les abeilles cubaines: LES MELIPONES

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Une contribution originale, de MARIETTA et ALAIN Ils sont apiculteurs français passionnés, mais aussi photographes, et ils nous présentent leurs magnifiques photos afin de nous de permettre de connaître un peu mieux les abeilles cubaines LES MELIPONES, ainsi que leur projet d’aide aux apiculteurs cubains.

Nous vous laissons admirer leurs photos ainsi que leurs explications, en leur disant un grand merci.

«Passionnés par les abeilles depuis 40 ans et apiculteurs professionnels dans la montagne
Thiernoise en Auvergne(1) nous sommes allés à Cuba pour rencontrer des «méliponiculteurs»,
éleveurs passionnés de douces abeilles.
Lors de plusieurs séjours sur l’île entre 2014 et 2018, nous avons fait de superbes rencontres de
Vinales à Sancti Spiritu, de San Jose à Sagua la Grande, de Cienfuegos à Remedios.

Les abeilles MÉLIPONES(2) sont les abeilles originelles d’Amérique centrale (Mexique, Pérou).
Elles étaient les uniques abeilles productrices de miel des peuples Guanahatabey, Ciboney et
Taíno, jusqu’à ce que les conquistadors débarquent sur l’île de Cuba, exterminent les habitants
et introduisent vers 1600, l’abeille APIS MELLIFICA(3) (beaucoup plus productrice de cire à
destination de l’église).
Si les abeilles européennes sont toujours présentes sur l’île, MELIPONA BEECHEII y vit encore
à l’état sauvage et nous avons eu la chance de pouvoir l’observer dans son habitat naturel.
Depuis quelques années, des naturalistes, des chercheurs, des méliponiculteurs essayent de
préserver cette abeille et de promouvoir son élevage en dispensant des cours dans les lycées et
à l’université agraire de la Havane : leur vie, les vertus thérapeutiques de leur miel sont
spécifiques et leur pollinisation plus adaptée à la flore tropicale.
Actuellement elles continuent de cohabiter (il n’y a pas d’hybridation possible) avec leurs
cousines «au cul piquant». Mais les mélipones, appelées familièrement par les Cubains,
«ABEJAS DE LA TIERRA» sont-elles, bien inoffensives. En effet ces abeilles aux yeux «bleus»,
ne possèdent pas de dard et donc pas de venin.
Pas

Pas de moyen de défense ? Si, des mandibules puissantes pour mordiller les paupières des
humains trop intrusifs …! Mais pas besoin de masque ni d’enfumoir pour leur rendre visite. Ce
qui facilite aussi l’installation des petites ruches à proximité immédiate des maisons, souvent
sous la véranda, et permet un abord sans risque pour l’apprentissage des enfants.
Leur

Leur organisation diffère aussi de celle des Apis. Les colonies sont moins peuplées (quelques
centaines contre plusieurs milliers pour les Apis).

Elles s’installent dans des troncs creux et bâtissent une « tour » d’alvéoles de cire spécifique
pour le couvain(4), entourée de récipients en forme de jarres (potes) en cire plus foncée dans
lesquels elles stockent le nectar et le miel.

La ponte de la reine.

L’oeuf pondu tout frais

La reine, très imposante par rapport aux ouvrières, pond de 10 à 15 oeufs par jour.

Elle cohabite avec quelques reines «vierges», et les «zanganos» (mâles). Ces mâles moins
machos que ceux des Apis…, contribuent aux tâches de la colonie : ils font le ménage et les
courses !
Pas facile de repérer une colonie dans un arbre mais une fois détectée, quelle merveille : un
orifice par lequel une seule abeille peut entrer et sortir, gardé par une vigie qui s’écarte pour
laisser le passage à ses soeurs. Mais surtout « un trou de vol »(5) magnifiquement «décoré» de
résine amalgamée à des particules de terre de couleurs étonnantes, en forme de fleur !


Chaque colonie sauvage ou transférée dans une ruche possède cette entrée spécifique qui se
prolonge à l’intérieur par un tunnel de cire, sans doute utile à la «désinfection» des passantes.
Le miel des mélipones est un miel très liquide (28 à 34 % d’eau) qui doit de ce fait être conservé
au froid.

