LE DERNIER DES MALAGONES VIENT DE DISPARAITRE.

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Juan Quintín Paz Camacho, EPD, y vaya tranquilo que en Cuba, usted deja millones de Malagones!

Juan Paz Camacho est décédé samedi dernier à Pinar del Rio. Il était le dernier des 12 paysans qui avaient formé la première milice paysanne près de Viñales en 1959.

L’histoire commence le 31 août 1959 (après la victoire de la Révolution), quand deux paysans de la région de Pinar del Rio (Leandro Rodriguez Malagon et Cruz Camacho Rios) rencontrent Fidel Castro et le capitaine Enrique Nuñez dans la grotte de Santo Tomas, près de Viñales.

Ils viennent se plaindre des crimes commis par une bande d’anciens militaires de la dictature de Batista qui semaient la terreur dans la région sous la direction du caporal Luis Lara Crespo.Fidel leur propose de réunir 12 hommes afin de capturer la bande de Luis Lara dans un délai de 90 jours.

Les 12 paysans suivent un entraînement militaire, dans le campement de Managua, à La Havane avec le commandant Guillermo Garcia sous la supervision de Fidel Castro.Fidel Castro imagine, lui-même, leur uniforme (chemise verte olive, pantalon en jean bleu et chapeau traditionnel des paysans cubains « yarey » avec le drapeau cubain dans le style de l’armée d’Indépendance du 19ème siècle.Lors de leur départ pour leur mission, Fidel Castro leur déclare : « Vous êtes maintenant prêts pour accomplir votre mission. Vous avez trois mois pour capturer cette bande. Malagon, si vous triomphez, il y aura des milices à Cuba ».

Ceux que l’on appelle désormais les Malagones, s’installent dans les montagnes de Pinar del Rio sous la direction du capitaine Manuel Borjas.Le jour suivant, Leandro Malagon, aperçoit un avion qui tourne au dessus d’une zone et, peu après, un paysan à cheval vient les informer qu’il a vu tomber des parachutes chargés d’armes et de munitions.

Après avoir vérifié sur place la présence de mitrailleuses Browning, de fusils Garand et de Remington, les Malagones en déduisirent que la cachette du groupe de criminels devait se trouver dans les environs.Ceci fut corroboré par un autre paysan qui vint les informer de la présence d’hommes armés près du village de Pons et par un des bandits qui venait de se rendre.Une pluie intense a interrompu les communications entre le groupe des Malagones et l’armée révolutionnaire. Cependant Malagon décide de partager son petit groupe en deux. Une partie, avec le Niño Camacho se cache au fond de la cabane qui sert d’abri à Lara et les autres se cachent devant, à l’extérieur.Les bandits à leur retour, refusent de se rendre et déclenchent une intense fusillade, jusqu’à ce que le Niño Camacho crie en s’adressant à un officier imaginaire : « Capitaine, ne perdons pas de temps et balayons-les avec la mitrailleuse Thompson ».

En écoutant ces paroles, le caporal et sa bande ont préféré se rendre.Quand, il s’est rendu compte qu’il avait été fait prisonnier par une douzaine d’humbles paysans, Lara a déclaré : « Cela me fait chier d’avoir été fait prisonnier par une bande de péquenots comme vous ».Les Malagones furent reçus à La Havane que Camilo Cienfuegos leur fit visiter pendant une semaine.A la fin de leur séjour, le 26 octobre 1959, Camilo Cienfuegos, avant de partir pour Camaguey, leur remit, à chacun, un révolver avec 20 cartouches en leur confiant une nouvelle mission. Le même jour, ils participèrent au rassemblement avec Fidel Castro et Camilo Cienfuegos au cours duquel fut proclamée la création des Milices Nationales Révolutionnaires qui allaient participer un an et demi plus tard à la victoire de la Baie des Cochons.Les Malagones sont enterrés dans le mémorial situé dans le village El Moncada, près de Viñales.

Miguel Quintero Les amis de CUBA

A propos de l'auteur

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