promotionnelle pour SEPTEMBRE / OCTOBRE

Vols CUBANA
A/R Paris / La Havane

685€ TTC

départs le dimanche de Paris Orly Sud
retours le Samedi de La Havane

Offre valide dans la limite des places disponibles

Appelez vite Thierry au 05-53-06-90-73

Cubana-de-Aviacion-Logo

 

 

Fête de l’Humanité 2015

bandeau FB big

Nouveau cette année,  
Rendez-vous sur le stand de Cuba Linda
à l’Espace Tourisme.  

Comme d’habitude toute l’équipe sera là et vous accueillera très chaleureusement.  Venez nombreux découvrir notre nouvel univers.  

Cuba Si France, Place des 5

Charly et toute son équipe toujours fidèles au poste sur le Stand de Cuba Si, Place des 5.

Artisanat et Mojitos sans oublier Fabian y su Salsa Caliente.

bar_cubasifrance_1 bar_cubasifrance_2 bar 2 fete-huma2013

Voyage « Sur les Traces de la Révolution » 2015

Affiche voyage

Comme chaque année, l’association Cuba Linda vous propose un voyage exceptionnel à Cuba, et entre autre de célébrer le 1er mai à La Havane sur la place de la Révolution.

 

Les inscriptions sont à présents ouvertes, vous trouverez ci-dessous les liens vers le programme et le bulletin de réservation.  Pour tout renseignement, contacter CUBA LINDA au 05-53-08-96-66.

 

Affiche voyage

Voyage « Sur les Traces de la Révolution » 2015

Sur les Traces de la Révolution
Voyage 2015

2 départs au choix :
27 ou 29 avril 2015
(Vols directs Air France)

1er mai à La Havane
Place de la Révolution

Randonnée à la Comandancia
de la Plata dans la sierra Maestra
Visites historiques et culturelles
sans oublier les endroits incontournables

La Havane, Viñales, las Terrazas, la baie des cochons, Santa Clara, Cienfuegos, Trinidad, Camaguey, Bayamo, Santiago.

Cliquez ici pour le programme

Cliquez ici pour le bulletin de réservation

Extrait de la journée du 1er mai 2014, après le défilé à la Casa de la Amistad pour déjeuner.

Discours de Didier Lalande, début des festivités organisées par l’ICAP (Institut Cubain d’Amitié avec les Peuples).

 

 

« J’ai accepté cette mission car c’était mon devoir pour Cuba », René Gonzalez

Sébastien Madau : Quels étaient les objectifs de votre mission et de celle des autres Cubains avec lesquels vous étiez partis aux Etats-Unis ? Dans quel état d’esprit vous trouvez-vous au moment où elle vous a été proposée ?

René Gonzalez : - Je suis allé aux Etats-Unis pour infiltrer des organisations terroristes cubano-américaines qui avaient commis plusieurs attentats à Cuba et qui étaient protégées par le gouvernement américain. C’est étrange, je n’avais pas vocation à cela (René Gonzalez était pilote d’avion de profession, ndlr). Je me suis posé la question avant d’accepter. On m’a expliqué que c’était basé sur le volontariat, que je pouvais refuser… Mais c’était mon devoir, pour Cuba. Je n’ai rien pu dire à ma famille. Cette décision a été un déchirement intérieur. En 1998, je ne m’attendais pas à être arrêté. L’arrestation a été brutale. Les autorités américaines emploient la violence. Une stratégie pour te faire faillir et perdre le moral.

Comment s’est déroulée l’enquête ?

- La seule charge que nous avons assumée, c’est celle d’être des agents étrangers ne s’étant pas enregistrés lors de notre arrivée aux Etats-Unis. Mais cela se comprend ! Toutes les autres charges sont fausses (espionnage, conspiration, projet d’assassinat…). C’est alors que la politique politicienne a commencé : quand la communauté d’exilés cubano-américains de Miami a demandé du sang.

Lors de l’interrogatoire, les autorités ont cherché à nous faire céder. Mais si tu cèdes au début, c’est fini. Après avoir supporté l’arrestation et les premiers jours de prison, c’était évident que nous supporterions le reste. Notre groupe a été confiné à l’isolement de manière arbitraire. Aux Etats-Unis, 97% des accusés ne vont pas jusqu’au procès car ils plaident coupable. Mais nous n’avons pas voulu car nous étions innocents !

Au total, dix personnes avaient été arrêtées. Cinq ont plaidé coupable. Et nous, les cinq autres, sommes allés jusqu’au procès. Mais le procès a été faussé. Il y a eu chantage, corruption et pressions.

Vous avez été séparés après votre arrestation. Comment saviez-vous que vous seriez plusieurs à résister et à refuser les accusations ?

- Nous ne le savions pas jusqu’au jour du procès. C’est au départ une décision individuelle. Il était impossible d’envisager le contraire. Puis les avocats nous ont informés que certains avaient cédé. Mais devant la Cour, nous sommes arrivés tous ensemble. Nous étions cinq à refuser de céder, tous dans notre bon droit, pour notre pays : Antonio Guerrero, Ramon Labañino, Gerardo Hernandez, Fernando Gonzalez (libéré en février dernier, ndr) et moi-même. Depuis, nous sommes restés comme un seul homme.

Le problème pour vous c’est que le procès a lieu à Miami, bastion de la communauté cubano-américaine hostile à la révolution cubaine.

- C’était irrationnel de tenir ce procès à Miami pour s’assurer un jury qui nous déclarerait coupables. Sans parler du rôle de la presse qui a été financée pour envenimer l’ambiance, comme l’ont d’ailleurs reconnu l’ONU et Amnesty international.

Un élan de solidarité s’est alors créé dans le monde entier à travers des comités pour votre libération. En étiez-vous informés en prison ?

- Le silence médiatique ne nous a pas empêché de recevoir de nombreuses marques de soutien, énormément de lettres notamment. Ces moments étaient de vrais moments de rire dans mon unité. Quand une valise de courrier arrivait, la moitié était pour moi. Mes codétenus me demandaient les timbres qui provenaient du monde entier. Un véritable élan de sympathie s’est créé.

Durant toutes ces années d’emprisonnement, qu’est-ce qui vous a fait tenir ?

- La morale. Vous savez, ils sont venus m’arrêter chez moi. Ils ont pris d’assaut ma maison et ont emmené ma femme et ma fille. Leur technique est d’user de la force pour te faire perdre ta dignité. La plus grande injustice était de voir qu’un gouvernement s’armait pour défendre des terroristes qui frappaient Cuba.

Je n’ai pas connu de moments de découragement… Peut-être parce que j’étais déjà vieux (il sourit, ndlr), et que j’ai appris à jouer avec mon temps. Même s’il y avait des mauvais jours, je ne me suis jamais dit : « je n’en peux plus, ça suffit ! ».

Le contact avec la famille, que l’on m’a empêché de voir pendant deux ans, m’a permis de rester digne, de résister. J’ai appris de la prison que tu es le seul à pouvoir agir sur ton moral et ton esprit. L’humour m’a aussi aidé à transformer les mauvais moments en bons moments.

Enfin, je me disais que j’étais heureux avant le jour de mon arrestation. Il n’y avait donc pas de raison pour que je ne le sois plus ensuite à cause d’un maton qui m’avait jeté au trou.

