Les Cinq… c’est l’affaire de tous !

 

Gerardo Hernández Nordelo 2 peines à perpétuité plus 15 ans
Ramón Labañino Salazar 1 peine à  perpétuité plus 18 ans
Antonio Guerrero Rodríguez 1 peine à perpétuité plus 10 ans
Fernando González Llort  19 ans
René González Sehwerert  15 ans

HISTORIQUE DE L’AFFAIRE DES CINQ

 Des dates qui témoignent

du long combat pour la liberté…

                                       … face à l’acharnement politico-judiciaire des Etats-Unis

 

16 et 17 juin 1998 : Les responsables de la Sécurité de l'État cubaine remettent au FBI, 230 pages de documents sur les activités terroristes menées contre Cuba. Ces renseignements avaient été rassemblés par les cinq agents cubains, infiltrés dans les groupes terroristes installés en Floride, notamment à Miami, et qui depuis des années organisent, en toute impunité, des attentats, aussi bien à Cuba qu’aux Etats-Unis.

Les responsables du FBI reconnaissent être impressionnés par l'abondance de preuves et annoncent qu'ils répondront dans un délai de 15 jours.

 

L’interminable farce judiciaire commence …

 

12 septembre 1998 : Les 5 sont arrêtés par le FBI. Ce dernier informe immédiatement Ileana Ros Lehtinen et Lincoln Diaz Balart, représentant de la contre-révolution au Congrès étasunien, que des « espions cubains » ont été arrêtés.

 

12 septembre 1998 : Les Cubains arrêtés sont emprisonnés dans des cellules disciplinaires. Ils passent 17 jours menottes au dos et sont soumis à des interrogatoires prolongés.

 

15 septembre 1998 : Le FBI les accuse de conspiration et d'être des agents étrangers. La juge Lenard refuse pour la première fois de déplacer le procès hors de Miami.

 

29 septembre 1998 : Les Cinq sont emmenés dans des Unités spéciales d'isolement (connues en jargon pénitentiaire comme « le trou »). Ils y resteront jusqu'au 3 février 2000. Les autorités rejettent plusieurs requêtes des avocats sur leurs conditions de détention injustes.

 

2 octobre 1998 : L'accusation officielle est présentée devant un jury fédéral. Ils sont accusés d'espionnage, sans droit à la liberté sous caution, en attente de jugement.

 

7 mai 1999 : Après une violente campagne de presse à Miami, le Ministère public présente un second rapport et ajoute, contre Gerardo Hernandez, l'accusation de «  conspiration en vue de commettre un assassinat ». Elle est liée à l'affaire des avionnettes de l'organisation terroriste « Hermanos Al Rescate » (Frères à la Rescousse). Ces dernières avaient été détruites en vol le 24 février 1996 par le gouvernement cubain alors qu’elles violaient une fois de plus l'espace aérien cubain, et après avoir été averti par les autorités cubaines du danger encouru en cas de nouvelle violation.

 

Octobre 2000 : Olga Salanueva, épouse de René Gonzalez est arrêtée sans preuve alors qu'elle est mère d'un bébé né aux Etats-Unis. Elle fait l'objet de pressions très dures, de menaces de voir ses enfants confiés à  l’assistance publique, pour l'amener à déclarer contre son mari.

 

6 décembre 2000 : Le procès commence, il aura 103 séances et il durera 7 mois.

 

Fin 2000 : Olga Salanueva est expulsée vers Cuba.

 

Janvier 2001 : La presse anti-cubaine de Miami qualifie le procès de « plus grand procès d’espions de l'histoire de la Floride ».

 

4 juin 2001 : Le jury commence à se réunir.

 

8 juin 2001 : Le jury déclare les Cinq coupables, sans formuler aucune question.

 

17 juin 2001 : Les Cinq adressent au peuple des États-Unis un message expliquant leur lutte contre le terrorisme visant Cuba. En représailles, ils sont de nouveau isolés en cellules disciplinaires.

 

10 décembre 2001 : Les séances d'annonce du verdict commencent. Le Procureur requiert des peines plus lourdes que celles prévues dans « le guide des peines » des Etats-Unis.

 

Avril 2002 : Premières visites de proches aux Cinq. Le visa est refusé à l’épouse de René.

 

25 Juillet 2002 : Malgré le visa qui lui a été accordé, Adriana, épouse de Gerardo est arrêtée à son arrivée à Houston. Accusée d'être entrée illégalement aux États-Unis, elle est expulsée.

