STOP AU BLOCUS

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Communiqué de l’association Cuba Linda :

Il est temps de contraindre le gouvernement des Etats Unis à mettre fin au blocus contre Cuba.

Le 31 octobre prochain,  l’Assemblée générale des Nations Unies est appelée à se prononcer sur le projet de résolution que Cuba présentera pour la 27ème  fois consécutive et intitulé « Nécessité de mettre fin au blocus économique, commercial et financier imposé par les Etats Unis d’Amérique contre Cuba ».

Depuis 1992, la résolution recueille annuellement le soutien majoritaire de l’assemblée et au cours des trois dernières années 191 des 193 États membres de l’ONU ont soutenu le projet. Le vote de 2017 n’a enregistré que l’opposition des États-Unis et d’Israël, après celui de 2016 où ces deux pays s’étaient abstenus.  Mais malgré ce vote massif en faveur de la levée du blocus, les Etats Unis perpétuent leur politique d’agression contre le peuple cubain et l’ont même aggravée depuis l’arrivée de l’administration Trump.

Depuis plus d’un demi-siècle ce blocus criminel constitue le principal obstacle au développement de Cuba. Son caractère extraterritorial voté par le congrès des Etats Unis en 1996, ou loi Helms Burton constitue un frein aux relations commerciales du monde avec Cuba en imposant des normes, non seulement pour les entreprises américaines mais celles du monde entier.

Le blocus est une violation flagrante des droits du peuple cubain et affecte tous les domaines et notamment :

– la santé publique, par les difficultés générées à acquérir des médicaments, des réactifs, des instruments médicaux et des pièces de rechange pour des équipements médicaux et d’autres articles indispensables

– l’éducation, à la fois rendent compliqué le simple approvisionnement en matériel scolaire mais aussi en empêchant les échanges académiques entre universités

– Le secteur de l’industrie, de la technologie, de l’informatique, des transports – notamment aériens – et des télécommunications.  La nature extraterritoriale du blocus fait obstacle au développement économique de Cuba et aux opportunités d’affaires de ses sociétés, il provoque la crainte de la communauté entrepreneuriale internationale de faire du commerce avec l’île.

Avec les mesures prises le 16 juillet 2017, la traque permanente des transactions financières cubaines et des opérations bancaires et de crédit avec Cuba à l’échelle mondiale s’est intensifiée, causant de graves préjudices à l’économie du pays. Les sanctions et les persécutions des citoyens, institutions et entreprises de pays tiers qui établissent ou prétendent développer des relations économiques, commerciales et financières avec Cuba ont été durcies. D’avril 2017 à mars 2018, le système bancaire cubain a subi des préjudices dus à des difficultés rencontrées avec 128 banques étrangères qui ont été menacées ou condamnées à de lourdes amendes par les Etats-Unis. Jusqu’au 1er janvier 2016, le gouvernement des Etats Unis a infligé en tout 52 amendes pour cause de « violation des régimes de sanctions contre Cuba » et la valeur cumulée de ces sanctions s’est élevée à plus de 14 milliards de dollars.

Le blocus bafoue le Droit et les normes du commerce international et contrevient aux principes fondamentaux de la charte des Nations Unies et les normes de libre-échange.

Le prétexte invoqué par les Etats Unis est la situation des droits de l’homme à Cuba. Mais où est la légitimité des Etats Unis quand ils prétendent donner des leçons en matière de droits de l’homme.

Interdire aux enfants cubains l’accès aux médicaments et aux équipements médicaux, est-ce soutenir les droits de l’homme à Cuba ? C’est le blocus Etats-unien qui viole les droits de l’homme de tout le peuple cubain et non la Révolution cubaine, c’est le gouvernement des Etats Unis, par la guerre économique qu’il impose au peuple cubain qui est le principal obstacle à son développement.

Les Etats Unis mettent inlassablement en avant les droits de l’homme à Cuba, et dans tous les pays qui prétendent faire passer les intérêts de leur peuple avant leurs propres intérêts impérialistes mais ferment les yeux quand il s’agit de la monarchie saoudienne qui mène en outre une guerre contre le peuple du Yémen qui a fait d’ores et déjà des milliers de morts, ou d’autres dictatures sud-américaines.