Vous et vos camarades avez été arrêtés sous la présidence de Bill Clinton. Barack Obama a été élu pendant votre incarcération. Avez-vous cru en un geste de sa part en votre faveur ?

- J’ai eu un espoir même si je ne me suis jamais fait trop d’illusions sur les présidents américains. Je m’attendais à ce qu’il fasse plus. Pas grand chose, mais juste quelque chose. Il m’a déçu. Il lui manque une colonne vertébrale. Il subit trop de pressions de la droite qui ne supporte pas qu’il soit jeune, noir et un intellectuel. Il passe trop de temps à composer avec elle. Pour rien.

Pour quelles raisons estimez-vous alors que le climat est plus favorable aujourd’hui pour obtenir la libération des trois derniers Cubains encore emprisonnés ?

- Quand nous avons été arrêtés en 1998, le continent était frappé par les politiques néolibérales. Cuba était isolée politiquement. La seule petite lumière, c’était Hugo Chavez au Venezuela. A l’époque, l’horizon, c’était l’ALCA (traité de libre-échange d’orientation ultralibérale initié par les Etats-Unis sur le continent américain, ndlr). Mais tout cela a heureusement été enterré. Des choses ont bougé aux Etats-Unis, l’opinion envers Cuba a changé. La position de l’Union européenne aussi. La politique des Etats-Unis vis à vis de Cuba est obsolète. Il faut en profiter.

Il faut se rassembler pour exiger de Washington la libération de mes trois camarades. Des sollicitations d’élus américains auront lieu en juin. C’est le bon moment pour faire du lobby envers les parlementaires. Justice, politique, solidarité : tout est lié. La légalité a été déguisée contre les Cinq. Si la solidarité se joint à cette équation, elle devra être entendue par la justice. Un président par ici, un Premier ministre par là, des élus de gauche partout dans le monde doivent être sensibilisés. Il faut les solliciter. Le fait que 76 sénateurs américains aient demandé au président Obama de régler ce cas est une preuve que les détenteurs des intérêts américains se demandent s’il est toujours utile de continuer avec cette affaire. Aujourd’hui, Fernando Gonzalez et moi-même sommes libres. Trois d’entre nous restent en prison (dont un, Gerardo Hernandez, condamné à perpétuité, ndlr). Nous nous sentons en parfaites conditions physiques et morales pour mener cette bataille. Nous devons êtres dignes des efforts déployés pour obtenir notre libération.

Une partie de la campagne de solidarité était directement dirigée vers le peuple américain. Si vous deviez lui transmettre un message, quel serait-il ?

- Il faut être réaliste. Le peuple américain n’a pas eu son mot à dire sur notre affaire, par manque d’information. Nous ne pouvons pas attendre qu’il sorte dans la rue pour nous défendre. C’est une société individualiste dans laquelle l’individu a peur de perdre ce qu’il possède. Le plus important serait qu’il se demande si c’est toujours utile de nous défendre. Mais il y a aussi des gens courageux là-bas et ils ont besoin de notre aide.

La décision serait alors politique ?

- Oui car toutes les décisions ont été politiques jusque-là. Il faut trouver une manière efficace d’interpeller les bons interlocuteurs. Même si, bien sûr, c’est toujours important de faire connaître notre histoire au plus grand nombre. Quand les Etats-Unis se rendront compte qu’il n’est plus convenable de garder en prison les trois Cubains, ils régleront l’affaire politiquement.

Un ressortissant américain contracté par la CIA, Alan Gross, est actuellement emprisonné à Cuba après une condamnation pour avoir transmis du matériel informatique à des groupes de la dissidence. Pensez-vous qu’un échange de prisonniers soit envisageable ?

- C’est en effet lié. Il y a eu des avancées. Cela peut également faire partie de l’équation. Pendant de nombreuses années, le gouvernement américain a demandé une libération unilatérale et il a mis longtemps à comprendre que Cuba ne céderait pas. Trop de temps a ainsi été perdu. Aujourd’hui, la situation a changé. Pour régler ces affaires, les Etats-Unis doivent se mettre autour de la même table que Cuba.

Après quinze ans d’absence, comment votre retour s’est déroulé à Cuba ?

- Cuba a changé mais j’étais informé par ma famille notamment, ou l’ambassade. Aussi, je n’ai pas été trop surpris par la Cuba que j’ai retrouvée. Le pays a fait des concessions car il était obligé de s’adapter à son temps pour améliorer ses conditions d’existence. C’est un processus naturel et Cuba ne pouvait pas rester isolée. Ensuite, j’ai noté des différences chez les Cubains par rapport à ma génération. C’est le même peuple mais davantage solidaire et politisé. C’est un plus pour développer notre socialisme, tout en menant des débats sur la recherche de plus de justice et d’une société plus égalitaire. Il fallait décentraliser l’économie. Cela me convient. Il faut voir maintenant la pratique.

Si c’était à refaire, le referiez-vous ?

- Nous referions la même chose. Il n’y a aucun doute : nous avons fait ce qui était bon. Et après avoir fait encore mieux connaissance avec l’ennemi durant ces quinze années, j’ai encore moins de doutes.

Entretien réalisé par Sébastien Madau. [ Journaliste au quotidien La Marseillaise]

Source : La Marseillaise des BdR Est n°21043, dimanche 23 mars 2014

Via Esteban

Pour en savoir plus sur l’affaire : « Cinq cubains à Miami : le roman de la guerre secrète entre Cuba et les États-Unis« , de Maurice Lemoine, Ed. Don Quichotte, 2010. « Washington contre Cuba : un demi-siècle de terrorisme/ l’Affaire des Cinq« , de Salim Lamrani, Ed. Le Temps des Cerises, 2005.

René González interdit de territoire au Royaume-Uni

les 5

Hier soir, quelques heures avant son départ pour Londres où il se devait se rendre afin de témoigner dans le cadre de la Commission d’Enquête Internationale sur le cas des Cubains Five ces 7 et 8 mars, René Gonzalez s’est vu refusé son visa d’entrée au Royaume-Uni.

Le paragraphe 320 2b de la loi sur l’immigration, est ici invoquée.

En l’occurrence, “toute personne souhaitant entrer au Royaume-Uni peut être refusée si celle-ci a été condamnée et emprisonnée pour une période de plus de 4 ans ».  

Même si, une dérogation peut être accordée à titre exceptionnel, le gouvernement britannique affirme qu’il ne considère pas la présence de M. González à la Commission Internationale être une raison suffisante ou ne justifie pas l’intérêt public, et maintient son refus.

René González est le premier des Cubains Five à avoir été libéré, en 2013. Depuis 1998, les Cubains Five sont enfermés aux Etats-Unis après un procès qualifié d’inéquitable par Amnesty International.

C’est d’ailleurs un des aspects que la Commission d’Enquête aura pour tâche d’analyser. Pourtant, les services de l’immigration britannique semblent agir comme si René constituait une menace pour le pays.

Pour le moment, nous ne pouvons que deviner les raisons qui ont mené à cette décision. Cependant, vu le contexte du cas des 5 Cubains, il y a peu de doutes que les raisons soient autres que politiques.

Nous demandons à chacun d’écrire à leurs députés et demander de condamner cette décision.

Ils peuvent communiquer avec le ministre britannique chargé de cette question, James Brokenshire MP, james.brokenshire.mp@parliament.uk, téléphone 0044 (0)20 7219 8400.

