Un article sur les Cinq dans le Washington Post

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 WASHINGTON.— Fait inhabituel dans la grande presse nord-américaine, l’influent quotidien The Washington Post a publié dans son édition du vendredi 4 octobre un long article sur les Cinq, dans lequel il reconnaît que les cinq antiterroristes auraient été aussi considérés comme des héros aux États-Unis.Dans un article intitulé Les cinq Cubains combattaient le terrorisme. Pourquoi les avons-nous emprisonnés ?, l’écrivain canadien Stephen Kimber aborde les multiples contradictions de la justice étasunienne au cours des procédures judiciaires de Gerardo, Ramon, Antonio, Fernando et René.

« Considérez un instant ce qui se passerait si des agents de l’intelligence nord-américaine sur le terrain, dans un pays étranger, découvraient un grave complot terroriste, avec un temps suffisant pour l’en empêcher. Considérez ensuite comment les Nord-américains réagiraient si les autorités de ce pays, au lieu de coopérer avec nous, arrêtaient et emprisonnaient les agents étasuniens pour avoir opéré dans leur pays », interroge Kimber, auteur du livre What Lies Across the Water: The Real Story of the Cuban Five 5 (Ce qu’il y a de l’autre côté de la mer : la véritable histoire des Cinq).

« Ces agents, ajoute-t-il, seraient considérés comme des héros nord-américains aujourd’hui. Le gouvernement des États-Unis remuerait ciel et terre pour obtenir leur retour.

« Ce type de scénario a bel et bien eu lieu, sauf que dans la vie réelle, il dure depuis 15 ans déjà, et que les Nord-américains jouent le rôle du gouvernement étranger et Cuba (oui, la Cuba de Fidel Castro) joue le rôle des États-Unis offensés.

« Les cinq agents cubains ont été jugés dans cette ville hostile (Miami) à tout ce qui peut représenter Cuba, condamnés sous les chefs d’inculpation de « complot pour commettre » toute sorte de délits, depuis l’espionnage jusqu’à l’assassinat, et condamnés à des peines incroyablement longues, y compris deux peines à perpétuité plus 15 ans ».

Kimber oppose l’attitude des autorités nord-américaines dans cette affaire avec la position prise dans le cas de terroristes d’origine cubaine, qui ont reconnu publiquement leur participation à des attentats contre l’Île.

Il cite le cas du terroriste Rodolfo Frometa, arrêté en 1994 dans une rafle par le FBI alors qu’il tentait d’acheter un missile Stinger, un lance-grenades et des missiles anti-tanks avec lesquels, déclara-t-il alors, il prévoyait d’attaquer Cuba.

« Ces actions violaient de toute évidence les lois de neutralité des États-Unis, mais le système de justice nord-américain préféra faire celui qui n’a rien vu. »

L’écrivain canadien mentionne également Luis Posada Carriles, auteur intellectuel de l’attentat qui fit exploser un avion cubain à La Barbade, et qui participa par ailleurs à de nombreux actes terroristes, y compris contre le leader historique de la Révolution Fidel Castro.

« Le seul moment où le gouvernement a été sur le point de juger Posada Carriles, c’est en 2009, lorsque l’administration d’Obama l’accusa, non pour son rôle dans les attentats à la bombe à La Havane, mais pour avoir menti sur un formulaire d’immigration. Il a été acquitté.

« Aujourd’hui, Posada est libre dans les rue de Miami, une contradiction vivante de la guerre des États-Unis contre le terrorisme. Comment ajuster sa liberté avec la déclaration du président George W. Bush, à la suite du 11 septembre selon laquelle « toute nation qui continuerait d’héberger ou de soutenir un terroriste serait considérée comme un gouvernement hostile par les États-Unis » ? Comment faire cadrer la liberté de Posada avec l’emprisonnement prolongé des cinq Cubains dont le principal objectif était d’empêcher des attaques terroristes ? C’est une contradiction que les Nord-américains devraient considérer.

« Vous commencez à comprendre maintenant pourquoi les Cinq Cubains – comme ils sont connus – sont considérés comme des Héros dans leur pays, pourquoi des portraits d’eux alors qu’ils étaient plus jeunes sont sur des affiches dans tout le pays, pourquoi chaque étudiant cubain les connaît par leur prénom », explique l’écrivain dans son article.

Le Washington Post est le plus important et le plus ancien quotidien de la capitale des États-Unis. Il tire à environ 500 000 exemplaires et le dimanche, il dépasse les 800 000. Dans les années 70, il atteignit la notoriété avec la couverture des événements du Watergate qui aboutirent à la démission du président Richard Nixon. Il est considéré, avec le New York Times et le Wall Street Journal, comme un des quotidiens les plus respectés et les plus influents du pays. (SS-Granma)

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