Pour le récolter l’apiculteur découpe le sommet d’une jarre et en aspire le contenu avec une
grosse seringue. Ce qui permet une récolte adaptée aux besoins et aussi pour le plaisir de goûter
ce miel très savoureux au goût de Campanilla blanca, de Lippia ou de Palma Real ! Les floraisons
dans les Caraïbes étant presque continues (sauf ouragan) ce miel est à disposition de la famille.
Cette apiculture reste une pratique familiale, de plus en plus encouragée, à part quelques ruchers
plus conséquents tenus par des apiculteurs passionnés qui peuvent vendre la récolte, dans
certaines provinces. Les propriétés de ce miel sont reconnues depuis des siècles, notamment
pour le traitement des affections respiratoires, digestives et oculaires.
Nous avons également rencontré des apiculteurs qui élèvent des abeilles Apis mellifera, dites
« abeilles domestiques ». Ils possèdent des ruchers importants et font transhumer leurs abeilles au
gré des floraisons de l’île.
Leur production très importante et de qualité est collectée par les coopératives et revendue à de
gros importateurs ou au détail dans les boutiques cubaines.
La proximité de ces superbes abeilles mélipones, sans risque de piqûre nous a permis de revenir
avec un trésor de photos. Mais difficilement visibles par les apiculteurs cubains, certains ne
possédant pas de matériel adapté. Après avoir monté une exposition de ces photos pour le
FESTIVAL DE MONTIER EN DER(6), nous avons oeuvré pour qu’elle puisse être visible à Cuba.
Et en Février 2018 elle a pu être exposée un mois à la Casa Victor Hugo, Calle O’Reilly dans
Habana Vieja. La plupart des amis apiculteurs ont pu voir leurs abeilles plus grandes que nature,
très émus pour certains de voir la reine en train de pondre …
Mais le terrible ouragan Irma, ayant dévasté le nord de Cuba et emporté les ruches de nos amis
apiculteurs en septembre 2017, nous avions lancé une souscription, ce qui leur a permis de
reconstruire ou de développer leur rucher.
Cette exposition continue d’émerveiller et de susciter la curiosité des publics de tous âges et
contribue, nous l’espérons, à faire prendre conscience de la nécessité de prendre soin de ces
espèces si vulnérables.
À Cuba la population manifeste un regain d’intérêt pour les Mélipones. Elle y est très attachée
car elle fait partie intégrante de l’histoire de Cuba.
Dès que la situation nous le permettra, nous retournerons à Cuba revoir nos amis et continuer
nos échanges.

MERCI A : WALBERTO, ANYSLEY, ARIEL, ERNESTO et TERESITA, ELIAS, ENRIQUE,
MARIO, AINSI QU’A LEURS FAMILLES, ET HASTA PRONTO EN CUBA.
Pour information :

  • Mise en page et recherches : Gérard Verleye et Monique Peainchau.
  • Photos : Mariette et Alain Benoit.

(1) LA CITE DE L’ABEILLE – Le Champet 63250 VISCOMTAT http://lacitedelabeille.fr/ – tél : 06 30 82 20 05 –
mail : alain.benoit.a.la.guillaume@wanadoo.fr
(2) ABEILLES MELIPONES, nom d’espèce « MELIPONA BEECHEII », abeilles Cubaines appelées par les Cubains
« Abejas de la tierra ».
(3) ABEILLES APIS MELLIFICA (ou MELLIFERA) abeilles Européennes appelées « abeilles domestiques » par les
Cubains.
(4) Le COUVAIN : ensemble des oeufs, des larves et des nymphes des abeilles et d’autres insectes sociaux
(nursery).
(5) UN TROU DE VOL : porte d’entrée et de sortie.
(6) FESTIVAL DE MONTIER EN DER – Haute-Marne, région Grand-Est en France. Festival international de la photo animalière et de la nature.

COLLECTIF MÉMOIRE DES RELATIONS FRANCO-CUBAINES

MERCI A : WALBERTO, ANYSLEY, ARIEL, ERNESTO et TERESITA, ELIAS, ENRIQUE,
MARIO, AINSI QU’A LEURS FAMILLES, ET HASTA PRONTO EN CUBA.

A propos de l'auteur

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