Charly Bouhana
Président
CUBA SI FRANCE

 

 

Rassemblement à la Bastille et Libération de Fernando Gonzalez

Fernando v2

28 février 2014 : Rassemblement pour les 5 à la Bastille.

Jour de fête puisque Fernando Gonzalez Llort a été libéré ce jour et est rentré à La Havane ! Malgré le froid et la pluie, Cuba Si France du Comité International pour la Libération des 5 a battu le pavé de la place de la Bastille. Nous étions gais ce soir, Fernando est de retour dans son cher Cuba. Nous avons évidemment arrosé l’évènement comme il se doit : Devant un cocktail cubanissimo !
Le combat continue pour la libération des 3 derniers héros cubains !

Cuba à l’aube d’une importante réforme de la double monnaie.

26 octobre 2013 Actualités Aucun commentaire
cuc-cup

24 octobre 2013 by cubanismo

Marc Vandepitte

On en parle depuis longtemps et cela fait même un petit temps qu’elle est annoncée mais on y serait, donc. Cuba met un terme à son système de double monnaie. En fait, cette réforme faisait partie du package de réformes économiques déployées depuis fin 2010. Explications de Marc Vandepitte, observateur de Cuba.

Depuis les années nonante, Cuba est en fait le seul pays au monde à utiliser deux monnaies (internes). L’introduction de cette deuxième devise trouve son origine dans un contexte économique des plus dramatiques, conséquence directe de la chute de l’Union Soviétique et du renforcement de l’embargo mis en place par les USA. L’introduction de cette deuxième devise était alors nécessaire afin de préserver le pouvoir d’achat et d’éviter un bain de sang social. En outre, elle était également utile, d’un côté, afin de pouvoir protéger le taux de change de leur propre monnaie tout en contrôlant mieux, de l’autre côté, les devises étrangères qui circulaient dans le pays, essentiellement avec le tourisme et l’envoi de fonds de cubains de l’étranger.

La première monnaie, le peso, est alors utilisé pour le paiement de la plupart des salaires et est la monnaie des biens produits localement. L’autre monnaie, appelée peso convertible ou CUC, est le moyen de paiement des touristes, est utilisée pour les transactions internationales mais également dans les supermarchés possédant des denrées importées ou encore dans les meilleurs restaurants.

Cuba a toujours été une société très égalitaire et l’introduction de cette deuxième devise avait ouvert une brèche sociale. L’existence de ce double système provoquait dans ce sens pas mal de ressentiment. D’un point de vue économique, une deuxième monnaie est également peu avantageuse. Cela complexifie la comptabilité, rend plus difficile une estimation correcte de la rentabilité réelle des entreprises et affecte le commerce international.

Lors du sixième congrès du Parti Communiste Cubain en 2011, furent votées toute une série de directives afin d’actualiser et d’affiner le modèle économique. Une de ces directives était justement la suppression de ce système à deux monnaies. Plusieurs conditions y étaient assorties. Premièrement, la productivité des travailleurs devait avoir suffisamment augmenté et des mécanismes efficaces – lisez des impôts – avoir été mis en place afin de répartir la richesse. La suppression est  donc un processus bien préparé et par étapes et non quelque chose qui tomberait du ciel.

Entre temps, les conditions sont apparemment remplies. Dans une première phase, la suppression progressive va prendre place dans les entreprises. En fonction de l’évaluation qui sera fait de cette première phase, on procèdera ensuite à l’élargissement de la mesure à l’économie entière. Aucune ligne du temps n’a encore été établie, mais cela devrait durer environ six mois. Il semble que ce soit le CUC qui soit éliminé et que l’on ne travaille donc plus qu’avec le peso.

Plusieurs expériences ont en fait déjà été réalisées dans ce sens lors des derniers mois. Ainsi, quelques impôts sur le salaire payé en CUC ont déjà été perçus en pesos. Dans les magasins Caracol, où il était auparavant obligatoire de payer en CUC, on peut déjà payer en peso via sa carte de crédit depuis l’année passée. En outre, dans certaines entreprises cela fait déjà quelques années que l’on s’est écarté du taux de change officiel et que l’on a adopté un taux de change intermédiaire, se rapprochant plus de celui – supposé – d’une monnaie unique.

La suppression progressive de la double monnaie sera probablement couplée à une dévaluation du CUC (sur évalué) et sans doute à une réévaluation du peso.

Aujourd’hui :
25 pesos = 1 CUC = 1 dollar
Imaginons, par exemple, une réévaluation du peso de 20% et une dévaluation du CUC de même amplitude. Alors on aurait la situation suivante:
17 pesos = 1 CUC = 0,8 dollar   (17 pesos = 1 dollar)
En refaisant le même exercice une deuxième fois, cela donne alors :
11 pesos = 1 CUC = 0,7 dollar   (15 pesos = 1 dollar)
Et ainsi de suite.

A la fin, l’écart entre les deux devises devient suffisamment petit pour pouvoir en supprimer une.

En 2005 avait déjà eu lieu une réévaluation du peso, mais elle n’était pas définitive. Pour qu’une telle réévaluation le soit, il faut que la base économique du pays devienne plus solide, et que la demande externe en biens et services cubains augmente. Le tourisme, l’exportation de nickel ainsi que les dizaines de milliers de médecins qui offrent leurs services à travers la planète sont dans ce cadre des atouts de choix. A côté de cela, les bonnes relations économiques avec le Venezuela, le Brésil, la Chine et d’autres pays en développement ont également participé au renforcement économique de l’île ces dernières années.

La suppression de la deuxième monnaie aura aussi des répercussions importantes sur la société cubaine. Cela réduit l’écart entre les cubains qui ont accès au dollar – ou à d’autres devises étrangères – et ceux qui doivent faire sans. Il s’agit ici d’une répartition cruciale de la richesse à l’avantage des couches les moins aisées de la population. Cela réduira le phénomène de “chasse aux dollars”, souvent liée à la corruption. En outre, cela aura aussi un rôle à jouer dans le renforcement de branches comme l’enseignement ou les soins de santé, actuellement délaissées au profit du secteur touristique ou de départs vers l’étranger.

Une chose est en tout cas certaine. Aussi bien sur le plan social qu’économique, il s’agit ici d’une opération délicate et risquée. Mais la révolution cubaine n’en est pas à son coup d’essai et à démontrer sa capacité d’adaptation plus d’une fois par le passé. En effet, le pays subit – et résiste – au plus long blocus économique de l’histoire mondiale. Par deux fois en trente ans -une première fois en ’59 et une seconde en ’89 – Cuba a en effet dû trouver de nouveaux partenaires commerciaux. Ainsi, au début des années nonante, les cubains perdent 80% de leurs partenaires commerciaux tandis qu’ils voyaient leur PIB chuter à 35%. Tout cela en quelques mois.

Pour se donner une idée, on parle d’une crise encore plus forte que celle que connaissent actuellement les pays du sud de l’Europe. La difficulté supplémentaire étant qu’ils devaient pouvoir sortir de cette crise sans aucune aide extérieure… et alors que le blocus économique étasunien continuait de les asphyxier. Cuba a donc déjà prouvé par le passé qu’ils n’étaient pas les derniers de la classe en matière de gestion économique. Cette réforme monétaire s’inscrit, sans aucun doute, directement dans cette lignée.

Marc Vandepitte est l’auteur, entres autres, d’une étude sur les réformes économiques à Cuba dans les années nonante : “Le pari de Fidel” (De gok van Fidel, Epo 1998).