Peut-on accepter ce deux poids deux mesures sur la question des droits de l’homme, alors que le peuple cubain jouit, des droits et libertés fondamentales, du droit à la santé, à l’éducation, le droit à un salaire égal à travail égal, les droits de l’enfant, le droit à l’alimentation, à la paix et au développement, des droits dont ne bénéficient même pas le peuple des Etats Unis, et ce malgré le blocus.

Mais si le blocus contre Cuba est le plus long et cruel, le gouvernement des Etats Unis n’hésite pas non plus à utiliser cette arme génocidaire contre d’autres peuples libres, l’Iran, le Venezuela et même la Russie, pénalisant arbitrairement les pays qui résistent aux intérêts impérialistes mais en même temps toutes les nations qui entretenaient des relations commerciales et diplomatiques avec eux, lésant leur économie et générant   tensions et risques de guerre entre les nations.

Il mène en même temps une politique interventionniste et guerrière qui déstabilise plusieurs régions de la planète générant des conflits, des guerres sales et favorise des coups d’Etats contre des gouvernements démocratiquement élus. La politique impérialiste des Etats Unis est un facteur essentiel de l’instabilité mondiale, qui fait peser de très graves menaces sur la paix et la sécurité internationales.

Avec leur politique d’ingérence impérialiste, pour laquelle le congrès vote des budgets astronomiques, les Etats Unis mènent également depuis quelques mois une nouvelle offensive néolibérale contre les peuples d’Amérique latine en lutte pour leur autodétermination. Au Venezuela, c’est une honteuse campagne de désinformation médiatique qui accompagne la guerre politique, économique et financière qui vise à asphyxier la Révolution bolivarienne du Venezuela et son gouvernement démocratiquement élu. Il en est de même avec les tentatives de déstabilisation des gouvernements progressistes du Nicaragua et de la Bolivie. Ailleurs ce sont des guerres juridiques à des fins politiques qui sont menées contre l’ex-président Luiz Inacio Lula Da Silva au Brésil afin d’empêcher son élection à la présidence, contre Dilma Roussef et contre l’ancien président de l’Equateur Rafael Correa.

A l’intérieur même des Etats unis, le recours à la torture, l’assassinat d’Afro-Étasuniens par la police, l’usage discriminatoire et racialement différencié de la peine de mort, les assassinats, la répression et la surveillance policière contre les migrants, la séparation de familles, la détention ou la déportation de mineurs, méritent tout autant d’être condamnés démontrent du non-respect des droits de l’homme dans ce pays qui prétend donner des leçons au monde.

Sur leur territoire et partout dans le monde, les États-Unis commettent des violations flagrantes des droits de l’homme qui suscitent une profonde préoccupation dans la communauté internationale, ils n’ont donc pas la moindre autorité morale pour critiquer Cuba.

Alors qu’ils se sont retirés du conseil des droits de l’homme, qu’ils ont rejeté l’accord de Paris sur le changement climatique et le pacte mondial sur les migrations, les Etats Unis se sont permis le 16 octobre dernier, et dans la plus totale illégalité,  d’utiliser une salle de l’ONU  pour tenter de lancer une campagne pour les soi-disant prisonniers politiques de Cuba, ce qui constitue une nouvelle agression contre un pays souverain et une nouvelle violation de la charte des nations Unies.

Si des enquêtes doivent être menées c’est sur les abus et les tortures dans les prisons américaines comme Guantánamo (territoire cubain illégalement occupé par les Etats-Unis malgré l’engagement pris par l’ex-Président Obama) et d’Abu Ghraib, sur le million de morts en Irak, sur les dizaines de milliers de morts après l’invasion en Libye, en Syrie et toutes leurs conséquences.

Pendant ce temps, Cuba sous blocus obtient sur l’île des indices de développement humain équivalents à ceux des pays développés. L’UNICEF a déclaré Cuba « paradis de l’enfance » et champion du monde de la protection des droits des enfants. L’UNESCO a évoqué son éducation comme un « exemple pour le monde entier ».  

