Venezuela : Les députés de droite parient sur la provocation

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Caracas – La nouvelle Assemblée Nationale du Venezuela a été installée ce mardi dans son siège du Palais Législatif Fédéral lors d’une session illégale au cours de laquelle la groupe révolutionnaire a quitté la salle pour condamner les violations du Règlement Intérieur et du Débat commises dans la conduite de la réunion par la direction récemment élue.

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Dès le début de cette journée inaugurale, la représentation de la majorité d’opposition a porté atteinte à la constitutionnalité en essayant de faire prêter serment aux députés dont l’élection a été annulée.

Dans un acte d’illégalité bravache et de franc refus de reconnaître la disposition du Tribunal Suprême de Justice (TSJ), le noyau bourgeois a présenté dans l’hémicycle ses 112 députés, même les 3 représentants qui, contestés pour des irrégularités pendant le processus électoral, ont été suspendus temporairement par l’autorité judiciaire de la nation.

Pour sa part, le bloc de parlementaires révolutionnaires a confirmé son attachement à l’ordre légal en excluant de sa représentation le député invalidé et en venant avec ses 54 membres dûment élus.

Dans une ambiance de tension, de cris de consignes entre l’une et l’autre bande, le groupe d’opposition a proposé – et puisqu’il a la majorité, approuvé – la nouvelle direction pour la période de sessions 2016-2017, dirigée par l’homme d’extrême droite Henry Ramos Allup en tant que président du Parlement et Enrique Márquez et Si­món Calzadilla, comme premier et second vice-présidents, respectivement.

Après la prise de possession des charges de direction, plusieurs irrégularités de fonctionnement sont survenues, encouragées depuis les rangs de l’opposition, en donnant la parole au chef de fraction de droite Julio Borges pour qu’il présente l’ordre du jour législatif alors que la session solennelle prévoit seulement l’installation du Parlement.

Après la réclamation énergique de ce qu’on appelle le Bloc de la Patrie pour exiger le droit de parole et le respect du règlement – face à laquelle les députés bourgeois ont réagi avec des gestes de violence – les représentants socialistes sont sortis du local pour condamner la position illégale de la direction.

Peu avant la prestation de serment et en réponse aux demandes des oligarques pour conduire l’entité législative dans sa première période annuelle de sessions, les chavistes Héctor Ro­drí­guez, Pedro Carreño, Saúl Ortega et Tania Díaz ont refusé les propositions, alléguant que ces dernières étaient des mensonges, des conspirations et des trahisons contre le peuple qui lient directement leurs noms aux excès de la Quatrième République.

« Je le vois et je me souviens du mensonge, de la trahison, des disparus, des morts et de ceux qui ont été torturés, du paquet néo-libéral qui a mis la patrie à genoux devant l’empire et le FMI, je m’en souviens soutenant le coup d’Etat contre le commandant Chávez”, a affirmé Rodríguez, chef des rangs révolutionnaires en évoquant en particulier le président Ramos Allup.

Une fois hors du capitole, les députés chavistes se sont joints à la mobilisation populaire qui les soutenait depuis le matin dans les environs de l’Assemblée et là, ils ont continué à dénoncer la menace réelle que signifie cette augmentation du pouvoir de l’opposition pour la souveraineté de la patrie et pour les revendications sociales stimulées par la Révolution Bolivarienne.

A l’intérieur de l’enceinte, la session d’une majorité parlementaire qui a confirmé son engagement envers les intérêts bourgeois, les secteurs nationaux les plus réactionnaires et violents et leurs bailleurs de fonds étrangers, a continué.

Selon ce qu’ils ont annoncé, le premier point de leur ordre du jour législatif serait la promotion d’une Loi d’Amnistie et de Réconciliation qui cherchera à obtenir la libération des personnes mises en examen pour les 43 assassinats et autres actes de violence associés à ce qu’on appelle les « guarimbas » de l’opposition de 2014.

« Et les élus de droite ont laissé voir leur visage en montrant leurs intentions réelles », a souligné la députée Cilia Flores. En tant qu’ex présidente du Parlement, Dios­da­do Cabello, a contesté la Loi annoncée comme une manoeuvre inédite et inconcevable « par laquelle les assassins se pardonneraient à eux-mêmes ».

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