Sources: Nota Oficial  / Reforma monetaria a la vista: ¿Adiós al peso cubano? /Reformas bancarias y el sistema monetario en Cuba / Naar het einde van de Speciale Periode op Cuba? De economische hervormingen en de verdeling van de rijkdom  

 » Fidel parle du Che, une interview exclusive d’Ignacio Ramonet. »

fidel 2

 

Moi Fidel Castro (2004) est une série d’entrevues réalisées par Ignacio Ramonet* et par Axel Ramonet pour la télévision et par la suite publiée en DVD.

Ces entrevues, entre autres, font partie de l’ouvrage de Ramonet : Fidel Castro, Biographie à deux voix, publié chez Fayard / Galilée.

* Théoricien des médias, journaliste, l’une des voix les plus représentatives du mouvement altermondialiste, Ignacio Ramonet, ancien directeur de Monde Diplomatique.

CUBA : LE DERNIER CONSEIL DES MINISTRES CUBAIN PROGRAMME L’UNIFICATION DES MONNAIES ET DU CHANGE.

23 octobre 2013 Actualités Aucun commentaire
PESOS

CUBA : LE DERNIER CONSEIL DES MINISTRES CUBAIN PROGRAMME L’UNIFICATION DES MONNAIES ET DU CHANGE.
par Michel Taupin

« Ce changement devra contribué à l’efficacité, à améliorer la façon dont les événements économiques sont mesurés et servir de stimulant aux entreprises qui exportent des marchandises et des services, ainsi que pour tous ceux qui produisent pour le marché local ».

Parmi les « mesures vitales pour l’économie de Cuba » adoptées par les ministres réunis sous la direction de Raoul Castro, et parmi elles, le perfectionnement du Ministère de l’Agriculture, la mesure la plus emblématique est à coup sûr l’abandon du système dual des monnaies en vigueur à Cuba depuis 19 ans. Mettre fin au système de la double monnaie introduit en 1994, était une demande essentielle réclamée lors du VIe Congrès du Parti communiste cubain en Avril 2011. Le peso (CUP), monnaie courante, et le peso convertible (CUC), indexé sur le dollar, devraient donc être prochainement fondus en une seule devise.

Initialement, comme le dit si bien Juan de Trinidad, le CUC créé en 1994, « devait remplacer le dollar nord-américain, introduit à Cuba aux débuts de notre vie républicaine et qui fut ensuite tellement haï à cause de la différence entre notre révolution et le gouvernement des États-Unis. Cette monnaie est le fruit du harcèlement et du blocus de fer imposés à notre île par les voisins du nord. On ne pouvait pas permettre que circule à Cuba le dollar nord-américain, la monnaie du pays qui durant autant de décennies a essayé de détruire notre révolution. C’est pour cela qu’il a été nécessaire de faire naître le CUC ».
Il devait être en quelque sorte la monnaie touristique et permettre aux visiteurs de profiter de l’île en payant le prix fort (indexé sur le dollar américain) et le peso cubain restait la monnaie locale qui permettait de payer les salaires, acheter le nécessaire sur les marchés et bénéficier des services peu couteux de la vie de tous les jours : marchés, transports, sorties etc. … L’idée était simple, elle perdure encore aujourd’hui.

En 2004, alors président, Fidel Castro retire le dollar de la circulation à Cuba en réponse à une intensification de l’embargo US qui étrangle le pays depuis un demi-siècle. Dans le même temps, il dévalue le peso convertible, le CUC, de 8% et augmente la commission appliquée au change de 10%. De ce fait, la dualité du change réel contribua à des distorsions dans l’économie cubaine. Si le taux de change officiel pour l’État restait 1 USD = 1 CUP, le taux de change pour la population était tout autre : 1 USD = 1 CUC mais égal à 24 CUP… Cela change la vie… et surtout la capacité financière de tout un chacun.

Le Conseil des ministres signale « que l’unification des monnaies et du change n’est pas une mesure qui résout à elle seule tous les problèmes actuels de l’économie, mais que son application est indispensable pour garantir le rétablissement de la valeur du peso cubain et de ses fonctions en tant que monnaie ». Il ajoute que « les principaux changements qui se produiront au cours de la première étape auront lieu dans le secteur des personnes juridiques afin de créer les conditions pour une augmentation de l’efficacité, pour une meilleure évaluation des résultats économiques et pour un encouragement aux secteurs qui produisent des biens et des services à l’exportation et au remplacement d’importations ».
Bien que l’on ait encore aucune indication sur la durée du passage à cette monnaie unique (certains spécialistes parlent de 18 mois voire plusieurs années), le Conseil des ministres a approuvé un calendrier pour la mise en œuvre des « mesures qui mèneront à l’unification monétaire et de change » et que cela « commencerait par les entreprises opérant à Cuba et s’étendrait aux individus à une date ultérieure ». Concrètement, la refonte du système monétaire à Cuba devrait passer par une dévaluation échelonnée du peso convertible (CUC), aujourd’hui égal à 24 peso cubains (CUP), et une réévaluation progressive de cette dernière devise.

Enfin, le Conseil des ministres a réaffirmé qu’aucune des mesures qui seront prises en matière monétaire « n’aura pour but de porter préjudice aux personnes qui obtiennent légalement leurs revenus en pesos et en pesos convertibles ».

50 vérités sur la dictature de Fulgencio Batista à Cuba

19 octobre 2013 Actualités Aucun commentaire
BATISTA

50 vérités sur la dictature de Fulgencio Batista à Cuba (par Salim Lamrani)

La dictature de Fulgencio Batista a précipité l’avènement de la Révolution cubaine et certains mythes persistent toujours

1. Le coup d’Etat du 10 mars 1952 organisé par le général Fulgencio Batista, ancien Président de la République de 1940 à 1944, a mis un terme à l’ordre constitutionnel et a renversé le gouvernement démocratiquement élu de Carlos Prío Socarrás, à quelques mois des élections présidentielles de juin 1952.

2. Ancien sergent sténographe, Batista est apparu dans la vie politique cubaine durant la Révolution du 4 septembre 1933, menée par les étudiants, qui renversa la dictature honnie de Gerardo Machado. il prit la tête d’une rébellion de sous-officiers et s’empara de l’armée, devenant ainsi le nouveau chef d’Etat-major. Dès le lendemain, le 5 septembre 1933, Batista avait rendu visite à l’ambassadeur étasunien Sumner Welles, laissant augurer sa future trahison. Welles était inquiet des « éléments extrêmement radicaux » qui venaient de prendre le pouvoir. Le gouvernement révolutionnaire de Ramón Grau San Martín, connu sous le nom de la Pentarchie, était soutenu par « l’immense majorité du peuple cubain », selon l’ambassade étasunienne.

3. Refusant de reconnaitre le nouveau gouvernement révolutionnaire, les Etats-Unis encouragèrent Batista à réaliser un coup de force afin de renverser Grau San Martín. Celui-ci préconisait, par la voix Antonio Guiteras, véritable âme de la Révolution de 1933, la souveraineté nationale et la justice sociale. Welles informa Batista qu’il disposait du « soutien de l’immense majorité des intérêts économiques et financiers à Cuba ».