En matière d’environnement Cuba est le seul pays à avoir atteint les objectifs du millénaire. Actuellement le peuple cubain tout entier est en train de travailler à une nouvelle constitution. Donner le pouvoir à son peuple pour qu’il décide lui-même, c’est cela, pour Cuba défendre les droits de l’homme.

Alors que les Etats Unis possèdent près de 800 bases militaires à travers le monde, menaçant de guerre tous les continents, Cuba, malgré ce blocus infâme, est un exemple de solidarité avec les peuples. En 58 ans de coopération internationale, Cuba a envoyé 400 000 médecins et professionnels de santé dans 165 pays. Au moyen de l’École Latino-américaine de Médecine Cuba a formé près de 40 000 professionnels de la santé de 121 pays y compris des Etats Unis. L’Opération « Milagro » est emblématique de la politique solidaire cubaine en permettant à 3 millions de personnes de 35 pays de recouvrer la vue. En ce qui concerne l’éducation, Cuba a élaboré le programme d’alphabétisation « Yo si puedo » qui a reçu le premier prix de l’alphabétisation de l’Unesco pour son apport à l’éducation de l’humanité. Elle a permis à 9 millions de personnes à travers le monde d’apprendre à lire et à écrire.

Alphabétiser les peuples, envoyer des missions médicales aux quatre coins du monde, favoriser les échanges scientifiques, culturels et sportifs, c’est ainsi que Cuba travaille pour les droits de l’homme et la paix dans le monde. Parce que la paix est indispensable à un développement en faveur des peuples, Cuba plaide pour le multilatéralisme, le dialogue et la solution pacifique des conflits, sans ingérences dans les affaires internes de chaque pays, en respect du droit international.

Avec ce blocus génocidaire, le gouvernement des Etats Unis n’a qu’un objectif : détruire le système économique, politique et social librement choisi par le peuple cubain et imposer sa politique économique libérale aux peuples du monde entier, en laissant croire qu’aucune autre politique n’est possible. Ce durcissement du blocus ne fait que démasquer aux yeux du monde la politique impérialiste de l’administration américaine.

Comme l’a dit le prix Nobel Adolfo Perez Esquivel, « Tant que les États-Unis continueront d’attaquer le peuple cubain comme si la Guerre Froide était toujours en vigueur, il sera en train d’attaquer le droit de tous les peuples à la paix, à la souveraineté et au développement”. Le mépris des Etats Unis pour la volonté des peuples à disposer d’eux-mêmes est totale. Le Droit à l’autodétermination est pourtant universellement reconnu et constitue même l’un des fondements de la charte des Nations Unies

Le peuple cubain ne renoncera jamais à sa décision de bâtir une nation souveraine, indépendante, socialiste, démocratique, prospère et durable.

Le blocus reste une violation massive, flagrante et systématique des droits humains des Cubaines et des Cubains et s’avère un acte de génocide aux termes de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide

Cuba Linda membre de la Coordination Française de Solidarité avec Cuba réaffirme sa pleine et entière solidarité avec Cuba et la Révolution cubaine et le droit inaliénable du peuple cubain à décider lui-même de son avenir.

Elle demande à l’assemblée des Nations Unies :

– de voter massivement pour la levée du Blocus impérialiste contre Cuba et de se donner les moyens pour que sa décision soit respectée.

De déclarer nulle et non avenue toute sanction des Etats Unis contre les entreprises, les banques et les pays tiers qui commercent avec Cuba 

      – d’exiger l’indemnisation par les Etats Unis des dommages économiques et humains occasionnés au peuple cubain par le blocus et autres agressions depuis plus de cinquante ans. 

– de déclarer illégaux les blocus contre les nations souveraines ainsi que toutes les ingérences impérialistes, freins à la coopération et à la paix entre les peuples, objet même de la charte des Nations Unies.

 

Fait à Boulazac, le 21 Octobre 2018

Didier Lalande

Président

Association CUBA LINDA

(Membre de la Coordination Française de Solidarité avec Cuba)    

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