 

12 novembre 2002 : Leonard Weinglass, avocat étasunien, présente une requête pour un nouveau procès hors de Miami en la basant sur des éléments nouveaux. La demande de levée du secret sur les « preuves » présentées au tribunal est réitérée.

 

Janvier 2003 : La présentation des documents de la défense à la Cour d'appel d'Atlanta est fixée au 7 avril.

 

Janvier 2003 : Certains proches des Cinq sont autorisés à leur rendre visite. Le visa est de nouveau refusé aux femmes de René et de Gerardo.

 

10 février 2003 : la Juge Lenard rejette la requête Weinglass et la levée du secret sur les « preuves ».

 

28 février - 2 avril 2003 : Les Cinq sont de nouveau mis en cellules disciplinaires. Gerardo dans un réduit appelé « la cage ». Tout contact leur est interdit, même avec leurs avocats.

 

7 avril 2003 : Les avocats de Gerardo, Fernando, Ramon et René présentent leurs dossiers d'appel devant la Cour d'Atlanta.

 

7 mai 2003 : L'avocat de Gerardo, auquel un mois de délai avait été accordé, présente le dossier d'appel à la Cour d'Atlanta.

 

mai 2003 : Le tribunal rejette le document des « Amis de la Cour » portant sur l'histoire du terrorisme contre Cuba.

 

novembre 2003 : Nouveau refus de visas à Adriana, épouse de Gerardo et Olga, épouse de René.

 

24 février 2004 : Les 3 juges chargés de l'appel sont désignés par la Cour d'Atlanta. Ce sont Stanley Birch, Phyllis Kravitch et James Oakes.

 

10 mars 2004 : L'audience d'appel se déroule à Miami.

 

20 juillet 2005 : Le groupe de travail de l'ONU sur les détentions arbitraires se prononce à Genève contre l'emprisonnement des Cinq.

 

9 août 2005 : La Cour d'Appel d'Atlanta annule le verdict prononcé par le tribunal de Miami et accorde un nouveau procès aux Cinq. Peu de temps après, Alberto Gonzáles, Procureur général des Etats-Unis, interjette appel de la décision des juges et renvoie le procès devant la Cour d’appel d’Atlanta, mais cette fois en plénière, c’est-à-dire devant les 12 juges.

 

9 août 2006 : La cour plénière d’Atlanta rejette le jugement d’août 2005, et par 10 voix contre 2, ratifie le jugement de Miami : la requête de nouveau jugement est rejetée. Elle renvoie de nouveau les Cinq devant la Cour d’appel - les 3 premiers juges du 11ème Circuit d’Atlanta. - pour juger les points qui n’avaient pas été jugés lors du premier appel.

 

20 août 2007: Pour la 3ème fois, l’affaire des Cinq est présentée devant les juges.

 

5 juin 2008 : Le panel des 3 juges du 11ème Circuit d’Atlanta confirme les condamnations des Cinq, mais ordonne la révision des condamnations de 3  d’entre eux.

 

30 janvier 2009 : Les avocats présentent l’affaire des Cinq devant la Cour suprême des Etats-Unis. Celle-ci devra décider si elle accepte ou non d’entendre l’affaire. La Cour suprême n’est pas obligée d’entendre une affaire. En fait, elle accepte moins de 2 % des cas qui lui sont présentés.

 

 

Acharnement contre les familles

 

 

Elles seraient un danger pour la sécurité du pays…

 

 

A plusieurs reprises, Amnesty International a dénoncé le refus des États-Unis d’accorder des visas aux épouses de René González et Gerardo Hernández afin qu’elles puissent rendre visite à leurs maris emprisonnés.

Appel du 17 janvier 2007 : Amnesty International appelle une nouvelle fois les autorités américaines à revoir leur décision de ne pas accorder de visa temporaire aux épouses de deux des cinq Cubains purgeant de longues peines de prison aux États-Unis et, en l’absence de preuve raisonnable et irréfutable justifiant ce refus, d’accorder aux deux femmes un visa temporaire pour leur permettre de rendre visite à leurs époux incarcérés aux États-Unis. […]Depuis 2002, le gouvernement américain refuse d’accorder aux deux épouses des visas temporaires, évoquant différentes raisons liées au terrorisme, à l’espionnage et aux questions de sécurité nationale. Pourtant, aucune des deux femmes n’a été inculpée pour quelque affaire de ce genre et leurs maris n’ont pas non plus été inculpés ni reconnus coupables de terrorisme.[…]… l’organisation a évoqué la question avec les autorités américaines à plusieurs reprises depuis 2002, considérant que priver les deux hommes des visites de leur épouse (et pour l’un deux de son enfant) constitue une mesure punitive excessive, contraire aux normes relatives au traitement humain des prisonniers et contraire aux obligations des États de protéger la vie de famille. L’organisation considère que cette privation est particulièrement sévère compte tenu de la durée de la peine infligée aux deux hommes (René González a été condamné à quinze années d’emprisonnement et Gerardo Hernández à la prison à perpétuité) et du fait des interrogations qui subsistent quant à l’équité de leurs condamnations.