4. En janvier 1934, avec le soutien de Washington, Batista renversa le gouvernement de Grau San Martín, connu comme le gouvernement des « cent jours » (127 jours), et imposa la figure de Carlos Mendieta, tout en conservant le pouvoir réel. Le sergent devenu général venait de sonner le glas de la Révolution de 1933. Washington se réjouit de la situation « Le 4 septembre 1933 a été liquidé ».

5. Malgré les conspirations incessantes, l’instabilité politique chronique et l’hostilité des Etats-Unis, la Révolution de 1933 avait appelé à des élections le 22 avril 1934, convoqué une Assemblée constituante pour le 20 mai 1934, accordé l’autonomie aux universités, baissé le prix des articles de première nécessité, donné le droit de vote aux femmes, limité la journée de travail à huit heures, créé un ministère du travail, réduit les tarifs d’électricité et de gaz, mis un terme au monopole des entreprises étasuniennes, imposé un moratoire temporaire sur la dette et, surtout, nationalisé la Cuban Electric Company, filiale de l’American Bond and Foreign Power Company.

6. De 1934 à 1940, Batista régna dans l’ombre jusqu’à son élection à la présidence de la République en 1940, grâce à une coalition hétéroclite regroupant les forces conservatrices et les communistes du Parti Socialiste Populaire. Son gouvernement fut marqué, selon Washington par « le volume et la puissance de la corruption », son alignement sur la politique étrangère des Etats-Unis, et sa dépendance vis-à-vis du marché étasunien. Batista permit également à Washington d’utiliser l’espace aérien, maritime et terrestre, de disposer de plusieurs bases aériennes et navales à usage exclusif durant la Seconde Guerre mondiale, sans traitement de réciprocité, mettant ainsi la souveraineté nationale entre parenthèses.

7. En 1944, Ramón Grau San Martín fut élu à la Présidence de la République et il prit le pouvoir en octobre 1944. Batista légua une situation financière désastreuse à son successeur. L’ambassadeur étasunien Spruille Braden s’était rendu compte de la situation dès le mois de juillet 1944 et en fit part à ses supérieurs : « Il apparaît de plus en plus évident que le président Batista souhaite rendre la vie difficile à la prochaine administration par tous les moyens possibles, et particulièrement d’un point de vue financier ». Braden dénonça « un raid systématique sur les fonds du Trésor » et nota que « le Docteur Grau trouvera les coffres vides quand il prendra le pouvoir ».

8. Grau San Martín dirigea le pays jusqu’en 1948 et sa gouvernance fut gangrenée par la corruption et la dépendance vis-à-vis des Etats-Unis. Le Département d’État souligna le point faible de la nation cubaine dans un mémorandum du 29 juillet 1948 : « L’économie mono-productrice dépend presque entièrement des États-Unis. Nous pouvons en manipulant les tarifs ou le quota sucrier plonger l’île entière dans la pauvreté ».

9. Carlos Prío Socarrás, Premier Ministre de Grau en 1945 et Ministre du Travail par la suite, remporta l’élection présidentielle de 1948. Son administration fut marquée par le népotisme et la corruption.

10. Le 10 mars 1952, à trois mois des élections présidentielles du 1er juin 1952, Batista rompit l’ordre constitutionnel et instaura une dictature militaire. Il augmenta le salaire des forces armées et de la police (de 67 pesos à 100 pesos et de 91 pesos à 150 pesos respectivement), s’octroya lui-même un salaire annuel supérieur à celui du président des États-Unis (passant de 26 400 dollars à 144 000 dollars par an contre 100 000 dollars pour Truman), suspendit le Congrès et confia le pouvoir législatif au Conseil des ministres, supprima le droit de grève, rétablit la peine de mort (interdite par la Constitution de 1940) et suspendit les garanties constitutionnelles.

11. Le 27 mars 1952, les Etats-Unis reconnurent officiellement le régime de Batista. Comme le souligna l’ambassadeur étasunien à La Havane, « les déclarations du général Batista concernant le capital privé ont été excellentes. Elles ont été très bien reçues, et je savais sans aucun doute possible que le monde des affaires faisaient partie des plus enthousiastes supporters du nouveau régime ».

12. En juillet 1952, Washington signa des accords militaires avec La Havane, même s’il était conscient du caractère brutal et arbitraire du nouveau pouvoir. Cuba est « sous le joug d’un dictateur sans merci », souligna l’ambassade étasunienne dans un rapport confidentiel de janvier 1953 au Département d’Etat. En effet, le général réprimait d’une main de fer l’opposition, notamment la jeunesse estudiantine symbolisée par l’assassinat du jeune Rubén Batista en janvier 1953.

13. Le 26 juillet 1953, un jeune avocat nommé Fidel Castro prit la tête d’une expédition armée contre la caserne Moncada, seconde forteresse militaire du pays. Ce fut un échec sanglant. Le consulat étasunien de Santiago de Cuba nota que « l’Armée n’avait pas fait de quartier auprès des insurgés capturés ou des simples suspects », reconnaissant les massacres commis par les soldats suite aux directives du colonel Alberto del Río Chaviano. Il remarqua également le « nombre très faible de blessés chez les insurgés par rapport au nombre de soldats blessés. […] Les assaillants capturés avaient été exécutés de sang froid et les assaillants blessés ont également été liquidés ».

14. En novembre 1954, Batista organisa une parodie électorale qu’il remporta haut la main. Les États-Unis reconnurent que « les élections prévues par Batista étaient un simulacre destiné à s’agripper au pouvoir ».

15. En mai 1955, sur ordre de Washington, le régime militaire mit en place le Bureau de répression des activités communistes (BRAC). Le BRAC était chargé de « réprimer toutes les activités subversives qui pourraient affecter les États-Unis ».

16. Si les discours de Batista étaient farouchement anticommunistes, il convient de rappeler que ce fut lui qui établit pour la première fois des rapports diplomatiques entre Cuba et l’Union soviétique en 1942.

17. Durant toute la dictature militaire, Batista a maintenu des relations commerciales avec Moscou, en vendant du sucre. En 1957, le Diario de la Marina, quotidien conservateur cubain, s’était même félicité de ces ventes en notant que « le prix du sucre s’était amélioré après que l’Union soviétique eut acquis 200 000 tonnes chez nous ». A aucun moment, Washington ne s’était inquiété des relations commerciales entre l’Union soviétique et Cuba sous la dictature de Batista. L’histoire sera différente lorsque Fidel Castro arrivera au pouvoir.

18. En mai 1955, Batista, qui souhaitait améliorer son image et répondre à une demande populaire, procéda à une amnistie générale et libéra Fidel Castro ainsi que les autres prisonniers du Moncada.

19. Le 2 décembre 1956, après avoir organisé une expédition au Mexique où il rencontra Che Guevara, Fidel Castro débarqua à Cuba en compagnie de 81 hommes pour lancer une guerre insurrectionnelle contre la dictature militaire de Batista. Surpris par l’armée, l’opération fut un fiasco et les révolutionnaires furent dispersés. Fidel Castro se retrouva en compagnie de 11 autres insurgés, armés au total de seulement 7 fusils.

20. L’ambassadeur étasunien Arthur Gardner exprima son point de vue sur Fidel Castro dans un rapport expédié au Département d’Etat. Le leader du Mouvement 26 Juillet était un « gangster » qui « allait s’emparer des industries américaines » et « tout nationaliser ». Quant au dictateur Batista, « je doute que nous ayons eu de meilleur ami que lui ». Il fallait donc « soutenir le gouvernement existant et promouvoir l’expansion des intérêts économiques étasuniens ».

