Fabio Di Celmo : une autre victime du terrorisme

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Le 4 septembre 1997, un jeune Italien Fabio Di Celmo perdit la vie dans un attentat à la bombe à l’hôtel Copacabana de La Havane, victime lui aussi de la haine aveugle

Auteur: Arlin Alberty Loforte | granma.cu

LE terrorisme défraie la chronique. Les unes des journaux ne cessent d’évoquer des attaques au camion bélier dans d’importantes villes d’Europe, la mort ou le déplacement de centaines de personnes au Moyen-Orient ou en Afrique, face à l’instabilité et à la guerre.

À Cuba, malgré les milliers de kilomètres qui nous séparent de ces régions, ou les distances dans le temps, des actes de cette nature ne laissent pas place à l’oubli. Notre pays a lui aussi subi dans sa chair les horreurs de la terreur. Sabotages, séquestrations, agressions armées, tentatives d’assassinat contre nos principaux dirigeants sont autant de réalités vécues à plusieurs moments de la Révolution, et près de 3 000 Cubains sont morts du fait de cette hostilité contre notre pays.

Cependant, ces actes terroristes perpétrés contre notre pays n’ont pas seulement coûté la vie à nos compatriotes. Le 6 octobre 1976, un avion de ligne de Cubana de Aviacion explosait en plein vol au large de la Barbade. Un attentat commandité depuis le Venezuela par Orlando Bosch Avila et Luis Clemente Faustino Posada Carriles, dans lequel périrent des Cubains, des Guyanais et des Coréens.

Le 4 septembre 1997, La Havane fut secouée par des explosions dans plusieurs hôtels. L’un de ces attentats coûta la vie à un jeune touriste italien, Fabio Di Clemo, qui était âgé de 32 ans.

Dans le hall de l’hôtel Copacabana, où son père Giustino était hébergé, le jeune Italien allait se réunir avec des amis. Au même moment, le mercenaire d’origine salvadorienne Ernesto Cruz Leon était caché dans les toilettes pour faire détonner la puissante bombe au plastic qu’il avait dissimulée dans l’un des cendriers.

Encore une fois, derrière l’horreur se trouvait la main de Posada Carriles, qui avait recruté Cruz Leon. Quelque temps après ce crime, lors d’une interview, Posada Carriles déclarait que Fabio de trouvait « au mauvais endroit, au mauvais moment ».

De sa chambre, Giustino allait entendre le bruit de l’explosion. Il allait penser à son fils, qu’il avait amené découvrir Cuba et à qui il avait appris à l’aimer. Les minutes volent. On apprend que Fabio est grièvement blessé et a été transféré d’urgence à l’hôpital. Quelque temps plus tard, on lui annonce la terrible nouvelle : Fabio est décédé.

Les plans visant à semer la terreur dans les installations touristiques cubaines pour continuer d’asphyxier l’économie, cette fois en recourant à des mercenaires venus d’Amérique centrale, furent ourdis par la Fondation nationale cubano-américaine et encouragés par la CIA et ses complices dans l’administration étasunienne de service.

Le jeune Italien serait une autre victime, l’un des nombreux enfants arrachés à ses parents par l’intolérance, la haine et la violence.

A Gênes, une pierre tombale rappelle sa mémoire : « Le 4 septembre 1997, une bombe assassine d’un mercenaire salvadorien éteignit la vie du jeune Fabio Di Celmo. »

À l’hôtel Copacabana, une plaque perpétue la douleur et la condamnation, et chaque année, les familles et les victimes du terrorisme rendent hommage au jeune Génois.

Cuba a vu Giustino pleurer la perte de son fils jusqu’à sa mort, sans aucune consolation de la justice. Tout un peuple partage sa douleur et sa cause, tout un peuple qui n’oublie pas et continuera de dénoncer le crime, même s’il n’y a aucun moyen de restituer la vie ôtée, même s’il n’y a aucun moyen d’effacer l’horreur.

Note sur le terrorisme à Cuba par Salim Lamrani

Depuis 1959, Cuba a été victime d’une intense campagne de terrorisme orchestrée depuis les Etats-Unis par la CIA et les exilés cubains. Au total, près de 7 000 attentats ont été perpétrés contre l’île depuis le triomphe de la Révolution. Ils ont coûté la vie à 3 478 personnes et ont infligé des séquelles permanentes à 2 099 autres.

Au début des années 1990, suite à l’effondrement de l’Union soviétique et l’ouverture de Cuba au tourisme, il y a eu une recrudescence des attentats terroristes contre les infrastructures hôtelières de La Havane, perpétrés par l’extrême droite cubaine de Miami, afin de dissuader les touristes de se rendre dans l’île et saboter ainsi un secteur vital pour la moribonde économie cubaine. Les actes violents ont fait des dizaines de victimes et ont coûté la vie à un touriste italien, Fabio di Celmo.

Les auteurs de ces actes terroristes se trouvent toujours à Miami où ils jouissent d’une totale impunité. Luis Posada Carriles en est la parfaite illustration. Ancien policier sous la dictature de Batista, il est devenu agent de la CIA après 1959 et a participé à l’invasion de la Baie des Cochons. Il est responsable de plus d’une centaine d’assassinats, dont l’attentat du 6 octobre 1976 contre l’avion civil de Cubana de Aviación qui a coûté la vie à 73 personnes dont toute l’équipe d’escrime junior cubaine qui venait de remporter les jeux panaméricains.

La culpabilité de Posada Carriles ne fait aucun doute : il a ouvertement revendiqué sa trajectoire terroriste dans son autobiographie intitulée Los caminos del guerrero et a publiquement reconnu être l’auteur intellectuel des attentats de 1997 contre l’industrie touristique cubaine lors d’une interview au New York Times le 12 juillet 1998. Par ailleurs, les archives du FBI et de la CIA, respectivement déclassifiées en 2005 et 2006, démontrent son implication dans le terrorisme contre Cuba.

Posada Carriles n’a jamais été mis en examen pour ses crimes. Au contraire, Washington l’a toujours protégé en refusant de le juger pour ses actes ou de l’extrader à Cuba ou au Venezuela (où il a également commis des crimes). Cette réalité met à mal les déclarations de la Maison-Blanche à propos de la lutte contre le terrorisme.

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