 

La solidarité… plus déterminée que jamais

 

6 mars 2009 : Douze documents d’Amis de la Cour (amici curiae brief) en faveur de la requête déposée le 30 janvier par la défense des Cinq, en vue d’obtenir une révision de l’affaire ont été présentés devant la Cour suprême des Etats-Unis

Fait sans précédent : il s’agit-là du plus grand nombre de mémoires d’amici curiae présenté devant la Cour suprême des Etats-Unis sollicitant le réexamen d’une décision pénale.

 

 

15 Juin 2009

Communiqué de presse du Comité International pour la liberté des Cinq

 

La Cour Suprême de Justice des Etats-Unis a annoncé qu’elle ne réexaminerait pas l’affaire des Cinq Patriotes Cubains. Cette décision empêche nos Cinq frères, injustement incarcérés depuis plus d’une décade pour avoir infiltré des organisations terroristes basées à Miami, d’avoir ne serait-ce que la possibilité d’un procès juste et impartial hors de Miami.

Ce même système de justice qui refuse la possibilité de réviser l’affaire de nos Cinq frères, c’est celui qui a gracieusement accordé une année supplémentaire au terroriste international Luis Posada Carriles pour mieux préparer sa défense. C’est celui qui laisse impunies des dizaines d’organisations criminelles dont le siège est à Miami. C’est celui qui n’instruit pas une seule des plaintes contre ceux qui attentent à la vie de nos peuples. C’est celui qui ignore le rapport du Groupe de Travail sur les détentions arbitraires de l’ONU qui a déclaré leur détention arbitraire et illégale.

Par cette décision non seulement on se moque des sollicitations des avocats de la défense, mais également de l’appel universel de 10 Prix Nobel, de dizaines de juristes, de Parlementaires et d’organisations qui à travers le monde entier ont exprimé dans 12 écrits des « Amis de la Cour » la nécessité de réviser une affaire marquée par de très nombreuses violations, et ce dès le moment où les Cinq furent arrêtés.

Rien ne nous surprend dans un système qui a permis la légalisation de la torture la plus atroce et accepte impudemment que pendant que Cinq innocents croupissent injustement en prison, des criminels comme Posada, Bosch, Basulto ou Frómeta parmi tant d’autres, se promènent librement dans les rues de Miami.

Ce jour restera marqué sur nos calendriers comme le jour de la honte du système judiciaire des USA et de l’inaction du gouvernement d’Obama face  aux groupes terroristes qui séquestrent la justice.

            Il restera également marqué comme le début de la nouvelle résistance qui, à partir d’aujourd’hui, sera la notre dans le monde entier jusqu’à ce que nous obtenions la liberté de Gerardo, Ramón, René, Antonio et Fernando.

Nous n’allons pas attendre la prochaine date anniversaire de leur arrestation pour célébrer une Journée Internationale de Solidarité. Elle prendra les mille formes par lesquelles les peuples savent transformer la douleur et l’indignation en lutte, dans les rues, face aux ambassades des USA, dans les Universités, dans les Parlements, dans les Eglises, avec nos humbles ressources et nos modestes moyens, mais avec toute la force que nous donne la vérité et la raison.

Parce que nous avons la certitude que, comme l’a dit Gerardo en apprenant la nouvelle, « tant qu’il restera une personne qui lutte dehors, nous, nous continuerons à résister jusqu’à ce que justice soit faite ».

Cette Journée Internationale pour la Liberté des Cinq commence aujourd’hui et continuera chaque jour de notre vie jusqu’à ce qu’ils reviennent libres dans leur Patrie.

Demandons à nos amis de par le monde d’exiger plus que jamais du gouvernement d’Obama qu’il mette fin à cette colossale injustice et qu’il ordonne la remise en liberté immédiate des Cinq.