21. Batista faisait preuve d’une violence féroce à l’égard de l’opposition. Mais les Etats-Unis firent preuve de discrétion vis-à-vis des crimes commis par leur allié cubain. Pourtant, l’ambassade étasunienne à La Havane multipliait les rapports à ce sujet : « Nous sommes désormais convaincus que les assassinats récurrents de personnes que le gouvernement qualifie d’opposants et de terroristes sont en fait le travail de la police et de l’armée. L’explication officielle est que les hommes ont apparemment été tués par d’autres opposants. Cependant, l’attaché juridique a reçu des aveux indirects de culpabilité au sein des cercles de police, en plus des preuves de la responsabilité de la police ».

22. Wayne S. Smith, jeune fonctionnaire de l’ambassade étasunienne, avait été ému par les massacres commis par les forces de l’ordre. Il décrivit des scènes d’horreur : « La police réagissait de façon excessive à la pression des insurgés en torturant et en tuant des centaines de personnes, aussi bien des innocents que des coupables. Les corps étaient abandonnés, pendus à des arbres le long des routes. De telles tactiques ont inexorablement conduit l’opinion publique à rejeter Batista et à soutenir l’opposition ».

23. En février 1957, l’interview de Fidel Castro réalisée par Herbert Matthews du New York Times permit à l’opinion publique étasunienne et mondiale de découvrir l’existence d’une guérilla à Cuba. Batista avouera plus tard dans ses mémoires que grâce à ce scoop médiatique « Castro commençait à devenir un personnage de légende ». Matthews nuança cependant l’importance de son interview : « Aucune publicité, si sensationnelle qu’elle fût, n’aurait pu donner quoi que ce soit plus tard si Fidel Castro n’avait pas été précisément l’homme que j’avais décrit ».

24. Le 13 mars 1957, un commando du Directorio Revolucionario du leader étudiant José Antonio Echeverría, composé de 64 jeunes, prit d’assaut le Palais présidentiel dans le but d’exécuter Batista. L’opération fut un échec et coûta la vie à 40 des 64 étudiants. Les survivants furent pourchassés à travers la ville et assassinés. Echeverría perdit la vie lors d’un affrontement avec la police près de l’Université de La Havane.

25. L’ambassade française à La Havane apporta son éclairage sur l’attaque du 13 mars : « Les réactions américaines aux événements de Cuba étaient d’horreur, de sympathie pour les insurgés, de réprobation contre Batista. À lire les éditoriaux que tous les principaux journaux ont consacré à l’évènement, il est clair que l’Amérique a été surtout frappée par l’héroïsme des patriotes cubains […].Si certains reconnaissent pourtant que les insurgés du 13 mars ont pu avoir tort, dans leurs méthodes, il est vrai, bien plus que dans leurs objectifs, tous estiment en revanche qu’ils ont donné à leur cause la palme du martyre et que l’opposition cubaine va se retrouver galvanisée par cet exemple ».

26. Fidel Castro, s’il avait signé une alliance avec le Directorio Revolucionario dans la lutte contre Batista, était en désaccord avec l’assassinat politique : « Nous étions contre Batista mais nous n’avons jamais essayé de le faire tomber dans un attentat et nous aurions pu le faire. Il était vulnérable. Il était beaucoup plus difficile de lutter contre son armée dans les montagnes ou d’essayer de prendre une forteresse qui était défendue par un régiment. Combien y en avait-il dans la garnison du Moncada, ce 26 juillet 1953 ? Près de mille hommes, peut-être plus. Préparer une attaque contre Batista et l’éliminer était dix ou vingt fois plus facile, mais nous ne l’avons jamais fait. Est-ce que le tyrannicide a servi une fois dans l’histoire pour faire la révolution ? Rien ne change dans les conditions objectives qui engendrent une tyrannie […]. Nous n’avons jamais cru à l’assassinat de leaders […], nous ne croyions pas qu’un système était aboli, liquidé, lorsque ses leaders étaient éliminés. Nous combattions des idées réactionnaires, pas des hommes ».

27. Dans les montagnes de la Sierra Maestra où se déroulaient les combats entre l’armée et les insurgés, Batista avait évacué de force les familles paysannes pour couper les rebelles de leur base de soutien et les avait concentrées dans des entrepôts de la ville de Santiago. Il appliquait ainsi la méthode du général espagnol Valeriano Weyler pendant la guerre de 1895-1898. Dans un éditorial, la revue Bohemia dénonça une « situation de tragédie » rappelant « les époques les plus sombres de Cuba ». L’hebdomadaire relata le sort des quelque six mille victimes : « C’est une histoire douloureuse, de souffrances, de peines intenses. C’est l’histoire de 6 000 Cubains contraints à quitter leurs demeures, là-bas, dans les coins inextricables de la Sierra Maestra, pour les concentrer dans des lieux où tout leur manquait, où il était difficile de leur venir en aide, de leur donner un lit ou un plat de nourriture ».

28. Le 29 juillet 1957, l’assassinat de Frank País, leader du Mouvement 26 Juillet pour la province d’Oriente, déclencha une immense manifestation qui fut réprimée par les forces batistiennes, à tel point que l’ambassadeur étasunien Earl E. T. Smith se sentit obligé de dénoncer « l’action excessive de la police ».

29. Le 5 septembre 1957, le soulèvement d’une fraction de l’armée contre Batista à Cienfuegos fut écrasé dans le sang. Selon l’ambassadeur Smith, « le facteur clé pour briser la révolte de Cienfuegos » fut l’utilisation d’avions « F-47 et B-26 » fournis par les Etats-Unis.

30. Le 29 septembre 1957, le Collège médical de Cuba publia un rapport sur la situation politique cubaine lors de la XIe Assemblée générale de l’Association médicale mondiale. Selon celui-ci, « les combattants de la lutte armée qui se rendent sont liquidés. On ne fait pas de prisonniers, il y a seulement des morts. Beaucoup d’opposants ne sont pas soumis au Tribunal de Justice mais sont exécutés d’une balle dans la nuque ou pendus. On intimide les magistrats et les juges sans que des voix de protestation soient entendues. Le désespoir se répand parmi les jeunes qui s’immolent dans une lutte inégale. Celui qui est poursuivi ne trouve pas de refuge. À l’Ambassade d’Haïti, dix demandeurs d’asile ont été assassinés par la force publique […]. La presse est totalement censurée. On ne permet pas d’information journalistique, même pas de la part d’agences internationales […]. Dans les locaux des corps répressifs de la police et de l’armée, on torture les détenus pour leur arracher par la force la confession de délits présumés. Plusieurs blessés présents dans les cliniques et hôpitaux sont emmenés de force et ils apparaissaient plusieurs heures plus tard assassinés dans les villes et campagnes ». Le Washington Post and Times Herald nota que « les médecins cubains sont victimes d’atrocités, y compris d’assassinat pour avoir soigné des rebelles cubains ».

 

Leia mais

31. En 1958, en plus de soutenir le régime de Batista, les Etats-Unis mirent en examen et emprisonnèrent Carlos Prío Socarrás, Président légitime de Cuba, réfugié à Miami, sous prétexte d’avoir violé les lois de neutralité du pays. Ce dernier tentait d’organiser une résistance interne à la dictature.

32. En ce qui concerne la liberté de la presse, les Etats-Unis présentent la Cuba prérévolutionnaire sous un jour positif. Ainsi, affirment-t-ils, « avant 1959, le débat public était vigoureux : il y avait 58 journaux et 28 chaînes de télévision qui fournissaient une pluralité de points de vue politiques ». Les documents de l’époque et les faits contredisent cette affirmation. En effet, un rapport de la Société interaméricaine de Presse (SIP) publié en 1957 qualifiait d’« antidémocratique le gouvernement du Président Fulgencio Batista de Cuba, parce que ce gouvernement ne respecte pas la liberté de la presse ». En effet, la censure contre la presse s’appliqua 630 jours sur les 759 que dura la guerre insurrectionnelle entre le 2 décembre 1956 et le 1er janvier 1959.

33. Sous Batista, la corruption était endémique. « Les diplomates rapportent que même s’il y a toujours eu de la corruption gouvernementale à Cuba, elle n’a jamais été aussi efficace et généralisée que sous le régime du Président Fulgencio Batista », précisait le New York Times.

34. Batista était intimement lié aux éléments du grand banditisme tels que Meyer Lansky ou Luigi Santo Trafficante Jr. Ses premiers contacts avec la mafia remontaient à 1933 lorsqu’il s’autoproclama colonel et fut approché par le célèbre Charles « Lucky » Luciano et Santo Trafficante Sr. Le monde du « jeu », extrêmement lucratif, était contrôlé par Lansky, le numéro deux de la mafia étasunienne, « l’un des six principaux gangsters des États-Unis » qui avait « mis sur pied pour le dictateur Batista l’organisation actuelle des jeux de la Havane », selon le journal français Le Monde.

35. Les Etats-Unis et les partisans de l’ancien régime présentent toujours la Cuba batistienne comme « la vitrine de l’Amérique latine » de l’époque. La réalité était sensiblement différente. Les statistiques de la Banque Nationale de Cuba sont disponibles pour cette période et il est possible de comparer la situation économique sous le gouvernement démocratique du président Carlos Prío Socarrás et sous le régime militaire de Batista. Ainsi, entre 1951 et 1952, le PIB cubain avait augmenté de 2,52%. De 1952 à 1953, sous Batista, le PIB avait chuté de 11,41%, avec une hausse de seulement de 0,9% de 1953 à 1954, et de 3,5% de 1954 à 1955. Ce ne fut qu’en 1956 que le PIB revint à son niveau de 1952 avec 2 460,2 millions de pesos. Ainsi, il est impossible de parler de croissance économique entre 1952 et 1956. Durant les 2/3 du règne de Batista, la croissance fut inexistante. L’embellie ne survint qu’à partir de 1957 où le PIB atteint le chiffre de 2 803,3 millions de pesos et en 1958 il redescendait à 2 678,9 millions de pesos.

36. Par ailleurs, les réserves monétaires chutèrent de 448 millions de pesos en 1952 à 373 millions en 1958, lesquels ont été volés lors de la fuite de Batista et de ses complices le 1er janvier 1959. La dette de la nation passa de 300 millions de dollars en mars 1952 à 1 300 millions en janvier 1959 et le déficit budgétaire atteignit 800 millions de dollars.

37. La politique sucrière de Batista fut un échec. Alors que ce secteur générait des revenus s’élevant à 623 millions de pesos en 1952, il chuta à 383,5 en 1953, 412,8 en 1954, 402,1 en 1955, 426.1 en 1956 et 520,7 en 1958. Seule l’année 1957 généra plus de revenus que 1952 avec 630,8 millions de pesos.

38. Les ouvriers et les employés agricoles en payèrent le prix. Alors que leur rémunération s’élevait à 224,9 millions de pesos en 1952, elle chuta à 127,7 en 1953, 128,2 en 1954, 118,9 en 1955, 127 en 1956, 175,3 en 1957 et 156,9 en 1958. Durant le régime de Batista, ils ne retrouvèrent jamais leur revenu de 1952. Il en fut de même pour les ouvriers et employés non agricoles. Alors que leur revenu global annuel était de 186,6 millions de pesos en 1952, il baissa à 126,2 millions de pesos en 1953, 123,5 millions en 1954, 112,7 millions en 1955, 114,6 millions en 1956, 145,7 millions en 1957, et 141,8 millions de pesos en 1958. Sous Batista, les ouvriers et employés non agricoles n’atteignirent jamais leur niveau de revenu de 1952.

39. Pourtant, le régime de Batista avait bénéficié de l’aide économique étasunienne comme jamais auparavant. Les investissements étasuniens à Cuba passèrent de 657 millions de dollars en 1950 sous Carlos Prío Socarrás à plus d’un milliard de dollars en 1958.

40. Le professeur étasunien Louis A. Pérez, Jr. note qu’« en réalité, le revenu par habitant à Cuba en 1958 était à peu près au même niveau que celui de 1947 ».

41. Selon une étude réalisée entre mai 1956 et juin 1957 par le Conseil national d’économie des Etats-Unis et publié dans un rapport intitulé Investment in Cuba. Basic Information for the United States Busing Department of Commerce, le nombre de chômeurs était de 650 000 la moitié de l’année, c’est-à-dire près de 35% de la population active. Parmi ces 650 000 personnes, 450 000 étaient des chômeurs permanents. Parmi les 1,4 millions de travailleurs, près de 62% recevaient un salaire inférieur à 75 pesos par mois. Selon le Département du Commerce étasunien, « à la campagne, le nombre de chômeurs augmentait après la récolte de la canne à sucre et pouvait dépasser les 20% de la main d’œuvre, c’est-à-dire entre 400 000 et 450 000 personnes ». Les revenus annuels du travailleur agricole ne dépassaient pas les 300 dollars par an.

42. Près 60% des paysans vivaient dans des cabanes au toit de guano et au sol de terre qui étaient dépourvues de sanitaires ou d’eau courante. Près de 90% d’entre eux n’avaient pas d’électricité. Près de 85% de ces cabanes comportaient une ou deux pièces pour toute la famille. Seuls 11% des paysans consommaient du lait, 4% de la viande et 2% des œufs. 43% d’entre eux étaient analphabètes et 44% n’étaient jamais allés à l’école. Le New York Times notait que « la grande majorité d’entre eux dans les zones rurales – guajiros ou campesinos – vivait dans la misère, au niveau de la subsistance ».

43. Selon l’économiste anglais Dudley Seers, la situation en 1958 était « intolérable ». « Ce qui était intolérable, c’était un taux de chômage trois fois plus élevé qu’aux États-Unis. D’autre part, à la campagne, les conditions sociales étaient très mauvaises. Près d’un tiers de la nation vivait dans la saleté, mangeant du riz, des haricots, des bananes et des légumes (pratiquement jamais de viande, de poisson, d’œufs ou de lait), vivant dans des cases, habituellement sans électricité ni latrines, affligé de maladies parasitaires et ne bénéficiant pas d’un service de santé. On leur refusait l’instruction (leurs enfants suivaient une année d’école, au maximum). La situation des precaristas, installés dans les abris de fortune sur les terres collectives, était particulièrement pénible […]. Une importante proportion de la population urbaine était également très misérable ».

44. Le Président John F. Kennedy s’exprima également à ce sujet : « Je pense qu’il n’y a pas un pays au monde, y compris les pays sous domination coloniale, où la colonisation économique, l’humiliation et l’exploitation ont été pires que celles qui ont sévi à Cuba, du fait de la politique de mon pays, pendant le régime de Batista. Nous avons refusé d’aider Cuba dans son besoin désespéré de progrès économique. En 1953, la famille cubaine moyenne avait un revenu de 6 dollars par semaine […]. Ce niveau de vie abyssal s’est enfoncé à mesure que la population s’accroissait. Mais au lieu de tendre une main amicale au peuple désespéré de Cuba, presque toute notre aide prenait la forme d’assistance militaire – assistance qui a simplement renforcé la dictature de Batista – […] [générant] le sentiment croissant que l’Amérique était indifférente aux aspirations cubaines à une vie décente ».

45. Arthur M. Schlesinger, Jr., conseiller personnel du président Kennedy, se souvint d’un séjour dans la capitale cubaine et témoigna : « J’étais enchanté par La Havane – et horrifié de la manière dont cette ville adorable était malheureusement transformée en un grand casino et bordel pour les hommes d’affaires américains […]. Mes compatriotes arpentaient les rues, et partaient avec des filles cubaines de quatorze ans et jetaient des pièces uniquement pour le plaisir de voir les hommes se vautrer dans les égouts et les ramasser. On se demandait comment les Cubains – au vu de cette réalité – pouvaient considérer les États-Unis autrement qu’avec haine ».

46. Contrairement aux pratiques de l’armée gouvernementales, les révolutionnaires accordaient une grande importance au respect de la vie des prisonniers. A ce sujet, Fidel Castro raconte : « Dans notre guerre de libération nationale, il n’y a pas eu un seul cas de prisonnier torturé, même pas au moment où on aurait pu trouver comme prétexte la nécessité d’obtenir de l’information militaire pour sauver notre propre troupe ou pour gagner une bataille. Il n’y a pas eu un seul cas. Il y a eu des centaines de prisonniers, et ensuite des milliers, avant la fin de la guerre ; on pourrait chercher leur nom à tous et il n’y a pas un seul cas parmi ces centaines, ces milliers de prisonniers à avoir subi une humiliation, ou même une insulte. Nous remettions presque toujours en liberté ces prisonniers. Cela nous a aidé à gagner la guerre, parce que cela nous a donné un grand prestige, une grande autorité face aux soldats ennemis. Ils avaient confiance en nous. Au début, personne ne se rendait ; à la fin ils se rendaient en masse ». Le New York Times fit également allusion au bon traitement réservé aux soldats faits prisonniers : « C’est le genre de conduite qui a aidé le Señor Castro à avoir une place aussi extraordinaire dans le cœur et les esprits des Cubains ».

47. L’ambassadeur Smith résuma les raisons du soutien des Etats-Unis à Batista : « Le gouvernement de Batista est dictatorial et nous pensons qu’il n’a pas le soutien de la majorité du peuple de Cuba. Mais le gouvernement de Cuba a été un gouvernement amical à l’égard des États-Unis et a suivi en général une politique économique saine qui a bénéficié aux investissements américains. Il a été un supporter loyal des politiques des États-Unis dans les forums internationaux ».

48. Le journaliste étasunien Jules Dubois, sans doute le meilleur spécialiste de la réalité cubaine de l’époque avec Herbert L. Matthews, décrivit le régime de Batista : « Batista revint au pouvoir le 10 mars 1952 et débuta alors la phase la plus sanglante de l’histoire cubaine depuis la guerre d’indépendance, près d’un siècle auparavant. Les représailles des forces répressives de Batista coûtèrent la vie à de nombreux prisonniers politiques. Pour chaque bombe qui explosait, deux prisonniers étaient sortis de prison et exécutés sommairement. Une nuit à Marianao, un quartier de Havane, les corps de 98 prisonniers politiques furent répandus à travers les rues, criblés de balles».

49. Le Président Kennedy dénonça également la brutalité du régime : « Il y a deux ans, en septembre 1958 – une bande de rebelles barbus descendit des montagnes de la Sierra Maestra de Cuba et commença sa longue marche sur La Havane, une marche qui renversa finalement la dictature brutale, sanglante et despotique de Fulgencio Batista […]. […] Notre échec le plus désastreux fut la décision de donner une stature et un soutien à l’une des plus sanglantes et répressives dictatures dans la longue histoire de la répression latino-américaine. Fulgencio Batista assassina 20 000 Cubains en 7 ans – une proportion plus grande de la population cubaine que la proportion d’Américains qui moururent dans les deux guerres mondiales –, et il transforma la démocratique Cuba en un Etat policier total, détruisant chaque liberté individuelle ».

50. Malgré les déclarations officielles de neutralité dans le conflit cubain, les Etats-Unis ont apporté leur soutien politique, économique et militaire à Batista, et se sont opposés à Fidel Castro. Malgré cela, ses 20.000 soldats et une supériorité matérielle, Batista ne put vaincre une guérilla composée 300 hommes armés lors de l’offensive finale durant l’été 1958. La contre-offensive stratégique menée par Fidel Castro a déclenché la fuite de Batista en République dominicaine et le triomphe de la Révolution le 1er janvier 1959.

Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris IV-Sorbonne, Salim Lamrani est Maître de conférences à l’Université de La Réunion, et journaliste, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis.  Son nouvel ouvrage s’intitule Cuba. Les médias face au défi de l’impartialité, Paris, Editions Estrella, 2013 et comporte une préface d’Eduardo Galeano. http://www.amazon.fr/Cuba-m%C3%A9dias-face-d%C3%A9fi-limpartialit%C3%A9/dp/2953128433/ref=sr_1_1?s=books&ie=UTF8&qid=1376731937&sr=1-1 

Contact : lamranisalim@yahoo.fr ; Salim.Lamrani@univ-reunion.fr  Page Facebook : https://www.facebook.com/SalimLamraniOfficiel 

 

La Havane (Cuba)
En ce moment
Temps clair
Vent : 3 km/h
Humidité : 88%
22°C
  • Jeudi Aujourd'hui 22 - 32 °C
  • Vendredi Demain 23 - 32 °C
Weather Layer by www.BlogoVoyage.fr

Partenaires

cuba linda
cubafat

Nous contacter

Cuba Si France
94 boulevard Auguste Blanqui
75013 Paris
Téléphone : 01 43 36 37 50
Fax : 01 43 36 44 38
Adresse électronique : cubasifrance@wanadoo.fr
Site web : http://www.lesamisdecuba.com/

Voyage Cuba Linda

Affiche voyage

Voyage "Sur les Traces de la Révolution" 2015

La Havane, Viñales, las Terrazas, la baie des cochons, Santa Clara, Cienfuegos, Trinidad, Camaguey, Bayamo, Santiago.

Cliquez ici pour le programme

Cliquez ici pour le bulletin de réservation

De La Havane (avec possibilité de participation aux célébrations de la fête du 1er mai 2015 sur la place de la Révolution à La Havane) à Santiago de Cuba (berceau des révolutions cubaines), ce voyage de 17 jours / 15 nuits (sur place), vous fera découvrir Cuba et le peuple cubain d'une façon authentique et solidaire.

Vous serez accompagnés par des passionnés de Cuba qui vous feront partager leurs connaissances du pays au plus près de la réalité. Ce voyage repose sur l'échange et le partage entre nos deux cultures.

Retrouvez-nous sur Facebook